dimanche 6 septembre 2026

23ème dimanche du temps ordinaire / année A / 2026

 6/09/2026

Matthieu 18, 15-20

Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. La traduction liturgique de ce conseil de Jésus ajoute un élément qui ne se trouve pas dans la plupart des autres traductions : « contre toi ». Dans la Bible Osty nous lisons : « Si ton frère vient à pécher ». Le texte correspondant chez saint Luc dit lui aussi : « Si ton frère vient à pécher ». L’ajout du « contre toi » change considérablement le sens de ce que Jésus enseigne dans cet Evangile. Une chose est de faire des reproches à mon prochain parce qu’il a commis un péché, une autre de lui faire des reproches quand il a commis un péché contre moi, un péché dont je suis la victime. L’Evangile de Matthieu décrit un processus visant au repentir du pécheur dans lequel la communauté de l’Eglise est impliquée. Chez saint Luc rien de tel : Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches, et, s’il se repent, pardonne-lui. Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras. Dans les deux cas ce qui est attendu du pécheur, c’est bien le repentir mais saint Luc met en avant le pardon des offenses. En ayant toujours à l’esprit la parabole de la paille et de la poutre comment pouvons-nous vivre en Eglise ce que Jésus nous demande ? Tout d’abord il est essentiel de nous imprégner de ce que Paul nous dit du mystère de l’Eglise avec l’image du corps du Christ. La foi et le baptême nous intègrent dans un corps, dans une communauté solidaire. Il s’agit donc de nous édifier les uns les autres, de nous encourager mutuellement dans le bien, ce qui implique parfois la possibilité du reproche. Pour que ce reproche puisse être reçu il est nécessaire qu’il soit dans la ligne de l’Evangile. Cela signifie qu’il ne peut pas procéder d’un sentiment de supériorité que j’aurais vis-à-vis de mon frère pécheur. Cela relèverait du péché d’orgueil. D’où la mise en garde de la parabole de la paille et de la poutre. Saint Paul dans la deuxième lecture nous indique comment faire des reproches à notre frère sans blesser ni humilier, ce qui est très difficile. Comment faire des reproches avec délicatesse ? En étant fidèle à l’amour du prochain. Je ne fais pas des reproches parce que je me considère comme parfait ou pire pour me venger d’une offense reçue. La seule condition qui me permette de faire des reproches, c’est la recherche sincère du bien de l’autre, donc l’amour du prochain.

Dans l’Evangile de ce dimanche Jésus accorde une grande importance à la communauté : Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. L’Eglise qui commence quand deux ou trois fidèles sont réunis au nom de Jésus est le lieu de sa présence donc de sa puissance de grâce pour nous et pour le salut du monde. Nous avons différentes occasions d’être réunis : une prière commune, un chapelet, une adoration, un pèlerinage etc. Mais le sommet de cette réunion des fidèles demeure la célébration de la messe le dimanche. Les paroles du Seigneur nous invitent à regarder comment nous participons avec nos frères et sœurs à la messe du dimanche. Sommes-nous le corps du Christ ou bien simplement des individus à côté les uns des autres ? Quand nous allons voir un film au cinéma nous avons beau être 80 dans la salle nous ne formons pas pour autant une communauté. La prière commune du dimanche exige de nous que nous formions une assemblée de fidèles. Si la dévotion exige de chacun une attention respectueuse au déroulement de l’eucharistie du début à la fin, l’eucharistie exige aussi une attention à mes frères et sœurs qui viennent prier en même temps que moi. Comment puis-je m’insérer personnellement dans l’assemblée, dans l’attention à Dieu et aux autres ? Cela passe par ce qui pourrait nous sembler secondaire : arriver en avance pour la messe afin de nous préparer ensemble dans la prière ou la répétition des chants, se saluer les uns les autres sans faire de l’église une place de marché, former ensemble une belle procession de communion, avoir dans la mesure du possible les mêmes attitudes corporelles au même moment (être assis, debout, à genoux), garder le silence et respecter celui de mon voisin pendant la célébration etc. Tous ces détails nous permettent de nous édifier les uns les autres dans la prière et d’accueillir la présence du Ressuscité qui se tient au milieu de nous.

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