lundi 25 septembre 2023

25ème dimanche du temps ordinaire / année A

 

24/09/2023

Matthieu 20, 1-16

Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.

La parabole de ce dimanche nous montre bien que le Royaume des Cieux n’est pas seulement le Paradis après notre vie terrestre mais qu’il commence déjà au cœur même de notre vie terrestre. Il y est en effet question de travail dans la vigne du Maître. L’enseignement de Jésus est simple à comprendre : le moment où nous commençons à travailler dans la vigne du Seigneur en répondant à son appel n’a aucune importance pour lui, l’essentiel étant de répondre « oui » à l’appel de Dieu. Les anciens ou les premiers venus n’ont aucun privilège ni aucun droit par rapport aux derniers venus. La première Eglise chrétienne se séparant peu à peu de son berceau, le Judaïsme, a connu de très vifs débats sur l’intégration des païens ou des Gentils dans la petite communauté des disciples de Jésus. Cette parabole affirme que les derniers venus, les chrétiens issus du paganisme, seront tout aussi bien accueillis par Dieu que les membres du peuple d’Israël. Dieu, Père universel de tous les hommes, ne fera aucune différence entre les anciens et les nouveaux. Dans la logique du Royaume de Dieu ce n’est pas l’ordre d’arrivée qui importe mais bien notre réponse à l’appel universel que Dieu fait à tous les hommes de tous les temps et de tous les continents. Les communautés chrétiennes, les paroisses, sont toutes confrontées à cette question : l’intégration et l’accueil des nouveaux, des derniers venus, des plus jeunes dans la vie de la communauté. A l’époque de Jésus être un ancien était un honneur considérable que ce soit dans la culture biblique ou dans la société romaine. L’ancien de par son âge et de par son expérience était souvent assimilé à un sage qu’il fallait écouter et respecter. Il est vrai, aussi, que l’espérance de vie était beaucoup plus réduite qu’aujourd’hui. Jésus, mort jeune, nous dit au contraire : aucun privilège lié à l’ancienneté. Ce faisant il renverse les traditions les mieux établies et surtout la logique humaine. Notons que cette parabole est encadrée par deux sentences semblables et significatives de cette révolution opérée par le Christ : Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers. Ceux que Jésus met en avant et propose en modèles dans sa prédication sur le Royaume des Cieux, ce ne sont pas les anciens mais bien les enfants !

À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.

L’enseignement de cette parabole est illustré d’une manière magnifique par une scène de la crucifixion de Jésus avec l’épisode du bon larron. Ce malfaiteur condamné au supplice de la croix, quelques instants avant sa mort, prie Jésus subissant le même sort à ses côtés : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » L’unique travail de cet homme dans la vigne du Seigneur aura été une simple prière faite avec confiance et espérance. Cette prière suffit à lui ouvrir immédiatement l’accès au Paradis. Le royaume des Cieux est un don qu’il s’agit d’accueillir dans notre être, une présence à vivre, pas une récompense que nous gagnerions par le mérite de notre travail. Il est d’abord une présence aimante, celle du Christ ressuscité, celle de l’Esprit Saint consolateur. C’est toute la théologie de la grâce développée par saint Paul. Nous ne pouvons pas comprendre la justice de Dieu tellement différente de la justice humaine. C’est la raison pour laquelle cette parabole nous choque dans un premier temps : payer de la même manière ceux qui ont beaucoup travaillé et ceux qui ont peu travaillé. L’entrée dans le royaume n’a rien à voir avec la réussite à un examen ou l’obtention d’un diplôme. Jésus nous dit que la justice de Dieu est subordonnée à sa bonté, et sa bonté est infinie, infiniment libre.

 

dimanche 10 septembre 2023

23ème dimanche du temps ordinaire / année A

 

10/09/2023

Matthieu 18, 15-20

Dans le chapitre 18 de son Evangile Matthieu a rassemblé des enseignements du Seigneur sur la vie des disciples en communauté. Le passage de ce dimanche est encadré par deux autres enseignements : le premier sur ceux qui sont cause de scandale pour leurs frères, le second sur la nécessité de pardonner les offenses. Le thème de l’Evangile est celui de la correction fraternelle : Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.

Le pardon des offenses n’est donc pas incompatible avec la pratique de la correction fraternelle. On peut pardonner tout en signalant à l’autre qu’il s’est mal comporté. La gradation que Jésus indique dans cette pratique montre l’importance de la communauté Eglise à ses yeux. La foi chrétienne a toujours une dimension à la fois personnelle et communautaire. Jésus ne nous fait pas dire Mon Père mais bien Notre Père. La première étape de cette démarche délicate n’en demeure pas moins celle de la relation interpersonnelle : va lui faire des reproches seul à seul. Ce n’est qu’ensuite qu’il est fait appel à la communauté des croyants, communauté à laquelle Jésus donne le même pouvoir que celui donné à Pierre au chapitre 16 : Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Jésus est présent dans la communauté Eglise, En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux, et il donne à cette communauté de participer à sa propre autorité divine. Cela nous montre qu’il ne faut jamais séparer le Christ de l’Eglise, la Tête du Corps.

La démarche de la correction fraternelle est toujours difficile et délicate à pratiquer. D’autant plus qu’elle semble en contradiction avec d’autres enseignements du même Evangile selon saint Matthieu :

Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.

Si on prend ensemble ces deux enseignements il semblerait que la parabole de la paille et de la poutre limite considérablement la possibilité de la correction fraternelle… Comme si seuls les chrétiens vivant dans la sainteté étaient autorisés à faire des reproches aux autres. Jésus est clair : il faut d’abord enlever la poutre de notre œil avant de prétendre enlever la paille qui est dans l’œil de mon frère. Pour le dire autrement mon premier réflexe ne doit pas être d’accuser les autres mais de faire mon examen de conscience. Dans la pratique toujours possible de la correction fraternelle je dois me poser les questions suivantes avant d’aller voir mon frère qui a péché contre moi : quelle est mon intention profonde ? Rétablir la justice et la vérité ? Ou bien passer ma colère sur mon frère ? Est-ce que je pense que ma démarche portera un fruit positif pour lui ? Dans la démarche elle-même, une fois qu’elle a été décidée, avec quelle délicatesse et quelle charité je dois l’accomplir ! Dans les cas où je suis la victime d’une grave offense comme par exemple la calomnie, la diffamation, l’insulte, je m’en remets à la communauté Eglise non seulement pour obtenir justice mais en vue de la conversion de celui qui a commis cette faute grave à mon égard. Encore une fois cela ne me dispense jamais du devoir chrétien de pardonner les offenses, rappelé chaque fois que nous prions le Notre Père. C’est ainsi que Matthieu conclut le chapitre 18 consacré à la vie en communauté avec ses conflits et ses difficultés inévitables, communauté de disciples pécheurs en marche vers la sainteté :

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur.

dimanche 3 septembre 2023

22ème dimanche du temps ordinaire / année A

 

3/09/2023

Matthieu 16, 21-27

Dimanche dernier nous avons entendu Pierre proclamer sa foi en Jésus le messie. Etape importante et décisive dans la vie de l’apôtre. A cette profession de foi de Pierre correspond la première annonce par Jésus de sa Passion, de sa mort et de sa résurrection. C’est dire toute l’importance de ce chapitre 16 dans l’Evangile selon saint Matthieu. Bien avant le « oui » qu’il prononcera dans le jardin de l’agonie le soir du jeudi saint, Jésus sait ce qui l’attend à Jérusalem. Non seulement il le sait, mais il l’accepte et le choisit en quelque sorte comme une nécessité intérieure qui s’impose à lui : À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem… Pierre est incapable d’accepter cette vision du Messie crucifié comme s’il n’entendait que la première partie de l’annonce faite par son Maître en oubliant la résurrection. L’intervention de Pierre, Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas, opère un renversement des rôles. En effet nous dit l’évangéliste, Pierre, prenant à part Jésus, se mit à lui faire de vifs reproches… A ce moment Pierre oublie que c’est lui le disciple et que Jésus est le Maître. Professer sa foi en Jésus est une chose, vivre cette foi concrètement en est une autre, bien différente. C’est tout le chemin qui attend encore Pierre et qu’il devra vivre jusqu’à l’heure de son martyre. Jésus profite de l’intervention de son apôtre pour délivrer un enseignement à tous ses disciples :

Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.

Paroles difficiles qui heurtent notre sensibilité humaine. D’autant plus que l’expression perdre sa vie est traduite de bien des manières : perdre son âme, perdre son être etc. Renoncer à soi-même… C’est renoncer à ses idées sur Dieu et à sa volonté. Ce que n’a pas pu faire Pierre : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. Dans la deuxième lecture Paul illustre ce renoncement de la manière suivante : Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. Renoncer à soi-même c’est faire siennes les pensées de Dieu, faire siennes les attitudes de Jésus. Marcher à la suite de Jésus, c’est imiter Dieu comme Paul l’indique aux Ephésiens : Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. Renoncer à soi-même, c’est surtout faire sienne la volonté de Dieu, c’est vivre ce que nous demandons dans le Notre Père : Que ta volonté soit faite ! C’est cela prendre sa croix. Prendre sa croix implique pour nous de grandir dans la confiance en Dieu, dans l’abandon à sa volonté qui nous apparaît parfois comme incompréhensible de la même manière que la décision de Jésus de monter à Jérusalem pour y souffrir sa Passion a révolté le cœur de son apôtre. Prendre sa croix ce n’est pas aimer la souffrance, c’est aimer la volonté de Dieu qui, parfois, passe pour nous par la souffrance physique ou spirituelle. Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera… Ne pensons pas que ce que dit Jésus se réfère uniquement au don suprême du martyre. Perdre sa vie ou son âme, c’est renoncer à l’égoïsme profond qui nous habite tous, c’est s’ouvrir à la possibilité du don et de la relation. Cela s’apprend aussi et peut-être d’abord dans la prière. Le moine bénédictin John Main qui a fait connaître la pratique de la méditation chrétienne écrivait à ce propos :

Dans la vision chrétienne de la méditation, une perspective qui découle des paroles de Jésus, nous découvrons la réalité du grand paradoxe qu’il enseigne : si nous voulons trouver la vie, nous devons être prêts à la perdre. En méditant, c’est exactement ce que nous faisons. Nous nous trouvons parce que nous sommes prêts à nous quitter, à plonger dans les profondeurs, qui se révèlent bientôt être les profondeurs de Dieu. Le message central du christianisme est que Dieu est présent dans les profondeurs de chaque être humain. C’est pourquoi nous devons apprendre l’humilité. C’est pourquoi nous devons apprendre le silence, car nous devons pénétrer ces profondeurs de notre moi pour rencontrer l’altérité de Dieu et, par cette rencontre, découvrir notre être essentiel dans l’union avec Dieu.

vendredi 1 septembre 2023

Ma réponse au père Jean-Baptiste Bienvenu sur le végétarisme

 


Lettre au père Jean-Baptiste Bienvenu sur le végétarisme

Cher confrère, cher Jean-Baptiste,

Ayant visionné la vidéo de « Pourquoi Padre ? » sur KTO[1] dans laquelle vous répondez à la question de Bertille, je me permets de vous adresser cette longue lettre par laquelle je voudrais commenter votre réponse à la question qui vous a été posée :

« Le chrétien doit-il ou peut-il être végétarien ? De manière militante, pas par dégoût pour la viande ou incapacité d'en consommer » écrit Bertille, 23 ans. « Si j'écoute ma conscience, je ne veux pas qu'on élève et qu'on tue des animaux, ou même qu'on les chasse, je ressens vraiment de la peine. Est-ce juste pour autant ? Que dit la Bible ? Cela a l'air de créer des désaccords parmi les chrétiens ... »

Tout d’abord la question de Bertille est formulée en termes de possibilité ou de devoir. Elle aurait pu tout aussi bien formuler sa question de la manière suivante : Est-il meilleur ou préférable d’être végétarien pour un chrétien ?

Tuer les animaux n’est pas un mal en soi.

Votre affirmation mériterait une argumentation au regard de ce qui est affirmé dans YOUCAT[2] : Les animaux aussi sont des créatures qui ont une sensibilité. C’est un péché de les torturer, de les faire souffrir, de les tuer sans raison. L’élevage et l’abattage industriels impliquent obligatoirement de grandes souffrances pour les animaux, tout cela est parfaitement documenté par les vidéos de l’association L214. Sans parler des souffrances physiques et psychiques des hommes qui travaillent dans les abattoirs[3]… Cette masse de souffrances quotidiennes et perpétuelles se justifie-t-elle ? Tuons-nous (ou plutôt faisons-nous tuer) les animaux avec une raison valable ? La réponse est non en France, car nous pouvons nous nourrir de manière parfaitement saine et équilibrée sans manger ni chair animale ni poissons. Dans notre pays nous ne tuons pas les animaux pour survivre mais bien par tradition culinaire et en raison de notre goût pour la viande ou le poisson, bref parce que nous trouvons que c’est bon à manger.

Ce que je trouve mal, ce sont les dérives de l’élevage industriel, l’animal envisagé comme un bien de consommation, pas respecté en tant qu’être sensible dans la durée de sa vie et dans la manière dont il a été tué.

Ce que vous appelez « dérives » est en fait la norme dans notre pays. La majorité de la viande vendue dans le commerce provient d’élevages industriels[4]. Il est absolument impossible de nourrir l’appétit de viande de millions de français uniquement avec un élevage « bio » et des animaux élevés dans des conditions qui respectent leur nature et leurs besoins, en plein air etc. L’élevage industriel que vous considérez avec raison comme un mal est de fait une nécessité tant que chaque français continuera à manger de la viande régulièrement, plusieurs fois par semaine. L’unique moyen de réduire cet élevage serait de réduire considérablement notre consommation de viande… Nous en sommes très loin en France. Je vous donne des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : dans notre pays ce sont 3,5 millions d’animaux qui sont tués chaque jour dans les abattoirs, soit, chaque minute, 2400 animaux ! Un français mange environ 80 kg de viande par an, soit deux fois plus qu’en 1900 et quatre fois plus qu’en 1800.


J’imagine que vous mangez de la viande. Vous êtes-vous posé la question, en cohérence avec ce que vous qualifiez de « mal » (l’élevage industriel), de la provenance de la viande que vous consommez ? Vous parlez de la durée de vie des animaux. Aucun animal d’élevage n’a une durée de vie normale correspondant à son espèce. Tous sont tués très jeunes et prématurément, y compris les vaches laitières, pour une raison de rentabilité économique, donc pas seulement les agneaux « de Pâques »… Vous parlez de respecter l’animal, être sensible, dans la manière dont il est tué… Il est impossible de tuer un être sensible sans lui infliger de souffrances. D’autant plus que les rares réglementations visant à diminuer la souffrance des animaux au moment de l’abattage ne sont, la plupart du temps, pas respectées et les infractions très rarement sanctionnées par les services de l’Etat qui ferment les yeux… Qui dit rentabilité dit cadence infernale, donc pas le temps de « bien faire ».

Le végétarisme militant serait pour un chrétien problématique, une naïveté périlleuse.

Ce qui nous met en péril ce serait plutôt la surconsommation de produits animaux issus d’élevages industriels, surconsommation dangereuse pour la santé humaine et pour la préservation écologique de notre planète. Je vous renvoie au visionnage de deux brèves vidéos résumant parfaitement la catastrophe écologique et sanitaire que constitue l’industrie de la viande, largement subventionnée par la PAC et par nos impôts :

L’impact de la viande sur l’environnement :

https://www.youtube.com/watch?v=nVydgG2DFU0&ab_channel=LeMonde

Quand la boucherie, le monde pleure :

https://www.youtube.com/watch?v=KriTQ0aTrtw&list=PLwo5e0jWFBltwotyybT5ViCgSEaCW7k6M&ab_channel=DataGueule

Ce qui me semble plutôt hautement problématique, c’est d’ignorer l’impact écologique très négatif de l’industrie de la viande. Peut-être ne le savez-vous pas mais adopter un régime végétarien constitue l’acte le plus puissant au niveau individuel que nous puissions faire si nous voulons nous engager dans la conversion écologique à laquelle nous invite Laudato si’… C’est beaucoup plus efficace que de rouler en Tesla ! Et bien plus accessible à tous !

Vous ne faites que mentionner en passant la volonté du Créateur donnant à l’homme et à la femme un régime végétalien (Genèse 1, 29). Ce n’est pas ainsi que procède Basile de Césarée qui rappelle dans son Homélie II, Sur l’origine de l’homme :

Que l’Eglise ne néglige rien : tout est loi. Dieu n’a pas dit : « Je vous ai donné les poissons pour nourriture, je vous ai donné le bétail, les reptiles, les quadrupèdes. » Ce n’est pas pour cela qu’il a créé, dit l’Ecriture. En fait, la première législation a concédé l’usage des fruits, car nous étions encore jugés dignes du paradis.

Basile ne fait que reprendre à son compte le modèle d’exégèse des Ecritures mis en œuvre par Jésus lui-même dans la discussion qu’il a sur le mariage et le divorce avec les Pharisiens en Matthieu 19, 1-9. Il ressort de ce passage que le Christ met la loi du Créateur à l’origine au-dessus de la loi de Moïse qui lui est postérieure :

C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.

Pourquoi ce raisonnement du Christ ne s’appliquerait-il qu’à la question de l’indissolubilité du mariage et pas au régime végétalien ? Vous mentionnez avec raison le changement de régime alimentaire concédé à Noé après le déluge en Genèse 9, 3 mais en omettant de signaler une limitation imposée par Dieu dans le cadre de la consommation de la chair animale :

Mais, avec la chair, vous ne mangerez pas le principe de vie, c’est-à-dire le sang (Gn 9,4).

En s’inspirant du raisonnement du Christ, il ne me semble pas farfelu d’en faire l’application suivante à Genèse 1,29/9,3 :

C’est en raison de la dureté de votre cœur que Dieu vous a permis de manger la chair des animaux. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.

Jésus assume cette histoire d’un peuple qui mange de la viande et qui honore Dieu en accomplissant des sacrifices d’animaux.

Les Evangiles n’ont pas pour but de nous parler du régime alimentaire de Jésus, mais c’est un fait que nulle part il nous est montré en train de manger de la viande. Donc il est difficile d’affirmer qu’il assume l’histoire d’un peuple qui mange de la viande… D’autant plus que votre saint patron, Jean le baptiste, se contentait de sauterelles et de miel… Quant aux sacrifices d’animaux vous connaissez tout autant que moi les vigoureuses et nombreuses critiques que l’on trouve dans la tradition prophétique à propos de cette pratique cultuelle que les Juifs avaient en commun avec toutes les religions païennes de l’antiquité… En particulier Isaïe 1, 11-16.

Je citerai ici une référence prise dans le psautier :

08 « Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ; tes holocaustes sont toujours devant moi.

09 Je ne prendrai pas un seul taureau de ton domaine, pas un bélier de tes enclos.

10 « Tout le gibier des forêts m'appartient et le bétail des hauts pâturages.

11 Je connais tous les oiseaux des montagnes ; les bêtes des champs sont à moi.

12 « Si j'ai faim, irai-je te le dire ? Le monde et sa richesse m'appartiennent.

13 Vais-je manger la chair des taureaux et boire le sang des béliers ?

14 « Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce, accomplis tes vœux envers le Très-Haut ».

(Psaume 49)

La dépendance culturelle aux animaux constitue une dimension importante dans la foi.

La consommation de viande, présentée comme une attitude culturelle, aurait un lien fort avec notre profession de foi chrétienne… Désolé, mais dans ce cas vous excluez pas mal de personnes dont les moines et moniales qui suivent un régime végétarien et les nombreux chrétiens qui ont fait ce choix pour diverses raisons… Cela n’a tout simplement rien à voir avec notre foi, et ce n’est pas moi qui le dis mais bien saint Paul :

Le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. (Romains 14, 17)

Le fait de devoir tuer pour manger, même s’il faudrait évidemment que cela soit dans de proportions moindres et dans des conditions meilleures qu’aujourd’hui, constitue un rappel concret de notre condition mortelle et du drame de cette condition prise tout entière par le péché. Cela met en scène quelque chose de la violence et du chaos qui continuent d’habiter le cœur de tout homme.

Cette partie de votre raisonnement est particulièrement problématique. Premièrement il est faux d’affirmer que nous devons tuer des animaux pour manger. Les végétariens prouvent que le contraire est tout à fait possible. Nous le faisons par gourmandise et par goût, par tradition culturelle, par habitude, ce qui est différent d’une nécessité réelle. Ensuite vous énoncez des vœux pieux… même s’il faudrait… Dans ce cas vous êtes-vous engagé dans une réduction significative de votre consommation personnelle de viande ? L’industrie de la viande continuera à traiter les animaux comme des objets de profits tant que nous achèterons ses produits. Les conditions meilleures que vous évoquez à propos de l’élevage des animaux révèlent une naïveté de votre part (ce n’est pas Bertille qui est naïve !)… Tant que la démographie mondiale sera ce qu’elle est, tant que la demande en viande ne baissera pas drastiquement, tant que le consommateur voudra de la viande bon marché, il n’y aura pas de conditions meilleures dans l’élevage des animaux de boucherie. Bien avant Jésus et l’enfer de l’élevage industriel, l’animal de boucherie était déjà présenté comme un sujet de grandes souffrances d’où la métaphore du psaume 43 :

12 Tu nous traites en bétail de boucherie, tu nous disperses parmi les nations.

23 C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt, qu'on nous traite en bétail d'abattoir.

Le fait de tuer des animaux serait d’après vous une nécessité pour nous rappeler notre condition mortelle ! Je n’ai pas besoin de tuer quiconque pour être certain de ma condition mortelle… Les maladies et le vieillissement, l’expérience du deuil, me rappellent très souvent que je ne suis qu’un mortel et pas un dieu. Pas besoin de manger du steak ou du saucisson pour arriver à cette perception de la finitude de la condition humaine. Vous parlez de notre condition humaine prise tout entière par le péché, c’est un choix théologique pessimiste qui ne correspond pas à toute la tradition chrétienne. Et même si cela était vrai, en quoi les animaux, créatures innocentes, devraient-ils en payer les conséquences ? La fin de votre raisonnement me paraît totalement incompréhensible d’un point de vue chrétien qui est celui du salut et de la rédemption dans le Christ :

Cela met en scène quelque chose de la violence et du chaos qui continuent d’habiter le cœur de tout homme.

Si je vous comprends bien les abattoirs et la consommation de viande mettent en scène la violence et le chaos qui continuent d’habiter le cœur de tout homme ? En résumé puisque nous sommes mauvais, enfonçons-nous encore davantage dans le mal en le mettant en scène au lieu de nous en libérer comme le Christ nous y invite expressément… Je ne comprends pas cette complaisance dans l’état du vieil homme alors que le Christ est venu pour permettre la naissance de l’homme nouveau, pour libérer justement le vieil homme de tous les conditionnements qui l’enferment dans la spirale mortifère de la violence et du chaos. A vous lire j’ai l’impression que le Christ est venu pour rien et qu’il n’y a pas eu de rédemption. A propos d’abattoir, vous devriez y passer une seule journée pour contempler cette mise en scène de la violence et du chaos. Vous en sortiriez probablement dégoûté et végétarien.

Si les abattoirs avaient des vitres, on serait tous végétariens. (Paul McCartney, végétarien et soutien actif de l’association PETA).

On ne deviendra pas meilleurs en mangeant des lardons végétaux.

Qu’en savez-vous donc, Padre ? Isaïe 11, 1-10 devrait tous nous inspirer et je remarque que l’homme d’avant le péché était végétarien. Je me permets de vous citer ici plus longuement l’homélie de Basile de Césarée dans laquelle il commente Genèse 1, 29 :

Telle était la première création, telle sera après cela la restauration[5]. L’homme revient à son ancienne constitution en rejetant la malice, la vie encombrée de soucis, l’esclavage de l’âme vis-à-vis des tracas journaliers ; quand il a renoncé à tout cela, il retourne à cette vie paradisiaque qui n’est pas asservie aux passions de la chair, qui est libre, vie d’intimité avec Dieu, partage du régime des anges. Or, si nous avons dit cela, ce n’est pas que nous voulions écarter les aliments dont Dieu nous a concédé l’usage[6], mais c’est afin de souligner la félicité de cette époque révolue, de montrer la qualité de cette vie, exempte, s’il est possible, de besoins, de reconnaître combien il fallait peu de choses aux hommes pour vivre et comment la variété du régime est due au péché qui l’a introduite chez nous. Car une fois déchus des véritables délices du paradis, nous nous sommes inventés des délices abâtardies. Puisque nous ne regardons plus l’arbre de vie et que nous ne mettons plus notre fierté dans cette beauté-là, nous avons été dotés désormais, pour notre plaisir, de cuisiniers et de boulangers, de toutes sortes de pâtisseries, d’arômes et d’autres choses de ce genre, qui nous consolent de notre bannissement de là-bas. Ainsi, quand une grave maladie les a affaiblis et qu’ils ne peuvent pas prendre part aux jouissances ordinaires, les malades sont réconfortés par les médecins au moyen de parfums et de produits analogues. Comme ils se sont perdus dans la jouissance des nourritures plus fortes, ceux qui flattent les sens de ces malades imaginent des moyens adaptés à leur faiblesse. Seulement, puisque nous voulons maintenant nous conduire en imitant la vie du paradis, évitons cette jouissance surabondante des nourritures et conduisons-nous, autant qu’il est possible, d’après cette vie-là : utilisons pour notre entretien produits de la terre, graines et fruits durs, et le superflu, rejetons-le comme inutile ; car ce qui n’est pas abominable au Créateur n’en est pas pour autant rendu souhaitable par le plaisir qu’y prend le corps.

Si on n’a plus aucun rapport à l’animal en tant que mise à mort on ne pourra plus rien comprendre au mystère de l’eucharistie qui est la mise à mort d’un innocent.

C’est à ce point précis que votre argumentation est la plus discutable. Elle est même proprement choquante. Tout d’abord j’espère que notre relation aux animaux peut exister sans les tuer pour les manger. Vous avez lu comme moi la lettre aux Hébreux qui affirme la fin du culte ancien, centré sur la mise à mort des animaux, à partir du moment où le Christ, agneau véritable, s’offre lui-même en sacrifice sur le bois de la croix. Vous savez comme moi que lors de la dernière Cène Jésus n’a pas pris un morceau d’agneau dans ses mains en disant Ceci est mon corps… Il a, au contraire, choisi des éléments végétaux, le pain et le vin, comme supports et espèces du nouveau culte réalisé par l’institution du sacrement de l’eucharistie. Si l’on accepte votre raisonnement, cela revient à dire que tous les moines et les moniales s’abstenant de consommation de viande selon la règle de saint Benoît sont incapables de comprendre le mystère de l’eucharistie ! Idem pour les fidèles catholiques végétariens. Je suis un prêtre végétarien et j’espère comprendre un peu le mystère de l’eucharistie… et je ne vois pas en quoi manger du poulet ou du canard m’aiderait à approfondir ma perception de ce grand mystère ! Oui, la croix est bien la mise à mort d’un innocent, ce n’est pas une raison pour condamner à une vie de souffrances et à une mort cruelle des milliards d’animaux innocents uniquement pour notre plaisir gustatif.

« Il est vrai aussi que l’indifférence ou la cruauté envers les autres créatures de ce monde finissent toujours par s’étendre, d’une manière ou d’une autre, au traitement que nous réservons aux autres êtres humains. Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. Toute cruauté sur une quelconque créature est contraire à la dignité humaine » (n°92).

La question de Bertille ne relève pas pour moi d’une naïveté périlleuse (pour qui ?) et encore moins des fausses bonnes solutions. Cette jeune fille illustre bien la citation du pape François dans Laudato si’ :

Si j'écoute ma conscience, je ne veux pas qu'on élève et qu'on tue des animaux, ou même qu'on les chasse, je ressens vraiment de la peine.

Puissent tous les chrétiens entendre la voix de leur conscience qui leur indique un chemin de compassion et de douceur. Au regard des enjeux écologiques actuels Bertille fait preuve au contraire d’une grande maturité comme tant d’autres jeunes de sa génération qu’il faudrait plutôt encourager que d’inviter à mettre en scène quelque chose de la violence et du chaos qui continuent d’habiter le cœur de tout homme. Les jeunes générations espèrent autre chose que l’enfoncement dans la violence et le chaos présentés comme une fatalité de la condition humaine. Je suis peut-être naïf, mais je suis convaincu que le monde infernal de la rentabilité des élevages industriels d’animaux et de la cadence tout aussi infernale des abattoirs n’est pas notre horizon ultime… Déjà le grand Plutarque avait écrit trois traités pour les animaux. Il serait grand temps que l’éthique chrétienne s’élève dans ce domaine au niveau auquel étaient parvenus les grands penseurs païens de l’antiquité[7].

Le pape François termine sa lettre encyclique Laudato si’ par deux prières. Voici tout d’abord un passage de la prière pour notre terre :

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures, Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.

Et un passage de la prière chrétienne avec la création :

Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, parce qu’aucun n’est oublié de toi.

Enfin en annexe ce très beau texte de Léon Bloy dans La femme pauvre :

Le végétarien apostolique de la Salette

Je vous épargne les gargouillades facétieuses de chemisier pour ecclésiastiques, dont l’individu placé devant moi ne négligea pas de nous saturer, à l’extrême satisfaction des mandibules sacerdotales ou laïques. Voici la cause de cette allégresse. Le pauvre être qui servait de plastron à ces brutes était une espèce de végétarien apostolique, perpétuellement travaillé du besoin d’expliquer son abstinence. Sous quelque prétexte que ce fût, Mademoiselle, il n’admettait pas qu’on tuât les bêtes et, par conséquent, il s’interdisait de manger leur chair, ne voulant pas se rendre complice de leur massacre. Il le disait à qui voulait l’entendre, sans que nulle moquerie fût capable de le retenir, et on sentait qu’il aurait donné sa propre vie pour cette idée. À la fin, l’un des prêtres, un long soutanier qui paraissait avoir enseigné très spécialement la raison dans quelque prytanée de haute sagesse, prit la parole en ces termes : – Je vous demande comme une faveur de répondre à une simple question que je vais vous poser. Vous portez des souliers de cuir, un chapeau de feutre, des bretelles peut-être, vous vous servez en ce moment d’un couteau dont le manche est en os. Comment pouvez-vous concilier de tels abus avec les sentiments fraternels que vous venez d’exprimer ? Songez-vous qu’il a fallu égorger d’innocents quadrupèdes pour que ce faste criminel vous fût accordé ? Je n’essaierai pas de vous dépeindre l’enthousiasme de l’auditoire. Ce fut une clameur générale, un délire. On applaudissait, on trépignait, on aboyait, on imitait des cris d’animaux. Juste le succès d’un cabotin de café-concert. Lorsqu’un peu de calme se fut rétabli dans la fourrière, la première parole articulée qui se fit entendre sortait du groin désopilant et fariboleur de mon vis-à-vis. Il gueulait ceci : – Ah ! Pour le coup, mon bonhomme, tu as ton compte. (Il en était au tutoiement.) Il n’y a pas à dire : mon bel ami ! Cette fois, c’est un théolozien qui t’interroze, un ministre des autels, milledioux ! Qu’est-ce que tu vas lui répondre, viédase ? La réponse fut telle qu’un silence général succéda. À l’exception du dernier chenapan qui avait parlé, tous les fronts se penchèrent sur les assiettes, visiblement inquiets d’une plaisanterie qui allait si loin. J’avançai la tête pour voir le souffre-douleur. Il pleurait, le visage dans ses deux mains. Vous savez, Gacougnol, si c’est dans ma nature de supporter que les faibles soient opprimés devant moi. Je me levai donc, au milieu de la stupeur, et faisant le tour de la table, je vins frapper du plat de la main l’épaule du mastodonte. La claque, je crois, fut assez retentissante et faillit lui faire perdre l’équilibre. – Debout ! Dis-je. Il se retourna d’un bloc, en grognant comme un sanglier, mais s’il eut quelque velléité d’indignation, je vous jure qu’aussitôt après m’avoir regardé il perdit tout besoin d’évacuer ce sentiment généreux. Je le contraignis à se lever et l’amenant jusqu’à sa victime qui pleurait toujours et qui n’avait pas relevé la tête, je lui dis encore : – Vous avez insulté bassement et ignoblement un chrétien qui ne vous faisait aucun mal. Vous allez, n’est-ce pas ? lui demander pardon. Ce sera, peut-être, une leçon profitable pour quelques-uns des lâches qui nous écoutent. Comme il faisait mine de protester, je lui replantai la main dans la nuque avec une telle furie d’autorité qu’il tomba sur ses genoux aux pieds du bonhomme glacé de stupéfaction. – Maintenant, ajoutai-je, vous allez, à haute et distincte voix, vous humilier devant celui dont vous êtes l’offenseur, sinon je jure Dieu que je vous arracherai la peau avant que nous sortions de cette écurie… Quant à vous, Monsieur, laissez-moi faire, j’accomplis un acte de justice, non pour vous, mais pour l’honneur de Marie qu’on outrage un peu trop ici. J’expérimentai une fois de plus, en cette occasion, l’étonnant pouvoir d’un seul homme qui déploie son âme et l’incomparable couardise des blagueurs. Celui-là demanda pardon à genoux comme je l’avais exigé, ajoutant, pour sauver au moins une plume de sa dignité de plaisant cafard, qu’il n’était pas un « Cosaque » et qu’il n’avait pas eu l’intention de faire souffrir. L’autre le releva, en le serrant dans ses bras, et j’allai me coucher. Telle est la première partie de mon aventure qui sera, si vous le permettez, un diptyque.

Léon Bloy, La femme pauvre, XIV

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] https://www.youtube.com/watch?v=t66po-X3u8s&ab_channel=KTOTV

[2] Question 437.

[3] https://www.viande.info/conditions-travail-ouvrier-abattoirs

·         [4] 83 % des 826 millions de poulets de chair sont élevés sans accès à l’extérieur (ITAVI, 2016)

·         97 % des 52 millions de dindes sont élevées enfermées sans accès à l’extérieur (Agreste, 2008 et 2010)

·         36 % des 42 millions de poules pondeuses sont élevées en batterie de cages (CNPO, 2021)

·         99 % des 27,5 millions de lapins sont élevés en batterie de cages (Plan de filière lapin EGAlim, 2017)

·         95 % des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments

·         60 % des 1,1 million de caprins sont en élevage intensif sans accès aux pâturages (Agreste, 2010)

 

[5] Comme nous le verrons dans la deuxième partie de cette étude, Tertullien avait déjà développé une pensée théologique similaire.

[6] Basile pense peut-être à ce que saint Paul écrit dans sa première lettre à Timothée (4, 3).

[7] Dont Pythagore.