lundi 30 août 2010

22ème dimanche du temps ordinaire

22ème dimanche du TO/C
29/08/2010
Luc 14, 7-14 (p. 468)
L’Evangile de ce dimanche nous montre Jésus participant à un repas. Il serait intéressant de relever dans les Evangiles tous les repas auxquels le Seigneur a participé jusqu’à l’ultime repas, celui de la dernière Cène, par lequel il institue le sacrement de l’Eucharistie. Nous pourrions aussi relever toutes les paraboles qui mettent en scène un festin. Le repas de notre Evangile n’est pas ordinaire : c’est celui du Sabbat, un repas de fête, un repas sacré, et il ne se déroule pas chez un homme « quelconque » mais bien chez un personnage important, un chef des pharisiens, un « grand » de la société religieuse de l’époque. A l’occasion de ces repas, le Seigneur avait l’habitude d’enseigner. Il ne le faisait pas à la manière d’un cours théorique mais en partant de situations concrètes. Ici il observe les invités et remarque qu’ils choisissent les meilleures places, les premières. C’est bien à partir de cette simple observation que le Seigneur va nous enseigner à travers une parabole. Si nous ne tenons pas compte de sa conclusion (« Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé »), cette parabole n’est en fait qu’un enseignement de sagesse humaine, de bon sens et même quelque part de calcul humain. D’ailleurs Jésus n’invente rien. La tradition de sagesse de l’Ancien Testament donnait déjà des conseils similaires dans le livre des Proverbes : « Ne fais pas l’important devant le roi, ne te mets pas au milieu des grands ; mieux vaut qu’on te dise : ‘Monte ici !’ que de te voir rabaissé en présence du prince ». Nous constatons que cette sagesse humaine n’a rien à voir avec l’humilité, mais qu’au contraire par un habile calcul on agit de telle sorte à ce que notre orgueil ne soit pas blessé. Dans cette sagesse ce qui motive notre choix c’est bien d’abord notre intérêt. Dans cette perspective « la condition de l’orgueilleux est sans remède ». Cette sagesse tactique ne nous guérit pas de notre orgueil, bien au contraire elle le conforte sous l’apparence d’une fausse humilité. Jésus donne un sens résolument nouveau à cet enseignement traditionnel par la conclusion de la parabole : « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Cela nous rappelle d’ailleurs ce que nous avons entendu dimanche dernier : « Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers ». Alors oui cette parabole peut devenir une exhortation à cultiver en nous la vertu d’humilité. Vertu absolument nécessaire pour celui ou celle qui veut devenir disciple de Jésus-Christ. Car l’orgueil, nous le savons, est bien le péché capital, et probablement le péché originel : « La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui ». Avec Jésus nous avons enfin un remède pour notre orgueil, nous avons les moyens de déraciner en nous cette racine, cette origine du mal. Comment ? Par un amour de plus en plus intense et vrai pour le Christ, doux et humble de cœur, et pour Marie, sa mère et notre mère, l’humble servante du Seigneur. C’est dans la mesure où nous aimons vraiment Jésus et Marie que nous aurons le désir de les imiter. Et que par conséquent nous laisserons grandir en nous la vertu d’humilité. Alors toutes ces affaires de première ou de dernière place nous paraîtront bien ridicules par rapport au trésor que nous aurons acquis, celui d’une âme humble et unifiée. L’humilité est en effet un trésor précieux car elle correspond à la vérité. L’humilité n’est pas l’humiliation même si parfois il nous faut passer par la croix de l’humiliation pour être libérés de notre orgueil. L’humilité c’est tout simplement la vérité, la vérité sur nous-mêmes et sur notre relation avec Dieu. C’est se souvenir que nous sommes des créatures dépendantes du Seigneur, des créatures mortelles. L’orgueil est un filet par lequel le tentateur nous attrape en nous mentant, en nous faisant croire que nous sommes des êtres absolument autonomes, des êtres immortels. Le chrétien qui progresse dans la véritable Sagesse, celle de Jésus-Christ, ne se laisse plus attraper par ces mensonges et ces illusions. Il n’est plus l’esclave de la convoitise si bien décrite par saint Jean : Tout ce qu'il y a dans le monde- les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse -tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.
La dernière partie de notre Evangile sur l’invitation aux repas a un lien avec ce que nous venons de méditer. Jésus nous demande d’agir gratuitement et non pas par intérêt, pour obtenir en retour quelque chose. Comme nous l’avons remarqué, si nous nous contentons de prendre la dernière place dans un repas uniquement pour éviter que notre orgueil ne soit blessé, nous ne sommes pas dans l’humilité mais nous agissons bel et bien en vue de notre intérêt. En fait il y a une grande différence entre la sagesse humaine et celle de Jésus-Christ. La sagesse humaine nous recommande l’habileté, l’action calculatrice en vue de notre intérêt personnel. La sagesse divine nous demande d’être en vérité ce que nous sommes : des créatures aimées et rachetées par Jésus. Imiter Jésus c’est renoncer au calcul pour aimer gratuitement et joyeusement. C’est vouloir donner et se donner en acceptant l’abaissement que cela peut impliquer. Celui qui est humble est toujours heureux de sa place qu’elle soit la dernière ou la première. Il est parfaitement libre parce que purifié de la jalousie et de l’orgueil.

1 commentaire:

Jean-Luc a dit…

Dans un monde où rien ne se fait sans intérêt (et il faut voir dans quelles proportions), il devient de plus en plus difficile de trouver des personnes désintéressées et qui ne soient pas animées entre autre par l'orgueil..mais pas seulement ce dernier!