11/01/2026
Matthieu 3, 13-17
La fête du baptême du Seigneur
nous fait passer du temps de Noël au temps ordinaire, de la vie cachée de Jésus
à sa vie publique. Cet événement constitue donc une transition importante dans
le parcours du Messie, il est aussi un point de départ pour sa mission. Le
baptême de Jean n’est pas le sacrement de baptême chrétien. Il s’agit
essentiellement d’une démarche de l’homme vers Dieu, de l’homme pécheur qui
s’engage à changer de vie. En demandant contre la volonté de Jean ce baptême
Jésus s’abaisse non seulement dans les eaux du Jourdain mais symboliquement il
se fait le frère des pécheurs que nous sommes. Dès le départ il indique qu’il
est venu précisément pour les pécheurs. Le baptême que Jean donne à Jésus
annonce le sacrement de baptême puisque dans le cas du Messie il n’y a pas
seulement une démarche de l’homme mais aussi un don de Dieu : les cieux
s’ouvrent, l’Esprit de Dieu se manifeste et la voix du Père se fait
entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.
Dans tous les sacrements chrétiens comme dans la vertu théologale de foi, c’est
Dieu et son action qui sont premiers et non pas la seule démarche religieuse de
l’homme.
La première et la deuxième
lecture prolongent le message de l’Epiphanie en soulignant fortement que le salut
de Dieu dans le Christ est offert à tous les hommes sans exception. Dans Isaïe
nous pouvons lire : Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ;
je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations. La visite du juif Pierre chez le centurion romain
est significative de cette ouverture universelle. Le baptême chrétien
contrairement à la circoncision n’est plus le rite d’un peuple particulier mais
un don de Dieu offert à tous. Si la circoncision marquait une frontière entre
Juifs et non-Juifs, le baptême est fondamentalement catholique, signe de
l’amour et de l’appel de Dieu, il ne marque pas une séparation. Il est au
contraire le moyen d’une communion sans limites entre Dieu et les hommes. La
distinction entre baptisés et non-baptisés n’est pas une exclusion de ceux qui
seraient en dehors, elle est toujours un appel à la totalité de la communion,
une exigence d’inclusion et d’accueil de la part des chrétiens vis-à-vis des
non-chrétiens. Bref elle est missionnaire dans le respect des personnes, de
leur liberté, de leur histoire et de leur chemin spirituel unique et personnel.
Les paroles de Pierre méritent dans ce contexte d’être méditées :
En vérité, je le comprends, Dieu
est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et
dont les œuvres sont justes. Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils
d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui
qui est le Seigneur de tous.
Oui, Dieu notre Père est
impartial. Paul dira la même chose dans sa lettre aux Galates : Quant à
ceux qui étaient tenus pour importants – mais ce qu’ils étaient alors ne compte
guère pour moi, car Dieu est impartial envers les personnes –, ces gens
importants ne m’ont imposé aucune obligation supplémentaire.
Cette fête nous invite à être
vraiment catholiques, c’est-à-dire accueillants à tous. Nous pouvons dire merci
au cours de cette eucharistie pour le don du baptême et de la foi qui a fait de
nous des chrétiens, des fils et des filles de Dieu, sans aucun mérite de notre
part. Nous prions en particulier pour les trois catéchumènes de notre secteur
paroissial, nous rendons grâce pour leur présence dans notre communauté. Ils
nous redisent que les portes de nos églises, de nos communautés, et surtout de
nos cœurs doivent toujours demeurer largement ouvertes pour accueillir la
nouveauté de l’Evangile ainsi que les merveilles que l’Esprit de Dieu réalise
en bien des personnes en-dehors de nos communautés.
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