dimanche 12 juillet 2026

15ème dimanche du temps ordinaire / année A / 2026

 Matthieu 13, 1-23

12/07/2026

Dans la parabole du semeur Jésus nous parle de la parole du Royaume, de la parole de Dieu. Dans l’explication qu’il donne à ses disciples il ne nous dit pas qui est le semeur. Il explique à quoi correspondent les 4 terrains différents sur lesquels les grains sont semés. Le semeur c’est Dieu lui-même. C’est aussi Jésus dans son ministère de prédication et d’enseignement. Le commencement de la lettre aux Hébreux nous permet de bien saisir l’histoire du salut sous cet angle de la parole semée au cœur de notre humanité :

À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.

Dieu, Esprit invisible, nous parle, voilà ce qui est étonnant ! Et le sommet de la parole qu’il nous adresse, c’est son Fils Jésus dans le mystère de son incarnation. Souvenons-nous du commencement de l’Evangile selon saint Jean qui nous présente le Fils comme le Verbe, comme la Parole de Dieu :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.

Avant même la création de l’univers Dieu Trinité est Parole, Verbe, en la personne du Fils. Dans la vie trinitaire il existe un dialogue entre le Père et le Fils, une parole d’amour échangée.

Dans la parabole de ce dimanche Dieu sème le grain de sa parole à tout vent. Il fait exactement le contraire d’un agriculteur avisé qui économise la semence et la sème uniquement sur le bon terrain capable de porter des fruits. Dieu est dépensier et il sème avec surabondance sur tous les terrains de notre humanité. En écoutant la parabole une lecture rapide pourrait nous faire penser qu’il existe 4 types d’hommes à l’image des 4 terrains. Plus profondément, si nous y réfléchissons bien, les 4 terrains peuvent se retrouver dans notre vie personnelle, car nous pouvons être tour à tour, selon notre évolution spirituelle, chacun de ces terrains. En fonction de notre âge et de notre parcours de foi nous pouvons nous demander où nous en sommes. Avons-nous commencé par être une bonne terre pour ensuite devenir un sol pierreux ? Ou bien est-ce l’inverse ? La parabole du semeur nous invite à nous représenter notre vie chrétienne comme dynamique. Le point essentiel pour chacun de nous est bien de savoir si nous progressons ou si nous régressons dans l’accueil de la parole de Dieu, de la parole de Jésus. Pour le savoir sans nous faire d’illusions nous pouvons regarder quels sont les fruits de notre vie chrétienne, en particulier dans le domaine central et décisif de l’amour de Dieu et du prochain.

En vue de ce discernement saint Paul nous parle dans sa lettre aux Galates du fruit de l’Esprit :

Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. En ces domaines, la Loi n’intervient pas.

Comme souvent dans la prédication du Seigneur la parabole du semeur est un appel à la conversion, donc à la remise en question de notre manière de vivre notre foi. Elle constitue un appel à ne pas nous contenter d’une vie chrétienne faite davantage d’habitudes que de convictions. La parole de Jésus nous réveille de notre torpeur spirituelle en nous montrant toujours l’horizon de la sainteté. Dieu travaille toujours pour nous sanctifier. A nous de collaborer activement à son action pour devenir chaque jour toujours plus une bonne terre, celle de l’Evangile incarné dans notre vie.

 

 

 

 

dimanche 5 juillet 2026

14ème dimanche du temps ordinaire / année A / 2026

 

5/07/2026

Matthieu 11, 25-30

Probablement qu’en ce début du mois de juillet nous peinons sous le fardeau de la canicule… Certains peinent sous le poids d’une maladie ou d’un deuil. Tous nous recherchons le repos auquel Jésus nous invite dans ce magnifique passage de l’Evangile selon saint Matthieu. Ce repos n’est pas celui des vacances estivales pour ceux qui en prennent. Il s’agit du repos de l’âme, du cœur. Il s’agit de la paix intérieure qui est un bien infiniment précieux auquel notre cœur ne cesse d’aspirer. Zacharie nous présente le roi-Messie dans la première lecture comme un roi humble, un roi de paix. Jésus fait siennes toutes les prophéties annonçant un Messie humble et pacifique : « Je suis doux et humble de cœur ». Ces paroles nous attirent à Jésus et nous donnent le goût de la communion avec lui dans la prière et dans l’eucharistie. Nous avons le désir de goûter comme est bon le Seigneur ! Nous implorons de sa miséricorde qu’il nous donne sa paix, qu’il unifie enfin notre cœur par sa charité. C’est là notre désir le plus profond car nous savons à quel point par nous-mêmes nous sommes incapables d’être et de vivre dans la paix. Prendre sur nous le joug de Jésus, c’est reconnaître que notre bonheur véritable se trouve dans les Béatitudes : humilité, douceur, être artisan de paix et de justice. La paix de Jésus est donnée à ceux qui ont compris que beaucoup des « valeurs » de notre société, souvent opposée à l’Evangile, sont de fausses valeurs. De faux idéaux qui nous rendent malheureux et esclaves de ce qui en nous est le plus éloigné de Dieu. L’appel de Jésus à trouver en lui le repos pour nos âmes est donc un appel au discernement et à la vigilance : le chrétien doit résister aux sirènes des fausses valeurs et s’attacher à l’Evangile pour être et demeurer libre. Saint Jean dans sa première lettre nous décrit ce en quoi le monde s’oppose à l’Evangile :

Tout ce qu’il y a dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’arrogance de la richesse –, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde passe, et sa convoitise avec lui. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.

L’ânon de Zacharie sur lequel monte le Messie, opposé aux fiers chevaux de combat, symbolise bien l’esprit de l’Evangile. Et Marie dans son Magnificat nous montre d’une manière excellente ce que Dieu aime et ce qu’il condamne comme fausses valeurs de notre monde :

Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Nous tous qui peinons sous le poids du fardeau de notre péché, de l’injustice à l’œuvre dans ce monde, de l’orgueil, de l’avidité et de la haine qui provoquent tant de conflits, prenons sur nous le joug de Jésus, facile à porter et léger. Ne nous laissons pas voler notre joie par l’esprit du monde mais tenons fermes dans la foi agissant par la charité. La liturgie nous rappelle avant chaque communion ce don infiniment précieux de la paix du Christ. Désirons-la de tout notre cœur. Gardons en mémoire les versets du psaume 144 :

Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Que le Seigneur Jésus règne toujours davantage dans nos cœurs, qu’il soit notre seul Maître ! Qu’il nous délivre ainsi de tous les faux messies et de tous les gourous qui nous promettent un bonheur illusoire… que ce soit par la politique ou par des slogans simplistes… Ne confondons jamais les maîtres de la terre avec notre roi du Ciel. Lui seul est monté sur un ânon, lui seul ose affirmer que les tout-petits sont les préférés de Dieu. Très peu de puissants au cours de notre histoire humaine ont eu ce comportement et ont tenu ce discours, signe éclatant de la vérité de l’Evangile… qui met les premiers selon le monde à la dernière place dans le Royaume des Cieux !