samedi 9 décembre 2006

Deuxième dimanche de l'Avent

Deuxième dimanche de l’Avent / C
10 décembre 2006
Luc 3, 1-6 (page 67)

Comme porte d’entrée dans la liturgie de la Parole de ce dimanche, je vous propose de mettre en lumière un point commun entre la première lecture et l’Evangile.
Nous lisons dans le prophète Baruch :
« Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. »
Ecoutons maintenant le contenu de la prédication de Jean dans l’Evangile :
« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. »
La source commune à ces deux textes est un passage du chapitre 40 d’Isaïe. Ce chapitre correspond au début du livre de la consolation. C’est la deuxième partie du livre d’Isaïe qui commence avec ces mots :
« Consolez, consolez mon peuple, dit le Seigneur votre Dieu. »
La prophétie d’Isaïe reprise par Baruch puis saint Luc présente à la fois des aspects communs et des différences.
Commençons par ce qui est commun aux deux textes : l’image des montagnes, des collines et des ravins ainsi que la route, le chemin. Il est évident que ces images ont une signification spirituelle. Il suffit pour nous en convaincre de nous reporter à un autre passage du prophète Isaïe :
« Oui, le Seigneur Sabaot aura son jour contre tout orgueil et toute insolence, contre tous ceux qui se croient quelque chose : ils seront abaissés ! Il aura son jour contre les cèdres du Liban, élevés et hautains, contre tous les chênes du Bashan, contre les montagnes hautaines et toutes les collines élevées, contre les hautes tours et les remparts fortifiés, contre les vaisseaux de Tarsis et tous les navires princiers. L’orgueil de l’homme sera abaissé, l’insolence du mortel, humiliée : le Seigneur, lui seul, sera élevé ce jour-là.[1] »
Les collines et les montagnes représentent donc le péché capital d’orgueil. Le jour du Seigneur que nous attendons d’une manière plus intense en ce temps de l’Avent correspondra au jugement de « tous ceux qui se croient quelque chose. » Luc aime les détails historiques pour insister sur le réalisme de l’incarnation. Spirituellement, son introduction à la prédication de Jean va cependant plus loin que la seule histoire. Il cite tous les titres de ces grands personnages : Empereur, Gouverneur, Princes, Grands prêtres. Ce sont les puissants de l’époque. Puis en une phrase laconique Luc nous présente le Précurseur :
« La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. »
Jean, lui, n’a aucun titre ni aucun pouvoir. Il est simplement le fils de Zacharie. Mais c’est bien à lui que Dieu adresse sa Parole ! Voilà comment le Seigneur abaisse nos montagnes et nos collines d’orgueil.
Vient ensuite l’image de la route, du chemin qui doit être aplani. Le chemin aplani représente la vertu d’humilité par laquelle nous pouvons aller à la rencontre du Seigneur qui vient. Chez Baruch comme chez saint Luc on a l’impression d’avoir affaire à une voie rapide, à une « autoroute du salut ». N’oublions pas que Satan a, lui aussi, son autoroute, celle de la perdition : « Oui, grande ouverte est la porte, large est le chemin qui mène à la perdition, et c’est une foule qui s’y engage.[2] » Comment pouvons-nous savoir si nous sommes sur la bonne autoroute, celle qui nous conduit à la rencontre du Christ ? Sur le chemin de la perdition, il n’y a pas d’humilité. Il y a bien souvent l’orgueil humain. Ce chemin est facile à prendre. Le chemin du Seigneur est celui de la sécurité, pas celui de la facilité. Oui, sur ce chemin nous sommes en sécurité si nous mettons véritablement toute notre confiance et notre espérance dans le Seigneur. Cela ne supprime pas pour autant les obstacles, d’où l’espérance de Paul dans la deuxième lecture :
« Puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu’il le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. » Dieu nous donne toujours fidèlement sa grâce. Nous pouvons prendre l’autoroute du Seigneur à un moment donné de notre vie. Le défi consiste à rester sur cette autoroute jusqu’au retour du Christ, jusqu’au jour de notre mort. Jésus nous a prévenus : c’est par notre persévérance que nous serons sauvés.[3]
Nous avons deux signes qui nous permettent de dire : j’ai pris le bon chemin. L’humilité et la persévérance, c’est-à-dire aller jusqu’au bout, ne pas nous décourager en chemin.
Regardons maintenant les différences entre Baruch et saint Luc dans leur citation d’Isaïe.
Baruch parle du chemin d’Israël, Luc du chemin du Seigneur. C’est Dieu qui est premier, c’est Dieu qui est le maître d’œuvre de cette route aplanie sur laquelle il vient à notre rencontre en Jésus.
Baruch parle du salut d’Israël, Luc annonce le salut de Dieu pour tout homme ! Par sa venue en notre chair, le Seigneur Jésus universalise la promesse de salut faite autrefois à Israël. Il montre par là le sens de l’élection d’Israël. Si Israël est choisi parmi tous les peuples, ce n’est pas pour devenir le propriétaire du salut, mais au contraire le témoin de Dieu pour tous. Il en va de même pour nous : l’appel que nous avons reçu du Seigneur nous oblige envers tous nos frères. Préparons pour eux le chemin du Seigneur, dans la confiance et dans l’humilité.
Amen

[1] Isaïe 2, 12-17
[2] Matthieu 7, 13
[3] Luc 21, 19

1 commentaire:

aurore D. a dit…

coucou

contente d'être tombée sur ton blog, presque par hasard!
je reviendrai ;-)