25ème dimanche du TO/A
18/09/11
Mt 20, 1-16 (p. 598)
Lorsque nous entendons parler du Royaume des cieux dans les Evangiles nous pensons spontanément au paradis, c’est-à-dire à cet état de communion parfaite avec Dieu Trinité et entre nous, état que nous ne pouvons vivre qu’en acceptant de passer par la mort physique avec le Christ. La parabole des ouvriers envoyés à la vigne est une parabole du royaume des cieux qui nous parle de travail… Cela signifie que ce royaume des cieux est déjà une réalité présente dans notre existence humaine, et l’Eglise en est la manifestation la plus évidente. Cette parabole nous parle donc de la réponse que nous donnons au maître du domaine, c’est-à-dire Dieu. Ce domaine représente tout autant la création que l’Eglise. Vous avez compris que la pointe de la parabole porte sur le moment de notre vie où nous percevons l’appel de Dieu et où nous y répondons positivement. Certains parmi nous sont chrétiens depuis leur enfance, d’autres ont connu l’Evangile plus tard etc. Aux yeux du maître du domaine nous sommes tous égaux, tous ouvriers dans une même vigne. Jésus ne prétend pas bien sûr nous donner une leçon de morale économique et c’est volontairement qu’il choque notre bon sens. Pour bien nous montrer à quel point les pensées de son Père ne sont pas les nôtres… Dans la première lecture Isaïe nous dit que les pensées de Dieu sont au-dessus des nôtres. Nous rappelant ainsi que si Dieu s’est fait tout proche de nous, même l’un de nous par l’incarnation, il demeure aussi le tout autre, il est transcendant comme le soulignent les philosophes. Et c’est ce qui fait que nous avons bien du mal à comprendre et à accepter ses chemins… Donc Jésus nous choque volontairement. Il semble nous montrer un Dieu arbitraire et injuste qui traite les derniers venus de la même manière que les premiers… Et pourtant le maître du domaine promet à ceux qu’il embauche à la 9ème heure de leur donner ce qui est juste. Il faut ainsi nous rendre à l’évidence : ce maître est juste. Simplement sa justice n’est pas une justice humaine, une justice distributive, celle qui doit être pratiquée dans le monde du travail. De fait le salaire qui est donné aux ouvriers, le même pour tous, ne doit pas nous tromper sur la relation qui existe entre Dieu et ses créatures. En prenant ce détail de la parabole au pied de la lettre nous ferions de notre relation avec Dieu un troc, un échange commercial. Le fait justement que les derniers reçoivent autant que les premiers nous montre bien que ce salaire n’en est pas un dans le sens habituel du terme. Dans l’Evangile selon saint Luc, Jésus donne la conclusion suivante à une petite histoire qu’il raconte aux disciples :
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.'
Bref nous n’avons pas à tirer une quelconque fierté d’avoir répondu « oui » à l’appel du maître. Que nous ayons commencé le matin ou en fin d’après-midi ne change rien au fait que travailler dans la vigne du Seigneur est une grâce. Nous ne sommes pas embauchés par lui parce que nous serions les meilleurs ouvriers du monde. Alors le vrai et juste salaire que Dieu nous promet, ne serait-ce pas simplement le fait de pouvoir travailler dans sa vigne ? Le salaire de notre travail, dans et pour le Royaume des cieux, c’est notre travail lui-même. Ce travail comporte en lui-même sa propre récompense. Pour le chrétien le vrai salaire n’est-ce pas de savoir qu’il accomplit la volonté de Dieu ? Nous comprenons alors pourquoi tous reçoivent un salaire identique dans notre parabole. Cette parabole veut arracher de notre cœur l’idée selon laquelle nous mériterions par nos bonnes actions de travailler dans la vigne du Seigneur. C’est une parabole du don de Dieu. Dimanche dernier nous avons entendu le Seigneur nous demander de pardonner sans poser aucune limite. Ce dimanche nous contemplons la bonté du Seigneur à notre égard, une bonté qui n’a, elle aussi, aucune limite : « Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? » La justice de Dieu ne peut pas se comprendre sans cette référence à sa bonté. Et c’est en cela qu’elle est très différente de l’idée humaine de justice. On ne demande pas à un juge humain d’être bon, on lui demande d’appliquer la même loi à tous sans aucune partialité. C’est en raison de sa justice surnaturelle que Dieu renverse les classements humains : « Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers ».
Il s'agit tout simplement de partager par le biais du web les homélies que je compose et prononce pour les catholiques de mes paroisses chaque dimanche et jour de fête.
dimanche 18 septembre 2011
dimanche 11 septembre 2011
24ème dimanche du temps ordinaire
24ème dimanche du TO/A
11/09/2011
Mt 18, 21-35 (p. 548)
Avec l’Evangile de ce dimanche nous écoutons à nouveau l’enseignement de Jésus sur la vie en communauté. Dimanche dernier nous avons vu que dans l’Eglise, rassemblement des chrétiens, nous avions à pratiquer la correction fraternelle. Aujourd’hui c’est l’importance du pardon mutuel qui est mise en avant. Une communauté chrétienne authentique se reconnaît au fait que le pardon y est donné et reçu, non seulement à travers le sacrement de la confession, mais aussi dans les rapports que les chrétiens entretiennent les uns avec les autres. Un vrai chrétien non seulement est capable de pardonner mais il est aussi capable de demander pardon lorsqu’il a blessé l’un de ses frères.
Comme souvent l’enseignement du Seigneur part d’une question qui lui est posée : Pierre demande jusqu’à combien de fois il faut pardonner à un frère qui nous a offensé. Et il veut se montrer généreux en proposant : « Jusqu’à sept fois ? » La réponse de Jésus déplace immédiatement le débat à un autre niveau, celui-là même de Dieu : « Jusqu’à soixante-dix fois sept fois ». Pierre se situait à un niveau très humain, celui où l’on fait des comptes. Jésus lui répond qu’il ne faut jamais compter dans le pardon que nous avons à donner. Le chrétien est un imitateur de Dieu. La miséricorde du Seigneur à notre égard n’a pas de limites, elle est infinie. De la même manière notre pardon devrait pouvoir être accordé autant de fois que cela est nécessaire.
Pour illustrer son enseignement Jésus va utiliser une parabole du Royaume des cieux. C’est intéressant, car pour nous parler de la vie en Eglise, le Seigneur nous montre le Royaume des cieux. Ce qui signifie que l’Eglise n’est pas une association parmi tant d’autres, une œuvre de bienfaisance ou encore une réalité simplement humaine. L’Eglise est divine ou elle n’est pas. Sa vie vient de Dieu par le Christ dans l’Esprit. Et les lois qui régissent son organisation, même si elles comportent une part humaine, doivent refléter la vie même du Royaume. Ce sont des lois surnaturelles. La parabole se comprend d’elle-même. Jésus n’invente rien comme en témoigne notre première lecture tirée de l’Ancien Testament. Il rappelle la loi divine du pardon et de la miséricorde en la libérant de toute limitation. La parabole nous redit avec force que nous devons être cohérents : il serait étrange d’attendre de la part de Dieu sa pitié si nous nous montrons incapables de compassion les uns envers les autres. Nous sommes heureux lorsque Dieu se montre patient et miséricordieux à notre égard. Nous devrions être heureux de pouvoir l’imiter dans nos relations avec nos frères dans la foi et avec tous les hommes. La parabole nous renvoie à ce que nous demandons dans le Notre Père. Souvenons-nous du commentaire que Jésus en donne dans le même Evangile selon saint Matthieu : « Sachez-le : si vous pardonnez aux autres leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux autres, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos offenses ».
Ce qui fait que l’histoire de notre monde ainsi que nos histoires personnelles ressemblent parfois à un avant-goût de l’enfer, c’est bien notre incapacité ou notre refus de pardonner et de demander pardon. Nous savons où mène la logique de la rancune, de la colère, de la vengeance : à une augmentation sans fin de la violence. Les pardons que nous avons à accorder ne se ressemblent pas : il y a des petits pardons et des grands pardons. Ce n’est évidemment pas la même chose de pardonner à celui qui m’a insulté et de pardonner à celui qui a tué tous les membres de ma famille… Ce n’est pas parce que nous nous sentons parfois incapables de pardonner que nous devons pour autant renoncer à cette exigence de l’Evangile. C’est souvent un long chemin que nous avons à parcourir. Autant blesser autrui est un acte rapide, autant la réconciliation demande beaucoup de temps. Le bien et le mal n’ont pas le même rapport au temps. Si nous avons encore des pardons à donner ou à demander, ayons foi dans l’aide du Seigneur qui nous permettra d’avancer sur ce chemin. C’est avec beaucoup de prière pour celui qui m’a offensé et par des petits actes que je parviendrai à pardonner à mon frère de tout mon cœur.
11/09/2011
Mt 18, 21-35 (p. 548)
Avec l’Evangile de ce dimanche nous écoutons à nouveau l’enseignement de Jésus sur la vie en communauté. Dimanche dernier nous avons vu que dans l’Eglise, rassemblement des chrétiens, nous avions à pratiquer la correction fraternelle. Aujourd’hui c’est l’importance du pardon mutuel qui est mise en avant. Une communauté chrétienne authentique se reconnaît au fait que le pardon y est donné et reçu, non seulement à travers le sacrement de la confession, mais aussi dans les rapports que les chrétiens entretiennent les uns avec les autres. Un vrai chrétien non seulement est capable de pardonner mais il est aussi capable de demander pardon lorsqu’il a blessé l’un de ses frères.
Comme souvent l’enseignement du Seigneur part d’une question qui lui est posée : Pierre demande jusqu’à combien de fois il faut pardonner à un frère qui nous a offensé. Et il veut se montrer généreux en proposant : « Jusqu’à sept fois ? » La réponse de Jésus déplace immédiatement le débat à un autre niveau, celui-là même de Dieu : « Jusqu’à soixante-dix fois sept fois ». Pierre se situait à un niveau très humain, celui où l’on fait des comptes. Jésus lui répond qu’il ne faut jamais compter dans le pardon que nous avons à donner. Le chrétien est un imitateur de Dieu. La miséricorde du Seigneur à notre égard n’a pas de limites, elle est infinie. De la même manière notre pardon devrait pouvoir être accordé autant de fois que cela est nécessaire.
Pour illustrer son enseignement Jésus va utiliser une parabole du Royaume des cieux. C’est intéressant, car pour nous parler de la vie en Eglise, le Seigneur nous montre le Royaume des cieux. Ce qui signifie que l’Eglise n’est pas une association parmi tant d’autres, une œuvre de bienfaisance ou encore une réalité simplement humaine. L’Eglise est divine ou elle n’est pas. Sa vie vient de Dieu par le Christ dans l’Esprit. Et les lois qui régissent son organisation, même si elles comportent une part humaine, doivent refléter la vie même du Royaume. Ce sont des lois surnaturelles. La parabole se comprend d’elle-même. Jésus n’invente rien comme en témoigne notre première lecture tirée de l’Ancien Testament. Il rappelle la loi divine du pardon et de la miséricorde en la libérant de toute limitation. La parabole nous redit avec force que nous devons être cohérents : il serait étrange d’attendre de la part de Dieu sa pitié si nous nous montrons incapables de compassion les uns envers les autres. Nous sommes heureux lorsque Dieu se montre patient et miséricordieux à notre égard. Nous devrions être heureux de pouvoir l’imiter dans nos relations avec nos frères dans la foi et avec tous les hommes. La parabole nous renvoie à ce que nous demandons dans le Notre Père. Souvenons-nous du commentaire que Jésus en donne dans le même Evangile selon saint Matthieu : « Sachez-le : si vous pardonnez aux autres leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux autres, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos offenses ».
Ce qui fait que l’histoire de notre monde ainsi que nos histoires personnelles ressemblent parfois à un avant-goût de l’enfer, c’est bien notre incapacité ou notre refus de pardonner et de demander pardon. Nous savons où mène la logique de la rancune, de la colère, de la vengeance : à une augmentation sans fin de la violence. Les pardons que nous avons à accorder ne se ressemblent pas : il y a des petits pardons et des grands pardons. Ce n’est évidemment pas la même chose de pardonner à celui qui m’a insulté et de pardonner à celui qui a tué tous les membres de ma famille… Ce n’est pas parce que nous nous sentons parfois incapables de pardonner que nous devons pour autant renoncer à cette exigence de l’Evangile. C’est souvent un long chemin que nous avons à parcourir. Autant blesser autrui est un acte rapide, autant la réconciliation demande beaucoup de temps. Le bien et le mal n’ont pas le même rapport au temps. Si nous avons encore des pardons à donner ou à demander, ayons foi dans l’aide du Seigneur qui nous permettra d’avancer sur ce chemin. C’est avec beaucoup de prière pour celui qui m’a offensé et par des petits actes que je parviendrai à pardonner à mon frère de tout mon cœur.
samedi 2 juillet 2011
14ème dimanche du temps ordinaire
14ème dimanche du TO/A
3/07/2011
Matthieu 11, 25-30 (p. 56)
Deux jours après la fête du Sacré-Cœur et au commencement de la période estivale nous accueillons ce très beau passage de l’Evangile selon saint Matthieu, passage dans lequel Jésus nous invite à entrer dans son repos.
Notre Evangile commence par une prière de louange et d’action de grâces que Jésus a peut-être prononcée à haute voix en présence de ses disciples. Dans cette prière le Seigneur témoigne de la relation unique qui l’unit à Dieu son Père, relation de connaissance amoureuse au sein de la Trinité. Par la révélation de l’Evangile, Jésus nous fait participer, à notre niveau humain, à cette connaissance qui est celle de la Sainte Trinité. Jésus est l’unique Chemin qui nous conduit à la connaissance du Dieu vivant et vrai. Le Fils remercie son Père de ce que cette révélation a été cachée aux sages et aux savants et donnée aux tout petits. Cette manière de faire de Dieu notre Père est une manifestation de sa bonté. Mais comment comprendre le fait que les sages et les savants soient comme écartés de la connaissance de Dieu ? Il semblerait au contraire que cette catégorie de personnes soit la mieux placée pour connaître le mystère de Dieu. Ce que le Père réprouve ce n’est pas l’intelligence humaine ni la raison. C’est lui qui nous les a donnés. Dieu nous met simplement en garde contre le danger qui guette tous les intellectuels. Et ce danger est double. Tout d’abord l’orgueil, se croire supérieur parce que l’on sait. De cet orgueil découle immanquablement un sentiment d’autosuffisance et d’autonomie absolue. Ainsi le savant orgueilleux dans le moment même où il reconnaît Dieu le nie. Parce qu’il pense que sa connaissance vient uniquement de son intelligence. Parce qu’il oublie que la vraie connaissance de Dieu se reçoit comme une révélation : elle est un don du Christ. Le deuxième danger qui guette le savant c’est celui d’une connaissance sans charité. A quoi bon connaître toute la sagesse des philosophes et celle de la Bible si je ne la mets pas en pratique, si je suis incapable d’aimer en vérité ? Lorsque Dieu se fait connaître à nous par Jésus, ce n’est pas d’abord pour remplir notre tête de connaissances théologiques, c’est surtout pour changer notre cœur de pierre en un cœur de chair, capable d’aimer et de s’ouvrir aux besoins des autres.
Après avoir prié, Jésus nous lance un appel. Un appel à entrer dans son repos alors que nous sommes fatigués et abattus par une vie parfois bien difficile et souvent monotone. Même si nous avons la chance d’avoir tout le nécessaire pour bien vivre en ce monde, l’horizon nous semble à certains moments bouché. Nous aspirons à autre chose, à Dieu lui-même. L’actualité de notre monde peut aussi nous conduire au désespoir et au découragement. Le repos donné par le Christ, maître au cœur doux et humble, n’est pas un repos d’hôtel cinq étoiles ou de millionnaire. Jésus ne nous promet pas le bonheur parfait en ce monde. Il ne nous dit pas que si nous le suivons tout ira bien et nous n’aurons plus aucun problème ! Nous devons en tant que chrétiens prendre son joug, porter son fardeau. Ce qui pèse le plus lourd sur nos épaules c’est bien la puissance du mal et de l’injustice à l’œuvre sur notre terre, c’est bien le péché que nous commettons. Connaître Jésus et l’aimer n’enlève ni le joug ni le fardeau. Alors où est la différence entre un chrétien et un athée ? Eh bien nous, disciples du Seigneur, nous ne sommes jamais seuls à porter le fardeau. Jésus lui-même vient le porter avec nous. Son joug est ainsi facile à porter, et son fardeau léger. Jésus se différencie des chefs religieux du peuple. Il les interpelle vivement et leur fait des reproches : Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Quand nous contemplons Jésus sur la croix, nous savons qu’il ne s’est pas contenté de paroles mais qu’il a vraiment porté pour nous tout le fardeau du péché et du mal afin de nous en libérer. Alors cet Evangile nous demande de lui faire une confiance absolue et de vivre sous l’emprise de l’Esprit Saint qui habite nos cœurs. De cette manière nous verrons toutes choses avec le regard de Dieu. Et la pesanteur de ce monde ne nous enlèvera ni notre joie ni notre espérance.
3/07/2011
Matthieu 11, 25-30 (p. 56)
Deux jours après la fête du Sacré-Cœur et au commencement de la période estivale nous accueillons ce très beau passage de l’Evangile selon saint Matthieu, passage dans lequel Jésus nous invite à entrer dans son repos.
Notre Evangile commence par une prière de louange et d’action de grâces que Jésus a peut-être prononcée à haute voix en présence de ses disciples. Dans cette prière le Seigneur témoigne de la relation unique qui l’unit à Dieu son Père, relation de connaissance amoureuse au sein de la Trinité. Par la révélation de l’Evangile, Jésus nous fait participer, à notre niveau humain, à cette connaissance qui est celle de la Sainte Trinité. Jésus est l’unique Chemin qui nous conduit à la connaissance du Dieu vivant et vrai. Le Fils remercie son Père de ce que cette révélation a été cachée aux sages et aux savants et donnée aux tout petits. Cette manière de faire de Dieu notre Père est une manifestation de sa bonté. Mais comment comprendre le fait que les sages et les savants soient comme écartés de la connaissance de Dieu ? Il semblerait au contraire que cette catégorie de personnes soit la mieux placée pour connaître le mystère de Dieu. Ce que le Père réprouve ce n’est pas l’intelligence humaine ni la raison. C’est lui qui nous les a donnés. Dieu nous met simplement en garde contre le danger qui guette tous les intellectuels. Et ce danger est double. Tout d’abord l’orgueil, se croire supérieur parce que l’on sait. De cet orgueil découle immanquablement un sentiment d’autosuffisance et d’autonomie absolue. Ainsi le savant orgueilleux dans le moment même où il reconnaît Dieu le nie. Parce qu’il pense que sa connaissance vient uniquement de son intelligence. Parce qu’il oublie que la vraie connaissance de Dieu se reçoit comme une révélation : elle est un don du Christ. Le deuxième danger qui guette le savant c’est celui d’une connaissance sans charité. A quoi bon connaître toute la sagesse des philosophes et celle de la Bible si je ne la mets pas en pratique, si je suis incapable d’aimer en vérité ? Lorsque Dieu se fait connaître à nous par Jésus, ce n’est pas d’abord pour remplir notre tête de connaissances théologiques, c’est surtout pour changer notre cœur de pierre en un cœur de chair, capable d’aimer et de s’ouvrir aux besoins des autres.
Après avoir prié, Jésus nous lance un appel. Un appel à entrer dans son repos alors que nous sommes fatigués et abattus par une vie parfois bien difficile et souvent monotone. Même si nous avons la chance d’avoir tout le nécessaire pour bien vivre en ce monde, l’horizon nous semble à certains moments bouché. Nous aspirons à autre chose, à Dieu lui-même. L’actualité de notre monde peut aussi nous conduire au désespoir et au découragement. Le repos donné par le Christ, maître au cœur doux et humble, n’est pas un repos d’hôtel cinq étoiles ou de millionnaire. Jésus ne nous promet pas le bonheur parfait en ce monde. Il ne nous dit pas que si nous le suivons tout ira bien et nous n’aurons plus aucun problème ! Nous devons en tant que chrétiens prendre son joug, porter son fardeau. Ce qui pèse le plus lourd sur nos épaules c’est bien la puissance du mal et de l’injustice à l’œuvre sur notre terre, c’est bien le péché que nous commettons. Connaître Jésus et l’aimer n’enlève ni le joug ni le fardeau. Alors où est la différence entre un chrétien et un athée ? Eh bien nous, disciples du Seigneur, nous ne sommes jamais seuls à porter le fardeau. Jésus lui-même vient le porter avec nous. Son joug est ainsi facile à porter, et son fardeau léger. Jésus se différencie des chefs religieux du peuple. Il les interpelle vivement et leur fait des reproches : Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Quand nous contemplons Jésus sur la croix, nous savons qu’il ne s’est pas contenté de paroles mais qu’il a vraiment porté pour nous tout le fardeau du péché et du mal afin de nous en libérer. Alors cet Evangile nous demande de lui faire une confiance absolue et de vivre sous l’emprise de l’Esprit Saint qui habite nos cœurs. De cette manière nous verrons toutes choses avec le regard de Dieu. Et la pesanteur de ce monde ne nous enlèvera ni notre joie ni notre espérance.
dimanche 26 juin 2011
LE SAINT SACREMENT
Saint Sacrement / A
26/06/2011
Jean 6, 51-58 (p. 1175)
Dimanche dernier en célébrant la fête de la Sainte Trinité nous nous sommes souvenus que le cœur du mystère même de Dieu est l’amour qui unit les trois personnes divines. Avec la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ nous célébrons le don sacramentel de cet amour divin à l’Eglise. Tout sacrement est une manifestation de l’amour divin, mais l’eucharistie en est l’expression la plus parfaite. D’où le nom donné à ce sacrement : le Saint-Sacrement. Ce nom ne signifie pas que les autres sacrements ne soient pas saints, c’est évident. Il signifie que l’eucharistie ou la messe est le plus grand de tous les sacrements, le sacrement par excellence. C’est la raison pour laquelle une fête particulière lui est consacré en plus de la célébration de l’institution de l’eucharistie le soir du jeudi saint. C’est un pape français, Urbain IV, qui, en 1264, institua la fête de ce dimanche.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.
La fin de notre Evangile nous renvoie au don de la manne dans le désert. Ce don annonçait le mystère de l’eucharistie. Jésus souligne la différence entre la manne et le pain de vie, son corps livré pour nous en sacrifice et offert comme nourriture spirituelle dans chaque eucharistie. Communier au Corps du Christ avec de bonnes dispositions, c’est nourrir en soi la vie même de Dieu, vie reçue au baptême, et c’est déjà, d’une certaine manière, anticiper la vie bienheureuse de communion avec Dieu Trinité au paradis.
La première lecture qui nous parle du don de la manne est intéressante pour nous faire comprendre le mystère de l’eucharistie en lien avec notre vie toute entière.
Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
Nous pouvons comparer notre vie humaine sur cette terre à la longue marche des hébreux dans le désert avant d’atteindre la terre promise, image du paradis. Notre vie humaine de notre naissance à notre mort est une expérience de dépouillement et de purification, que nous soyons croyants ou pas. Vivre c’est en effet accepter de se détacher jour après jour. En ce sens la pauvreté fait partie de notre condition humaine marquée par le péché originel et par nos propres péchés. Combien de petites morts précèdent en effet la mort véritable ! Le croyant sait que les limites de sa condition humaine sont comme une mise à l’épreuve de son amour et de sa fidélité envers Dieu, seul maître de la vie.
Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
Beaucoup de nos contemporains, et même parmi eux des chrétiens, ne ressentent pas les limites de leur condition humaine, la pauvreté qui est attachée à toute vie. A cause du matérialisme, du confort de vie et de la richesse, il est facile de s’aveugler et d’oublier le sens ultime de notre vie sur cette terre. Nous ne pouvons pas apprécier le don de l’eucharistie à sa juste valeur si nous ne prenons pas conscience de notre pauvreté, si nous n’avons pas faim d’autre chose que ce que nous propose la société de consommation comme accès à un bonheur facile mais éphémère. L’eucharistie en tant que nourriture spirituelle doit correspondre en nous à une faim, à la conscience que nous avons besoin pour vivre en plénitude de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. Quand nous parlons des bonnes dispositions pour communier avec fruit nous pensons spontanément d’abord au fait que nous n’avons pas sur la conscience de péché grave à nous reprocher. Et c’est vrai, d’où l’utilité du sacrement du pardon pour nous permettre de mieux communier au don que le Christ nous fait à chaque eucharistie. Mais être dans de bonnes dispositions ce n’est pas seulement être en état de grâce, c’est aussi avoir le désir de Dieu, la faim d’une nourriture spirituelle. Cette nourriture nous est donnée par le Seigneur Jésus dans la messe. Le concile Vatican II parle des deux tables eucharistiques : celle de la parole de Dieu et celle du Corps du Seigneur. La fête de ce jour est une invitation à nous poser la question suivante : comment pouvons-nous mieux nous préparer à participer à ces deux tables par lesquelles notre vie spirituelle est fortifiée ? Pour la table de la Parole de Dieu il serait bon que nous puissions lire et méditer avant la messe, dans la semaine, les lectures du dimanche. Même si nous n’avons pas de missel elles sont désormais disponibles sur Internet. Pour la table du Corps du Seigneur la meilleure préparation serait de prendre chaque jour un temps de prière personnel, de rencontre avec le Christ ressuscité, en lui demandant de nous faire cette grâce : qu’il augmente en nous le désir de la communion avec lui!
26/06/2011
Jean 6, 51-58 (p. 1175)
Dimanche dernier en célébrant la fête de la Sainte Trinité nous nous sommes souvenus que le cœur du mystère même de Dieu est l’amour qui unit les trois personnes divines. Avec la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ nous célébrons le don sacramentel de cet amour divin à l’Eglise. Tout sacrement est une manifestation de l’amour divin, mais l’eucharistie en est l’expression la plus parfaite. D’où le nom donné à ce sacrement : le Saint-Sacrement. Ce nom ne signifie pas que les autres sacrements ne soient pas saints, c’est évident. Il signifie que l’eucharistie ou la messe est le plus grand de tous les sacrements, le sacrement par excellence. C’est la raison pour laquelle une fête particulière lui est consacré en plus de la célébration de l’institution de l’eucharistie le soir du jeudi saint. C’est un pape français, Urbain IV, qui, en 1264, institua la fête de ce dimanche.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.
La fin de notre Evangile nous renvoie au don de la manne dans le désert. Ce don annonçait le mystère de l’eucharistie. Jésus souligne la différence entre la manne et le pain de vie, son corps livré pour nous en sacrifice et offert comme nourriture spirituelle dans chaque eucharistie. Communier au Corps du Christ avec de bonnes dispositions, c’est nourrir en soi la vie même de Dieu, vie reçue au baptême, et c’est déjà, d’une certaine manière, anticiper la vie bienheureuse de communion avec Dieu Trinité au paradis.
La première lecture qui nous parle du don de la manne est intéressante pour nous faire comprendre le mystère de l’eucharistie en lien avec notre vie toute entière.
Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
Nous pouvons comparer notre vie humaine sur cette terre à la longue marche des hébreux dans le désert avant d’atteindre la terre promise, image du paradis. Notre vie humaine de notre naissance à notre mort est une expérience de dépouillement et de purification, que nous soyons croyants ou pas. Vivre c’est en effet accepter de se détacher jour après jour. En ce sens la pauvreté fait partie de notre condition humaine marquée par le péché originel et par nos propres péchés. Combien de petites morts précèdent en effet la mort véritable ! Le croyant sait que les limites de sa condition humaine sont comme une mise à l’épreuve de son amour et de sa fidélité envers Dieu, seul maître de la vie.
Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
Beaucoup de nos contemporains, et même parmi eux des chrétiens, ne ressentent pas les limites de leur condition humaine, la pauvreté qui est attachée à toute vie. A cause du matérialisme, du confort de vie et de la richesse, il est facile de s’aveugler et d’oublier le sens ultime de notre vie sur cette terre. Nous ne pouvons pas apprécier le don de l’eucharistie à sa juste valeur si nous ne prenons pas conscience de notre pauvreté, si nous n’avons pas faim d’autre chose que ce que nous propose la société de consommation comme accès à un bonheur facile mais éphémère. L’eucharistie en tant que nourriture spirituelle doit correspondre en nous à une faim, à la conscience que nous avons besoin pour vivre en plénitude de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. Quand nous parlons des bonnes dispositions pour communier avec fruit nous pensons spontanément d’abord au fait que nous n’avons pas sur la conscience de péché grave à nous reprocher. Et c’est vrai, d’où l’utilité du sacrement du pardon pour nous permettre de mieux communier au don que le Christ nous fait à chaque eucharistie. Mais être dans de bonnes dispositions ce n’est pas seulement être en état de grâce, c’est aussi avoir le désir de Dieu, la faim d’une nourriture spirituelle. Cette nourriture nous est donnée par le Seigneur Jésus dans la messe. Le concile Vatican II parle des deux tables eucharistiques : celle de la parole de Dieu et celle du Corps du Seigneur. La fête de ce jour est une invitation à nous poser la question suivante : comment pouvons-nous mieux nous préparer à participer à ces deux tables par lesquelles notre vie spirituelle est fortifiée ? Pour la table de la Parole de Dieu il serait bon que nous puissions lire et méditer avant la messe, dans la semaine, les lectures du dimanche. Même si nous n’avons pas de missel elles sont désormais disponibles sur Internet. Pour la table du Corps du Seigneur la meilleure préparation serait de prendre chaque jour un temps de prière personnel, de rencontre avec le Christ ressuscité, en lui demandant de nous faire cette grâce : qu’il augmente en nous le désir de la communion avec lui!
lundi 20 juin 2011
LA SAINTE TRINITE
La Sainte Trinité / A
19/06/2011
Jean 3, 16-18 (p. 1156)
Il y a dans notre année liturgique une grande cohérence. Ce n’est donc pas par hasard que la célébration de la Sainte Trinité se situe après le dimanche de la Pentecôte. Avec le mystère pascal, culminant à la Pentecôte, Dieu nous a tout donné : son Fils, son Esprit, l’Eglise et les sacrements. La Pentecôte marque l’accomplissement de la révélation divine. Nous n’avons à attendre aucune révélation nouvelle. Tout est dit depuis que le Père nous a envoyé sa Parole et son Esprit. Et c’est avec l’assistance du Saint Esprit que l’Eglise, tout au long de son pèlerinage sur la terre, ne cesse d’approfondir le mystère de Dieu et celui de notre salut. Les premiers siècles du christianisme n’ont pas été de tout repos. De nombreuses querelles dogmatiques autour de la personne du Christ et donc de la nature même de Dieu ont divisé les premiers chrétiens. Et c’est au terme de cette recherche théologique initiale que l’Eglise, sous la conduite de l’Esprit Saint, a pu de mieux en mieux préciser sa foi en Dieu Trinité. Si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que la foi en la Trinité est le centre et le sommet de toute la révélation chrétienne. Un chrétien ce n’est pas simplement celui qui reconnaît l’existence de Dieu dans sa vie, mais bien celui qui reçoit la révélation que Dieu est Trinité. C’est cette révélation que le grand savant et penseur français Blaise Pascal eut la grâce de recevoir le 23 novembre 1654. Au cours d’une expérience mystique qui dura deux heures, il comprit par le cœur, de l’intérieur, la différence entre le Dieu des philosophes et le Dieu de Jésus-Christ, et il la consigna dans un texte nommé le mémorial. C’est la seconde conversion de Pascal.
« Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude, sentiment, joie, paix. Dieu de Jésus-Christ ».
Les textes de la Parole de Dieu nous montrent le vrai visage du Dieu de Jésus-Christ, et il est frappant de constater la continuité entre la première Alliance et l’Alliance nouvelle et définitive. Dieu se révèle en effet à Moïse comme « le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Dans l’Evangile, Jésus lui-même nous parle de son Père, ce Père qui nous aime. L’amour de Dieu notre Père n’est pas là pour nous enfoncer dans la culpabilité et la honte, il n’est pas là pour nous condamner. C’est un amour qui sauve et qui relève, un amour qui veut sans cesse nous redonner notre dignité de fils et de filles de Dieu. Quant à saint Paul il promet aux chrétiens qui vivent selon l’Evangile la présence du Dieu d’amour et de paix. Saint Jean résumera dans une formule lapidaire tout le mystère de Dieu : Dieu est Amour.
Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. En tant que chrétiens nous croyons au Dieu trois fois Saint. Mais pour que cette foi en la Trinité soit vivante, il faut que d’une manière ou d’une autre nous en ayons fait l’expérience personnelle, un peu à la manière de Pascal et de tant d’autres chrétiens émerveillés en présence du mystère de Dieu. Autrement nous risquons d’avoir une foi en un Dieu abstrait et lointain, en quelque sorte une idée inaccessible de la perfection. Nous risquons bien d’être déistes davantage que chrétiens. C’est le rôle du Saint Esprit que de nous aider à entrer dans le mystère de Dieu non seulement avec notre intelligence mais aussi avec notre cœur, c’est-à-dire dans une relation d’amour avec le Dieu Trinité et avec chacune des personnes divines. Nous avons deux lieux privilégiés pour vivre notre foi en la Trinité : la prière personnelle et le service du prochain dans la charité. Dire que Dieu est Trinité, c’est affirmer que Dieu en lui-même est don d’amour, circulation, échange de vie et d’amour entre les trois personnes divines. Et la manifestation en Dieu de cet amour c’est la personne du Saint Esprit, lien de charité entre le Père et le Fils. L’être de Dieu ne se définit pas d’abord par l’éternité ou encore la toute-puissance. Cela nous le retrouvons dans le dieu des philosophes. L’être de Dieu se définit par la perfection de l’amour en Lui. Lui seul est Dieu parce que Lui seul est capable de se donner à un tel point. S’il est créateur et sauveur, c’est en raison de son identité profonde. Nous comprenons alors que c’est lorsque nous nous donnons par amour à Dieu et à notre prochain que nous nous ouvrons le mieux au mystère de la Sainte Trinité. Dans une époque marquée par le divertissement, l’agitation et le bruit, il nous est bon dans le silence extérieur et intérieur, le silence du cœur, de nous mettre en présence du Dieu Trinité. La qualité de notre vie humaine et chrétienne dépend essentiellement de la vérité de notre relation avec ce Dieu qui n’est pas un Dieu solitaire mais un Dieu communion. Dans une époque où beaucoup s’isolent dans leur bulle croyant y trouver le bonheur, notre foi en la Trinité nous rappelle l’importance des relations entre nous. Le bonheur en Dieu se vit dans l’ouverture et le don de chacune des personnes divines. Le bonheur consiste pour chacun de nous à passer du statut d’individu à celui de personne, donc d’être en relation. Contempler le mystère des personnes divines et en vivre, cela nous fait avancer sur ce chemin d’humanisation et de divinisation. Je laisserai à la carmélite Elisabeth de la Trinité le mot de la fin :
« II me semble qu'au ciel, ma mission sera d'attirer les âmes en les aidant à sortir d'elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s'imprimer en elles, de les transformer en Lui-même.»
19/06/2011
Jean 3, 16-18 (p. 1156)
Il y a dans notre année liturgique une grande cohérence. Ce n’est donc pas par hasard que la célébration de la Sainte Trinité se situe après le dimanche de la Pentecôte. Avec le mystère pascal, culminant à la Pentecôte, Dieu nous a tout donné : son Fils, son Esprit, l’Eglise et les sacrements. La Pentecôte marque l’accomplissement de la révélation divine. Nous n’avons à attendre aucune révélation nouvelle. Tout est dit depuis que le Père nous a envoyé sa Parole et son Esprit. Et c’est avec l’assistance du Saint Esprit que l’Eglise, tout au long de son pèlerinage sur la terre, ne cesse d’approfondir le mystère de Dieu et celui de notre salut. Les premiers siècles du christianisme n’ont pas été de tout repos. De nombreuses querelles dogmatiques autour de la personne du Christ et donc de la nature même de Dieu ont divisé les premiers chrétiens. Et c’est au terme de cette recherche théologique initiale que l’Eglise, sous la conduite de l’Esprit Saint, a pu de mieux en mieux préciser sa foi en Dieu Trinité. Si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que la foi en la Trinité est le centre et le sommet de toute la révélation chrétienne. Un chrétien ce n’est pas simplement celui qui reconnaît l’existence de Dieu dans sa vie, mais bien celui qui reçoit la révélation que Dieu est Trinité. C’est cette révélation que le grand savant et penseur français Blaise Pascal eut la grâce de recevoir le 23 novembre 1654. Au cours d’une expérience mystique qui dura deux heures, il comprit par le cœur, de l’intérieur, la différence entre le Dieu des philosophes et le Dieu de Jésus-Christ, et il la consigna dans un texte nommé le mémorial. C’est la seconde conversion de Pascal.
« Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude, sentiment, joie, paix. Dieu de Jésus-Christ ».
Les textes de la Parole de Dieu nous montrent le vrai visage du Dieu de Jésus-Christ, et il est frappant de constater la continuité entre la première Alliance et l’Alliance nouvelle et définitive. Dieu se révèle en effet à Moïse comme « le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Dans l’Evangile, Jésus lui-même nous parle de son Père, ce Père qui nous aime. L’amour de Dieu notre Père n’est pas là pour nous enfoncer dans la culpabilité et la honte, il n’est pas là pour nous condamner. C’est un amour qui sauve et qui relève, un amour qui veut sans cesse nous redonner notre dignité de fils et de filles de Dieu. Quant à saint Paul il promet aux chrétiens qui vivent selon l’Evangile la présence du Dieu d’amour et de paix. Saint Jean résumera dans une formule lapidaire tout le mystère de Dieu : Dieu est Amour.
Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. En tant que chrétiens nous croyons au Dieu trois fois Saint. Mais pour que cette foi en la Trinité soit vivante, il faut que d’une manière ou d’une autre nous en ayons fait l’expérience personnelle, un peu à la manière de Pascal et de tant d’autres chrétiens émerveillés en présence du mystère de Dieu. Autrement nous risquons d’avoir une foi en un Dieu abstrait et lointain, en quelque sorte une idée inaccessible de la perfection. Nous risquons bien d’être déistes davantage que chrétiens. C’est le rôle du Saint Esprit que de nous aider à entrer dans le mystère de Dieu non seulement avec notre intelligence mais aussi avec notre cœur, c’est-à-dire dans une relation d’amour avec le Dieu Trinité et avec chacune des personnes divines. Nous avons deux lieux privilégiés pour vivre notre foi en la Trinité : la prière personnelle et le service du prochain dans la charité. Dire que Dieu est Trinité, c’est affirmer que Dieu en lui-même est don d’amour, circulation, échange de vie et d’amour entre les trois personnes divines. Et la manifestation en Dieu de cet amour c’est la personne du Saint Esprit, lien de charité entre le Père et le Fils. L’être de Dieu ne se définit pas d’abord par l’éternité ou encore la toute-puissance. Cela nous le retrouvons dans le dieu des philosophes. L’être de Dieu se définit par la perfection de l’amour en Lui. Lui seul est Dieu parce que Lui seul est capable de se donner à un tel point. S’il est créateur et sauveur, c’est en raison de son identité profonde. Nous comprenons alors que c’est lorsque nous nous donnons par amour à Dieu et à notre prochain que nous nous ouvrons le mieux au mystère de la Sainte Trinité. Dans une époque marquée par le divertissement, l’agitation et le bruit, il nous est bon dans le silence extérieur et intérieur, le silence du cœur, de nous mettre en présence du Dieu Trinité. La qualité de notre vie humaine et chrétienne dépend essentiellement de la vérité de notre relation avec ce Dieu qui n’est pas un Dieu solitaire mais un Dieu communion. Dans une époque où beaucoup s’isolent dans leur bulle croyant y trouver le bonheur, notre foi en la Trinité nous rappelle l’importance des relations entre nous. Le bonheur en Dieu se vit dans l’ouverture et le don de chacune des personnes divines. Le bonheur consiste pour chacun de nous à passer du statut d’individu à celui de personne, donc d’être en relation. Contempler le mystère des personnes divines et en vivre, cela nous fait avancer sur ce chemin d’humanisation et de divinisation. Je laisserai à la carmélite Elisabeth de la Trinité le mot de la fin :
« II me semble qu'au ciel, ma mission sera d'attirer les âmes en les aidant à sortir d'elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s'imprimer en elles, de les transformer en Lui-même.»
jeudi 2 juin 2011
ASCENSION DU SEIGNEUR
Ascension du Seigneur / A
2/06/2011
Matthieu 28, 16-20 (p. 704)
A la fin du temps pascal, entre Pâques et la Pentecôte nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Beaucoup, même parmi les catholiques, confondent cette fête avec celle de l’Assomption de Marie célébrée le 15 août. L’Ascension c’est pour Jésus et l’Assomption pour Marie ! Mais ces deux fêtes ont un point commun : elles nous montrent la puissance du mystère pascal à l’œuvre dans notre humanité. Jésus et Marie ont connu la mort, cette mort qui est la marque de notre condition humaine après le péché originel, mais leurs corps n’ont pas connu la corruption du tombeau. En Jésus et en Marie notre humanité est transfigurée et glorifiée en Dieu. En Jésus et en Marie notre humanité est parfaitement unie à Dieu, elle participe à la vie même et à l’amour de la Sainte Trinité. L’Assomption de Marie est sa Pâque à elle, dans le chemin ouvert par son Fils, le premier-né d’entre les morts. Ce qui fait le lien entre l’Assomption et l’Ascension, et du coup peut créer la confusion, c’est un même vocabulaire : Marie, comme Jésus, a été élevée au ciel avec son corps. Cette comparaison entre les deux mystères nous indique que cette fête est aussi la notre. Nous aussi, à la suite de Jésus et de Marie, nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu après le passage de notre mort. Et notre corps connaitra aussi une résurrection, une transfiguration en passant par l’anéantissement, conséquence de la mort. C’est là la différence entre nous et Marie. Grâce à Jésus, Dieu nous donnera un corps glorieux.
C'est à eux, les apôtres, que Jésus s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Pour le dire simplement l’Ascension marque la fin de ce temps privilégié au cours duquel le Ressuscité s’est manifesté à ses disciples pour les confirmer dans la foi et les envoyer en mission. A partir de l’Ascension aucun chrétien ne peut voir sur cette terre le Seigneur Jésus dans sa condition glorieuse. Il devient invisible à nos yeux de chair. Et c’est cela que signifie son entrée dans le ciel où il siège désormais à la droite du Père, partageant sa puissance et priant pour nous et pour son Eglise. Il est vrai que le Christ s’est manifesté à des saints et des saintes à travers une apparition pour leur confier un message. Mais cela reste exceptionnel et rare dans l’histoire de l’Eglise. Et l’on pourrait se poser la question suivante : pourquoi Jésus n’a-t-il pas choisi de continuer à se manifester aux hommes, comme il l’a fait entre sa résurrection et son ascension ? Tout simplement parce que son royaume n’est pas de ce monde. L’ascension nous montre que notre vie terrestre, avec toute sa valeur et son importance, n’est pas le but ultime. Notre horizon dernier c’est la vie éternelle en Dieu, c’est la vie bienheureuse dans la communion de la Sainte Trinité, dans la communion des saints. D’ailleurs les apôtres ne l’ont pas compris : Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël? L’Ascension nous empêche de vouloir établir sur terre une théocratie. Jésus est Roi mais il n’est pas venu pour mettre en place des systèmes politiques, même si ceux-ci se réclament de lui et prétendent le servir. Nous n’avons pas à confondre le christianisme avec ce qui a été pendant des siècles une forme de son expression historique donc limitée et bien imparfaite, la chrétienté. La chrétienté s’est écroulée mais le christianisme demeure. Avec l’Ascension, Jésus confirme le règne de la foi, de l’espérance et de la charité. Le chrétien vit de ces vertus, de ces puissances divines reçues au baptême, pour reconnaître la présence de son Roi glorieux mais invisible aux yeux de chair. Au jour de l’Ascension, le Ressuscité ne nous a pas abandonné. Tout d’abord parce qu’il nous promet la venue du Saint Esprit. Lui part, d’une certaine manière, mais c’est pour nous donner le Saint Esprit : Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous: C’est l'Esprit de vérité. Mais aussi pour une autre raison. Ce n’est pas parce que Jésus est désormais invisible qu’il est incapable de se rendre présent à chacun d’entre nous. Bien au contraire. Avant l’Ascension le Seigneur ne pouvait se rendre présent qu’à une infime partie de l’humanité, dans un seul lieu : Israël. Maintenant qu’il est dans la gloire de Dieu avec son humanité, notre humanité, sa présence est catholique, universelle. Non seulement à travers l’Eglise et les sacrements mais aussi d’une manière personnelle auprès de chaque chrétien, particulièrement dans la prière et le témoignage de la foi :
Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Dans cette perspective du mystère de l’Ascension, la dernière parole de Jésus dans l’Evangile selon saint Matthieu a une importance particulière :
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
Matthieu a choisi de terminer son Evangile avec ces paroles du Seigneur avant l’Ascension. La joie du chrétien, celle que nul ne peut lui ravir, c’est de reconnaître dans la foi cette présence du Ressuscité auprès de lui. Cette présence ne se limite pas aux moments de prière et à la messe, elle est coextensive à toute notre vie, même la plus ordinaire. Oui, Jésus, Fils de Dieu, est vraiment notre compagnon de route. Et chaque fois que nous témoignons de lui par nos actes et nos paroles nous pouvons être certains de sa présence en nous, à nos côtés. Dans la force de l’Esprit Saint c’est par nous, les membres de son Corps, qu’il choisit de se rendre présent à tous, même à ceux qui ne le reconnaissent pas encore comme le Seigneur de leur vie.
2/06/2011
Matthieu 28, 16-20 (p. 704)
A la fin du temps pascal, entre Pâques et la Pentecôte nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Beaucoup, même parmi les catholiques, confondent cette fête avec celle de l’Assomption de Marie célébrée le 15 août. L’Ascension c’est pour Jésus et l’Assomption pour Marie ! Mais ces deux fêtes ont un point commun : elles nous montrent la puissance du mystère pascal à l’œuvre dans notre humanité. Jésus et Marie ont connu la mort, cette mort qui est la marque de notre condition humaine après le péché originel, mais leurs corps n’ont pas connu la corruption du tombeau. En Jésus et en Marie notre humanité est transfigurée et glorifiée en Dieu. En Jésus et en Marie notre humanité est parfaitement unie à Dieu, elle participe à la vie même et à l’amour de la Sainte Trinité. L’Assomption de Marie est sa Pâque à elle, dans le chemin ouvert par son Fils, le premier-né d’entre les morts. Ce qui fait le lien entre l’Assomption et l’Ascension, et du coup peut créer la confusion, c’est un même vocabulaire : Marie, comme Jésus, a été élevée au ciel avec son corps. Cette comparaison entre les deux mystères nous indique que cette fête est aussi la notre. Nous aussi, à la suite de Jésus et de Marie, nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu après le passage de notre mort. Et notre corps connaitra aussi une résurrection, une transfiguration en passant par l’anéantissement, conséquence de la mort. C’est là la différence entre nous et Marie. Grâce à Jésus, Dieu nous donnera un corps glorieux.
C'est à eux, les apôtres, que Jésus s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Pour le dire simplement l’Ascension marque la fin de ce temps privilégié au cours duquel le Ressuscité s’est manifesté à ses disciples pour les confirmer dans la foi et les envoyer en mission. A partir de l’Ascension aucun chrétien ne peut voir sur cette terre le Seigneur Jésus dans sa condition glorieuse. Il devient invisible à nos yeux de chair. Et c’est cela que signifie son entrée dans le ciel où il siège désormais à la droite du Père, partageant sa puissance et priant pour nous et pour son Eglise. Il est vrai que le Christ s’est manifesté à des saints et des saintes à travers une apparition pour leur confier un message. Mais cela reste exceptionnel et rare dans l’histoire de l’Eglise. Et l’on pourrait se poser la question suivante : pourquoi Jésus n’a-t-il pas choisi de continuer à se manifester aux hommes, comme il l’a fait entre sa résurrection et son ascension ? Tout simplement parce que son royaume n’est pas de ce monde. L’ascension nous montre que notre vie terrestre, avec toute sa valeur et son importance, n’est pas le but ultime. Notre horizon dernier c’est la vie éternelle en Dieu, c’est la vie bienheureuse dans la communion de la Sainte Trinité, dans la communion des saints. D’ailleurs les apôtres ne l’ont pas compris : Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël? L’Ascension nous empêche de vouloir établir sur terre une théocratie. Jésus est Roi mais il n’est pas venu pour mettre en place des systèmes politiques, même si ceux-ci se réclament de lui et prétendent le servir. Nous n’avons pas à confondre le christianisme avec ce qui a été pendant des siècles une forme de son expression historique donc limitée et bien imparfaite, la chrétienté. La chrétienté s’est écroulée mais le christianisme demeure. Avec l’Ascension, Jésus confirme le règne de la foi, de l’espérance et de la charité. Le chrétien vit de ces vertus, de ces puissances divines reçues au baptême, pour reconnaître la présence de son Roi glorieux mais invisible aux yeux de chair. Au jour de l’Ascension, le Ressuscité ne nous a pas abandonné. Tout d’abord parce qu’il nous promet la venue du Saint Esprit. Lui part, d’une certaine manière, mais c’est pour nous donner le Saint Esprit : Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous: C’est l'Esprit de vérité. Mais aussi pour une autre raison. Ce n’est pas parce que Jésus est désormais invisible qu’il est incapable de se rendre présent à chacun d’entre nous. Bien au contraire. Avant l’Ascension le Seigneur ne pouvait se rendre présent qu’à une infime partie de l’humanité, dans un seul lieu : Israël. Maintenant qu’il est dans la gloire de Dieu avec son humanité, notre humanité, sa présence est catholique, universelle. Non seulement à travers l’Eglise et les sacrements mais aussi d’une manière personnelle auprès de chaque chrétien, particulièrement dans la prière et le témoignage de la foi :
Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Dans cette perspective du mystère de l’Ascension, la dernière parole de Jésus dans l’Evangile selon saint Matthieu a une importance particulière :
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
Matthieu a choisi de terminer son Evangile avec ces paroles du Seigneur avant l’Ascension. La joie du chrétien, celle que nul ne peut lui ravir, c’est de reconnaître dans la foi cette présence du Ressuscité auprès de lui. Cette présence ne se limite pas aux moments de prière et à la messe, elle est coextensive à toute notre vie, même la plus ordinaire. Oui, Jésus, Fils de Dieu, est vraiment notre compagnon de route. Et chaque fois que nous témoignons de lui par nos actes et nos paroles nous pouvons être certains de sa présence en nous, à nos côtés. Dans la force de l’Esprit Saint c’est par nous, les membres de son Corps, qu’il choisit de se rendre présent à tous, même à ceux qui ne le reconnaissent pas encore comme le Seigneur de leur vie.
dimanche 22 mai 2011
5ème dimanche de Pâques
5ème dimanche de Pâques / A
22/05/2011
Jean 14, 1-12 (p. 625)
Dans ce temps liturgique entre Pâques et l’Ascension, l’Eglise nous fait entendre un Evangile situé avant l’événement de la résurrection. Nous nous retrouvons avec les apôtres autour de Jésus dans une atmosphère faite d’intimité et de questionnements. Le moment est solennel, le Seigneur sait que le lendemain il devra souffrir sa Passion. Ces paroles appartiennent donc au Testament du Seigneur. Et dans ce Testament il y a une annonce de la résurrection et de la vie que Jésus glorifié veut partager avec chacun d’entre nous: Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Dimanche dernier, Jésus s’est présenté à nous comme le Bon Berger venant en ce monde pour que nous ayons la vie en abondance. Cet Evangile brille déjà des lumières de Pâques. Ce Testament est rempli d’espérance.
Ces paroles, prononcées à l’occasion du dernier repas au cours duquel l’Eucharistie fut instituée, sont à la fois un appel et une révélation.
Avant de donner sa vie pour que nous ayons la vie en abondance le Seigneur Jésus nous lance un appel pressant : Croyez en moi comme vous croyez en Dieu. Au moment du doute et du questionnement, le Maître indique à ses disciples la seule force qu’ils ont à leur disposition, la force de la foi en Lui. Il les supplie : « Faites-moi confiance, car je suis le Fils de Dieu, l’envoyé du Père ». Il s’agit pour ces hommes qui ont tout quitté pour le suivre de le suivre jusqu’au bout. Il s’agit pour eux de remettre leur vie, leur espérance entre ses mains à Lui, entre ces mains qui demain seront clouées sur le bois de la croix, et qui sembleront impuissantes. Ces saintes mains qui n’ont cessé de faire le bien et de bénir. La suite montrera que cet appel à croire n’aura été que très peu entendu… Seul Jean était présent avec les saintes femmes au pied de la Croix. Notre foi en Jésus, Fils de Dieu, est une force qui nous permet de ne pas être paralysés par la peur : Ne soyez donc pas bouleversés. L’originalité de notre foi chrétienne se révèle justement dans la place unique et centrale de cet homme-Dieu nommé Jésus de Nazareth. Le chrétien ne se définit pas d’abord comme celui qui croit en Dieu, mais bien comme celui qui croit en Jésus Sauveur, révélation du Père pour nous. Nous ne sommes pas des déistes qui croient en une vague entité supérieure. Pour nous Dieu a un visage humain, et c’est celui de Jésus-Christ : Celui qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Oui, notre Dieu n’est pas abstrait, un être suprême très éloigné de nous, mais il est le Père de Jésus-Christ. Nous le contemplons dans la sainte Face de Jésus, visage tour à tour souriant, rayonnant de beauté intérieure, en pleurs, douloureux, humilié, bafoué, lumineux, glorieux, et resplendissant de la vie divine. Notre Dieu n’est pas d’abord un être transcendant, une généralité sans nom, mais une communion de personnes, c’est le mystère de la Sainte Trinité.
Cet homme unique qui nous sauve d’une vie absurde, sans espérance et privée de sens ultime, se révèle à nous comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Au moment même où il va entrer dans la plus grande faiblesse et laisser bafouer en Lui, sans se plaindre ni se défendre, le Dieu vivant et vrai, il ose affirmer : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
Oui, Jésus Vivant, toi que nous célébrons en ce temps de Pâques, tu es pour chacun de nous le Chemin. Tu nous fais comprendre peu à peu que croire en Toi c’est un long chemin, avec ses étapes, ses peines et ses joies, jusqu’à la grande épreuve de la mort. Croire en Toi c’est essayer de mettre le chemin de nos vies en accord avec ta parole et tes exemples. Tu es la Vérité, une vérité qui nous rend libres de tout mal, une vérité qui nous fait avancer sans avoir peur, une vérité qui nous donne la joie de vivre. Tu es la plénitude de la vérité sur nous-mêmes et sur Dieu notre Père. Tu nous fais participer à ta vérité dans l’Eglise non pas pour que nous devenions des fanatiques utilisant ta vérité pour condamner et juger les autres. Mais bien pour que nous soyons les serviteurs de ce que tu nous donnes gratuitement, sans aucun mérite de notre part. Ô Jésus, apprends-nous à ne jamais séparer ta vérité de ton amour dans nos paroles, nos actes et nos pensées. Ta vérité a toujours le visage de la bonté, de la miséricorde et du pardon. Ô Jésus, tu es la Vie en surabondance, la vie de la Sainte Trinité communiquée à nos cœurs par le don de l’Esprit et par les sacrements. Donne-nous la force d’être les témoins de la valeur de toute vie humaine et de la beauté de notre vocation de fils de Dieu. Donne-nous le désir de faire grandir en nous ton visage et de révéler à nos frères leur beauté intérieure. Et pardonne-nous nos manques de foi en toi et dans nos frères. Amen
22/05/2011
Jean 14, 1-12 (p. 625)
Dans ce temps liturgique entre Pâques et l’Ascension, l’Eglise nous fait entendre un Evangile situé avant l’événement de la résurrection. Nous nous retrouvons avec les apôtres autour de Jésus dans une atmosphère faite d’intimité et de questionnements. Le moment est solennel, le Seigneur sait que le lendemain il devra souffrir sa Passion. Ces paroles appartiennent donc au Testament du Seigneur. Et dans ce Testament il y a une annonce de la résurrection et de la vie que Jésus glorifié veut partager avec chacun d’entre nous: Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Dimanche dernier, Jésus s’est présenté à nous comme le Bon Berger venant en ce monde pour que nous ayons la vie en abondance. Cet Evangile brille déjà des lumières de Pâques. Ce Testament est rempli d’espérance.
Ces paroles, prononcées à l’occasion du dernier repas au cours duquel l’Eucharistie fut instituée, sont à la fois un appel et une révélation.
Avant de donner sa vie pour que nous ayons la vie en abondance le Seigneur Jésus nous lance un appel pressant : Croyez en moi comme vous croyez en Dieu. Au moment du doute et du questionnement, le Maître indique à ses disciples la seule force qu’ils ont à leur disposition, la force de la foi en Lui. Il les supplie : « Faites-moi confiance, car je suis le Fils de Dieu, l’envoyé du Père ». Il s’agit pour ces hommes qui ont tout quitté pour le suivre de le suivre jusqu’au bout. Il s’agit pour eux de remettre leur vie, leur espérance entre ses mains à Lui, entre ces mains qui demain seront clouées sur le bois de la croix, et qui sembleront impuissantes. Ces saintes mains qui n’ont cessé de faire le bien et de bénir. La suite montrera que cet appel à croire n’aura été que très peu entendu… Seul Jean était présent avec les saintes femmes au pied de la Croix. Notre foi en Jésus, Fils de Dieu, est une force qui nous permet de ne pas être paralysés par la peur : Ne soyez donc pas bouleversés. L’originalité de notre foi chrétienne se révèle justement dans la place unique et centrale de cet homme-Dieu nommé Jésus de Nazareth. Le chrétien ne se définit pas d’abord comme celui qui croit en Dieu, mais bien comme celui qui croit en Jésus Sauveur, révélation du Père pour nous. Nous ne sommes pas des déistes qui croient en une vague entité supérieure. Pour nous Dieu a un visage humain, et c’est celui de Jésus-Christ : Celui qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Oui, notre Dieu n’est pas abstrait, un être suprême très éloigné de nous, mais il est le Père de Jésus-Christ. Nous le contemplons dans la sainte Face de Jésus, visage tour à tour souriant, rayonnant de beauté intérieure, en pleurs, douloureux, humilié, bafoué, lumineux, glorieux, et resplendissant de la vie divine. Notre Dieu n’est pas d’abord un être transcendant, une généralité sans nom, mais une communion de personnes, c’est le mystère de la Sainte Trinité.
Cet homme unique qui nous sauve d’une vie absurde, sans espérance et privée de sens ultime, se révèle à nous comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Au moment même où il va entrer dans la plus grande faiblesse et laisser bafouer en Lui, sans se plaindre ni se défendre, le Dieu vivant et vrai, il ose affirmer : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
Oui, Jésus Vivant, toi que nous célébrons en ce temps de Pâques, tu es pour chacun de nous le Chemin. Tu nous fais comprendre peu à peu que croire en Toi c’est un long chemin, avec ses étapes, ses peines et ses joies, jusqu’à la grande épreuve de la mort. Croire en Toi c’est essayer de mettre le chemin de nos vies en accord avec ta parole et tes exemples. Tu es la Vérité, une vérité qui nous rend libres de tout mal, une vérité qui nous fait avancer sans avoir peur, une vérité qui nous donne la joie de vivre. Tu es la plénitude de la vérité sur nous-mêmes et sur Dieu notre Père. Tu nous fais participer à ta vérité dans l’Eglise non pas pour que nous devenions des fanatiques utilisant ta vérité pour condamner et juger les autres. Mais bien pour que nous soyons les serviteurs de ce que tu nous donnes gratuitement, sans aucun mérite de notre part. Ô Jésus, apprends-nous à ne jamais séparer ta vérité de ton amour dans nos paroles, nos actes et nos pensées. Ta vérité a toujours le visage de la bonté, de la miséricorde et du pardon. Ô Jésus, tu es la Vie en surabondance, la vie de la Sainte Trinité communiquée à nos cœurs par le don de l’Esprit et par les sacrements. Donne-nous la force d’être les témoins de la valeur de toute vie humaine et de la beauté de notre vocation de fils de Dieu. Donne-nous le désir de faire grandir en nous ton visage et de révéler à nos frères leur beauté intérieure. Et pardonne-nous nos manques de foi en toi et dans nos frères. Amen
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