Saint Sacrement / A
26/06/2011
Jean 6, 51-58 (p. 1175)
Dimanche dernier en célébrant la fête de la Sainte Trinité nous nous sommes souvenus que le cœur du mystère même de Dieu est l’amour qui unit les trois personnes divines. Avec la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ nous célébrons le don sacramentel de cet amour divin à l’Eglise. Tout sacrement est une manifestation de l’amour divin, mais l’eucharistie en est l’expression la plus parfaite. D’où le nom donné à ce sacrement : le Saint-Sacrement. Ce nom ne signifie pas que les autres sacrements ne soient pas saints, c’est évident. Il signifie que l’eucharistie ou la messe est le plus grand de tous les sacrements, le sacrement par excellence. C’est la raison pour laquelle une fête particulière lui est consacré en plus de la célébration de l’institution de l’eucharistie le soir du jeudi saint. C’est un pape français, Urbain IV, qui, en 1264, institua la fête de ce dimanche.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement.
La fin de notre Evangile nous renvoie au don de la manne dans le désert. Ce don annonçait le mystère de l’eucharistie. Jésus souligne la différence entre la manne et le pain de vie, son corps livré pour nous en sacrifice et offert comme nourriture spirituelle dans chaque eucharistie. Communier au Corps du Christ avec de bonnes dispositions, c’est nourrir en soi la vie même de Dieu, vie reçue au baptême, et c’est déjà, d’une certaine manière, anticiper la vie bienheureuse de communion avec Dieu Trinité au paradis.
La première lecture qui nous parle du don de la manne est intéressante pour nous faire comprendre le mystère de l’eucharistie en lien avec notre vie toute entière.
Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ?
Nous pouvons comparer notre vie humaine sur cette terre à la longue marche des hébreux dans le désert avant d’atteindre la terre promise, image du paradis. Notre vie humaine de notre naissance à notre mort est une expérience de dépouillement et de purification, que nous soyons croyants ou pas. Vivre c’est en effet accepter de se détacher jour après jour. En ce sens la pauvreté fait partie de notre condition humaine marquée par le péché originel et par nos propres péchés. Combien de petites morts précèdent en effet la mort véritable ! Le croyant sait que les limites de sa condition humaine sont comme une mise à l’épreuve de son amour et de sa fidélité envers Dieu, seul maître de la vie.
Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
Beaucoup de nos contemporains, et même parmi eux des chrétiens, ne ressentent pas les limites de leur condition humaine, la pauvreté qui est attachée à toute vie. A cause du matérialisme, du confort de vie et de la richesse, il est facile de s’aveugler et d’oublier le sens ultime de notre vie sur cette terre. Nous ne pouvons pas apprécier le don de l’eucharistie à sa juste valeur si nous ne prenons pas conscience de notre pauvreté, si nous n’avons pas faim d’autre chose que ce que nous propose la société de consommation comme accès à un bonheur facile mais éphémère. L’eucharistie en tant que nourriture spirituelle doit correspondre en nous à une faim, à la conscience que nous avons besoin pour vivre en plénitude de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. Quand nous parlons des bonnes dispositions pour communier avec fruit nous pensons spontanément d’abord au fait que nous n’avons pas sur la conscience de péché grave à nous reprocher. Et c’est vrai, d’où l’utilité du sacrement du pardon pour nous permettre de mieux communier au don que le Christ nous fait à chaque eucharistie. Mais être dans de bonnes dispositions ce n’est pas seulement être en état de grâce, c’est aussi avoir le désir de Dieu, la faim d’une nourriture spirituelle. Cette nourriture nous est donnée par le Seigneur Jésus dans la messe. Le concile Vatican II parle des deux tables eucharistiques : celle de la parole de Dieu et celle du Corps du Seigneur. La fête de ce jour est une invitation à nous poser la question suivante : comment pouvons-nous mieux nous préparer à participer à ces deux tables par lesquelles notre vie spirituelle est fortifiée ? Pour la table de la Parole de Dieu il serait bon que nous puissions lire et méditer avant la messe, dans la semaine, les lectures du dimanche. Même si nous n’avons pas de missel elles sont désormais disponibles sur Internet. Pour la table du Corps du Seigneur la meilleure préparation serait de prendre chaque jour un temps de prière personnel, de rencontre avec le Christ ressuscité, en lui demandant de nous faire cette grâce : qu’il augmente en nous le désir de la communion avec lui!
Il s'agit tout simplement de partager par le biais du web les homélies que je compose et prononce pour les catholiques de mes paroisses chaque dimanche et jour de fête.
dimanche 26 juin 2011
lundi 20 juin 2011
LA SAINTE TRINITE
La Sainte Trinité / A
19/06/2011
Jean 3, 16-18 (p. 1156)
Il y a dans notre année liturgique une grande cohérence. Ce n’est donc pas par hasard que la célébration de la Sainte Trinité se situe après le dimanche de la Pentecôte. Avec le mystère pascal, culminant à la Pentecôte, Dieu nous a tout donné : son Fils, son Esprit, l’Eglise et les sacrements. La Pentecôte marque l’accomplissement de la révélation divine. Nous n’avons à attendre aucune révélation nouvelle. Tout est dit depuis que le Père nous a envoyé sa Parole et son Esprit. Et c’est avec l’assistance du Saint Esprit que l’Eglise, tout au long de son pèlerinage sur la terre, ne cesse d’approfondir le mystère de Dieu et celui de notre salut. Les premiers siècles du christianisme n’ont pas été de tout repos. De nombreuses querelles dogmatiques autour de la personne du Christ et donc de la nature même de Dieu ont divisé les premiers chrétiens. Et c’est au terme de cette recherche théologique initiale que l’Eglise, sous la conduite de l’Esprit Saint, a pu de mieux en mieux préciser sa foi en Dieu Trinité. Si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que la foi en la Trinité est le centre et le sommet de toute la révélation chrétienne. Un chrétien ce n’est pas simplement celui qui reconnaît l’existence de Dieu dans sa vie, mais bien celui qui reçoit la révélation que Dieu est Trinité. C’est cette révélation que le grand savant et penseur français Blaise Pascal eut la grâce de recevoir le 23 novembre 1654. Au cours d’une expérience mystique qui dura deux heures, il comprit par le cœur, de l’intérieur, la différence entre le Dieu des philosophes et le Dieu de Jésus-Christ, et il la consigna dans un texte nommé le mémorial. C’est la seconde conversion de Pascal.
« Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude, sentiment, joie, paix. Dieu de Jésus-Christ ».
Les textes de la Parole de Dieu nous montrent le vrai visage du Dieu de Jésus-Christ, et il est frappant de constater la continuité entre la première Alliance et l’Alliance nouvelle et définitive. Dieu se révèle en effet à Moïse comme « le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Dans l’Evangile, Jésus lui-même nous parle de son Père, ce Père qui nous aime. L’amour de Dieu notre Père n’est pas là pour nous enfoncer dans la culpabilité et la honte, il n’est pas là pour nous condamner. C’est un amour qui sauve et qui relève, un amour qui veut sans cesse nous redonner notre dignité de fils et de filles de Dieu. Quant à saint Paul il promet aux chrétiens qui vivent selon l’Evangile la présence du Dieu d’amour et de paix. Saint Jean résumera dans une formule lapidaire tout le mystère de Dieu : Dieu est Amour.
Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. En tant que chrétiens nous croyons au Dieu trois fois Saint. Mais pour que cette foi en la Trinité soit vivante, il faut que d’une manière ou d’une autre nous en ayons fait l’expérience personnelle, un peu à la manière de Pascal et de tant d’autres chrétiens émerveillés en présence du mystère de Dieu. Autrement nous risquons d’avoir une foi en un Dieu abstrait et lointain, en quelque sorte une idée inaccessible de la perfection. Nous risquons bien d’être déistes davantage que chrétiens. C’est le rôle du Saint Esprit que de nous aider à entrer dans le mystère de Dieu non seulement avec notre intelligence mais aussi avec notre cœur, c’est-à-dire dans une relation d’amour avec le Dieu Trinité et avec chacune des personnes divines. Nous avons deux lieux privilégiés pour vivre notre foi en la Trinité : la prière personnelle et le service du prochain dans la charité. Dire que Dieu est Trinité, c’est affirmer que Dieu en lui-même est don d’amour, circulation, échange de vie et d’amour entre les trois personnes divines. Et la manifestation en Dieu de cet amour c’est la personne du Saint Esprit, lien de charité entre le Père et le Fils. L’être de Dieu ne se définit pas d’abord par l’éternité ou encore la toute-puissance. Cela nous le retrouvons dans le dieu des philosophes. L’être de Dieu se définit par la perfection de l’amour en Lui. Lui seul est Dieu parce que Lui seul est capable de se donner à un tel point. S’il est créateur et sauveur, c’est en raison de son identité profonde. Nous comprenons alors que c’est lorsque nous nous donnons par amour à Dieu et à notre prochain que nous nous ouvrons le mieux au mystère de la Sainte Trinité. Dans une époque marquée par le divertissement, l’agitation et le bruit, il nous est bon dans le silence extérieur et intérieur, le silence du cœur, de nous mettre en présence du Dieu Trinité. La qualité de notre vie humaine et chrétienne dépend essentiellement de la vérité de notre relation avec ce Dieu qui n’est pas un Dieu solitaire mais un Dieu communion. Dans une époque où beaucoup s’isolent dans leur bulle croyant y trouver le bonheur, notre foi en la Trinité nous rappelle l’importance des relations entre nous. Le bonheur en Dieu se vit dans l’ouverture et le don de chacune des personnes divines. Le bonheur consiste pour chacun de nous à passer du statut d’individu à celui de personne, donc d’être en relation. Contempler le mystère des personnes divines et en vivre, cela nous fait avancer sur ce chemin d’humanisation et de divinisation. Je laisserai à la carmélite Elisabeth de la Trinité le mot de la fin :
« II me semble qu'au ciel, ma mission sera d'attirer les âmes en les aidant à sortir d'elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s'imprimer en elles, de les transformer en Lui-même.»
19/06/2011
Jean 3, 16-18 (p. 1156)
Il y a dans notre année liturgique une grande cohérence. Ce n’est donc pas par hasard que la célébration de la Sainte Trinité se situe après le dimanche de la Pentecôte. Avec le mystère pascal, culminant à la Pentecôte, Dieu nous a tout donné : son Fils, son Esprit, l’Eglise et les sacrements. La Pentecôte marque l’accomplissement de la révélation divine. Nous n’avons à attendre aucune révélation nouvelle. Tout est dit depuis que le Père nous a envoyé sa Parole et son Esprit. Et c’est avec l’assistance du Saint Esprit que l’Eglise, tout au long de son pèlerinage sur la terre, ne cesse d’approfondir le mystère de Dieu et celui de notre salut. Les premiers siècles du christianisme n’ont pas été de tout repos. De nombreuses querelles dogmatiques autour de la personne du Christ et donc de la nature même de Dieu ont divisé les premiers chrétiens. Et c’est au terme de cette recherche théologique initiale que l’Eglise, sous la conduite de l’Esprit Saint, a pu de mieux en mieux préciser sa foi en Dieu Trinité. Si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que la foi en la Trinité est le centre et le sommet de toute la révélation chrétienne. Un chrétien ce n’est pas simplement celui qui reconnaît l’existence de Dieu dans sa vie, mais bien celui qui reçoit la révélation que Dieu est Trinité. C’est cette révélation que le grand savant et penseur français Blaise Pascal eut la grâce de recevoir le 23 novembre 1654. Au cours d’une expérience mystique qui dura deux heures, il comprit par le cœur, de l’intérieur, la différence entre le Dieu des philosophes et le Dieu de Jésus-Christ, et il la consigna dans un texte nommé le mémorial. C’est la seconde conversion de Pascal.
« Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude, sentiment, joie, paix. Dieu de Jésus-Christ ».
Les textes de la Parole de Dieu nous montrent le vrai visage du Dieu de Jésus-Christ, et il est frappant de constater la continuité entre la première Alliance et l’Alliance nouvelle et définitive. Dieu se révèle en effet à Moïse comme « le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Dans l’Evangile, Jésus lui-même nous parle de son Père, ce Père qui nous aime. L’amour de Dieu notre Père n’est pas là pour nous enfoncer dans la culpabilité et la honte, il n’est pas là pour nous condamner. C’est un amour qui sauve et qui relève, un amour qui veut sans cesse nous redonner notre dignité de fils et de filles de Dieu. Quant à saint Paul il promet aux chrétiens qui vivent selon l’Evangile la présence du Dieu d’amour et de paix. Saint Jean résumera dans une formule lapidaire tout le mystère de Dieu : Dieu est Amour.
Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. En tant que chrétiens nous croyons au Dieu trois fois Saint. Mais pour que cette foi en la Trinité soit vivante, il faut que d’une manière ou d’une autre nous en ayons fait l’expérience personnelle, un peu à la manière de Pascal et de tant d’autres chrétiens émerveillés en présence du mystère de Dieu. Autrement nous risquons d’avoir une foi en un Dieu abstrait et lointain, en quelque sorte une idée inaccessible de la perfection. Nous risquons bien d’être déistes davantage que chrétiens. C’est le rôle du Saint Esprit que de nous aider à entrer dans le mystère de Dieu non seulement avec notre intelligence mais aussi avec notre cœur, c’est-à-dire dans une relation d’amour avec le Dieu Trinité et avec chacune des personnes divines. Nous avons deux lieux privilégiés pour vivre notre foi en la Trinité : la prière personnelle et le service du prochain dans la charité. Dire que Dieu est Trinité, c’est affirmer que Dieu en lui-même est don d’amour, circulation, échange de vie et d’amour entre les trois personnes divines. Et la manifestation en Dieu de cet amour c’est la personne du Saint Esprit, lien de charité entre le Père et le Fils. L’être de Dieu ne se définit pas d’abord par l’éternité ou encore la toute-puissance. Cela nous le retrouvons dans le dieu des philosophes. L’être de Dieu se définit par la perfection de l’amour en Lui. Lui seul est Dieu parce que Lui seul est capable de se donner à un tel point. S’il est créateur et sauveur, c’est en raison de son identité profonde. Nous comprenons alors que c’est lorsque nous nous donnons par amour à Dieu et à notre prochain que nous nous ouvrons le mieux au mystère de la Sainte Trinité. Dans une époque marquée par le divertissement, l’agitation et le bruit, il nous est bon dans le silence extérieur et intérieur, le silence du cœur, de nous mettre en présence du Dieu Trinité. La qualité de notre vie humaine et chrétienne dépend essentiellement de la vérité de notre relation avec ce Dieu qui n’est pas un Dieu solitaire mais un Dieu communion. Dans une époque où beaucoup s’isolent dans leur bulle croyant y trouver le bonheur, notre foi en la Trinité nous rappelle l’importance des relations entre nous. Le bonheur en Dieu se vit dans l’ouverture et le don de chacune des personnes divines. Le bonheur consiste pour chacun de nous à passer du statut d’individu à celui de personne, donc d’être en relation. Contempler le mystère des personnes divines et en vivre, cela nous fait avancer sur ce chemin d’humanisation et de divinisation. Je laisserai à la carmélite Elisabeth de la Trinité le mot de la fin :
« II me semble qu'au ciel, ma mission sera d'attirer les âmes en les aidant à sortir d'elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s'imprimer en elles, de les transformer en Lui-même.»
jeudi 2 juin 2011
ASCENSION DU SEIGNEUR
Ascension du Seigneur / A
2/06/2011
Matthieu 28, 16-20 (p. 704)
A la fin du temps pascal, entre Pâques et la Pentecôte nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Beaucoup, même parmi les catholiques, confondent cette fête avec celle de l’Assomption de Marie célébrée le 15 août. L’Ascension c’est pour Jésus et l’Assomption pour Marie ! Mais ces deux fêtes ont un point commun : elles nous montrent la puissance du mystère pascal à l’œuvre dans notre humanité. Jésus et Marie ont connu la mort, cette mort qui est la marque de notre condition humaine après le péché originel, mais leurs corps n’ont pas connu la corruption du tombeau. En Jésus et en Marie notre humanité est transfigurée et glorifiée en Dieu. En Jésus et en Marie notre humanité est parfaitement unie à Dieu, elle participe à la vie même et à l’amour de la Sainte Trinité. L’Assomption de Marie est sa Pâque à elle, dans le chemin ouvert par son Fils, le premier-né d’entre les morts. Ce qui fait le lien entre l’Assomption et l’Ascension, et du coup peut créer la confusion, c’est un même vocabulaire : Marie, comme Jésus, a été élevée au ciel avec son corps. Cette comparaison entre les deux mystères nous indique que cette fête est aussi la notre. Nous aussi, à la suite de Jésus et de Marie, nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu après le passage de notre mort. Et notre corps connaitra aussi une résurrection, une transfiguration en passant par l’anéantissement, conséquence de la mort. C’est là la différence entre nous et Marie. Grâce à Jésus, Dieu nous donnera un corps glorieux.
C'est à eux, les apôtres, que Jésus s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Pour le dire simplement l’Ascension marque la fin de ce temps privilégié au cours duquel le Ressuscité s’est manifesté à ses disciples pour les confirmer dans la foi et les envoyer en mission. A partir de l’Ascension aucun chrétien ne peut voir sur cette terre le Seigneur Jésus dans sa condition glorieuse. Il devient invisible à nos yeux de chair. Et c’est cela que signifie son entrée dans le ciel où il siège désormais à la droite du Père, partageant sa puissance et priant pour nous et pour son Eglise. Il est vrai que le Christ s’est manifesté à des saints et des saintes à travers une apparition pour leur confier un message. Mais cela reste exceptionnel et rare dans l’histoire de l’Eglise. Et l’on pourrait se poser la question suivante : pourquoi Jésus n’a-t-il pas choisi de continuer à se manifester aux hommes, comme il l’a fait entre sa résurrection et son ascension ? Tout simplement parce que son royaume n’est pas de ce monde. L’ascension nous montre que notre vie terrestre, avec toute sa valeur et son importance, n’est pas le but ultime. Notre horizon dernier c’est la vie éternelle en Dieu, c’est la vie bienheureuse dans la communion de la Sainte Trinité, dans la communion des saints. D’ailleurs les apôtres ne l’ont pas compris : Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël? L’Ascension nous empêche de vouloir établir sur terre une théocratie. Jésus est Roi mais il n’est pas venu pour mettre en place des systèmes politiques, même si ceux-ci se réclament de lui et prétendent le servir. Nous n’avons pas à confondre le christianisme avec ce qui a été pendant des siècles une forme de son expression historique donc limitée et bien imparfaite, la chrétienté. La chrétienté s’est écroulée mais le christianisme demeure. Avec l’Ascension, Jésus confirme le règne de la foi, de l’espérance et de la charité. Le chrétien vit de ces vertus, de ces puissances divines reçues au baptême, pour reconnaître la présence de son Roi glorieux mais invisible aux yeux de chair. Au jour de l’Ascension, le Ressuscité ne nous a pas abandonné. Tout d’abord parce qu’il nous promet la venue du Saint Esprit. Lui part, d’une certaine manière, mais c’est pour nous donner le Saint Esprit : Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous: C’est l'Esprit de vérité. Mais aussi pour une autre raison. Ce n’est pas parce que Jésus est désormais invisible qu’il est incapable de se rendre présent à chacun d’entre nous. Bien au contraire. Avant l’Ascension le Seigneur ne pouvait se rendre présent qu’à une infime partie de l’humanité, dans un seul lieu : Israël. Maintenant qu’il est dans la gloire de Dieu avec son humanité, notre humanité, sa présence est catholique, universelle. Non seulement à travers l’Eglise et les sacrements mais aussi d’une manière personnelle auprès de chaque chrétien, particulièrement dans la prière et le témoignage de la foi :
Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Dans cette perspective du mystère de l’Ascension, la dernière parole de Jésus dans l’Evangile selon saint Matthieu a une importance particulière :
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
Matthieu a choisi de terminer son Evangile avec ces paroles du Seigneur avant l’Ascension. La joie du chrétien, celle que nul ne peut lui ravir, c’est de reconnaître dans la foi cette présence du Ressuscité auprès de lui. Cette présence ne se limite pas aux moments de prière et à la messe, elle est coextensive à toute notre vie, même la plus ordinaire. Oui, Jésus, Fils de Dieu, est vraiment notre compagnon de route. Et chaque fois que nous témoignons de lui par nos actes et nos paroles nous pouvons être certains de sa présence en nous, à nos côtés. Dans la force de l’Esprit Saint c’est par nous, les membres de son Corps, qu’il choisit de se rendre présent à tous, même à ceux qui ne le reconnaissent pas encore comme le Seigneur de leur vie.
2/06/2011
Matthieu 28, 16-20 (p. 704)
A la fin du temps pascal, entre Pâques et la Pentecôte nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Beaucoup, même parmi les catholiques, confondent cette fête avec celle de l’Assomption de Marie célébrée le 15 août. L’Ascension c’est pour Jésus et l’Assomption pour Marie ! Mais ces deux fêtes ont un point commun : elles nous montrent la puissance du mystère pascal à l’œuvre dans notre humanité. Jésus et Marie ont connu la mort, cette mort qui est la marque de notre condition humaine après le péché originel, mais leurs corps n’ont pas connu la corruption du tombeau. En Jésus et en Marie notre humanité est transfigurée et glorifiée en Dieu. En Jésus et en Marie notre humanité est parfaitement unie à Dieu, elle participe à la vie même et à l’amour de la Sainte Trinité. L’Assomption de Marie est sa Pâque à elle, dans le chemin ouvert par son Fils, le premier-né d’entre les morts. Ce qui fait le lien entre l’Assomption et l’Ascension, et du coup peut créer la confusion, c’est un même vocabulaire : Marie, comme Jésus, a été élevée au ciel avec son corps. Cette comparaison entre les deux mystères nous indique que cette fête est aussi la notre. Nous aussi, à la suite de Jésus et de Marie, nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu après le passage de notre mort. Et notre corps connaitra aussi une résurrection, une transfiguration en passant par l’anéantissement, conséquence de la mort. C’est là la différence entre nous et Marie. Grâce à Jésus, Dieu nous donnera un corps glorieux.
C'est à eux, les apôtres, que Jésus s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
Pour le dire simplement l’Ascension marque la fin de ce temps privilégié au cours duquel le Ressuscité s’est manifesté à ses disciples pour les confirmer dans la foi et les envoyer en mission. A partir de l’Ascension aucun chrétien ne peut voir sur cette terre le Seigneur Jésus dans sa condition glorieuse. Il devient invisible à nos yeux de chair. Et c’est cela que signifie son entrée dans le ciel où il siège désormais à la droite du Père, partageant sa puissance et priant pour nous et pour son Eglise. Il est vrai que le Christ s’est manifesté à des saints et des saintes à travers une apparition pour leur confier un message. Mais cela reste exceptionnel et rare dans l’histoire de l’Eglise. Et l’on pourrait se poser la question suivante : pourquoi Jésus n’a-t-il pas choisi de continuer à se manifester aux hommes, comme il l’a fait entre sa résurrection et son ascension ? Tout simplement parce que son royaume n’est pas de ce monde. L’ascension nous montre que notre vie terrestre, avec toute sa valeur et son importance, n’est pas le but ultime. Notre horizon dernier c’est la vie éternelle en Dieu, c’est la vie bienheureuse dans la communion de la Sainte Trinité, dans la communion des saints. D’ailleurs les apôtres ne l’ont pas compris : Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël? L’Ascension nous empêche de vouloir établir sur terre une théocratie. Jésus est Roi mais il n’est pas venu pour mettre en place des systèmes politiques, même si ceux-ci se réclament de lui et prétendent le servir. Nous n’avons pas à confondre le christianisme avec ce qui a été pendant des siècles une forme de son expression historique donc limitée et bien imparfaite, la chrétienté. La chrétienté s’est écroulée mais le christianisme demeure. Avec l’Ascension, Jésus confirme le règne de la foi, de l’espérance et de la charité. Le chrétien vit de ces vertus, de ces puissances divines reçues au baptême, pour reconnaître la présence de son Roi glorieux mais invisible aux yeux de chair. Au jour de l’Ascension, le Ressuscité ne nous a pas abandonné. Tout d’abord parce qu’il nous promet la venue du Saint Esprit. Lui part, d’une certaine manière, mais c’est pour nous donner le Saint Esprit : Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous: C’est l'Esprit de vérité. Mais aussi pour une autre raison. Ce n’est pas parce que Jésus est désormais invisible qu’il est incapable de se rendre présent à chacun d’entre nous. Bien au contraire. Avant l’Ascension le Seigneur ne pouvait se rendre présent qu’à une infime partie de l’humanité, dans un seul lieu : Israël. Maintenant qu’il est dans la gloire de Dieu avec son humanité, notre humanité, sa présence est catholique, universelle. Non seulement à travers l’Eglise et les sacrements mais aussi d’une manière personnelle auprès de chaque chrétien, particulièrement dans la prière et le témoignage de la foi :
Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
Dans cette perspective du mystère de l’Ascension, la dernière parole de Jésus dans l’Evangile selon saint Matthieu a une importance particulière :
Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
Matthieu a choisi de terminer son Evangile avec ces paroles du Seigneur avant l’Ascension. La joie du chrétien, celle que nul ne peut lui ravir, c’est de reconnaître dans la foi cette présence du Ressuscité auprès de lui. Cette présence ne se limite pas aux moments de prière et à la messe, elle est coextensive à toute notre vie, même la plus ordinaire. Oui, Jésus, Fils de Dieu, est vraiment notre compagnon de route. Et chaque fois que nous témoignons de lui par nos actes et nos paroles nous pouvons être certains de sa présence en nous, à nos côtés. Dans la force de l’Esprit Saint c’est par nous, les membres de son Corps, qu’il choisit de se rendre présent à tous, même à ceux qui ne le reconnaissent pas encore comme le Seigneur de leur vie.
dimanche 22 mai 2011
5ème dimanche de Pâques
5ème dimanche de Pâques / A
22/05/2011
Jean 14, 1-12 (p. 625)
Dans ce temps liturgique entre Pâques et l’Ascension, l’Eglise nous fait entendre un Evangile situé avant l’événement de la résurrection. Nous nous retrouvons avec les apôtres autour de Jésus dans une atmosphère faite d’intimité et de questionnements. Le moment est solennel, le Seigneur sait que le lendemain il devra souffrir sa Passion. Ces paroles appartiennent donc au Testament du Seigneur. Et dans ce Testament il y a une annonce de la résurrection et de la vie que Jésus glorifié veut partager avec chacun d’entre nous: Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Dimanche dernier, Jésus s’est présenté à nous comme le Bon Berger venant en ce monde pour que nous ayons la vie en abondance. Cet Evangile brille déjà des lumières de Pâques. Ce Testament est rempli d’espérance.
Ces paroles, prononcées à l’occasion du dernier repas au cours duquel l’Eucharistie fut instituée, sont à la fois un appel et une révélation.
Avant de donner sa vie pour que nous ayons la vie en abondance le Seigneur Jésus nous lance un appel pressant : Croyez en moi comme vous croyez en Dieu. Au moment du doute et du questionnement, le Maître indique à ses disciples la seule force qu’ils ont à leur disposition, la force de la foi en Lui. Il les supplie : « Faites-moi confiance, car je suis le Fils de Dieu, l’envoyé du Père ». Il s’agit pour ces hommes qui ont tout quitté pour le suivre de le suivre jusqu’au bout. Il s’agit pour eux de remettre leur vie, leur espérance entre ses mains à Lui, entre ces mains qui demain seront clouées sur le bois de la croix, et qui sembleront impuissantes. Ces saintes mains qui n’ont cessé de faire le bien et de bénir. La suite montrera que cet appel à croire n’aura été que très peu entendu… Seul Jean était présent avec les saintes femmes au pied de la Croix. Notre foi en Jésus, Fils de Dieu, est une force qui nous permet de ne pas être paralysés par la peur : Ne soyez donc pas bouleversés. L’originalité de notre foi chrétienne se révèle justement dans la place unique et centrale de cet homme-Dieu nommé Jésus de Nazareth. Le chrétien ne se définit pas d’abord comme celui qui croit en Dieu, mais bien comme celui qui croit en Jésus Sauveur, révélation du Père pour nous. Nous ne sommes pas des déistes qui croient en une vague entité supérieure. Pour nous Dieu a un visage humain, et c’est celui de Jésus-Christ : Celui qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Oui, notre Dieu n’est pas abstrait, un être suprême très éloigné de nous, mais il est le Père de Jésus-Christ. Nous le contemplons dans la sainte Face de Jésus, visage tour à tour souriant, rayonnant de beauté intérieure, en pleurs, douloureux, humilié, bafoué, lumineux, glorieux, et resplendissant de la vie divine. Notre Dieu n’est pas d’abord un être transcendant, une généralité sans nom, mais une communion de personnes, c’est le mystère de la Sainte Trinité.
Cet homme unique qui nous sauve d’une vie absurde, sans espérance et privée de sens ultime, se révèle à nous comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Au moment même où il va entrer dans la plus grande faiblesse et laisser bafouer en Lui, sans se plaindre ni se défendre, le Dieu vivant et vrai, il ose affirmer : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
Oui, Jésus Vivant, toi que nous célébrons en ce temps de Pâques, tu es pour chacun de nous le Chemin. Tu nous fais comprendre peu à peu que croire en Toi c’est un long chemin, avec ses étapes, ses peines et ses joies, jusqu’à la grande épreuve de la mort. Croire en Toi c’est essayer de mettre le chemin de nos vies en accord avec ta parole et tes exemples. Tu es la Vérité, une vérité qui nous rend libres de tout mal, une vérité qui nous fait avancer sans avoir peur, une vérité qui nous donne la joie de vivre. Tu es la plénitude de la vérité sur nous-mêmes et sur Dieu notre Père. Tu nous fais participer à ta vérité dans l’Eglise non pas pour que nous devenions des fanatiques utilisant ta vérité pour condamner et juger les autres. Mais bien pour que nous soyons les serviteurs de ce que tu nous donnes gratuitement, sans aucun mérite de notre part. Ô Jésus, apprends-nous à ne jamais séparer ta vérité de ton amour dans nos paroles, nos actes et nos pensées. Ta vérité a toujours le visage de la bonté, de la miséricorde et du pardon. Ô Jésus, tu es la Vie en surabondance, la vie de la Sainte Trinité communiquée à nos cœurs par le don de l’Esprit et par les sacrements. Donne-nous la force d’être les témoins de la valeur de toute vie humaine et de la beauté de notre vocation de fils de Dieu. Donne-nous le désir de faire grandir en nous ton visage et de révéler à nos frères leur beauté intérieure. Et pardonne-nous nos manques de foi en toi et dans nos frères. Amen
22/05/2011
Jean 14, 1-12 (p. 625)
Dans ce temps liturgique entre Pâques et l’Ascension, l’Eglise nous fait entendre un Evangile situé avant l’événement de la résurrection. Nous nous retrouvons avec les apôtres autour de Jésus dans une atmosphère faite d’intimité et de questionnements. Le moment est solennel, le Seigneur sait que le lendemain il devra souffrir sa Passion. Ces paroles appartiennent donc au Testament du Seigneur. Et dans ce Testament il y a une annonce de la résurrection et de la vie que Jésus glorifié veut partager avec chacun d’entre nous: Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Dimanche dernier, Jésus s’est présenté à nous comme le Bon Berger venant en ce monde pour que nous ayons la vie en abondance. Cet Evangile brille déjà des lumières de Pâques. Ce Testament est rempli d’espérance.
Ces paroles, prononcées à l’occasion du dernier repas au cours duquel l’Eucharistie fut instituée, sont à la fois un appel et une révélation.
Avant de donner sa vie pour que nous ayons la vie en abondance le Seigneur Jésus nous lance un appel pressant : Croyez en moi comme vous croyez en Dieu. Au moment du doute et du questionnement, le Maître indique à ses disciples la seule force qu’ils ont à leur disposition, la force de la foi en Lui. Il les supplie : « Faites-moi confiance, car je suis le Fils de Dieu, l’envoyé du Père ». Il s’agit pour ces hommes qui ont tout quitté pour le suivre de le suivre jusqu’au bout. Il s’agit pour eux de remettre leur vie, leur espérance entre ses mains à Lui, entre ces mains qui demain seront clouées sur le bois de la croix, et qui sembleront impuissantes. Ces saintes mains qui n’ont cessé de faire le bien et de bénir. La suite montrera que cet appel à croire n’aura été que très peu entendu… Seul Jean était présent avec les saintes femmes au pied de la Croix. Notre foi en Jésus, Fils de Dieu, est une force qui nous permet de ne pas être paralysés par la peur : Ne soyez donc pas bouleversés. L’originalité de notre foi chrétienne se révèle justement dans la place unique et centrale de cet homme-Dieu nommé Jésus de Nazareth. Le chrétien ne se définit pas d’abord comme celui qui croit en Dieu, mais bien comme celui qui croit en Jésus Sauveur, révélation du Père pour nous. Nous ne sommes pas des déistes qui croient en une vague entité supérieure. Pour nous Dieu a un visage humain, et c’est celui de Jésus-Christ : Celui qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le Père' ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Oui, notre Dieu n’est pas abstrait, un être suprême très éloigné de nous, mais il est le Père de Jésus-Christ. Nous le contemplons dans la sainte Face de Jésus, visage tour à tour souriant, rayonnant de beauté intérieure, en pleurs, douloureux, humilié, bafoué, lumineux, glorieux, et resplendissant de la vie divine. Notre Dieu n’est pas d’abord un être transcendant, une généralité sans nom, mais une communion de personnes, c’est le mystère de la Sainte Trinité.
Cet homme unique qui nous sauve d’une vie absurde, sans espérance et privée de sens ultime, se révèle à nous comme le Chemin, la Vérité et la Vie. Au moment même où il va entrer dans la plus grande faiblesse et laisser bafouer en Lui, sans se plaindre ni se défendre, le Dieu vivant et vrai, il ose affirmer : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».
Oui, Jésus Vivant, toi que nous célébrons en ce temps de Pâques, tu es pour chacun de nous le Chemin. Tu nous fais comprendre peu à peu que croire en Toi c’est un long chemin, avec ses étapes, ses peines et ses joies, jusqu’à la grande épreuve de la mort. Croire en Toi c’est essayer de mettre le chemin de nos vies en accord avec ta parole et tes exemples. Tu es la Vérité, une vérité qui nous rend libres de tout mal, une vérité qui nous fait avancer sans avoir peur, une vérité qui nous donne la joie de vivre. Tu es la plénitude de la vérité sur nous-mêmes et sur Dieu notre Père. Tu nous fais participer à ta vérité dans l’Eglise non pas pour que nous devenions des fanatiques utilisant ta vérité pour condamner et juger les autres. Mais bien pour que nous soyons les serviteurs de ce que tu nous donnes gratuitement, sans aucun mérite de notre part. Ô Jésus, apprends-nous à ne jamais séparer ta vérité de ton amour dans nos paroles, nos actes et nos pensées. Ta vérité a toujours le visage de la bonté, de la miséricorde et du pardon. Ô Jésus, tu es la Vie en surabondance, la vie de la Sainte Trinité communiquée à nos cœurs par le don de l’Esprit et par les sacrements. Donne-nous la force d’être les témoins de la valeur de toute vie humaine et de la beauté de notre vocation de fils de Dieu. Donne-nous le désir de faire grandir en nous ton visage et de révéler à nos frères leur beauté intérieure. Et pardonne-nous nos manques de foi en toi et dans nos frères. Amen
dimanche 8 mai 2011
3ème dimanche de Pâques
3ème dimanche de Pâques / A
8/05/2011
Luc 24, 13-35 (p. 527)
Parmi les Évangiles de Pâques le récit des disciples d’Emmaüs en saint Luc est unique. Non seulement parce que seul saint Luc en fait le compte-rendu (saint Marc le mentionne en passant), mais en raison des témoins choisis ici par Jésus, trois jours après sa mort. Il s’agit en effet de deux disciples presque anonymes et dont nous ne connaissons l’existence qu’à travers ce récit. C’est une différence de taille avec les manifestations du Ressuscité aux saintes femmes et aux apôtres. Un passage de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens nous rappelle cette diversité des témoins du Christ ressuscité :
« Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts - ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis. »
Le fait que les disciples d’Emmaüs ne soient pas des disciples connus, le fait qu’ils soient de simples disciples sans faire partie du groupe des apôtres, nous les rend immédiatement très proches. Le seul dont nous connaissons le nom, Cléophas, n’est pas dans le calendrier des saints comme Marie-Madeleine, Pierre, Jean, Thomas ou encore Paul. Cette manifestation du Ressuscité à ces deux hommes peut donner lieu à des interprétations très riches et intéressantes. On peut faire, par exemple, une lecture sacramentelle de ce récit en y reconnaissant les deux parties principales de l’eucharistie : la liturgie de la Parole et la fraction du Pain.
Je voudrais en ce dimanche vous proposer deux points de méditation. Le premier concerne notre espérance chrétienne. Le second aborde la présence du Christ dans nos vies.
Les deux disciples quittent Jérusalem, ville sainte devenue pour eux ville maudite : lieu du supplice et de l’échec de leur Maître. C’est trop peu de dire qu’ils sont tout tristes. Ils sont découragés et désespérés. Le premier message de ce récit est paradoxal. Il est parfois bon pour nous de passer par le découragement et le désespoir. Car malgré tout leur amour pour Jésus, leur espérance était encore trop humaine, trop terre à terre, trop politique en un mot : il avait réduit la mission de Jésus et ne l’avait donc pas comprise. Comme si le Fils de Dieu était venu partager notre humanité, souffrir sa Passion et sa mort pour libérer Israël du pouvoir de l’occupant romain ! Quand nous passons nous-aussi par des moments de doute et de découragement, nous avons peut-être à nous poser la question suivante : Mon image de Dieu, ma représentation de Jésus est-elle vraiment chrétienne ? Est-elle fidèle à ce que la Parole de Dieu m’en révèle ? Mon espérance est-elle vraiment chrétienne ? Je vais donner un seul exemple pour illustrer cela. En Europe les chrétiens pourraient en effet être tentés par le découragement en regardant les statistiques : baisse de la pratique dominicale, baisse des vocations sacerdotales et religieuses, indifférence massive de nos contemporains à l’égard de la religion etc. En 1978 le bienheureux Jean-Paul II nous avait proposé un autre chemin que celui des lamentations, il nous avait dit : « N’ayez pas peur ! » En tant que disciples de Celui qui a accepté de passer par la mort de la Croix pour connaître la gloire de la résurrection il serait étrange que nous mettions notre espérance dans des statistiques. Il serait encore plus étrange que nous refusions une certaine forme de mort d’une manière de vivre le christianisme en Europe. Cela n’est certes pas réjouissant, c’est une épreuve pour nous, croyants. Mais si nous avions assez de foi, nous n’aurions pas peur et nous nous rappellerions la parole du Ressuscité à ses deux disciples :
« Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
Ne rêvons plus d’être une majorité influente et puissante. Rêvons seulement d’être de véritables disciples du Christ, si possible toujours plus fidèles à sa Parole et donc toujours plus saints. Pour fonder son Église le Seigneur n’a pas recruté des troupes de propagandistes puissants et riches, mais il a choisi 12 hommes faibles et pauvres. Et c’est à partir de cette minorité apparemment insignifiante que la Parole de Dieu s’est répandue dans le monde entier.
Mon deuxième point de méditation me servira de conclusion et porte sur la présence du Christ dans le récit de Luc et dans nos vies. Mettons en parallèle le début et la fin de cet Évangile. Sur la route tout d’abord : Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Dans l’auberge ensuite : Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Jésus Ressuscité jouerait-il à cache-cache avec nous ? Il se rend présent aux disciples, ils ne le reconnaissent pas. Et quand enfin ils le reconnaissent, il disparaît ! La manière de faire du ressuscité nous rappelle qu’il est le Fils du Dieu caché. Nous ne pouvons pas mettre la main sur Dieu. Il demeure l’insaisissable. Et Jésus l’a fait aussi comprendre à Marie-Madeleine : Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.
Oui, Jésus Vivant est présent à son Église et à chacun de ses disciples, particulièrement dans la célébration de l’eucharistie, dans la prière et l’annonce de l'évangile. Mais nous ne pouvons jamais le posséder ou le retenir entre nos mains. C’est pour cette raison que nous serons toujours des chercheurs de Dieu. Un croyant qui oublierait cela serait dans l’illusion. Si Dieu se révèle et se cache à la fois, c’est pour faire grandir en nous le désir de la communion avec lui, c’est pour nous éviter d’avoir une espérance seulement humaine et réduite. L’absence apparente de celui que nous aimons peut blesser notre cœur du feu de l’amour divin. C’est ainsi que Dieu peu à peu, si nous sommes fidèles, transforme notre cœur de pierre en un cœur brûlant d’amour comme celui des disciples d’Emmaüs. La vie chrétienne est toujours en même temps une grâce et une épreuve car elle consiste à s’unir à celui qui en passant par la mort est devenu le Vivant.
8/05/2011
Luc 24, 13-35 (p. 527)
Parmi les Évangiles de Pâques le récit des disciples d’Emmaüs en saint Luc est unique. Non seulement parce que seul saint Luc en fait le compte-rendu (saint Marc le mentionne en passant), mais en raison des témoins choisis ici par Jésus, trois jours après sa mort. Il s’agit en effet de deux disciples presque anonymes et dont nous ne connaissons l’existence qu’à travers ce récit. C’est une différence de taille avec les manifestations du Ressuscité aux saintes femmes et aux apôtres. Un passage de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens nous rappelle cette diversité des témoins du Christ ressuscité :
« Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ;il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts - ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis. »
Le fait que les disciples d’Emmaüs ne soient pas des disciples connus, le fait qu’ils soient de simples disciples sans faire partie du groupe des apôtres, nous les rend immédiatement très proches. Le seul dont nous connaissons le nom, Cléophas, n’est pas dans le calendrier des saints comme Marie-Madeleine, Pierre, Jean, Thomas ou encore Paul. Cette manifestation du Ressuscité à ces deux hommes peut donner lieu à des interprétations très riches et intéressantes. On peut faire, par exemple, une lecture sacramentelle de ce récit en y reconnaissant les deux parties principales de l’eucharistie : la liturgie de la Parole et la fraction du Pain.
Je voudrais en ce dimanche vous proposer deux points de méditation. Le premier concerne notre espérance chrétienne. Le second aborde la présence du Christ dans nos vies.
Les deux disciples quittent Jérusalem, ville sainte devenue pour eux ville maudite : lieu du supplice et de l’échec de leur Maître. C’est trop peu de dire qu’ils sont tout tristes. Ils sont découragés et désespérés. Le premier message de ce récit est paradoxal. Il est parfois bon pour nous de passer par le découragement et le désespoir. Car malgré tout leur amour pour Jésus, leur espérance était encore trop humaine, trop terre à terre, trop politique en un mot : il avait réduit la mission de Jésus et ne l’avait donc pas comprise. Comme si le Fils de Dieu était venu partager notre humanité, souffrir sa Passion et sa mort pour libérer Israël du pouvoir de l’occupant romain ! Quand nous passons nous-aussi par des moments de doute et de découragement, nous avons peut-être à nous poser la question suivante : Mon image de Dieu, ma représentation de Jésus est-elle vraiment chrétienne ? Est-elle fidèle à ce que la Parole de Dieu m’en révèle ? Mon espérance est-elle vraiment chrétienne ? Je vais donner un seul exemple pour illustrer cela. En Europe les chrétiens pourraient en effet être tentés par le découragement en regardant les statistiques : baisse de la pratique dominicale, baisse des vocations sacerdotales et religieuses, indifférence massive de nos contemporains à l’égard de la religion etc. En 1978 le bienheureux Jean-Paul II nous avait proposé un autre chemin que celui des lamentations, il nous avait dit : « N’ayez pas peur ! » En tant que disciples de Celui qui a accepté de passer par la mort de la Croix pour connaître la gloire de la résurrection il serait étrange que nous mettions notre espérance dans des statistiques. Il serait encore plus étrange que nous refusions une certaine forme de mort d’une manière de vivre le christianisme en Europe. Cela n’est certes pas réjouissant, c’est une épreuve pour nous, croyants. Mais si nous avions assez de foi, nous n’aurions pas peur et nous nous rappellerions la parole du Ressuscité à ses deux disciples :
« Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
Ne rêvons plus d’être une majorité influente et puissante. Rêvons seulement d’être de véritables disciples du Christ, si possible toujours plus fidèles à sa Parole et donc toujours plus saints. Pour fonder son Église le Seigneur n’a pas recruté des troupes de propagandistes puissants et riches, mais il a choisi 12 hommes faibles et pauvres. Et c’est à partir de cette minorité apparemment insignifiante que la Parole de Dieu s’est répandue dans le monde entier.
Mon deuxième point de méditation me servira de conclusion et porte sur la présence du Christ dans le récit de Luc et dans nos vies. Mettons en parallèle le début et la fin de cet Évangile. Sur la route tout d’abord : Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Dans l’auberge ensuite : Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Jésus Ressuscité jouerait-il à cache-cache avec nous ? Il se rend présent aux disciples, ils ne le reconnaissent pas. Et quand enfin ils le reconnaissent, il disparaît ! La manière de faire du ressuscité nous rappelle qu’il est le Fils du Dieu caché. Nous ne pouvons pas mettre la main sur Dieu. Il demeure l’insaisissable. Et Jésus l’a fait aussi comprendre à Marie-Madeleine : Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.
Oui, Jésus Vivant est présent à son Église et à chacun de ses disciples, particulièrement dans la célébration de l’eucharistie, dans la prière et l’annonce de l'évangile. Mais nous ne pouvons jamais le posséder ou le retenir entre nos mains. C’est pour cette raison que nous serons toujours des chercheurs de Dieu. Un croyant qui oublierait cela serait dans l’illusion. Si Dieu se révèle et se cache à la fois, c’est pour faire grandir en nous le désir de la communion avec lui, c’est pour nous éviter d’avoir une espérance seulement humaine et réduite. L’absence apparente de celui que nous aimons peut blesser notre cœur du feu de l’amour divin. C’est ainsi que Dieu peu à peu, si nous sommes fidèles, transforme notre cœur de pierre en un cœur brûlant d’amour comme celui des disciples d’Emmaüs. La vie chrétienne est toujours en même temps une grâce et une épreuve car elle consiste à s’unir à celui qui en passant par la mort est devenu le Vivant.
dimanche 1 mai 2011
2ème dimanche de Pâques
2ème dimanche de Pâques / A
1er mai 2011
Jean 20, 19-31 (p. 478)
En ce dimanche de l’octave de Pâques, l’Evangile nous ramène au soir du jour de la résurrection du Christ. Cette page évangélique comprend deux parties séparées entre elles par 8 jours. Je laisserai de côté l’épisode de l’apparition à Thomas pour me concentrer sur la première partie : la manifestation du Ressuscité à ses disciples. L’expérience qu’ils font du Ressuscité présent au milieu d’eux va les transformer. Ils vont en effet passer de la peur à la joie. J’y reviendrai.
Mais regardons d’abord le message de Pâques que Jésus leur adresse. Ce message est d’abord un don, il est ensuite un envoi en mission. Jésus Vivant se manifeste en effet à eux avec un double cadeau. Vainqueur pour toujours de la mort, il ne revient pas parmi eux les mains vides. Ce double cadeau est l’accomplissement d’une promesse qu’il leur avait faite le soir du jeudi saint. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Ne restez pas dans le trouble et dans la crainte ». Dans la pièce où ils s’étaient enfermés par peur des Juifs, les disciples entendent à deux reprises la salutation de leur Maître : « La paix soit avec vous ! » Voilà le premier cadeau de Pâques : la paix dans le Christ, la paix spirituelle. Et ce premier don est en fait inséparable du second : celui de l’Esprit Saint. Lorsque saint Paul mentionne le fruit de l’Esprit dans sa lettre aux Galates il cite d’abord l’amour, la joie et la paix. Et dans sa lettre aux Romains il souligne l’importance de cette paix venant du Christ dans l’Esprit : « Le Royaume de Dieu n’est pas une affaire d’aliments et de boissons, mais de vie droite, de paix et de joie dans l’Esprit Saint ». Voilà ce qui nous caractérise en tant que chrétiens. Au baptême et à la confirmation nous avons, nous aussi, reçu ce grand don de Pâques, le don du Saint Esprit avec la paix du Ressuscité. Le temps de Pâques est le moment privilégié pour reprendre conscience de cette réalité merveilleuse : nous sommes les temples de l’Esprit Saint et nous pouvons accueillir jour après jour la paix du Christ. L’accueillir non pas pour la garder pour nous mais pour la rayonner autour de nous en artisans de paix. Comment savoir que nous accueillons bien cette paix et que nous en vivons ? Dans les moments difficiles et dans les épreuves comme les contradictions inévitables de notre vie ici-bas. Si dans ces moments là nous sommes capables de garder force, sérénité et espérance, c’est le signe évident que nous sommes habités par la paix du Christ. Si, aussi, nous refusons de répondre au mal par le mal, si nous écartons la vengeance, le ressentiment et la rancune. Si nous sommes capables de pardonner, alors oui nous sommes certains que notre cœur est ouvert à ce don merveilleux de la paix pascale.
Et cela m’amène naturellement à parler de l’envoi en mission qui accompagne le double don du Ressuscité : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Et nous voyons que dans cette mission des premiers disciples l’acte de pardonner les péchés au nom du Ressuscité est essentiel. La mission de l’Eglise est bien une mission de paix dans le sens d’une réconciliation toujours offerte avec Dieu et entre nous. La vraie paix n’ignore ni les difficultés, ni la terrible réalité du mal, mais elle les assume par la force de la miséricorde divine et du pardon dont nous sommes les témoins et les ambassadeurs. La vraie paix nous fait passer de la fatalité à l’espérance, de la confrontation stérile au dialogue du salut. Dans un monde qui a tendance à remplacer le raisonnement, l’argumentation et le dialogue par les instincts et les sentiments, nous pouvons être menacés par l’impossibilité à communiquer et donc par la violence. La vraie paix, et je reprends ce que je disais au début, nous fait donc passer de la peur à la joie chrétienne. Je laisserai le mot de la fin au Catéchisme pour adultes des évêques de France :
Les défis d'aujourd'hui sont immenses, dans les domaines de la culture, de l'économie, de la politique, des questions nouvelles posées par le progrès accéléré des techniques, de la biologie à l'informatique. Ayant dépassé toute peur, les disciples du Christ mort et ressuscité peuvent retrouver la fierté de leur foi, dans une attitude d'humble confiance en Dieu et d'ouverture aux questions des hommes. Ils sont forts de la conviction d'être porteurs pour le monde d'un message d'espérance qu'ils ont à rendre crédible par leurs paroles et leurs comportements.
1er mai 2011
Jean 20, 19-31 (p. 478)
En ce dimanche de l’octave de Pâques, l’Evangile nous ramène au soir du jour de la résurrection du Christ. Cette page évangélique comprend deux parties séparées entre elles par 8 jours. Je laisserai de côté l’épisode de l’apparition à Thomas pour me concentrer sur la première partie : la manifestation du Ressuscité à ses disciples. L’expérience qu’ils font du Ressuscité présent au milieu d’eux va les transformer. Ils vont en effet passer de la peur à la joie. J’y reviendrai.
Mais regardons d’abord le message de Pâques que Jésus leur adresse. Ce message est d’abord un don, il est ensuite un envoi en mission. Jésus Vivant se manifeste en effet à eux avec un double cadeau. Vainqueur pour toujours de la mort, il ne revient pas parmi eux les mains vides. Ce double cadeau est l’accomplissement d’une promesse qu’il leur avait faite le soir du jeudi saint. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Ne restez pas dans le trouble et dans la crainte ». Dans la pièce où ils s’étaient enfermés par peur des Juifs, les disciples entendent à deux reprises la salutation de leur Maître : « La paix soit avec vous ! » Voilà le premier cadeau de Pâques : la paix dans le Christ, la paix spirituelle. Et ce premier don est en fait inséparable du second : celui de l’Esprit Saint. Lorsque saint Paul mentionne le fruit de l’Esprit dans sa lettre aux Galates il cite d’abord l’amour, la joie et la paix. Et dans sa lettre aux Romains il souligne l’importance de cette paix venant du Christ dans l’Esprit : « Le Royaume de Dieu n’est pas une affaire d’aliments et de boissons, mais de vie droite, de paix et de joie dans l’Esprit Saint ». Voilà ce qui nous caractérise en tant que chrétiens. Au baptême et à la confirmation nous avons, nous aussi, reçu ce grand don de Pâques, le don du Saint Esprit avec la paix du Ressuscité. Le temps de Pâques est le moment privilégié pour reprendre conscience de cette réalité merveilleuse : nous sommes les temples de l’Esprit Saint et nous pouvons accueillir jour après jour la paix du Christ. L’accueillir non pas pour la garder pour nous mais pour la rayonner autour de nous en artisans de paix. Comment savoir que nous accueillons bien cette paix et que nous en vivons ? Dans les moments difficiles et dans les épreuves comme les contradictions inévitables de notre vie ici-bas. Si dans ces moments là nous sommes capables de garder force, sérénité et espérance, c’est le signe évident que nous sommes habités par la paix du Christ. Si, aussi, nous refusons de répondre au mal par le mal, si nous écartons la vengeance, le ressentiment et la rancune. Si nous sommes capables de pardonner, alors oui nous sommes certains que notre cœur est ouvert à ce don merveilleux de la paix pascale.
Et cela m’amène naturellement à parler de l’envoi en mission qui accompagne le double don du Ressuscité : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Et nous voyons que dans cette mission des premiers disciples l’acte de pardonner les péchés au nom du Ressuscité est essentiel. La mission de l’Eglise est bien une mission de paix dans le sens d’une réconciliation toujours offerte avec Dieu et entre nous. La vraie paix n’ignore ni les difficultés, ni la terrible réalité du mal, mais elle les assume par la force de la miséricorde divine et du pardon dont nous sommes les témoins et les ambassadeurs. La vraie paix nous fait passer de la fatalité à l’espérance, de la confrontation stérile au dialogue du salut. Dans un monde qui a tendance à remplacer le raisonnement, l’argumentation et le dialogue par les instincts et les sentiments, nous pouvons être menacés par l’impossibilité à communiquer et donc par la violence. La vraie paix, et je reprends ce que je disais au début, nous fait donc passer de la peur à la joie chrétienne. Je laisserai le mot de la fin au Catéchisme pour adultes des évêques de France :
Les défis d'aujourd'hui sont immenses, dans les domaines de la culture, de l'économie, de la politique, des questions nouvelles posées par le progrès accéléré des techniques, de la biologie à l'informatique. Ayant dépassé toute peur, les disciples du Christ mort et ressuscité peuvent retrouver la fierté de leur foi, dans une attitude d'humble confiance en Dieu et d'ouverture aux questions des hommes. Ils sont forts de la conviction d'être porteurs pour le monde d'un message d'espérance qu'ils ont à rendre crédible par leurs paroles et leurs comportements.
dimanche 24 avril 2011
DIMANCHE DE PAQUES
Pâques
24/04/11
Jean 20, 1-9 (p. 433)
Nous voici parvenus au sommet de notre année chrétienne. Même si, en France et dans d’autres pays chrétiens, Noël et le dimanche des Rameaux sont des fêtes plus populaires que Pâques, il n’en reste pas moins vrai que l’événement de Pâques est au centre de notre foi chrétienne. Et tout le temps pascal nous est donné par l’Eglise pour faire mémoire de cet événement et en saisir toute la puissance dans nos vies, particulièrement à travers les sacrements. La fête de ce jour est donc inséparable des autres fêtes du temps pascal : l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte. D’une certaine manière c’est avec la Pentecôte, le don de l’Esprit Saint, que l’une des dernières paroles du Christ en croix se réalisera : « Tout est accompli ». Oui, avec la venue du Saint Esprit sur la première Eglise le Ressuscité a mené son œuvre de salut, de réconciliation et de sanctification à sa perfection.
Avant de méditer la page d’Evangile qui nous est proposée par la liturgie deux remarques s’imposent. Tout d’abord nous ne trouvons pas dans le Nouveau Testament une description du moment de la résurrection du Christ. L’entrée définitive du Seigneur Jésus dans la vie et la gloire de Dieu échappe à tout regard humain. Sa victoire sur la mort ne se constate pas comme si elle ressemblait à une victoire humaine à l’issue d’une bataille ordinaire. Ensuite l’Eglise, pour ce saint jour de Pâques, a choisi un Evangile du tombeau vide et non pas l’une des manifestations du Ressuscité aux apôtres et aux saintes femmes. Il n’y a donc dans cette page évangélique rien d’extraordinaire, rien qui puisse nous en mettre plein la vue. Elle est le contraire d’une mise en scène grandiose telle que les artistes ont pu parfois l’imaginer. Ici le témoignage est simple et humble pour un événement unique dans l’histoire de toute notre humanité. Cette discrétion et cette retenue dans la manière de présenter le matin de Pâques nous rappellent à quel point la foi en la résurrection a mis bien du temps avant de conquérir le cœur des premiers disciples, eux qui « n’avaient pas vu que, d’après l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ». Ces hommes et ces femmes n’étaient pas d’un tempérament crédule, bien au contraire.
Dès que le repos du Sabbat est terminé Marie Madeleine se lève très tôt pour aller au tombeau. Marie, la pécheresse convertie, se met en route de grand matin non pas parce qu’elle pense voir Jésus Ressuscité mais parce que son amour pour lui est immense. Marie est une femme fidèle à son Maître et elle veut l’honorer une dernière fois et peut-être achever, comme nous le disent les autres Evangiles, la toilette funéraire du crucifié. Et que voit-elle donc ? Le tombeau ouvert ! Sans même pénétrer à l’intérieur de celui-ci elle repart en courant vers la ville pour annoncer cette nouvelle à Pierre et à Jean. Ce n’est pas la Bonne Nouvelle de Pâques qu’elle leur annonce, pour elle il s’agit d’un enlèvement, le cadavre de Jésus aurait été volé, malgré les gardes postés devant le tombeau à la demande des prêtres Juifs. Et voilà Pierre et Jean qui se mettent à courir pour aller vérifier les dires de Marie Madeleine. Jean est le plus rapide, il arrive en premier. Probablement parce que son attachement pour Jésus est plus fort. Il a été le seul homme fidèle dans cette histoire, présent au pied de la croix avec les saintes femmes. Sans entrer dans le tombeau pour laisser à Pierre le rôle de premier témoin il voit le linceul. Pierre de même constate que les linges funéraires sont là mais sans le corps de Jésus. Voilà les premiers signes de Pâques : un tombeau vide, des linges funéraires. Ces signes suffisent à donner à Jean la foi pascale en la résurrection du Seigneur : « Il vit et il crut ».
Cet Evangile de Pâques peut nous amener à deux réflexions pour notre vie chrétienne. L’une sur les signes de Dieu, l’autre sur la puissance de ce mystère. Pendant le temps pascal nous pourrions prier en ayant dans le cœur ces deux interrogations. Dans notre monde, dans ma vie, bien des événements peuvent me ramener au vendredi saint et au sentiment de mon impuissance devant le mal en moi et autour de moi. Je dois demander à l’Esprit Saint, l’Esprit de mon baptême et de ma confirmation, de me faire voir les signes de Dieu. Ils sont souvent humbles et discrets, étouffés par une actualité désespérante. En tant que disciple du Ressuscité je ne suis pas épargné par le mal, encore moins insensible à sa présence. Mais ma foi me donne de le vaincre déjà en reconnaissant les signes de Dieu. Ensuite je sais que cette réalité de Pâques peut changer ma vie. L’Evangile est vraiment puissance de Dieu en ma faveur. Je peux demander à l’Esprit Saint de réveiller ma foi, de la rendre plus forte. Car c’est ma foi en Jésus Ressuscité qui me permettra effectivement de changer, de devenir meilleur jour après jour, et de rayonner autour de moi la bonté et la lumière de Dieu. En tant que disciple de Jésus je ne peux jamais me résigner ou m’avouer vaincu devant les multiples manifestations du mal et de la mort. Ce Jésus Ressuscité, ce Vivant, il n’est pas seulement à la droite du Père, dans la gloire de la Trinité. Il est auprès de moi, avec moi et en moi. Que pourrais-je craindre désormais ? Si ce n’est de ne pas assez l’aimer ou de lui être infidèle ? C’est dans un jardin que la mort a semblé triompher du Fils de Dieu. Ce jardin du tombeau neuf puis du tombeau vide, rappel du jardin d’Eden dans lequel nous avions perdu l’amitié de Dieu. En me donnant part à son Esprit d’amour, le Ressuscité fait de mon cœur son jardin, son nouveau paradis, et jour après jour il est le divin cultivateur, celui qui me renouvelle et me donne un cœur aimant, un cœur de fils, un cœur à son image. Alors si mon cœur se laisse vraiment embraser par le feu de l’amour divin, mes mains s’ouvriront pour prier le Père et pour servir mes frères. Alors mes pieds courront sur les chemins de la réconciliation et de la paix.
Le premier mai Jean-Paul II sera déclaré bienheureux. Ce géant de la foi, signe de Dieu pour notre temps, avait commencé son pontificat par un appel, écho de l’événement de Pâques : « N’ayez pas peur ! » Et il l’a vécu à travers tout son pontificat : géant de la foi, il a été un homme audacieux et courageux dans bien des domaines. Moi aussi je peux être un chrétien bienheureux. Si je laisse le Christ Vivant me libérer de plus en plus de l’esclavage de la peur pour entrer dans la joie des fils de Dieu. Cette joie que nul ne peut nous ravir.
24/04/11
Jean 20, 1-9 (p. 433)
Nous voici parvenus au sommet de notre année chrétienne. Même si, en France et dans d’autres pays chrétiens, Noël et le dimanche des Rameaux sont des fêtes plus populaires que Pâques, il n’en reste pas moins vrai que l’événement de Pâques est au centre de notre foi chrétienne. Et tout le temps pascal nous est donné par l’Eglise pour faire mémoire de cet événement et en saisir toute la puissance dans nos vies, particulièrement à travers les sacrements. La fête de ce jour est donc inséparable des autres fêtes du temps pascal : l’Ascension du Seigneur et la Pentecôte. D’une certaine manière c’est avec la Pentecôte, le don de l’Esprit Saint, que l’une des dernières paroles du Christ en croix se réalisera : « Tout est accompli ». Oui, avec la venue du Saint Esprit sur la première Eglise le Ressuscité a mené son œuvre de salut, de réconciliation et de sanctification à sa perfection.
Avant de méditer la page d’Evangile qui nous est proposée par la liturgie deux remarques s’imposent. Tout d’abord nous ne trouvons pas dans le Nouveau Testament une description du moment de la résurrection du Christ. L’entrée définitive du Seigneur Jésus dans la vie et la gloire de Dieu échappe à tout regard humain. Sa victoire sur la mort ne se constate pas comme si elle ressemblait à une victoire humaine à l’issue d’une bataille ordinaire. Ensuite l’Eglise, pour ce saint jour de Pâques, a choisi un Evangile du tombeau vide et non pas l’une des manifestations du Ressuscité aux apôtres et aux saintes femmes. Il n’y a donc dans cette page évangélique rien d’extraordinaire, rien qui puisse nous en mettre plein la vue. Elle est le contraire d’une mise en scène grandiose telle que les artistes ont pu parfois l’imaginer. Ici le témoignage est simple et humble pour un événement unique dans l’histoire de toute notre humanité. Cette discrétion et cette retenue dans la manière de présenter le matin de Pâques nous rappellent à quel point la foi en la résurrection a mis bien du temps avant de conquérir le cœur des premiers disciples, eux qui « n’avaient pas vu que, d’après l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ». Ces hommes et ces femmes n’étaient pas d’un tempérament crédule, bien au contraire.
Dès que le repos du Sabbat est terminé Marie Madeleine se lève très tôt pour aller au tombeau. Marie, la pécheresse convertie, se met en route de grand matin non pas parce qu’elle pense voir Jésus Ressuscité mais parce que son amour pour lui est immense. Marie est une femme fidèle à son Maître et elle veut l’honorer une dernière fois et peut-être achever, comme nous le disent les autres Evangiles, la toilette funéraire du crucifié. Et que voit-elle donc ? Le tombeau ouvert ! Sans même pénétrer à l’intérieur de celui-ci elle repart en courant vers la ville pour annoncer cette nouvelle à Pierre et à Jean. Ce n’est pas la Bonne Nouvelle de Pâques qu’elle leur annonce, pour elle il s’agit d’un enlèvement, le cadavre de Jésus aurait été volé, malgré les gardes postés devant le tombeau à la demande des prêtres Juifs. Et voilà Pierre et Jean qui se mettent à courir pour aller vérifier les dires de Marie Madeleine. Jean est le plus rapide, il arrive en premier. Probablement parce que son attachement pour Jésus est plus fort. Il a été le seul homme fidèle dans cette histoire, présent au pied de la croix avec les saintes femmes. Sans entrer dans le tombeau pour laisser à Pierre le rôle de premier témoin il voit le linceul. Pierre de même constate que les linges funéraires sont là mais sans le corps de Jésus. Voilà les premiers signes de Pâques : un tombeau vide, des linges funéraires. Ces signes suffisent à donner à Jean la foi pascale en la résurrection du Seigneur : « Il vit et il crut ».
Cet Evangile de Pâques peut nous amener à deux réflexions pour notre vie chrétienne. L’une sur les signes de Dieu, l’autre sur la puissance de ce mystère. Pendant le temps pascal nous pourrions prier en ayant dans le cœur ces deux interrogations. Dans notre monde, dans ma vie, bien des événements peuvent me ramener au vendredi saint et au sentiment de mon impuissance devant le mal en moi et autour de moi. Je dois demander à l’Esprit Saint, l’Esprit de mon baptême et de ma confirmation, de me faire voir les signes de Dieu. Ils sont souvent humbles et discrets, étouffés par une actualité désespérante. En tant que disciple du Ressuscité je ne suis pas épargné par le mal, encore moins insensible à sa présence. Mais ma foi me donne de le vaincre déjà en reconnaissant les signes de Dieu. Ensuite je sais que cette réalité de Pâques peut changer ma vie. L’Evangile est vraiment puissance de Dieu en ma faveur. Je peux demander à l’Esprit Saint de réveiller ma foi, de la rendre plus forte. Car c’est ma foi en Jésus Ressuscité qui me permettra effectivement de changer, de devenir meilleur jour après jour, et de rayonner autour de moi la bonté et la lumière de Dieu. En tant que disciple de Jésus je ne peux jamais me résigner ou m’avouer vaincu devant les multiples manifestations du mal et de la mort. Ce Jésus Ressuscité, ce Vivant, il n’est pas seulement à la droite du Père, dans la gloire de la Trinité. Il est auprès de moi, avec moi et en moi. Que pourrais-je craindre désormais ? Si ce n’est de ne pas assez l’aimer ou de lui être infidèle ? C’est dans un jardin que la mort a semblé triompher du Fils de Dieu. Ce jardin du tombeau neuf puis du tombeau vide, rappel du jardin d’Eden dans lequel nous avions perdu l’amitié de Dieu. En me donnant part à son Esprit d’amour, le Ressuscité fait de mon cœur son jardin, son nouveau paradis, et jour après jour il est le divin cultivateur, celui qui me renouvelle et me donne un cœur aimant, un cœur de fils, un cœur à son image. Alors si mon cœur se laisse vraiment embraser par le feu de l’amour divin, mes mains s’ouvriront pour prier le Père et pour servir mes frères. Alors mes pieds courront sur les chemins de la réconciliation et de la paix.
Le premier mai Jean-Paul II sera déclaré bienheureux. Ce géant de la foi, signe de Dieu pour notre temps, avait commencé son pontificat par un appel, écho de l’événement de Pâques : « N’ayez pas peur ! » Et il l’a vécu à travers tout son pontificat : géant de la foi, il a été un homme audacieux et courageux dans bien des domaines. Moi aussi je peux être un chrétien bienheureux. Si je laisse le Christ Vivant me libérer de plus en plus de l’esclavage de la peur pour entrer dans la joie des fils de Dieu. Cette joie que nul ne peut nous ravir.
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