dimanche 24 août 2025

21ème dimanche du temps ordinaire / année C / 2025

 24/08/2025

Luc 13, 22-30

L’Evangile de ce dimanche part de la question d’un anonyme : Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Ce « quelqu’un » pourrait être chacun d’entre nous. Probablement un anonyme de notre temps formulerait sa question sur le salut d’une manière quelque peu différente : Irons-nous tous au Paradis ? L’anonyme du temps de Jésus part d’un présupposé pessimiste (il y aura peu d’élus) alors que celui de notre temps serait davantage optimiste (tous seront sauvés). Nous retrouvons cette question sur le salut dans le parallèle de Matthieu, au chapitre 19, mais dans un contexte différent :

« Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. » Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? »

Un chrétien doit-il se poser cette question ? Si le salut de l’homme est avant toute chose l’œuvre et le don de Dieu en Jésus-Christ, avons-nous besoin de savoir si peu ou beaucoup seront sauvés ? Est-ce que cela nous regarde ? Cette question cacherait-elle de notre part un manque de confiance en Dieu et en l’action de l’Esprit Saint ? Nous constatons que Jésus ne répond pas à la question qui lui est posée en donnant des chiffres ou des pourcentages. Il renvoie l’anonyme à son propre salut. Ne cherchez pas à connaître le nombre des élus mais efforcez-vous plutôt d’en faire partie ! La réponse de Jésus peut sembler contradictoire. D’un côté il insiste sur la difficulté du salut, la porte qui y mène est étroite comme le trou d’aiguille du chameau en Matthieu 19… Je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Donc nous n’irons pas tous au Paradis… Mais en même temps il nous fait entrevoir un salut universel : Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. La réponse à la question du salut implique un renversement des perspectives humaines : Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. Cela signifie qu’au moment du jugement dernier nous aurons de grandes surprises ! Ceux que nous considérions pendant notre vie terrestre comme de bons chrétiens ne seront peut-être pas admis dans le Royaume alors qu’inversement des personnes qui nous semblaient très éloignées de Dieu y seront admises. Laissons donc le jugement à Dieu et à lui seul. La petite parabole nous donne le critère du jugement de Dieu qui séparera les élus des réprouvés. Elle nous rappelle une autre parabole, celle des dix vierges au chapitre 25 de l’Evangile selon saint Matthieu. Quel est donc le critère du jugement divin ? Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice. Dans d’autres traductions nous trouvons au lieu de l’injustice le mal, l’iniquité, le crime, le mensonge… Voilà ce que nous devons éviter à tout prix pour entrer dans le Royaume. Aux artisans d’injustice s’opposent dans les Béatitudes ceux qui ont faim et soif de la justice, ceux qui sont persécutés pour la justice. La porte étroite est donc celle de la justice, de la sainteté telle que nous la trouvons décrite à travers les Béatitudes et la scène du jugement dernier en Matthieu 25. Si la page évangélique de ce dimanche trouve des parallèles en Matthieu 19 et 25, n’oublions pas un passage du chapitre 7 de Matthieu qui en est l’équivalent : Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !” Nous constatons que l’enseignement du Seigneur insiste fortement sur les actes qui sont les nôtres et qui font de nous soit des artisans d’injustice, soit des artisans de justice. Il ne s’agit donc pas tant de nous poser des questions sur qui sera sauvé et sur le nombre des élus que de tout faire pour accomplir dans nos vies la volonté de Dieu à la suite de Jésus. Vaincre le mal qui est en nous et dans le monde par la grâce de Jésus, c’est vivre déjà en sauvés. Et surtout vivons dans la confiance qui nous vient de ce que saint Paul affirme dans sa première lettre à Timothée : Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci beaucoup père Robert