mercredi 25 décembre 2013

NOEL 2013 (messe du jour)


Noël 2013

Messe du jour (Jean 1, 1-18)

Dans la prière du rosaire la naissance de Jésus fait partie des mystères joyeux. Spontanément lorsque nous pensons à Noël nous associons cette fête à la joie et à l’action de grâce. Et nous avons bien raison. Cet événement est unique dans l’histoire de notre humanité. La naissance de l’enfant dans la crèche sépare notre temps en deux ères : avant Jésus-Christ et après Jésus-Christ. Comme l’affirme la deuxième lecture nous sommes désormais « dans les derniers temps ». Nous sommes dans l’ère de la grâce et de la vérité, dons du Messie à notre terre. Pour tout cela nous nous réjouissons et nous remercions le Père pour le plus grand cadeau qu’il pouvait nous faire : la venue de son Fils bien-aimé parmi nous. L’évènement de la nuit de Noël est passé inaperçu au regard de la grande histoire. C’est dans une extrême discrétion, presque dans le secret, que le Sauveur a voulu naître. Seuls quelques bergers et des mages venus d’Orient se sont déplacés pour adorer l’enfant. Le magnifique prologue de saint Jean nous montre que la joie de Noël comporte un aspect dramatique. La joie de Noël n’est pas superficielle. Elle est tellement profonde qu’elle est capable d’assumer en elle la dure réalité de notre condition humaine. Si Jean note que nos ténèbres n’ont pas été capables d’arrêter la lumière du Verbe, il relève aussi à deux reprises le refus de la part des hommes d’accueillir dans leur vie cette lumière : « Mais le monde ne l’a pas reconnu… Et les siens ne l’ont pas reçu ». Plus de deux millénaires après cet événement bouleversant nous pouvons nous poser la question suivante : Où va notre histoire humaine en ces temps qui sont les derniers ? L’année prochaine nous ferons mémoire du début de la première guerre mondiale. 1914-2014 : ce siècle aura été un siècle si souvent opposé au message de paix, de justice et d’amour qui a commencé à se répandre avec la naissance d’un bébé à Bethléem. Car après la première guerre mondiale est venue la seconde, puis l’utilisation de bombes atomiques, le napalm de la guerre du Vietnam, le massacre de l’environnement, la pollution, la surexploitation de nos ressources, le gaspillage institué au rang de norme économique, la banalisation de la torture, la croissance des inégalités et de l’injustice etc. Je pourrais facilement prolonger cette liste. Le siècle qui vient de s’écouler sous des apparences de progrès a été finalement barbare et cruel. En 1965 le concile Vatican II constatait déjà que « le progrès, grand bien pour l’homme, entraîne aussi avec lui une sérieuse tentation… Le monde ne se présente pas encore comme le lieu d’une réelle fraternité, tandis que le pouvoir accru de l’homme menace de détruire le genre humain lui-même ». Nous pourrions donc facilement succomber au désespoir : la lumière du Verbe semble si faible et les ténèbres si puissantes. Mais n’oublions pas que Dieu a choisi de nous sauver par la faiblesse de son Fils : du bébé de la crèche incapable de parler au jeune homme torturé sur la croix et criant sa souffrance à Dieu. Ce trésor de la lumière de la Parole de Dieu nous est confié comme une force. Il nous est donc interdit de désespérer. Nous comprenons pourquoi notre joie en ce jour est dramatique. Nous célébrons l’amour extrême de Dieu et en même temps nous savons à quel point l’amour n’est pas aimé. Je terminerai cette réflexion en citant un magnifique passage du Concile Vatican II qui nous invite à faire rayonner là où nous sommes la lumière de l'Evangile :

 Le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s’est lui-même fait chair et est venu habiter la terre des hommes. Homme parfait, il est entré dans l’histoire du monde, l’assumant et la récapitulant en lui. C’est lui qui nous révèle que « Dieu est charité » et qui nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l’amour. À ceux qui croient à la divine charité, il apporte ainsi la certitude que la voie de l’amour est ouverte à tous les hommes et que l’effort qui tend à instaurer une fraternité universelle n’est pas vain. Il nous avertit aussi que cette charité ne doit pas seulement s’exercer dans des actions d’éclat, mais, et avant tout, dans le quotidien de la vie. En acceptant de mourir pour nous tous, pécheurs, il nous apprend, par son exemple, que nous devons aussi porter cette croix que la chair et le monde font peser sur les épaules de ceux qui poursuivent la justice et la paix... Assurément les dons de l’Esprit sont divers : tandis qu’il appelle certains à témoigner ouvertement du désir de la demeure céleste et à garder vivant ce témoignage dans la famille humaine, il appelle les autres à se vouer au service terrestre des hommes, préparant par ce ministère la matière du Royaume des cieux. Mais de tous il fait des hommes libres pour que, renonçant à l’amour-propre et rassemblant toutes les énergies terrestres pour la vie humaine, ils s’élancent vers l’avenir, vers ce temps où l’humanité elle-même deviendra une offrande agréable à Dieu.

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