8ème dimanche du TO/A
27/02/2011
Matthieu 6, 24-34 (p. 907)
Dans notre lecture du sermon sur la montagne la liturgie nous fait sauter tout un passage consacré à l’aumône, à la prière et au jeûne pour parvenir à l’enseignement de ce dimanche. Dans cet enseignement le Seigneur Jésus aborde principalement deux thèmes qu’il lie l’un à l’autre : le dieu Argent et l’abandon à la Providence de Dieu.
« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent ». La traduction liturgique écrit le mot « argent » avec un grand A pour essayer de traduire le terme araméen Mammon. La Bible des peuples propose une traduction qui a le mérite d’être claire : le dieu Argent. Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans notre passage de l’Evangile selon saint Matthieu. Ici le concurrent de Dieu, son rival, ce n’est pas Satan, mais bien le dieu Argent. Et cette idole règne à deux niveaux. Au niveau mondial et dans les vies des personnes. Au niveau mondial cela est évident. Cela fait longtemps en effet que les intérêts et les profits économiques ainsi que le monde de la finance mènent le jeu face à un monde politique affaibli ou dépourvu de volonté. Dans ces conditions la morale est jetée au placard. Le culte du dieu Argent exclue toute réflexion morale. Et pourtant une vision humaine de l’économie va de pair avec les exigences morales comme le rappelle ce passage de la doctrine sociale de l’Eglise : « Le rapport entre morale et économie est nécessaire et intrinsèque. La dimension morale de l’économie permet de saisir comme des finalités inséparables, et non pas séparées ou alternatives, l’efficacité économique et la promotion d’un développement solidaire de l’humanité ». L’avertissement du Seigneur concerne aussi notre vie personnelle. Si nous nous laissons dominer par le dieu Argent, nous en devenons les esclaves et nous perdons du même coup notre liberté d’enfants de Dieu.
La suite de notre Évangile nous pose davantage de questions : « Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements ». Nous comprenons bien la fine pointe de cet enseignement : Jésus veut que nous vivions vraiment en fils de Dieu, c’est-à-dire que nous lui fassions confiance et que nous lui remettions toute notre vie, toute notre personne. Jésus veut que nous ayons foi en la Providence de Dieu notre Père pour nous. Comme argument il nous fait contempler la nature. Et plus profondément il affirme que la vie vaut plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Bref la valeur suprême ici-bas c’est l’homme lui-même, au-dessus de tous les biens matériels, au-dessus des objets et bien sûr de l’argent qui peut nous rendre esclaves. L’homme seul est en effet à l’image de Dieu, et c’est ce qui lui confère une dignité particulière. Nous pouvons recevoir cet enseignement du Christ sans problèmes si nous avons de quoi vivre, si justement le lendemain ne nous cause pas de soucis. Mais comment faire entendre cette parole à nos frères qui de par le monde vivent dans la misère, ou encore à ces 6 millions de français qui doivent se contenter d’un salaire de 750 euros pour vivre ? On pourrait avoir l’impression en écoutant cet Évangile que Jésus nous pousse à l’insouciance et à l’irresponsabilité, comme si tout allait tomber du Ciel comme à l’époque de la manne et des cailles dans le désert... Certes l’histoire des saints, comme celle de saint Jean Bosco par exemple, nous montre comment la Providence divine a répondu à des situations d’extrême détresse. Mais, avouons-le, cela ne semble pas être la voie ordinaire, et la manne et les cailles ont cessé de tomber du Ciel lorsque le peuple est arrivé en Palestine. Un prêtre suisse, Maurice Zundel, grand spirituel mort en 1975, a beaucoup réfléchi au rapport entre misère et liberté spirituelle. Je me permets de le citer un peu longuement : « La faim chez l’homme ne met pas seulement en péril son existence physique, elle l’oblige à s’y réduire. Il n’est plus qu’un organisme aux abois, un animal traqué par ses besoins. Il est, dès lors, incapable de créer la valeur, intérieure à soi, en raison de laquelle on lui reconnaît une dignité. Il est pratiquement frustré, empêché de faire de soi un bien commun, un bien universel et infini à l’éclosion duquel tous sont intéressés. Il est proprement aliéné à soi, dans cette impossibilité concrète d’atteindre à son humanité, de se promouvoir –comme eût dit Flaubert- de quelque chose à quelqu’un, d’où résulte l’avortement tragique d’un univers irremplaçable dont lui seul aurait pu être l’auteur. La FAIM, en un mot, lui interdit d’être une FIN ». Cette réflexion de Zundel sur les conséquences dramatiques de la misère part d’une rencontre qu’il fit lors de son ministère de prêtre avec une femme. Elle lui avait dit alors : « Je voudrais bien méditer et prier, mais comment voulez-vous que je fixe mon esprit sur une pensée qui l’éclaire, quand j’ai cinq enfants à nourrir et rien dans mes marmites. La faim de mes enfants me crève les entrailles et tue en moi toute vie de l’esprit ». Et Zundel de commenter : « Que réclamait-elle ? Simplement un espace de sécurité qui lui aurait permis de faire de sa vie un espace de générosité. » Pour vivre la parole de sagesse de Jésus « A chaque jour suffit sa peine », nous avons tous besoin de cet espace de sécurité. Être libéré de la tyrannie du lendemain qui nous empêche de vivre pleinement notre présent, cela suppose que nous soyons dans une situation bien différente de celle de cette pauvre mère de famille. Est-ce que Jésus lui reprocherait de se faire du souci pour ses enfants et pour le lendemain ? Je n’en suis pas certain. « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché ». L'Évangile nous montre que ce Royaume est difficile d’accès aux riches. Notre expérience nous montre aussi que la misère, différente de la pauvreté, est souvent un obstacle à la vie spirituelle. Oui, nous devons toujours rechercher l’essentiel dans nos vies, car là où est notre cœur, là aussi est notre trésor. Oui, nous devons être vigilants par rapport au pouvoir pernicieux du dieu Argent et ne jamais céder sur les exigences morales en vue du profit et de l’enrichissement. Chercher le Royaume de Dieu et sa justice, n’est-ce pas aussi devenir providence pour nos frères qui sont dans le besoin ? Comment la Providence de Dieu agit-elle si ce n’est à travers nous et par nous qui sommes ses fils et les membres de son Église ? Alors si nous avons cette chance de ne manquer de rien, si nous avons cet espace de sécurité, sommes-nous espace de générosité ? Pas seulement pour notre famille et nos amis, mais surtout pour les miséreux de notre monde. Je ne suis pas certain que Jésus ferait des reproches à cette pauvre femme qui se faisait du souci pour ses enfants. Mais je suis certain qu’il nous reprochera notre égoïsme, notre avarice et notre cupidité si, ne manquant de rien, nous n’en avons pas profité pour devenir les visages de sa Providence ici-bas.
Il s'agit tout simplement de partager par le biais du web les homélies que je compose et prononce pour les catholiques de mes paroisses chaque dimanche et jour de fête.
vendredi 25 février 2011
samedi 19 février 2011
7ème dimanche du temps ordinaire
7ème dimanche du TO/A
20/02/2011
Matthieu 5, 38-48
Nous continuons en ce dimanche notre méditation du sermon sur la montagne en saint Matthieu. Et nous parvenons véritablement au sommet de cet enseignement par lequel Jésus mène la loi de Moïse à sa perfection. La fin de notre Evangile nous dit bien à quel point nous avons ici un enseignement divin, la subtance même du message évangélique : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Jamais Jésus n’aura poussé aussi loin les exigences de l’amour que dans cet Evangile. Et il le fait à propos de deux réalités : le refus de la vengeance et l’amour des ennemis. La perfection chrétienne consistant justement à l’écouter et à le suivre dans ces domaines de notre vie. Accueillons-donc cette Parole de Dieu, essayons de la comprendre, et surtout ne voyons pas en elle une utopie réservée à quelques idéalistes vivant sur une autre planète que la notre... Penser cela reviendrait à dire que la sainteté c’est pour les autres, et que Jésus nous demanderait ici des attitudes irréalisables dans le concret de nos existences humaines.
Le Seigneur part d’un verset de l’Ancien Testament devenu depuis un dicton de notre langue francaise : « Oeil pour oeil, dent pour dent ». Ce précepte de la Loi de Moïse, malgré toute son imperfection, était en fait un progrès si nous le remettons dans le contexte de la révélation biblique. Souvenez-vous des pages qui suivent, dans le livre de la Genèse, le récit de la chute originelle et qui aboutissent au déluge. Ces pages nous montrent comment le mal n’a cessé d´étendre son emprise dans le coeur des hommes. Et parmi les descendants de Caïn, le premier meurtrier, il y a un certain Lamek, le premier polygame. Au chapitre 4 nous trouvons le terrible discours que cet homme adresse à ses deux femmes : « J’ai tué un homme pour une blessure, un garcon pour une égratignure. Car si Caïn est vengé 7 fois, Lamek le sera 77 fois ». Et c’est en écho à cette apologie de la vengeance et de la violence que le Seigneur dira à Pierre qu’il faut pardonner jusqu´à 77 fois 7 fois, c’est-à-dire sans aucune limite. Remise dans ce contexte la loi du talion essaie de limiter la vengeance à ce qui semble juste. Elle ne supprime pas la violence mais se contente de la modérer. Elle est à la base de ce que nous connaissons sous le nom de légitime défense. Le dépassement de cette loi par Jésus va justement remettre en cause le principe de la légitime défense des personnes et c’est ce qui nous choque le plus, tellement ce principe nous semble juste du point de vue moral. « Je vous dis de ne pas riposter au méchant ». Robert Pirault donne une interprétation intéressante de ce commandement qui interdit la vengeance : « Ne résistez pas au mal en imitant le méchant ». Et c’est bien ainsi que saint Paul a compris cette parole du Seigneur. Dans sa lettre aux Romains il enseigne au chrétien : « Tu ne te laisseras pas vaincre par le mal, mais tu vaincras le mal par le bien ». Jésus ne nous demande pas d’être indifférents au mal ou encore d’aimer souffrir. Il nous interdit d’utiliser la violence (qui est un mal) pour éliminer le mal. Se venger implique que nous prenions les mêmes armes que celui qui nous a fait du mal, et nous entrons ainsi dans une spirale de violence sans fin. C’est ce cercle vicieux de la violence entre l’agresseur et l’agressé que Jésus veut rompre parmi ses disciples et à travers eux dans l’humanité nouvelle. Alors nous comprenons mieux la portée de ce qui suit : « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». Marie Balmary a fait un commentaire éclairant de ce passage : « Le masochisme c’est présenter la même joue à celui qui frappe, pour qu’il recommence. Alors que Jésus nous demande de présenter une autre joue à celui qui frappe pour qu’il s’éveille ». Le violent est enfermé dans une tactique de la violence, et le fait de ne pas trouver de réponse violente en face de lui peut le déstabiliser, et ainsi éveiller sa conscience endormie par les mauvaises habitudes. En reprenant saint Thomas d’Aquin, Jacques Maritain fait remarquer qu’il existe deux sortes de courages : le courage à attaquer et le courage à supporter, auxquels correspondent deux sortes de forces, la force qui frappe et la force qui supporte. Pour Maritain « la croix est le signe transcendant des moyens qui relèvent de la force qui supporte, ou du courage à souffrir ». « Ne pas résister au mal en imitant le méchant » n’est donc pas chez le chrétien le signe d’une faiblesse mais au contraire d’une force supérieure qui a son origine en Dieu. Jésus lui-même n’a pas appliqué à la lettre son enseignement sur « tendre l’autre joue » mais il nous en a montré l’esprit lors de son procès. Au soldat qui vient de le frapper il ne tend pas l’autre joue, il se contente de l’interroger : « Si j’ai mal parlé, montre où est le mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » La non-violence de Jésus ne signifie pas qu’il accepte l’injustice, bien au contraire.
« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ». J’espère que nous avons la grâce de ne pas avoir d’ennemis. Mais si cela devait nous arriver nous voilà prévenus sur la bonne attitude à adopter. Jésus motive l’amour des ennemis en nous demandant de regarder le Père et son action en faveur des hommes. Simone Weil, la philosophe juive, évoque « la perfection du Père dont le soleil et la pluie sont aveugles au crime et à la vertu ». L’attitude que le Seigneur attend ici de nous est surnaturelle. Elle fait violence à notre nature humaine marquée par le péché. Le chrétien c’est celui qui, à la suite de Jésus et en communion avec lui, imite le Père et veut lui ressembler en toutes choses, le chrétien est le fils de Dieu. La mention d’une récompense pose cependant problème et elle demande à être bien comprise. Le motif de l’amour des ennemis se trouve dans l’attitude même de Dieu qui est Père pour tous. Dieu, c’est évident, n’agit pas par crainte d’une punition ou en vue d’une récompense. Il agit selon son être profond, selon sa bonté, sa miséricorde, sa justice et sa sainteté. Avoir une intention pure, c’est agir à la manière de Dieu. Si nous avons cette grâce de pardonner à nos ennemis, de prier pour eux et de les aimer, nous ne le faisons pas pour une récompense ou un salaire. Si nous avons une relation commerciale avec Dieu, du type donnant-donnant, alors notre intention est impure. Alors de quelle récompense s’agit-il ici ? C’est la récompense du chrétien : elle consiste dans la joie de faire le bien, dans le bien lui-même que nous recherchons, et dans la communion plus profonde avec Dieu que nous pouvons alors vivre. Notre récompense c’est le bien lui-même qui nous rend de plus en plus semblables à Dieu notre Père. C’est à saint Jean Bosco que je laisserai le mot de la fin : « J’ai reconnu qu’il n’y avait rien de meilleur que d’être joyeux et de faire du bien dans sa vie ».
20/02/2011
Matthieu 5, 38-48
Nous continuons en ce dimanche notre méditation du sermon sur la montagne en saint Matthieu. Et nous parvenons véritablement au sommet de cet enseignement par lequel Jésus mène la loi de Moïse à sa perfection. La fin de notre Evangile nous dit bien à quel point nous avons ici un enseignement divin, la subtance même du message évangélique : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Jamais Jésus n’aura poussé aussi loin les exigences de l’amour que dans cet Evangile. Et il le fait à propos de deux réalités : le refus de la vengeance et l’amour des ennemis. La perfection chrétienne consistant justement à l’écouter et à le suivre dans ces domaines de notre vie. Accueillons-donc cette Parole de Dieu, essayons de la comprendre, et surtout ne voyons pas en elle une utopie réservée à quelques idéalistes vivant sur une autre planète que la notre... Penser cela reviendrait à dire que la sainteté c’est pour les autres, et que Jésus nous demanderait ici des attitudes irréalisables dans le concret de nos existences humaines.
Le Seigneur part d’un verset de l’Ancien Testament devenu depuis un dicton de notre langue francaise : « Oeil pour oeil, dent pour dent ». Ce précepte de la Loi de Moïse, malgré toute son imperfection, était en fait un progrès si nous le remettons dans le contexte de la révélation biblique. Souvenez-vous des pages qui suivent, dans le livre de la Genèse, le récit de la chute originelle et qui aboutissent au déluge. Ces pages nous montrent comment le mal n’a cessé d´étendre son emprise dans le coeur des hommes. Et parmi les descendants de Caïn, le premier meurtrier, il y a un certain Lamek, le premier polygame. Au chapitre 4 nous trouvons le terrible discours que cet homme adresse à ses deux femmes : « J’ai tué un homme pour une blessure, un garcon pour une égratignure. Car si Caïn est vengé 7 fois, Lamek le sera 77 fois ». Et c’est en écho à cette apologie de la vengeance et de la violence que le Seigneur dira à Pierre qu’il faut pardonner jusqu´à 77 fois 7 fois, c’est-à-dire sans aucune limite. Remise dans ce contexte la loi du talion essaie de limiter la vengeance à ce qui semble juste. Elle ne supprime pas la violence mais se contente de la modérer. Elle est à la base de ce que nous connaissons sous le nom de légitime défense. Le dépassement de cette loi par Jésus va justement remettre en cause le principe de la légitime défense des personnes et c’est ce qui nous choque le plus, tellement ce principe nous semble juste du point de vue moral. « Je vous dis de ne pas riposter au méchant ». Robert Pirault donne une interprétation intéressante de ce commandement qui interdit la vengeance : « Ne résistez pas au mal en imitant le méchant ». Et c’est bien ainsi que saint Paul a compris cette parole du Seigneur. Dans sa lettre aux Romains il enseigne au chrétien : « Tu ne te laisseras pas vaincre par le mal, mais tu vaincras le mal par le bien ». Jésus ne nous demande pas d’être indifférents au mal ou encore d’aimer souffrir. Il nous interdit d’utiliser la violence (qui est un mal) pour éliminer le mal. Se venger implique que nous prenions les mêmes armes que celui qui nous a fait du mal, et nous entrons ainsi dans une spirale de violence sans fin. C’est ce cercle vicieux de la violence entre l’agresseur et l’agressé que Jésus veut rompre parmi ses disciples et à travers eux dans l’humanité nouvelle. Alors nous comprenons mieux la portée de ce qui suit : « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». Marie Balmary a fait un commentaire éclairant de ce passage : « Le masochisme c’est présenter la même joue à celui qui frappe, pour qu’il recommence. Alors que Jésus nous demande de présenter une autre joue à celui qui frappe pour qu’il s’éveille ». Le violent est enfermé dans une tactique de la violence, et le fait de ne pas trouver de réponse violente en face de lui peut le déstabiliser, et ainsi éveiller sa conscience endormie par les mauvaises habitudes. En reprenant saint Thomas d’Aquin, Jacques Maritain fait remarquer qu’il existe deux sortes de courages : le courage à attaquer et le courage à supporter, auxquels correspondent deux sortes de forces, la force qui frappe et la force qui supporte. Pour Maritain « la croix est le signe transcendant des moyens qui relèvent de la force qui supporte, ou du courage à souffrir ». « Ne pas résister au mal en imitant le méchant » n’est donc pas chez le chrétien le signe d’une faiblesse mais au contraire d’une force supérieure qui a son origine en Dieu. Jésus lui-même n’a pas appliqué à la lettre son enseignement sur « tendre l’autre joue » mais il nous en a montré l’esprit lors de son procès. Au soldat qui vient de le frapper il ne tend pas l’autre joue, il se contente de l’interroger : « Si j’ai mal parlé, montre où est le mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » La non-violence de Jésus ne signifie pas qu’il accepte l’injustice, bien au contraire.
« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ». J’espère que nous avons la grâce de ne pas avoir d’ennemis. Mais si cela devait nous arriver nous voilà prévenus sur la bonne attitude à adopter. Jésus motive l’amour des ennemis en nous demandant de regarder le Père et son action en faveur des hommes. Simone Weil, la philosophe juive, évoque « la perfection du Père dont le soleil et la pluie sont aveugles au crime et à la vertu ». L’attitude que le Seigneur attend ici de nous est surnaturelle. Elle fait violence à notre nature humaine marquée par le péché. Le chrétien c’est celui qui, à la suite de Jésus et en communion avec lui, imite le Père et veut lui ressembler en toutes choses, le chrétien est le fils de Dieu. La mention d’une récompense pose cependant problème et elle demande à être bien comprise. Le motif de l’amour des ennemis se trouve dans l’attitude même de Dieu qui est Père pour tous. Dieu, c’est évident, n’agit pas par crainte d’une punition ou en vue d’une récompense. Il agit selon son être profond, selon sa bonté, sa miséricorde, sa justice et sa sainteté. Avoir une intention pure, c’est agir à la manière de Dieu. Si nous avons cette grâce de pardonner à nos ennemis, de prier pour eux et de les aimer, nous ne le faisons pas pour une récompense ou un salaire. Si nous avons une relation commerciale avec Dieu, du type donnant-donnant, alors notre intention est impure. Alors de quelle récompense s’agit-il ici ? C’est la récompense du chrétien : elle consiste dans la joie de faire le bien, dans le bien lui-même que nous recherchons, et dans la communion plus profonde avec Dieu que nous pouvons alors vivre. Notre récompense c’est le bien lui-même qui nous rend de plus en plus semblables à Dieu notre Père. C’est à saint Jean Bosco que je laisserai le mot de la fin : « J’ai reconnu qu’il n’y avait rien de meilleur que d’être joyeux et de faire du bien dans sa vie ».
mercredi 9 février 2011
5ème dimanche du temps ordinaire
5ème dimanche du TO/A
6/02/2011
Matthieu 5, 13-16 (p. 551)
Dans la lecture continue de l’Evangile selon saint Matthieu nous entendons en ce dimanche la suite de l’Evangile des Béatitudes. Cet enseignement de Jésus paraît simple. Le Seigneur a commencé son premier enseignement, le sermon sur la montagne, par un appel au bonheur selon la volonté de Dieu. Nous sommes faits pour le bonheur mais pas n’importe lequel. Nous avons à faire des choix de vie pour nous réaliser dans notre vocation d’enfants de Dieu. Toute la suite du sermon sur la montagne nous donne des éléments concrets pour vivre les Béatitudes. Ici en s’adressant aux premiers disciples Jésus insiste sur le témoignage qu’ils auront à rendre dans le monde. Nous pourrions être pris de vertige en entendant ces expressions fortes : Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde... Un auteur chrétien des premiers siècles utilisait cette belle image pour situer la place des chrétiens, alors minoritaires, dans un empire romain païen : ils sont ce que l’âme est au corps. C’est-à-dire un principe vivifiant, une présence qui donne du sens et de l’espérance. Mais pour cela l’âme doit être unie au corps et non pas le fuir ou s’en séparer. L’image du sel de la terre dit la même chose. Ou pour reprendre le vocabulaire de saint Jean, les chrétiens doivent être dans le monde sans être du monde. Le sel n’a d’intérêt que mélangé à un aliment pour lui donner du goût et le mettre en valeur. En même temps le sel doit être différent de cet aliment pour jouer son role pleinement. Mais nous ne mageons pas le sel pour lui-même ! Tel est le paradoxe de la situation du chrétien dans notre monde. Et bien sûr la difficulté pour nous de trouver ce juste équilibre évangélique. L’Europe du 21ème siècle nous ramène finalement dans une situation assez proche de celle de ces premiers chrétiens minoritaires dans le grand empire romain. Si pendant des siècles le christianisme s’est confondu avec la chrétienté, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui et cela depuis la révolution francaise. Le message du Christ n’a plus le soutien des rois et des gouvernants ni celui des armes et de la contrainte pour se répandre. Il n’a que le témoignage de notre vie chrétienne. Nous sommes donc ce sel de la terre. L’image de la lumière du monde apporte une nuance. Si le sel se mêle aux aliments, la lumière est extérieure au monde qu’elle éclaire ou plutôt distincte. Le lampadaire est dans la pièce sans en faire partie. On peut l’enlever et le cacher comme le dit Jésus. Et c’est la fin de notre Evangile qui explique bien le témoignage que nous avons à donner en tant que lumière du monde : « Que votre lumière brille devant les hommes. Alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ». Comment sommes-nous lumière pour notre monde ? En défendant des idées ? En parlant de notre foi ? Jésus nous répond : en agissant selon le bien, en étant des reflets de la bonté divine. Nous trouvons cette conviction dans tout le Nouveau Testament. Le témoin n’est pas un propagandiste ou un idéologue mais quelqu’un qui essaie d’être cohérent, une personne qui met ses actes en conformité avec sa foi. Loin de nous entraîner à un quelconque orgueil, cette expression de « lumière du monde » implique au contraire de notre part humilité et sagesse selon Dieu. Si nous agissons bien c’est par la grâce de Dieu. Et cet agir selon le bien renvoie les autres, dans ce monde, à la source de toute bonté, Dieu notre Père. Simplement une difficulté peut se présenter à nous. Car dans le même sermon sur la montagne, un peu plus loin, Jésus semble nous demander l’attitude contraire ! « Evitez de faire vos bonnes actions devant les gens de facon à ce qu’ils vous remarquent », et le Seigneur illustre ce principe avec les exemples de l’aumône, de la prière et du jeûne. D’un côté il semblerait que Jésus nous demande de nous montrer et de l’autre de nous cacher ! Cet Evangile n’est donc pas si simple que nous pouvions le penser a priori. Et il est toujours profitable pour nous de lire un passage d’Evangile dans son contexte plus large. La solution à cette contradiction apparente pourrait être la suivante : le Seigneur nous rappelle ainsi que notre première motivation dans le choix de ce qui est bon c’est le bien en lui-même. Je n’agis pas bien pour me montrer aux autres, ni même pour avoir une place au paradis. Si je choisis le bien, c’est parce que je suis convaincu qu’il est en soi toujours préférable au mal. Si je choisis le bien, c’est parce que je sais qu’il est la clef du bonheur véritable pour moi et pour les autres. Agir en sel de la terre et en lumière du monde, c’est donc être témoin de la Bonne Nouvelle. Et justement le vrai témoin ne joue pas un role. Il est tout simplement ce qu’il est. Il ne se regarde pas ni ne se complaît en lui-même, ce qui serait bien sûr de l’orgueil. Ou pour le dire autrement au moins j’ai conscience de jouer mon role de témoin au plus je le suis en vérité. Le témoignage le plus vrai est toujours naturel, il n’est ni calculé, ni recherché, ni affecté. Toutes les personnes qui ont approché Jean-Paul II savent que ce pape a été témoin d’abord dans sa manière d’être. Son plus bel enseignement sur la prière a consisté simplement à prier. Ceux qui ont eu la grâce de le voir en état de prière le savent bien. Il ne jouait pas un role dans le but d’édifier les fidèles. Il priait, c’est tout. Puisse notre témoignage chrétien avoir la force de la simplicité et du naturel !
6/02/2011
Matthieu 5, 13-16 (p. 551)
Dans la lecture continue de l’Evangile selon saint Matthieu nous entendons en ce dimanche la suite de l’Evangile des Béatitudes. Cet enseignement de Jésus paraît simple. Le Seigneur a commencé son premier enseignement, le sermon sur la montagne, par un appel au bonheur selon la volonté de Dieu. Nous sommes faits pour le bonheur mais pas n’importe lequel. Nous avons à faire des choix de vie pour nous réaliser dans notre vocation d’enfants de Dieu. Toute la suite du sermon sur la montagne nous donne des éléments concrets pour vivre les Béatitudes. Ici en s’adressant aux premiers disciples Jésus insiste sur le témoignage qu’ils auront à rendre dans le monde. Nous pourrions être pris de vertige en entendant ces expressions fortes : Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde... Un auteur chrétien des premiers siècles utilisait cette belle image pour situer la place des chrétiens, alors minoritaires, dans un empire romain païen : ils sont ce que l’âme est au corps. C’est-à-dire un principe vivifiant, une présence qui donne du sens et de l’espérance. Mais pour cela l’âme doit être unie au corps et non pas le fuir ou s’en séparer. L’image du sel de la terre dit la même chose. Ou pour reprendre le vocabulaire de saint Jean, les chrétiens doivent être dans le monde sans être du monde. Le sel n’a d’intérêt que mélangé à un aliment pour lui donner du goût et le mettre en valeur. En même temps le sel doit être différent de cet aliment pour jouer son role pleinement. Mais nous ne mageons pas le sel pour lui-même ! Tel est le paradoxe de la situation du chrétien dans notre monde. Et bien sûr la difficulté pour nous de trouver ce juste équilibre évangélique. L’Europe du 21ème siècle nous ramène finalement dans une situation assez proche de celle de ces premiers chrétiens minoritaires dans le grand empire romain. Si pendant des siècles le christianisme s’est confondu avec la chrétienté, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui et cela depuis la révolution francaise. Le message du Christ n’a plus le soutien des rois et des gouvernants ni celui des armes et de la contrainte pour se répandre. Il n’a que le témoignage de notre vie chrétienne. Nous sommes donc ce sel de la terre. L’image de la lumière du monde apporte une nuance. Si le sel se mêle aux aliments, la lumière est extérieure au monde qu’elle éclaire ou plutôt distincte. Le lampadaire est dans la pièce sans en faire partie. On peut l’enlever et le cacher comme le dit Jésus. Et c’est la fin de notre Evangile qui explique bien le témoignage que nous avons à donner en tant que lumière du monde : « Que votre lumière brille devant les hommes. Alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ». Comment sommes-nous lumière pour notre monde ? En défendant des idées ? En parlant de notre foi ? Jésus nous répond : en agissant selon le bien, en étant des reflets de la bonté divine. Nous trouvons cette conviction dans tout le Nouveau Testament. Le témoin n’est pas un propagandiste ou un idéologue mais quelqu’un qui essaie d’être cohérent, une personne qui met ses actes en conformité avec sa foi. Loin de nous entraîner à un quelconque orgueil, cette expression de « lumière du monde » implique au contraire de notre part humilité et sagesse selon Dieu. Si nous agissons bien c’est par la grâce de Dieu. Et cet agir selon le bien renvoie les autres, dans ce monde, à la source de toute bonté, Dieu notre Père. Simplement une difficulté peut se présenter à nous. Car dans le même sermon sur la montagne, un peu plus loin, Jésus semble nous demander l’attitude contraire ! « Evitez de faire vos bonnes actions devant les gens de facon à ce qu’ils vous remarquent », et le Seigneur illustre ce principe avec les exemples de l’aumône, de la prière et du jeûne. D’un côté il semblerait que Jésus nous demande de nous montrer et de l’autre de nous cacher ! Cet Evangile n’est donc pas si simple que nous pouvions le penser a priori. Et il est toujours profitable pour nous de lire un passage d’Evangile dans son contexte plus large. La solution à cette contradiction apparente pourrait être la suivante : le Seigneur nous rappelle ainsi que notre première motivation dans le choix de ce qui est bon c’est le bien en lui-même. Je n’agis pas bien pour me montrer aux autres, ni même pour avoir une place au paradis. Si je choisis le bien, c’est parce que je suis convaincu qu’il est en soi toujours préférable au mal. Si je choisis le bien, c’est parce que je sais qu’il est la clef du bonheur véritable pour moi et pour les autres. Agir en sel de la terre et en lumière du monde, c’est donc être témoin de la Bonne Nouvelle. Et justement le vrai témoin ne joue pas un role. Il est tout simplement ce qu’il est. Il ne se regarde pas ni ne se complaît en lui-même, ce qui serait bien sûr de l’orgueil. Ou pour le dire autrement au moins j’ai conscience de jouer mon role de témoin au plus je le suis en vérité. Le témoignage le plus vrai est toujours naturel, il n’est ni calculé, ni recherché, ni affecté. Toutes les personnes qui ont approché Jean-Paul II savent que ce pape a été témoin d’abord dans sa manière d’être. Son plus bel enseignement sur la prière a consisté simplement à prier. Ceux qui ont eu la grâce de le voir en état de prière le savent bien. Il ne jouait pas un role dans le but d’édifier les fidèles. Il priait, c’est tout. Puisse notre témoignage chrétien avoir la force de la simplicité et du naturel !
vendredi 21 janvier 2011
3ème dimanche du temps ordinaire
3ème dimanche du TO/A
23/01/2011
Matthieu 4, 12-23 (p. 447)
En ce début du temps ordinaire l’évangéliste Matthieu nous présente le commencement de la prédication du Seigneur. Le contenu de cette prédication n’est ni nouveau ni original. Jésus reprend l’appel à la conversion de Jean le baptiste et ce faisant il le confirme dans sa qualité de prophète envoyé par Dieu pour préparer la Nouvelle Alliance : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». Par contre saint Matthieu souligne fortement le choix du lieu fait par Jésus pour y commencer son ministère public : la Galilée, carrefour des païens. Jésus a passé les trente années de sa vie cachée à Nazareth, donc dans cette province de Galilée au nord d’Israël, province frontalière avec des territoires païens. Il descend vers le sud pour se faire baptiser par Jean dans les eaux du Jourdain et, après l’épisode du séjour au désert, remonte vers le nord. Ce choix a de quoi surprendre. On aurait pu imaginer Jésus commencant sa prédication en Judée, au centre religieux du pays, et même à Jérusalem, ville sainte à cause du Temple et des sacrifices. Non, le Seigneur délaisse ces lieux prestigieux pour tout Juif et s’installe en Galilée, province lointaine et méprisée parce qu’ouverte aux mauvaises influences de peuples impurs, de peuples païens. Nous le voyons, Jésus est un Juif fidèle et pratiquant, mais il ne se laisse pas enfermer dans l’orgueil religieux de son peuple. Dès le début de sa mission il indique qu’il vient pour tous, et d’abord pour ceux qui sont méprisés par les élites religieuses de Jérusalem. Il fait de la ville de Capharnaüm, au bord du lac de Galilée, sa base arrière. Jérusalem sera donc le terme de sa mission et non pas le point de départ. Jésus part de l’extérieur du Judaïsme pour aller au fur et à mesure des trois années de sa prédication vers son centre, Jérusalem, où il offrira sa vie pour nous.
C’est donc dans cette Galilée que dès le début il voudra s’associer des hommes, appeler des disciples. Nous connaissons bien le récit de l’appel des quatre premiers disciples. Mais nous devrions peut-être nous étonner encore une fois de l’originalité du choix de Jésus. Ces hommes ne sont ni des prêtres, ni des docteurs de la Loi ni des pharisiens. Ils ne font pas partie de l’élite religieuse d’Israël. Aujourd’hui on dirait que ce sont de simples laïcs, des croyants certainement pas parfaits, des membres du peuple de Dieu. Ce choix de Jésus reflète bien la manière de faire de Dieu qui exalte les personnes simples et élève les humbles. Ces hommes sont des pêcheurs. Etait-ce une bonne situation sociale en Galilée à l’époque de Jésus ? Je n’en sais rien. Pierre était peut-être un patron pêcheur. En tout cas leur activité semble avoir un caractère familial. Ce qui est certain c’est que ces hommes, encore une fois, sont bien des personnes simples appartenant à un milieu modeste et populaire. Et bien ce sont eux qui sont appelés à devenir pêcheurs d’hommes à la suite de Jésus. Leur réponse généreuse et immédiate à cet appel nous touche. De cet épisode fondateur dans la prédication de l’Evangile nous pouvons aussi retenir un enseignement important pour la vie de notre Eglise aujourd’hui. Jésus, tout Fils de Dieu qu’il était, n’a pas voulu commencer sa mission d´évangélisation tout seul. Il a voulu s’associer quatre hommes faibles et sans formation particulière. Leur seule bonne volonté et générosité lui suffisaient. Lorsque notre Eglise veut porter l’Evangile aux hommes de notre temps elle le fait avec tous ses membres. Le concile Vatican II a enseigné que les laïcs n’étaient pas là seulement pour aider les prêtres dans cette mission. Parce qu’ils sont baptisés et confirmés les laïcs partagent avec les prêtres la responsabilité de l’annonce de l’Evangile. Et le même Concile a rappellé que le lieu propre de la mission des laïcs c’était le monde, particulièrement le monde du travail et de la famille. Le premier engagement des fidèles est donc dans leurs lieux de vie ordinaire. Ce n’est pas dans une synagogue que les disciples ont été appellés mais bien sur leur lieu de travail, au bord du lac. Je ne sais pas si vous réalisez à quel point vous faites de nombreuses rencontres avec des personnes fort différentes tout au long de l’année dans votre travail, à l’école, dans les commerces, en famille etc. Dans tout ces lieux vous pouvez être témoins du Christ et de son Evangile, toujours par vos actes et votre attitude, par la parole aussi lorsque l’occasion se présente. Ce premier engagement des laïcs dans le monde n’exclue pas bien sûr un engagement au sein de la paroisse ou de la communauté chrétienne. Que ce soit dans la paroisse ou dans le monde nous devons toujours garder au fond de notre coeur cette flamme missionnaire. Cette flamme qui nous redit chaque jour que nous avons à partager sans crainte la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Encore faut-il que nous sachions voir toutes les occasions de le faire que la Providence met sur notre route, et qu’avec l’aide de l’Esprit Saint nous puissions répondre généreusement « oui » à cet appel intérieur du Christ notre Seigneur.
23/01/2011
Matthieu 4, 12-23 (p. 447)
En ce début du temps ordinaire l’évangéliste Matthieu nous présente le commencement de la prédication du Seigneur. Le contenu de cette prédication n’est ni nouveau ni original. Jésus reprend l’appel à la conversion de Jean le baptiste et ce faisant il le confirme dans sa qualité de prophète envoyé par Dieu pour préparer la Nouvelle Alliance : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». Par contre saint Matthieu souligne fortement le choix du lieu fait par Jésus pour y commencer son ministère public : la Galilée, carrefour des païens. Jésus a passé les trente années de sa vie cachée à Nazareth, donc dans cette province de Galilée au nord d’Israël, province frontalière avec des territoires païens. Il descend vers le sud pour se faire baptiser par Jean dans les eaux du Jourdain et, après l’épisode du séjour au désert, remonte vers le nord. Ce choix a de quoi surprendre. On aurait pu imaginer Jésus commencant sa prédication en Judée, au centre religieux du pays, et même à Jérusalem, ville sainte à cause du Temple et des sacrifices. Non, le Seigneur délaisse ces lieux prestigieux pour tout Juif et s’installe en Galilée, province lointaine et méprisée parce qu’ouverte aux mauvaises influences de peuples impurs, de peuples païens. Nous le voyons, Jésus est un Juif fidèle et pratiquant, mais il ne se laisse pas enfermer dans l’orgueil religieux de son peuple. Dès le début de sa mission il indique qu’il vient pour tous, et d’abord pour ceux qui sont méprisés par les élites religieuses de Jérusalem. Il fait de la ville de Capharnaüm, au bord du lac de Galilée, sa base arrière. Jérusalem sera donc le terme de sa mission et non pas le point de départ. Jésus part de l’extérieur du Judaïsme pour aller au fur et à mesure des trois années de sa prédication vers son centre, Jérusalem, où il offrira sa vie pour nous.
C’est donc dans cette Galilée que dès le début il voudra s’associer des hommes, appeler des disciples. Nous connaissons bien le récit de l’appel des quatre premiers disciples. Mais nous devrions peut-être nous étonner encore une fois de l’originalité du choix de Jésus. Ces hommes ne sont ni des prêtres, ni des docteurs de la Loi ni des pharisiens. Ils ne font pas partie de l’élite religieuse d’Israël. Aujourd’hui on dirait que ce sont de simples laïcs, des croyants certainement pas parfaits, des membres du peuple de Dieu. Ce choix de Jésus reflète bien la manière de faire de Dieu qui exalte les personnes simples et élève les humbles. Ces hommes sont des pêcheurs. Etait-ce une bonne situation sociale en Galilée à l’époque de Jésus ? Je n’en sais rien. Pierre était peut-être un patron pêcheur. En tout cas leur activité semble avoir un caractère familial. Ce qui est certain c’est que ces hommes, encore une fois, sont bien des personnes simples appartenant à un milieu modeste et populaire. Et bien ce sont eux qui sont appelés à devenir pêcheurs d’hommes à la suite de Jésus. Leur réponse généreuse et immédiate à cet appel nous touche. De cet épisode fondateur dans la prédication de l’Evangile nous pouvons aussi retenir un enseignement important pour la vie de notre Eglise aujourd’hui. Jésus, tout Fils de Dieu qu’il était, n’a pas voulu commencer sa mission d´évangélisation tout seul. Il a voulu s’associer quatre hommes faibles et sans formation particulière. Leur seule bonne volonté et générosité lui suffisaient. Lorsque notre Eglise veut porter l’Evangile aux hommes de notre temps elle le fait avec tous ses membres. Le concile Vatican II a enseigné que les laïcs n’étaient pas là seulement pour aider les prêtres dans cette mission. Parce qu’ils sont baptisés et confirmés les laïcs partagent avec les prêtres la responsabilité de l’annonce de l’Evangile. Et le même Concile a rappellé que le lieu propre de la mission des laïcs c’était le monde, particulièrement le monde du travail et de la famille. Le premier engagement des fidèles est donc dans leurs lieux de vie ordinaire. Ce n’est pas dans une synagogue que les disciples ont été appellés mais bien sur leur lieu de travail, au bord du lac. Je ne sais pas si vous réalisez à quel point vous faites de nombreuses rencontres avec des personnes fort différentes tout au long de l’année dans votre travail, à l’école, dans les commerces, en famille etc. Dans tout ces lieux vous pouvez être témoins du Christ et de son Evangile, toujours par vos actes et votre attitude, par la parole aussi lorsque l’occasion se présente. Ce premier engagement des laïcs dans le monde n’exclue pas bien sûr un engagement au sein de la paroisse ou de la communauté chrétienne. Que ce soit dans la paroisse ou dans le monde nous devons toujours garder au fond de notre coeur cette flamme missionnaire. Cette flamme qui nous redit chaque jour que nous avons à partager sans crainte la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Encore faut-il que nous sachions voir toutes les occasions de le faire que la Providence met sur notre route, et qu’avec l’aide de l’Esprit Saint nous puissions répondre généreusement « oui » à cet appel intérieur du Christ notre Seigneur.
mercredi 19 janvier 2011
2ème dimanche du temps ordinaire
2ème dimanche du TO/A
16/01/2011
Jean 1, 29-34 (p. 398)
En ce début du temps ordinaire l’Evangile de Jean fait le lien avec la fête de dimanche dernier, le baptême du Seigneur. Nous y retrouvons le personnage de Jean le baptiste. Cet Evangile se situe donc au moment où Jésus inaugure son ministère public. C’est un moment décisif. Jean rend son témoignage au Seigneur Jésus qui vient de Nazareth jusqu’au Jourdain pour y recevoir le baptême. D’avance il donne au peuple d’Israël l’identité de Jésus. Avant de regarder de près cette carte d’identité, il est bon de nous attarder sur un fait précis. A deux reprises Jean le précurseur affirme : « Je ne le connaissais pas ». Celui qui a pour mission de préparer les chemins du Seigneur n’hésite pas à affirmer son ignorance quant à l’identité réelle de Jésus ! C’est Dieu lui-même qui a inspiré à Jean la connaissance de son Fils. Il le lui a révélé. Ce fait nous permet de méditer sur la réalité de notre foi. Si nous sommes nés dans une famille chrétienne nous risquons d’oublier cette caractéristique essentielle de la foi : elle est un don de Dieu qui nous révèle son Fils comme Sauveur. La foi n’est pas une réalité naturelle accessible à notre seule volonté humaine. Elle est bien une grâce de Dieu qui se révèle en vue de notre bonheur et de notre salut. C’est pour cette raison que parler de « transmission de la foi » est toujours ambigü. Les parents comme les catéchistes ou encore les prêtres n’ont pas le pouvoir de transmettre la foi. Comme si des hommes pouvaient donner à d’autres hommes le don de la foi ! Je rencontre souvent des parents qui me disent leur peine face à des enfants éduqués chrétiennement et qui semblent avoir abandonné le chemin du Christ. Je comprends bien sûr leur peine. Je leur fais remarquer qu’il n’est pas rare que des enfants ayant recu la même éducation dans la même famille prennent ensuite des chemins différents... Les uns restent fidèles au Christ alors que les autres semblent s’en être éloignés... Comment expliquer cela ? Par le fait encore une fois que les parents n’ont pas le pouvoir de transmettre la foi à leurs enfants, mais aussi par le fait que la foi est un acte libre. La foi est toujours en même temps un don de Dieu et une réponse libre de notre part à ce don. Les éducateurs de la foi, parents, catéchistes ou prêtres n’ont qu’un seul pouvoir, non pas donner la foi, mais en présenter le contenu. Ils ont comme Jean le baptiste la possibilité de dire qui est Jésus et surtout de lui rendre témoignage. La véritable évangélisation consiste à rendre témoignage au Christ par nos actes et par nos paroles. Elle se différencie en cela du prosélytisme dans lequel on est convaincu de pouvoir donner la foi, même s’il faut pour cela ne pas respecter la liberté et la conscience de celui auquel nous voulons apporter le Christ. L’ignorance de Jean nous rappelle aussi qu’il a fallu à l’Eglise primitive au moins trois siècles pour, à partir des Ecritures et de sa vie de prière, comprendre un peu mieux l’identité de son Maître et Seigneur. Les conciles ont été des réponses à des erreurs, des hérésies, concernant la personne du Christ. Alors même si nous avons le catéchisme de l’Eglise catholique comme lumière pour notre foi, ne pensons pas tout comprendre du mystère du Christ et encore moins en avoir fait le tour à la mesure d’une vie humaine. Saint Thomas d’Aquin avouait à la fin de sa vie sa tentation de brûler tous ses écrits, se rendant compte de l’immense distance entre ce qu’il avait pu percevoir du mystère du Christ et la richesse inépuisable de la révélation chrétienne.
Ceci étant dit regardons maintenant comment Jean introduit le Christ au commencement de sa mission. Sur sa carte d’identité il écrit deux mots : l’Agneau de Dieu et le Fils de Dieu, souvent traduit dans d’autre versions de la Bible par l’Elu de Dieu. Et le sceau qui authentifie ce témoignage c’est l’Esprit Saint. L’expression « Agneau de Dieu » se réfère bien sûr au sacrifice de l’agneau pascal par lequel les Juifs faisaient mémoire de leur libération d’Egypte. Dans la nouvelle Alliance l’Agneau n’est plus un animal mais un homme, l’Elu de Dieu, le Fils de Dieu. Dès le commencement de son ministère Jésus est désigné par Jean comme celui qui donnera sa vie pour notre libération. Ainsi la Croix est présente dès le début. Jésus est aussi l’Elu de Dieu sur qui repose l’Esprit Saint. Dans la nouvelle Alliance Dieu nous parle non plus à travers des prophètes mais par son Fils unique, celui qu’il a choisi pour nous dire une fois pour toutes et d’une manière extrême son amour de Père, sa volonté de nous voir enfin réconciliés entre nous et avec Lui. Après le Christ il ne peut donc y avoir ni de nouveaux prophètes ni de nouvelle révélation. C’est pour cela qu’un chrétien ne peut pas considérer Mahomet comme un prophète.
Pour conclure nous pouvons nous poser quelques questions : Quelle est la place de l’Esprit Saint dans ma vie de foi et dans ma prière ? Ai-je toujours ce désir de mieux connaître le Christ par la prière et par l’étude ? En tant que chrétiens nous ne pouvons pas nous reposer sur nos acquis et encore moins sur le seul catéchisme recu lors de notre enfance. Par la prière nous devons nourrir en nous le désir de Dieu, lui dire que nous le recherchons sans cesse. Et par l’étude faire que la Parole de Dieu nous devienne de plus en plus intérieure et lumineuse malgré toutes les difficultés de la révélation biblique.
16/01/2011
Jean 1, 29-34 (p. 398)
En ce début du temps ordinaire l’Evangile de Jean fait le lien avec la fête de dimanche dernier, le baptême du Seigneur. Nous y retrouvons le personnage de Jean le baptiste. Cet Evangile se situe donc au moment où Jésus inaugure son ministère public. C’est un moment décisif. Jean rend son témoignage au Seigneur Jésus qui vient de Nazareth jusqu’au Jourdain pour y recevoir le baptême. D’avance il donne au peuple d’Israël l’identité de Jésus. Avant de regarder de près cette carte d’identité, il est bon de nous attarder sur un fait précis. A deux reprises Jean le précurseur affirme : « Je ne le connaissais pas ». Celui qui a pour mission de préparer les chemins du Seigneur n’hésite pas à affirmer son ignorance quant à l’identité réelle de Jésus ! C’est Dieu lui-même qui a inspiré à Jean la connaissance de son Fils. Il le lui a révélé. Ce fait nous permet de méditer sur la réalité de notre foi. Si nous sommes nés dans une famille chrétienne nous risquons d’oublier cette caractéristique essentielle de la foi : elle est un don de Dieu qui nous révèle son Fils comme Sauveur. La foi n’est pas une réalité naturelle accessible à notre seule volonté humaine. Elle est bien une grâce de Dieu qui se révèle en vue de notre bonheur et de notre salut. C’est pour cette raison que parler de « transmission de la foi » est toujours ambigü. Les parents comme les catéchistes ou encore les prêtres n’ont pas le pouvoir de transmettre la foi. Comme si des hommes pouvaient donner à d’autres hommes le don de la foi ! Je rencontre souvent des parents qui me disent leur peine face à des enfants éduqués chrétiennement et qui semblent avoir abandonné le chemin du Christ. Je comprends bien sûr leur peine. Je leur fais remarquer qu’il n’est pas rare que des enfants ayant recu la même éducation dans la même famille prennent ensuite des chemins différents... Les uns restent fidèles au Christ alors que les autres semblent s’en être éloignés... Comment expliquer cela ? Par le fait encore une fois que les parents n’ont pas le pouvoir de transmettre la foi à leurs enfants, mais aussi par le fait que la foi est un acte libre. La foi est toujours en même temps un don de Dieu et une réponse libre de notre part à ce don. Les éducateurs de la foi, parents, catéchistes ou prêtres n’ont qu’un seul pouvoir, non pas donner la foi, mais en présenter le contenu. Ils ont comme Jean le baptiste la possibilité de dire qui est Jésus et surtout de lui rendre témoignage. La véritable évangélisation consiste à rendre témoignage au Christ par nos actes et par nos paroles. Elle se différencie en cela du prosélytisme dans lequel on est convaincu de pouvoir donner la foi, même s’il faut pour cela ne pas respecter la liberté et la conscience de celui auquel nous voulons apporter le Christ. L’ignorance de Jean nous rappelle aussi qu’il a fallu à l’Eglise primitive au moins trois siècles pour, à partir des Ecritures et de sa vie de prière, comprendre un peu mieux l’identité de son Maître et Seigneur. Les conciles ont été des réponses à des erreurs, des hérésies, concernant la personne du Christ. Alors même si nous avons le catéchisme de l’Eglise catholique comme lumière pour notre foi, ne pensons pas tout comprendre du mystère du Christ et encore moins en avoir fait le tour à la mesure d’une vie humaine. Saint Thomas d’Aquin avouait à la fin de sa vie sa tentation de brûler tous ses écrits, se rendant compte de l’immense distance entre ce qu’il avait pu percevoir du mystère du Christ et la richesse inépuisable de la révélation chrétienne.
Ceci étant dit regardons maintenant comment Jean introduit le Christ au commencement de sa mission. Sur sa carte d’identité il écrit deux mots : l’Agneau de Dieu et le Fils de Dieu, souvent traduit dans d’autre versions de la Bible par l’Elu de Dieu. Et le sceau qui authentifie ce témoignage c’est l’Esprit Saint. L’expression « Agneau de Dieu » se réfère bien sûr au sacrifice de l’agneau pascal par lequel les Juifs faisaient mémoire de leur libération d’Egypte. Dans la nouvelle Alliance l’Agneau n’est plus un animal mais un homme, l’Elu de Dieu, le Fils de Dieu. Dès le commencement de son ministère Jésus est désigné par Jean comme celui qui donnera sa vie pour notre libération. Ainsi la Croix est présente dès le début. Jésus est aussi l’Elu de Dieu sur qui repose l’Esprit Saint. Dans la nouvelle Alliance Dieu nous parle non plus à travers des prophètes mais par son Fils unique, celui qu’il a choisi pour nous dire une fois pour toutes et d’une manière extrême son amour de Père, sa volonté de nous voir enfin réconciliés entre nous et avec Lui. Après le Christ il ne peut donc y avoir ni de nouveaux prophètes ni de nouvelle révélation. C’est pour cela qu’un chrétien ne peut pas considérer Mahomet comme un prophète.
Pour conclure nous pouvons nous poser quelques questions : Quelle est la place de l’Esprit Saint dans ma vie de foi et dans ma prière ? Ai-je toujours ce désir de mieux connaître le Christ par la prière et par l’étude ? En tant que chrétiens nous ne pouvons pas nous reposer sur nos acquis et encore moins sur le seul catéchisme recu lors de notre enfance. Par la prière nous devons nourrir en nous le désir de Dieu, lui dire que nous le recherchons sans cesse. Et par l’étude faire que la Parole de Dieu nous devienne de plus en plus intérieure et lumineuse malgré toutes les difficultés de la révélation biblique.
dimanche 9 janvier 2011
LE BAPTEME DU SEIGNEUR
Le baptême du Seigneur / A
9/01/2011
Matthieu 3, 13-17 (p. 345)
La fête de ce dimanche marque le passage entre le temps de Noël et le temps ordinaire qui commencera demain. Le baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain a ainsi une double signification. Il nous donne le but du mystère de l’incarnation et en même temps il inaugure, après des années de vie cachée à Nazareth, le ministère public de Jésus au milieu de son peuple. Le baptême de Jésus est une véritable révélation de sa mission, un moment fondateur pour tout ce qui suivra. Et c’est probablement pour cela qu’il est aussi une manifestation du Dieu Trinité.
Dans les eaux du Jourdain le Seigneur nous dit le but de sa venue parmi nous, le pourquoi de sa fraternité avec tout homme depuis sa naissance au milieu des animaux de la crèche de Bethléem : que tout homme puisse devenir un fils bien-aimé du Père. Toute la mission du Seigneur consistera précisément à révéler Dieu non seulement comme son Père mais comme notre Père à tous. Tous les actes et toutes les paroles du Seigneur seront un rappel de notre divine vocation : créatures de Dieu nous sommes faits pour devenir ses fils, par le baptême justement. « Là où il passait, il faisait le bien » : c’est ainsi que le chef des apôtres résume le ministère de son Maître et Seigneur. C’est dire que ce Dieu Père révélé par Jésus a pour caractéristique essentielle la bonté. C’est comprendre aussi que si nous prétendons être ses fils, nous devons marcher sur le même chemin que Jésus, être des reflets de la bonté divine partout où nous passons.
Si au baptême de Jésus notre divine vocation nous est révélée, nous savons aussi quel obstacle se dresse sur la route de notre divinisation. Car le baptême que Jésus veut recevoir des mains de Jean est un baptême de pénitence en vue du pardon des péchés. D’où la réaction de Jean qui ne s’y trompe pas et qui fait au Seigneur la lecon : N’es-tu pas en train d’inverser les rôles ? Cette réaction de Jean en annonce une autre à l’autre bout de l’Evangile, le soir du jeudi saint. Souvenez-vous de l’initiative surprenante du Seigneur à la veille de sa mort : il veut laver les pieds de ses disciples dans un geste réservé aux esclaves. Et Pierre de refuser cet abaissement de son Maître, cette inversion des rôles entre Dieu et l’homme... Dans les eaux du Jourdain Jésus force la main à Jean, et cela pour deux raisons au moins. Lui qui est le Fils de Dieu veut se montrer solidaire des pauvres pécheurs que nous sommes. Mais c’est aussi pour nous libérer du pouvoir du mal et du péché qu’il descend dans les eaux. Et c’est là le début de son ministère, de son divin service à notre égard. Non seulement nous révéler que nous sommes faits pour être les fils de Dieu et vivre en conséquence, mais aussi nous donner la possibilité de guérir de notre péché par le baptême, la foi et les actes de bonté et de justice. Et ce divin service de libération atteindra son sommet dans le témoignage inouï du don de soi sur la croix. La fête de ce jour nous projette donc déjà au-delà du temps ordinaire dans le temps de Pâques.
Célébrer le baptême du Seigneur c’est inévitablement faire mémoire de notre propre baptême et de notre condition de chrétiens dans ce monde. C’est nous redire ces grandes vérités de notre foi. Oui, nous sommes véritablement les fils et les filles bien-aimés du Père. Oui, nous sommes déjà libérés des puissances du mal même si nous demeurons faibles et sujets à bien des tentations. Oui, nous sommes appelés à mener notre vie en nous laissant inspirer et conduire par l’Esprit de Dieu. Peut-être que l’une des tentations de notre vie chrétienne est-elle celle de Jean et de Pierre... Nous pouvons penser que le Seigneur va trop loin ! Si nous progressons parfois si peu dans notre lutte contre le péché en nous et le mal dans nos vies, ne serait-ce pas parce que nous ne laissons pas à Jésus ressuscité jouer son rôle de Sauveur ? Quand nous mettons véritablement notre confiance en la puissance de l’Esprit Saint, quand nous le croyons capable de transformer nos coeurs et nos vies, si nous sommes des hommes et des femmes de bonne volonté, alors oui, nous progressons dans la vie des fils de Dieu, et souvent de manière visible et concrète. Se laisser conduire par l’Esprit implique aussi de savoir tirer profit même de nos faiblesses et de nos rechutes. Si Dieu les permet, c’est peut-être pour nous remettre dans l’esprit d’humilité, esprit sans lequel Dieu ne peut pas accomplir ses merveilles en nous. Rien ne serait plus terrible pour nous que de ne plus avoir foi en la puissance transformante de la grâce du baptême en nous. Nous ne sommes pas chrétiens une fois pour toutes, nous le devenons un peu plus chaque jour si nous sommes fidèles à l’Esprit, jusqu’au grand passage de la mort, où avec Jésus nous aurons la force de dire : Père, entre tes mains je remets mon esprit !
9/01/2011
Matthieu 3, 13-17 (p. 345)
La fête de ce dimanche marque le passage entre le temps de Noël et le temps ordinaire qui commencera demain. Le baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain a ainsi une double signification. Il nous donne le but du mystère de l’incarnation et en même temps il inaugure, après des années de vie cachée à Nazareth, le ministère public de Jésus au milieu de son peuple. Le baptême de Jésus est une véritable révélation de sa mission, un moment fondateur pour tout ce qui suivra. Et c’est probablement pour cela qu’il est aussi une manifestation du Dieu Trinité.
Dans les eaux du Jourdain le Seigneur nous dit le but de sa venue parmi nous, le pourquoi de sa fraternité avec tout homme depuis sa naissance au milieu des animaux de la crèche de Bethléem : que tout homme puisse devenir un fils bien-aimé du Père. Toute la mission du Seigneur consistera précisément à révéler Dieu non seulement comme son Père mais comme notre Père à tous. Tous les actes et toutes les paroles du Seigneur seront un rappel de notre divine vocation : créatures de Dieu nous sommes faits pour devenir ses fils, par le baptême justement. « Là où il passait, il faisait le bien » : c’est ainsi que le chef des apôtres résume le ministère de son Maître et Seigneur. C’est dire que ce Dieu Père révélé par Jésus a pour caractéristique essentielle la bonté. C’est comprendre aussi que si nous prétendons être ses fils, nous devons marcher sur le même chemin que Jésus, être des reflets de la bonté divine partout où nous passons.
Si au baptême de Jésus notre divine vocation nous est révélée, nous savons aussi quel obstacle se dresse sur la route de notre divinisation. Car le baptême que Jésus veut recevoir des mains de Jean est un baptême de pénitence en vue du pardon des péchés. D’où la réaction de Jean qui ne s’y trompe pas et qui fait au Seigneur la lecon : N’es-tu pas en train d’inverser les rôles ? Cette réaction de Jean en annonce une autre à l’autre bout de l’Evangile, le soir du jeudi saint. Souvenez-vous de l’initiative surprenante du Seigneur à la veille de sa mort : il veut laver les pieds de ses disciples dans un geste réservé aux esclaves. Et Pierre de refuser cet abaissement de son Maître, cette inversion des rôles entre Dieu et l’homme... Dans les eaux du Jourdain Jésus force la main à Jean, et cela pour deux raisons au moins. Lui qui est le Fils de Dieu veut se montrer solidaire des pauvres pécheurs que nous sommes. Mais c’est aussi pour nous libérer du pouvoir du mal et du péché qu’il descend dans les eaux. Et c’est là le début de son ministère, de son divin service à notre égard. Non seulement nous révéler que nous sommes faits pour être les fils de Dieu et vivre en conséquence, mais aussi nous donner la possibilité de guérir de notre péché par le baptême, la foi et les actes de bonté et de justice. Et ce divin service de libération atteindra son sommet dans le témoignage inouï du don de soi sur la croix. La fête de ce jour nous projette donc déjà au-delà du temps ordinaire dans le temps de Pâques.
Célébrer le baptême du Seigneur c’est inévitablement faire mémoire de notre propre baptême et de notre condition de chrétiens dans ce monde. C’est nous redire ces grandes vérités de notre foi. Oui, nous sommes véritablement les fils et les filles bien-aimés du Père. Oui, nous sommes déjà libérés des puissances du mal même si nous demeurons faibles et sujets à bien des tentations. Oui, nous sommes appelés à mener notre vie en nous laissant inspirer et conduire par l’Esprit de Dieu. Peut-être que l’une des tentations de notre vie chrétienne est-elle celle de Jean et de Pierre... Nous pouvons penser que le Seigneur va trop loin ! Si nous progressons parfois si peu dans notre lutte contre le péché en nous et le mal dans nos vies, ne serait-ce pas parce que nous ne laissons pas à Jésus ressuscité jouer son rôle de Sauveur ? Quand nous mettons véritablement notre confiance en la puissance de l’Esprit Saint, quand nous le croyons capable de transformer nos coeurs et nos vies, si nous sommes des hommes et des femmes de bonne volonté, alors oui, nous progressons dans la vie des fils de Dieu, et souvent de manière visible et concrète. Se laisser conduire par l’Esprit implique aussi de savoir tirer profit même de nos faiblesses et de nos rechutes. Si Dieu les permet, c’est peut-être pour nous remettre dans l’esprit d’humilité, esprit sans lequel Dieu ne peut pas accomplir ses merveilles en nous. Rien ne serait plus terrible pour nous que de ne plus avoir foi en la puissance transformante de la grâce du baptême en nous. Nous ne sommes pas chrétiens une fois pour toutes, nous le devenons un peu plus chaque jour si nous sommes fidèles à l’Esprit, jusqu’au grand passage de la mort, où avec Jésus nous aurons la force de dire : Père, entre tes mains je remets mon esprit !
dimanche 2 janvier 2011
EPIPHANIE DU SEIGNEUR
Epiphanie du Seigneur
2/01/2011
Matthieu 2, 1- 12 (p. 312)
Dans le temps de Noël la fête de l’Epiphanie nous permet d’approfondir le mystère de l’incarnation. Car l’Epiphanie va bien au-delà de l’image populaire des trois rois mages... que nous ne trouvons pas dans le texte de Matthieu, lui se contente de parler des mages venus d’Orient. L’Evangile de cette fête a en effet une signification théologique d’une grande richesse. L’une des questions à laquelle répond ce récit pourrait être la suivante : Qui est venu voir l’enfant Jésus ? Nous savons par saint Luc que ce furent d’abord des bergers des environs de Bethléem : des personnes simples, pauvres, probablement analphabètes. Les bergers ne jouissaient pas d’une bonne réputation dans le peuple d’Israël. Toujours est-il que les seuls Juifs qui sont venus à la crèche ce sont eux. Les mystérieux mages venus d’Orient sont d’une certaine manière aux antipodes des bergers de Bethléem : ce sont des lettrés, des savants, des personnes riches et en plus des non-Juifs donc des païens. Quand nous lisons les Evangiles nous voyons donc auprès de l’enfant Jésus uniquement les bergers et les mages. Cela signifie que Jésus est venu pour être le sauveur de tous. Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous, non seulement pour les Juifs mais aussi pour les païens. Il est l’Emmanuel pour les pauvres et pour les riches, pour les illétrés et pour les savants. Lui ne fait pas de tri. Son amour est universel et renverse toutes les frontières. Cet Evangile de Matthieu nous montre d’un côté l’amour universel du Père manifesté dans son Fils et de l’autre notre responsabilité face à cet amour. Car si les mages sont venus adorer Jésus, comment se fait-il que l’élite politique et religieuse d’Israël ne se soit pas déplacée ? Où étaient le roi Hérode, les chefs des prêtres et les scribes d’Israël ? Non seulement ils ne se sont pas déplacés, mais ils furent pris d’inquiétude en apprenant la naissance du Messie par des païens venus à Jérusalem leur demander des précisions. Lorsque Dieu accomplit enfin ses promesses à la plénitude des temps, lorsque Dieu se fait l’un de nous, il ne suscite dans son peuple que de l’inquiétude... Comment se fait-il que la naissance d’un enfant entraîne autant de méfiance et de crainte ? Et pourtant ils savaient. Ils avaient la connaissance des Ecritures, et c’est cette connaissance qui leur permet de répondre à la question des mages. Mais leur connaissance religieuse, aussi parfaite fut-elle, ne les a pas fait bouger. C’était probablement une connaissance dépourvue d’amour. Ce phénomène se répète chaque jour dans notre humanité. Nous savons parfaitement qu’il faudrait changer telle ou telle habitude, adopter un comportement plus responsable, ne plus tolérer le mensonge et l’injustice, mais tout semble continuer comme avant.
L’Epiphanie est aussi l’occasion pour nous de réfléchir aux signes par lesquels Dieu nous parle. Bien sûr le premier et grand signe, c’est celui de l’enfant dans la maison de Bethléem. Car cet enfant est la Parole de Dieu faite chair. Remarquons toutefois que les bergers, les mages et les chefs des prêtres ont tous eu des signes de la part de Dieu. Pour les bergers un ange, pour les mages une étoile et pour les prêtres les Ecritures. Lorsque Dieu nous donne des signes pour nous attirer à Lui, ce sont toujours des signes adaptés à ce que nous sommes. Les mages n’ont pas eu le même signe que les bergers. Lorsque Dieu nous donne un signe, il ne contraint jamais notre liberté. Nous en trouvons la preuve dans l’attitude des chefs des prêtres qui, tout en connaissant la vérité, n’ont pas agi en conséquence. Ils ont tout simplement dit « non » à l’invitation que Dieu leur adressait. Le Concile Vatican II a demandé aux chrétiens d’être attentifs aux signes des temps pour une plus grande fidélité à Dieu. Les signes des temps peuvent être des événements de la vie de notre monde, de notre planète, comme des événements connus de nous seuls dans notre vie personnelle. La foi, l’espérance et la charité nous donnent une lumière particulière pour reconnaître les signes des temps et à travers eux la volonté de Dieu. C’est par sa Providence que Dieu gouverne notre humanité. Il ne prend pas notre place, il ne nous enlève ni notre responsabilité ni notre liberté. Mais il nous parle à travers ses signes. Lorsque nous sommes capables de relire à la lumière de la foi les événements de notre vie et de notre planète, alors nous pouvons découvrir la Providence de Dieu à l’oeuvre. Le tableau peut sembler parfois bien obscur et l’impression que le mal triomphe et gagne du terrain pourrait nous amener au découragement. Dieu cependant ne cesse de susciter par son Esprit des hommes et des femmes de bonne volonté qui n’ont comme force que la charité. Ce n’est pas forcément ce qui est le plus visible et le plus médiatisé mais cela existe bien davantage que nous ne pouvons le soupconner habituellement. Les prêtres sont bien placés pour en être les témoins, eux qui dans leur ministère percoivent ces signes de Dieu. Combien de fois ai-je pu m’émerveiller devant la générosité, le courage, la persévérance de tel homme ou de tel femme, croyant ou non-croyant ? Dans le Corps du Christ qui est l’Eglise il y a malheureusement bien des blessures, des divisions, des mesquineries... Mais il y a surtout un trésor inestimable de générosité, de don de soi et d´engagement. Hérode malgré tout son pouvoir royal n’a pas pu supprimer celui qui l’inquiétait : l’enfant-Dieu. Car la Providence a guidé les mages ainsi que saint Joseph.
Oui, la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée !
2/01/2011
Matthieu 2, 1- 12 (p. 312)
Dans le temps de Noël la fête de l’Epiphanie nous permet d’approfondir le mystère de l’incarnation. Car l’Epiphanie va bien au-delà de l’image populaire des trois rois mages... que nous ne trouvons pas dans le texte de Matthieu, lui se contente de parler des mages venus d’Orient. L’Evangile de cette fête a en effet une signification théologique d’une grande richesse. L’une des questions à laquelle répond ce récit pourrait être la suivante : Qui est venu voir l’enfant Jésus ? Nous savons par saint Luc que ce furent d’abord des bergers des environs de Bethléem : des personnes simples, pauvres, probablement analphabètes. Les bergers ne jouissaient pas d’une bonne réputation dans le peuple d’Israël. Toujours est-il que les seuls Juifs qui sont venus à la crèche ce sont eux. Les mystérieux mages venus d’Orient sont d’une certaine manière aux antipodes des bergers de Bethléem : ce sont des lettrés, des savants, des personnes riches et en plus des non-Juifs donc des païens. Quand nous lisons les Evangiles nous voyons donc auprès de l’enfant Jésus uniquement les bergers et les mages. Cela signifie que Jésus est venu pour être le sauveur de tous. Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous, non seulement pour les Juifs mais aussi pour les païens. Il est l’Emmanuel pour les pauvres et pour les riches, pour les illétrés et pour les savants. Lui ne fait pas de tri. Son amour est universel et renverse toutes les frontières. Cet Evangile de Matthieu nous montre d’un côté l’amour universel du Père manifesté dans son Fils et de l’autre notre responsabilité face à cet amour. Car si les mages sont venus adorer Jésus, comment se fait-il que l’élite politique et religieuse d’Israël ne se soit pas déplacée ? Où étaient le roi Hérode, les chefs des prêtres et les scribes d’Israël ? Non seulement ils ne se sont pas déplacés, mais ils furent pris d’inquiétude en apprenant la naissance du Messie par des païens venus à Jérusalem leur demander des précisions. Lorsque Dieu accomplit enfin ses promesses à la plénitude des temps, lorsque Dieu se fait l’un de nous, il ne suscite dans son peuple que de l’inquiétude... Comment se fait-il que la naissance d’un enfant entraîne autant de méfiance et de crainte ? Et pourtant ils savaient. Ils avaient la connaissance des Ecritures, et c’est cette connaissance qui leur permet de répondre à la question des mages. Mais leur connaissance religieuse, aussi parfaite fut-elle, ne les a pas fait bouger. C’était probablement une connaissance dépourvue d’amour. Ce phénomène se répète chaque jour dans notre humanité. Nous savons parfaitement qu’il faudrait changer telle ou telle habitude, adopter un comportement plus responsable, ne plus tolérer le mensonge et l’injustice, mais tout semble continuer comme avant.
L’Epiphanie est aussi l’occasion pour nous de réfléchir aux signes par lesquels Dieu nous parle. Bien sûr le premier et grand signe, c’est celui de l’enfant dans la maison de Bethléem. Car cet enfant est la Parole de Dieu faite chair. Remarquons toutefois que les bergers, les mages et les chefs des prêtres ont tous eu des signes de la part de Dieu. Pour les bergers un ange, pour les mages une étoile et pour les prêtres les Ecritures. Lorsque Dieu nous donne des signes pour nous attirer à Lui, ce sont toujours des signes adaptés à ce que nous sommes. Les mages n’ont pas eu le même signe que les bergers. Lorsque Dieu nous donne un signe, il ne contraint jamais notre liberté. Nous en trouvons la preuve dans l’attitude des chefs des prêtres qui, tout en connaissant la vérité, n’ont pas agi en conséquence. Ils ont tout simplement dit « non » à l’invitation que Dieu leur adressait. Le Concile Vatican II a demandé aux chrétiens d’être attentifs aux signes des temps pour une plus grande fidélité à Dieu. Les signes des temps peuvent être des événements de la vie de notre monde, de notre planète, comme des événements connus de nous seuls dans notre vie personnelle. La foi, l’espérance et la charité nous donnent une lumière particulière pour reconnaître les signes des temps et à travers eux la volonté de Dieu. C’est par sa Providence que Dieu gouverne notre humanité. Il ne prend pas notre place, il ne nous enlève ni notre responsabilité ni notre liberté. Mais il nous parle à travers ses signes. Lorsque nous sommes capables de relire à la lumière de la foi les événements de notre vie et de notre planète, alors nous pouvons découvrir la Providence de Dieu à l’oeuvre. Le tableau peut sembler parfois bien obscur et l’impression que le mal triomphe et gagne du terrain pourrait nous amener au découragement. Dieu cependant ne cesse de susciter par son Esprit des hommes et des femmes de bonne volonté qui n’ont comme force que la charité. Ce n’est pas forcément ce qui est le plus visible et le plus médiatisé mais cela existe bien davantage que nous ne pouvons le soupconner habituellement. Les prêtres sont bien placés pour en être les témoins, eux qui dans leur ministère percoivent ces signes de Dieu. Combien de fois ai-je pu m’émerveiller devant la générosité, le courage, la persévérance de tel homme ou de tel femme, croyant ou non-croyant ? Dans le Corps du Christ qui est l’Eglise il y a malheureusement bien des blessures, des divisions, des mesquineries... Mais il y a surtout un trésor inestimable de générosité, de don de soi et d´engagement. Hérode malgré tout son pouvoir royal n’a pas pu supprimer celui qui l’inquiétait : l’enfant-Dieu. Car la Providence a guidé les mages ainsi que saint Joseph.
Oui, la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée !
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