dimanche 1 mars 2026

Deuxième dimanche de Carême / année A / 2026

 1er/03/2026

Matthieu 17, 1-9

Chaque année le chemin du Carême nous fait passer du désert des tentations à la montagne de la transfiguration. Ce passage annonce dès le début du Carême la Passion, la mort et la résurrection du Seigneur. Si au désert Jésus vit dans la solitude, confronté uniquement au démon, sur la montagne il est accompagné de trois disciples et il communique avec Moïse et Elie. La transfiguration est donc un événement ecclésial qui construit la communauté des disciples et qui situe Jésus dans la continuité de la Loi et des Prophètes. La Transfiguration en tant qu’événement communautaire me fait penser au passage du message de Carême du pape Léon consacré précisément à cet aspect de notre préparation à Pâques :

Le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. […] Nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaître ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.

La vision du corps glorieux de Jésus, rayonnant sa divinité, ravit le cœur de l’apôtre Pierre : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Et Pierre n’a qu’un désir : prolonger cette expérience de la joie divine. Cela nous rappelle l’importance de la prière dans notre vie chrétienne, et tout particulièrement de la prière de contemplation et d’adoration. Se tenir simplement en présence de Jésus, se recueillir dans le silence extérieur et intérieur pour être totalement disponible à la présence divine, et ne pas hésiter à demeurer dans cette attitude longuement. Avec les paroles du psaume 130 nous pouvons dire et redire à Jésus présent : Je tiens mon âme égale et silencieuse.

Le récit de la transfiguration nous invite à unir cette expérience de la prière personnelle et communautaire à l’écoute de la Parole de Dieu comme nous y invite le pape Léon dans son message de Carême :

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le !

Nous vivons dans l’ère chrétienne et nous savons que la Parole de Dieu n’est pas d’abord un livre, la Bible, mais une personne, Jésus. Saint Jean ouvre son Evangile en nous présentant le mystère du Fils de Dieu dans le sein de la Trinité comme le mystère du Verbe fait chair, donc de la Parole de Dieu rendue présente de manière parfaite et définitive dans un homme nommé Jésus de Nazareth. C’est pour cette raison que les Evangiles, échos écrits de la Parole vivante qu’est Jésus, sont si importants pour notre vie chrétienne. Mais souvenons-nous que Jésus n’a jamais rien écrit : il vécu parmi nous en enseignant et en faisant le bien. Ecouter cela signifie obéir. Dans le verbe « obéir » nous trouvons le verbe latin « audire » signifiant « écouter ». Il s’agit bien sûr d’une obéissance très différente de celle du militaire ou du subordonné vis-à-vis d’un supérieur hiérarchique quelconque. Il s’agit de l’obéissance de la foi qui est une obéissance amoureuse. Elle peut se traduire ainsi : je mets en pratique la Parole de Jésus parce que je l’aime et que je veux lui montrer mon amour non seulement en paroles mais aussi en actes. En guise d’ouverture je citerai une réflexion intéressante, trouvée sur Internet, autour de l’obéissance et de la désobéissance :

Le préfixe « ob » évoque la position « en face » et aussi un « renversement » : je suis en face de l’autre, et je lui « renvoie » quelque chose. Le verbe « audire » signifie entendre, percevoir (par les oreilles, par l’intelligence). Aujourd’hui, le sens commun d’obéir signifie souvent se soumettre sans réfléchir. L’obéissance serait synonyme de passivité, de soumission, voire de lâcheté. En conséquence, désobéir serait salvateur. Or, le sens étymologique du mot obéir nous invite plutôt à considérer l’obéissance comme un engagement : j’obéis, cela veut dire que j’ai perçu les propos de l’autre et, face à lui, je m’engage à « le suivre » avec ce sens de « je m’engage ».

 

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