26/04/2026
Jean 10, 1-10
Le 4ème dimanche de
Pâques nous donne à méditer chaque année une section du chapitre 10 de
l’Evangile selon saint Jean. Dans ce chapitre Jésus reprend l’image de Dieu
pasteur de son peuple et se l’applique à lui-même : Je suis le bon
pasteur. L’enseignement du Seigneur est donné dans un contexte de vive
polémique avec les pharisiens suite à la guérison de l’aveugle de naissance.
Les 5 premiers versets de l’Evangile correspondent à la parabole du pasteur et
des brebis. Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais
eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. Face à l’incompréhension des
pharisiens le Seigneur va expliciter pour eux la signification de la parabole.
Il se présente non seulement comme le berger mais aussi comme la porte de la
bergerie. Ce qui nous rappelle une autre image, celle du chemin : Je suis
le chemin, la vérité et la vie. Le verset 8 nous interpelle fortement comme il
a dû interpeller les pharisiens : Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Cette
affirmation est difficile à comprendre dans la bouche de celui qui se situe
dans la continuité de la Loi et des prophètes… Qui sont donc ces voleurs et ces
bandits ? Tous ceux qui sont venus avant moi ! Comme si avant la
manifestation en plénitude de la vérité de Dieu dans la personne de Jésus tout
n’avait été qu’errement… Comment situer dans ce contexte Moïse et les
prophètes ? Ce langage radical est-il une manière de signifier que seul
Jésus est Sauveur parce lui seul est Dieu ? La fin de l’enseignement sur
le bon pasteur peut nous éclairer : Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me
l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi
le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de
mon Père. Ce qui fait que Jésus est le vrai berger, le bon pasteur, c’est
l’offrande libre qu’il fait de sa vie et de sa personne pour ses brebis. En ce
temps pascal une parole résonne particulièrement en nous : Moi, je suis
venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. L’image du
berger atteint ici sa limite. Le berger humain s’occupe de ses brebis pour
gagner sa vie, par intérêt, et n’hésite pas, quand il le faut, à les envoyer à
l’abattoir une fois qu’elles lui ont bien rendu service… Le berger divin au
contraire donne sa vie pour ses brebis afin qu’elles aient la vie en
abondance ! Dans l’Evangile de Jean le mot « vie » est utilisé à
45 reprises, c’est dire toute son importance. Le quatrième Evangile s’ouvre et
se conclut par l’affirmation de cette vie que Jésus possède en lui-même et
qu’il veut partager avec nous.
En lui était la vie, et la vie
était la lumière des hommes.
Ces signes ont été écrits pour
que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en
croyant, vous ayez la vie en son nom.
Lorsque nous parcourons
l’Evangile de Jean avec ce fil rouge de la vie nous constatons que cette vie
est souvent qualifiée d’éternelle et que c’est par la foi en Jésus-Christ que
l’on parvient à vivre de cette vie divine. La vie en abondance, c’est en effet
la vie éternelle, celle que la mort physique n’est pas capable de tuer, celle
qui est plus forte que la mort elle-même. La vie en abondance, c’est la vie de
charité qui ne passera jamais et qui s’incarne dans l’amour du prochain. La vie
en abondance, c’est l’intensité de la vie divine en nous, la puissance de la
communion avec Dieu telles que saint Paul nous les dépeint dans sa lettre aux Romains :
Qui pourra nous séparer de
l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ?
le dénuement ? le danger ? le glaive ? En effet, il est écrit : C’est pour toi
qu’on nous massacre sans arrêt, qu’on nous traite en brebis d’abattoir. Mais,
en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.
J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés
célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les
abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de
Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.
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