3/05/2026
Jean 14, 1-12
Dans les chapitres 13 à 17 de son
Evangile saint Jean nous rapporte, en partant du geste du lavement des pieds,
le testament spirituel de Jésus, ses dernières paroles à ses disciples avant
son entrée dans le temps de la Passion. L’Evangile de ce 5ème
dimanche de Pâques se situe au début de ce testament spirituel. Je me limiterai
au 4 premiers versets de cette page évangélique. Il me semble intéressant de
les remettre dans leur contexte en ayant à l’esprit les paroles prononcées par
le Seigneur dans les versets qui précèdent, au chapitre 13 : Petits
enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me
chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas
aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement
nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous
aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes
mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Avec
toute la délicatesse et l’affection de son amour pour ses disciples Jésus leur
annonce son départ, sa Passion, sa mort et sa mise au tombeau. En ce dimanche
nous entendons les paroles de réconfort et de consolation qu’il adresse aux
disciples : Que votre cœur ne soit pas bouleversé. L’amour divin du
Christ le porte à penser d’abord à ce que ses disciples éprouveront dans le
temps de la Passion qui sera pour eux le temps de l’épreuve. Il veut les
préparer en leur demandant un acte de foi en sa personne. De la même manière
que vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Cela nous rappelle une autre
parole du Seigneur adressée à Pierre dans l’Evangile selon saint Luc : J’ai
prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras
revenu, affermis tes frères. Dans cette préparation au choc que constituera
la croix Jésus veut orienter le cœur de ses amis vers le Royaume des
Cieux : Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. La
croix, signe apparent de l’échec du Messie, scandale pour les Juifs, ouvrira
les portes du Royaume des Cieux. Elle deviendra signe de salut pour la
multitude puisque dans la maison du Père nombreuses sont les demeures pour
accueillir les hommes et les femmes devenus par la grâce du Christ une
descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné
au salut. Dans son mystère pascal Jésus prépare une place dans le Royaume
pour ses disciples, donc aussi pour chacun d’entre nous. Il nous précède et
nous ouvre le chemin en tant que premier-né d’entre les morts. Quand je
serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès
de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Au moment de
l’épreuve de la Passion et de la croix les disciples auront à se souvenir de
cette promesse du Seigneur. Très peu d’ailleurs affronteront cette épreuve en
accompagnant leur Maître et Seigneur jusqu’à la croix : quelques femmes,
Marie et Jean. « Je reviendrai » : cette parole peut se
comprendre de deux manières : soit comme une annonce de la résurrection
soit comme le retour en gloire du Seigneur lors de son second avènement. Si au
chapitre 13 Jésus dit aux disciples « Là où je vais, vous ne pouvez pas
aller », maintenant il leur promet la communion avec lui : je
vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Il
nous donne ainsi l’une de plus belles définitions de la vie chrétienne :
être avec le Christ, non seulement pour cette vie terrestre mais pour la vie
éternelle. Vivre en Dieu de la vie même de Dieu. Pour aller où je vais, vous
savez le chemin. Le chemin de la communion avec Dieu nous le trouvons dans
la personne et la vie de celui qu’Il a envoyé parmi nous pour être notre
Sauveur. Ce chemin passe par le commandement nouveau qu’il nous laisse avant
d’entrer dans sa Passion. Le chemin qui conduit à la communion avec Dieu ne
peut être que celui de la divine charité répandue en nous par le Saint Esprit.
Chemin parcouru et vécu dans la communion fraternelle non seulement entre
croyants mais avec tous les hommes qui sont nos frères en humanité… dans la
maison du Père tous sont appelés à trouver leur place, leur demeure… Je vous
donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres.