mardi 17 février 2009

Sixième dimanche du temps ordinaire

6ème dimanche du TO / B
15/02/09
Marc 1, 40-45 (p. 815)
C’est en 1873 que le norvégien Hansen découvre le bacille responsable de la lèpre. A l’époque de Jésus la médecine en était à ses balbutiements. Dans la religion juive traditionnelle on ne distinguait pas le mal physique (la maladie) du mal moral (le péché). Même si le livre de Job avait déjà remis en question la doctrine traditionnelle sur ce point. C’est Jésus qui opérera cette distinction. Nous pouvons nous référer par exemple au chapitre 9 de l’Evangile selon saint Jean : la guérison de l’aveugle de naissance. Les disciples posent au Maître la question suivante : « Qui a péché pour qu’il soit ainsi aveugle ? Est-ce lui ou ses parents ? » La réponse de Jésus est libératrice : « S’il est ainsi ce n’est pas à cause d’un péché, de lui ou de ses parents, mais pour qu’une œuvre de Dieu et très évidente, se fasse en lui. » Cela nous montre au passage que la doctrine biblique est une doctrine en évolution et non pas une doctrine fixée une fois pour toutes. La Bible corrige la Bible. La Bible est remise en question par la Bible. Le seul qui fixera de manière définitive la vraie doctrine, c’est Jésus lui-même parce qu’il est le Fils de Dieu.
C’est dans ce contexte de transition vers la plénitude de la vérité révélée, qu’il nous faut comprendre l’Evangile de ce dimanche. Saint Marc ne parle pas de la guérison du lépreux mais bien de sa purification. Nous sommes encore dans la conception de l’Ancien Testament qui lie la maladie au péché. La première lecture n’est qu’un bref passage des deux longs chapitres que le livre des Lévites consacre aux lépreux. C’est le prêtre, et non le médecin, qui est chargé dans la loi de Moïse de faire le diagnostic de la lèpre et de prendre les décisions qui s’imposent. Ne pensons pas trop vite être libérés de cette conception ancienne… L’expression populaire « qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter cela ? » témoigne de ce que bien souvent nous faisons le lien entre un malheur qui nous arrive, la maladie en est un exemple, et un péché que nous aurions commis. L’histoire des grands saints devrait suffire à confirmer la révolution opérée par Jésus dans ce domaine : la maladie n’est pas liée à notre péché. Même si l’on peut supposer qu’elle est une conséquence du péché originel… Pensons à sainte Thérèse de Lisieux, à Marthe Robin et à tant d’autres qui ont souffert physiquement sans être de grands pécheurs.
Contemplons maintenant l’attitude du lépreux et celle du Christ. Ce lépreux vient à la rencontre de Jésus. Luc, dans le passage parallèle, précise que cette rencontre a eu lieu dans une ville. Si c’est le cas, le lépreux a désobéi à la loi pour rencontrer le Seigneur. Et c’est là le signe de sa grande foi en Jésus. Cette foi qu’il exprime en actes et en paroles : Il se met à genoux devant le Seigneur. La foi du lépreux est marquée par une grande humilité. Il n’exige pas sa guérison, il supplie humblement, reconnaissant la souveraine liberté de Jésus : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Le lépreux sait au fond de lui que sa purification n’est pas un droit mais bien une grâce. L’attitude du Seigneur, quant à elle, est marquée par la compassion : « pris de pitié devant cet homme ». Le cœur de Jésus est le plus sensible de tous les cœurs humains, le moins indifférent de tous, car il est le cœur du Fils de Dieu. Dans le cœur de Jésus nous est pleinement révélé l’amour du Père à notre égard. Si notre péché est bien souvent la conséquence d’un endurcissement du cœur, la miséricorde du Seigneur est au contraire l’expression d’un cœur compatissant. A une époque où la lèpre était réputée extrêmement contagieuse, Jésus touche de sa main le lépreux. En fait la lèpre se transmet par les voies respiratoires ou, parfois, par contact cutané. Le geste de Jésus aura des suites dans l’histoire du christianisme : l’épisode bien connu de saint François embrassant le lépreux, le bienheureux Père Damien mort en 1889 dans une léproserie du Pacifique, Raoul Follereau et son action en faveur des lépreux etc. « Je le veux, sois purifié ». La volonté de Jésus, c’est notre salut. Et la guérison physique immédiate du lépreux est le signe de la purification du péché. Dans le sacrement du pardon, la parole du prêtre suffit à nous purifier immédiatement de notre péché. La fin du récit de saint Marc nous montre que Jésus vient prendre lui-même la place du lépreux : « Il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités. » C’est bien ce que la Loi de Moïse demandait aux lépreux : vivre isolés, dans la solitude, en dehors des villes. C’est aussi en dehors du camp de la communauté, que le prêtre emporte le taureau du sacrifice pour le pardon du péché. Et l’auteur de la lettre aux Hébreux souligne que Jésus « a souffert, lui aussi, hors des portes » de Jérusalem. La loi de Moïse excommuniait les lépreux. La loi de notre péché a fait de Jésus notre Sauveur un excommunié sur le bois de la Croix. Oui, c’est bien Lui, l’Agneau de Dieu qui a pris sur Lui nos péchés et les a consumés dans le feu de son amour hors des murs de Jérusalem. Amen.

lundi 9 février 2009

Cinquième dimanche du temps ordinaire

5ème dimanche du TO / B
8/02/09
Marc 1, 29-39 (p. 556)
En continuant notre lecture du premier chapitre de l’Evangile selon saint Marc nous découvrons de plus en plus ce qu’était la vie de Notre Seigneur au commencement de son ministère public en Galilée.
Les premiers jours de sa prédication, après le baptême donné par Jean, sont des jours très remplis. Saint Marc nous montre le Seigneur guérissant les malades et délivrant les possédés « le soir venu, après le coucher du soleil »… Et c’est « bien avant l’aube » que le Seigneur se lève pour prier. Bref les nuits devaient être courtes. Pendant 30 ans, Jésus est resté avec Marie et Joseph à Nazareth pour y vivre sa vie cachée. Il a pris ce très long temps pour se préparer à sa mission de Sauveur dans l’humilité de la vie quotidienne. Cette période de la vie cachée provoque notre curiosité, à tel point que les Evangiles apocryphes ont essayé de remplir « ce trou » dans la chronologie de la vie du Christ. Mais il nous faut accepter ce choix du Seigneur qui, à nos yeux, pourrait passer pour du temps perdu… Avec notre mentalité souvent très proche de l’activisme… Et voilà que d’un seul coup le temps semble s’accélérer ! Jésus a des nuits bien courtes. Certainement parce que « les délais sont accomplis, le Règne de Dieu est là » et qu’il y a désormais une urgence à le proclamer. Ce contraste entre les jours de la vie cachée et le commencement de la vie publique est un enseignement pour nous, dans notre manière de vivre le temps qui nous est donné par Dieu. Dans ce contexte le livre de l’Ecclésiaste peut nous aider avec son magnifique poème sur le temps : « Il y a sous le soleil un moment pour tout, et un temps pour chaque entreprise : un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, un autre pour déraciner la plante etc. » Nous avons dans notre vie, avec l’aide de l’Esprit Saint, à discerner justement les signes des temps. Et à comprendre qu’à certains moments nous devons être plus actifs et à d’autres plus en retrait. En fonction de notre vocation et de notre devoir d’état, nous avons à rechercher cette intelligence du cœur qui nous permet de nous adapter au temps que Dieu nous donne aujourd’hui.
Comment sont remplies ces premières journées du ministère de Jésus ? L’évangéliste nous peint l’activité du Seigneur en un magnifique triptyque : Guérisons, Prière et Evangélisation. Je voudrais m’attarder en ce dimanche sur la prière de Jésus, car c’est la première fois que saint Marc nous le montre en prière. Nous constatons à quel point Jésus est comme mangé par les foules. Bien des apôtres et des missionnaires vivront après lui une situation identique. Pensons simplement au témoignage du grand évangélisateur de l’Asie, saint François-Xavier qui avait du mal à prier son bréviaire sans être dérangé… Et au saint curé d’Ars qui était comme emprisonné dans son confessionnal. Lorsqu’à la fin du premier chapitre, le Seigneur guérit un lépreux, sa renommée est tellement grande qu’il est obligé de fuir les lieux habités : « Jésus ne pouvait plus se montrer dans une ville ; il restait à l’écart dans des lieux déserts. Même ainsi on venait à lui de toutes parts. » N’oublions pas que le Seigneur est vraiment homme, et qu’à ce titre il connaît comme nous la fatigue et le besoin de se ressourcer dans la solitude et le silence. En tant que Fils de Dieu, il n’a pas besoin de prier. La vie trinitaire est en elle-même échange d’amour et de vie dans une parfaite égalité entre les personnes divines. En priant de nuit, Jésus, vrai homme et vrai Dieu, nous donne un enseignement sur l’importance vitale de la prière. Il répond à l’avance aux excuses que nous nous donnons : « je n’ai pas le temps de prier », par exemple. Les moines, à la suite de saint Benoît, ont honoré cette prière nocturne du Seigneur par le lever de nuit. Un fils de saint Benoît, Dom Romain Banquet, écrivait : « La nuit n’est pas principalement pour le sommeil, mais surtout pour favoriser les mystérieux rapports de Dieu avec les âmes, et des âmes avec Dieu. Ses ténèbres, son silence, un charme pur et secret qui vient d’En Haut, invitent l’âme et l’entraînent aux ascensions intérieures, lumineuses et sanctifiantes. » Nous ne sommes pas moines, et nous n’avons pas à les copier mais peut-être à nous inspirer de l’esprit de prière qui les anime. Dans la nuit, le sens de la vue comme celui de l’ouïe sont mis en retrait : pas de lumière, pas de bruit. Et c’est ce retrait de nos sens qui favorise en nous le sixième sens, le sens spirituel, celui qui nous relie à Dieu par la foi, l’espérance et la charité. Alors, même si nous ne prions pas de nuit, nous pouvons rechercher un cadre de prière qui nous évite les distractions des sens : dans le silence ou le calme, en fermant les yeux par exemple. Pour conclure je laisserai la parole à Maurice Zundel : « La prière est un don que Dieu fait à l’homme ; c’est l’homme qu’elle honore, parce qu’elle le met sur un pied d’égalité avec Dieu. En faisant pour une part dépendre notre destin de nous-mêmes, de notre prière, Dieu nous traite comme des égaux. La prière c’est le choix que nous faisons de Dieu. Nous nous approchons de Dieu à pas d’amour. C’est une conversation avec Dieu. »

mardi 3 février 2009

Quatrième dimanche du temps ordinaire

4ème dimanche du TO / B
1er février 09
Marc 1, 21-28 (p. 502)
Nous poursuivons en ce dimanche notre lecture du premier chapitre de l’Evangile selon saint Marc. Nous savons déjà que Jésus a choisi de commencer son ministère public en Galilée, cette région frontalière au nord d’Israël. Et voilà qu’il s’installe pour un temps dans la maison de Simon à Capharnaüm, au nord-ouest du lac de Tibériade ou mer de Galilée. C’est dans la synagogue de cette ville, un jour de sabbat, que le Seigneur donne son premier enseignement. Contrairement à Luc, Marc ne nous donne pas le contenu de ce premier sermon du Seigneur. Le deuxième évangéliste souligne l’autorité avec laquelle Jésus a enseigné ce jour-là, et se contente de signaler la nouveauté de son enseignement. Cet homme-là n’enseigne pas comme les scribes… L’autorité qui émane du Seigneur vient d’abord de son identité profonde : Il est la Parole de Dieu faite chair. Il ne se contente pas de la commenter, il la manifeste, il la révèle par sa seule personne. Il ne prêche pas seulement la Bonne Nouvelle de Dieu : Il est cette Bonne Nouvelle. Les auditeurs de Jésus dans la synagogue ne peuvent pas deviner ce mystère divin qui se cache en la personne de celui qui leur adresse la parole avec autorité. Mais ils pressentent bien que cet homme, venu de Nazareth, est très différent de leurs scribes. Il n’est pas un professionnel de la religion parmi d’autres. Il est bien plus qu’un bon spécialiste des Ecritures… Pour bien comprendre la nouveauté de la prédication du Seigneur, nous pouvons nous référer à un passage de saint Matthieu, passage dans lequel Jésus lui-même met en lumière les limites des maîtres de la Loi et des Pharisiens qui « se sont faits les interprètes de Moïse. Faites et observez tout ce qu’ils vous disent, mais ne faites pas comme ils font, car ils disent et ne font pas. Ils préparent de lourdes charges, et ils vous les mettent sur les épaules ; mais eux-mêmes ne bougeraient pas un doigt pour les remuer. Tout ce qu’ils font, ils le font pour être vus des hommes : voyez ces larges citations de l’Ecriture fixées à leur front, et ces longues franges à leurs manteaux ! Ils aiment les premières places dans les repas, les premiers fauteuils à la synagogue et les salutations sur la place ; ils aiment que les gens les appellent Maître » (23, 2-7). Ce sont la simplicité et l’humilité de Jésus qui ont dû marquer profondément ses auditeurs dans la synagogue de Capharnaüm, et c’est à travers son attitude intérieure et extérieure qu’ils ont reconnu en lui une autorité venant de Dieu et non des hommes ou d’une simple fonction religieuse.
Vient ensuite dans le récit de Marc la scène de l’exorcisme. Et voilà que le démon, à travers cet homme, confesse la vérité de foi que tous ignorent encore : Jésus de Nazareth est le Saint, le Saint de Dieu. Le Seigneur fait taire le démon et libère l’homme possédé. Nous rencontrons ici pour la première fois un thème constant dans l’Evangile selon saint Marc, celui du secret messianique. Jésus ne veut pas que son identité profonde soit dévoilée avant le moment favorable. Ses paroles et ses gestes doivent amener peu à peu les personnes à reconnaître en lui bien plus qu’un prophète. Jésus vient ouvrir un chemin de foi, une expérience de communion avec lui pour ceux qui l’écoutent et l’accueillent. Il ne vient pas donner un catéchisme. Car les Juifs ont une idée trop humaine, trop politique du Messie. Affirmer sa messianité d’emblée, ce serait donc prendre un grand risque pour lui. Le risque de transformer la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux en une simple propagande pour un royaume d’Israël restauré et triomphant. Quand Jésus sera sur la Croix, au Golgotha, deux ou trois ans plus tard, alors il se révèlera comme le Messie humilié. Là il n’y aura plus de méprise possible sur sa mission… Et c’est par la Résurrection de son Fils au matin de Pâques que Dieu révélera pleinement la divinité de Jésus de Nazareth. Donc nous avons d’un côté un esprit mauvais qui révèle tout de suite l’identité de Jésus, et de l’autre la pédagogie du Père qui prévoit de révéler progressivement son Fils. Quelques versets plus loin Marc note que Jésus « ne laissait pas parler les démons, car ils l’avaient reconnu ». Et quand, à la fin du chapitre premier, le Seigneur guérit un lépreux il lui demande aussi le silence : « Surtout, n’en parle à personne ». Notre humanité ne peut pas accepter la vérité sur l’incarnation en un instant. Cette vérité de foi est tellement inouïe qu’elle provoque un séisme dans nos conceptions traditionnelles de Dieu, d’autant plus qu’elle révèle en même temps le mystère de la Sainte Trinité. Souvenons-nous qu’il aura fallu 4 siècles à l’Eglise naissante pour pouvoir affirmer, avec le Concile de Nicée, d’une manière définitive la divinité de Jésus de Nazareth. L’arianisme, qui faisait de Jésus un super homme mais niait sa filiation divine, a bien failli triompher dans les esprits… Saint Jacques, dans sa lettre, interpelle les chrétiens : « Tu crois qu’il n’y a qu’un seul Dieu ? Très bien. Mais les démons aussi croient, et ils tremblent » (2, 19). Il ne suffit donc pas pour nous de croire en Jésus, Fils de Dieu, et de reconnaître son autorité. Par la charité nous devons l’imiter, c’est-à-dire devenir nous-mêmes Evangile de Dieu pour tous les hommes.

lundi 26 janvier 2009

Troisième dimanche du temps ordinaire

3ème dimanche du TO/B
25/01/09
Marc 1,14-20 (p.454)
Dimanche dernier c’est avec saint Jean que nous avons médité les commencements du ministère public de Jésus. En ce dimanche nous retrouvons l’évangéliste de notre année liturgique (B) : saint Marc. Pour le deuxième évangéliste l’arrestation de Jean Baptiste a joué un rôle dans le début de la prédication du Seigneur. Jean le précurseur n’étant plus là, Jésus part pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu. En choisissant cette région du nord d’Israël, carrefour des Nations, le Seigneur indique déjà l’universalité de l’appel qu’il va lancer au peuple. Bref une page vient de se tourner, et la transition entre la première et la nouvelle Alliance s’effectue avec cette prédication inaugurale du Seigneur.
La première partie de l’appel du Christ marque bien cette entrée dans une ère nouvelle, l’ère chrétienne : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. » Nous retrouvons dans les autres lectures cette importance du temps : « Encore quarante jours… », dit Jonas, tandis que Paul affirme que « le temps est limité » ou encore selon une autre traduction que « le temps se fait court ». L’annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu se fait donc dans notre temps, dans un moment bien déterminé de notre histoire. Avec Jésus c’est l’éternité de Dieu qui s’insère dans notre temps pour lui donner une nouvelle valeur. Et c’est bien dans ce cadre temporel que retentit dans nos trois lectures l’appel à la conversion, au changement de cœur et de vie : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Notons bien la différence entre la prédication de Jonas et celle de Jésus. Jonas utilise la menace : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Jésus, lui, appelle à la foi. Et cela à cause non pas d’une mauvaise nouvelle qui provoque la peur, mais d’une Bonne Nouvelle qui devrait provoquer la joie !
C’est immédiatement après cette première prédication que le Seigneur appelle à lui quatre hommes pour qu’ils soient ses apôtres : quatre pêcheurs… Simon, André, Jacques et Jean. Leur mission est claire : ils seront désormais pêcheurs d’hommes. Ils devront se faire les portes parole de cet appel du Seigneur à la conversion. Dieu seul, par sa grâce, a le pouvoir de changer le cœur d’un homme. L’apôtre est envoyé pour favoriser en tout homme cet accueil de la grâce de Dieu. L’apôtre est un peu comme un « Jean Baptiste », il est là pour préparer les chemins du Seigneur. Et bien souvent le Seigneur a déjà travaillé par le don de son Esprit cet homme ou cette femme que l’apôtre évangélise. C’est dire que si l’apôtre doit appeler à la foi en Jésus Sauveur, il ne peut le faire sans, en même temps, faire un acte de foi en la présence de l’Esprit Saint au cœur de cette humanité vers laquelle il est envoyé.
Pour répondre à l’appel de Jésus, ces quatre hommes doivent laisser derrière eux bien des choses… Leurs filets, c’est-à-dire leur métier et leur gagne pain. Leur père avec ses ouvriers, c’est-à-dire leur famille et leur entourage. Et c’est à la lumière de cette exigence que nous pouvons mieux comprendre ce que saint Paul nous demande dans la deuxième lecture : « Dès lors, que ceux qui tirent profit de ce monde, soient comme s’ils n’en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer. » Ce que l’apôtre nous demande à la suite de Jésus, c’est de ne pas être dupes, de ne pas nous faire d’illusions. Car non seulement nous sommes dans les derniers temps, mais nous savons aussi que nous ne sommes ici-bas que de passage. Et que notre mort viendra mettre un point final à notre existence dans le temps et dans l’histoire de ce monde. Saint Paul nous demande donc de vivre notre vie terrestre et temporelle à la lumière de l’éternité de Dieu. Donc à la lumière de notre vocation à la vie éternelle, à la vie de communion et de bonheur avec la Sainte Trinité. Vie commencée dès ici-bas dans la mesure où nous vivons de la grâce de notre baptême. Dans cette lumière, toutes les idoles que nous sommes tentés de nous faire s’évanouissent alors, que ce soit l’argent, le pouvoir, la domination, la célébrité, la jouissance etc. Dans cette lumière toutes les réalités de notre vie terrestre prennent leur juste place et leur juste valeur. C’est au détachement chrétien que saint Paul nous appelle, non pas au mépris des réalités humaines. Au plus nous sommes détachés vis-à-vis de ce qui est transitoire, au plus nous grandissons en liberté. Toute la liturgie de la Parole de cette messe pourrait se résumer en un seul verset du psaume 94 : « Aujourd’hui écouterez-vous sa Parole ? Ne fermez pas votre cœur ! » Le commentaire qu’en fait la lettre aux Hébreux est éclairant : « Prenez garde, frères, qu’il n’y ait peut-être en quelqu’un d’entre vous un cœur mauvais, assez incrédule pour se détacher du Dieu vivant. Mais encouragez-vous mutuellement chaque jour, tant que vaut cet aujourd’hui, afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. » Amen.

dimanche 18 janvier 2009

2ème dimanche du temps ordinaire

2ème dimanche du temps ordinaire / B
18 janvier 2009
Jean 1, 35-42 (p. 403)
Alors que nous venons de recommencer le cycle du temps ordinaire dans sa partie située avant le Carême, l’Evangile nous renvoie aux commencements du ministère public de Jésus. Le temps ordinaire ou temps de l’Eglise nous est donné pour méditer ce que furent les actes et les paroles du Seigneur dans les années de son ministère public, avant son entrée dans le mystère pascal. Et c’est avec saint Jean que nous pouvons contempler en ce dimanche le commencement de la mission du Seigneur au milieu de son peuple. Le récit que nous en fait le quatrième évangéliste est d’une richesse inouïe sous une forme très simple.
Nous sommes à une frontière : Jean est encore là avec ses disciples. Il n’est pas là pour lui-même bien sûr, encore moins pour fonder sa communauté. Il est là pour révéler celui qui vient de se manifester après de longues années de vie cachée à Nazareth. La parole que Jean prononce devrait mettre en lumière l’identité de celui qui va et vient aux abords du Jourdain. Or cette parole pourrait se comparer à un mystérieux clair-obscur : « Voici l’Agneau de Dieu ». Les disciples de Jean, s’ils connaissent bien les Ecritures, connaissent aussi cette image de l’Agneau. Les prophètes l’ont utilisé. Pensons par exemple à Jérémie : « Moi, j’étais comme un agneau familier, qu’on mène à la boucherie, et je ne savais pas qu’ils tramaient des desseins contre moi : Retranchons-le de la terre des vivants, et qu’on ne se souvienne plus de son nom. » Jésus, ce jeune homme dans la force de l’âge, est présenté dès le commencement par Jean comme celui qui est destiné à une mort cruelle. C’est déjà l’ombre de la Croix qui se projette dans les eaux du Jourdain. Jean dit de Jésus qu’il mourra pour sauver son peuple du péché. Nommer Jésus « Agneau de Dieu » c’est dire à la fois qu’il est le Sauveur et comment il nous sauvera : par son sacrifice d’amour sur le bois de la Croix. Et alors nous pourrions être étonnés par la réaction des deux disciples : ils suivent Jésus, ils suivent cet homme promis à une mort infâme… Probablement n’ont-ils pas réalisé toute la portée de ce titre mystérieux : « Agneau de Dieu ». C’est alors que Jésus leur pose la question fondamentale : « Que cherchez-vous ? » Question éternelle, valable pour les hommes de tous les temps, valable pour nous, disciples de Jésus aujourd’hui. Oui, que cherchons-nous ? Quel est notre but dans la vie ? Quel est notre désir le plus profond ? « Maître, où demeures-tu ? » La réponse des deux disciples aurait obtenu un zéro pointé auprès d’un grand philosophe… On se serait attendu à une belle réponse du type : la vie, le bonheur, la paix ou encore le salut… Non, tout simplement : Où demeures-tu ? Ces hommes montrent par là leur attachement à ce Jésus qu’ils connaissent à peine. En fait leur désir c’est de le connaître et de partager sa vie. La réponse de Jésus est magnifique : « Venez, et vous verrez. » C’était le thème des JMJ de Paris en 97. Le Seigneur, dès le début, les initie au cheminement chrétien qui est celui de la foi. Nous sommes souvent comme Thomas, nous voulons d’abord voir alors qu’il s’agit de venir ! Venir, c’est un peu se lancer à l’eau, consentir à faire une expérience de vie avec Jésus pour Maître et Compagnon. Jésus nous demande cette confiance fondamentale, ce premier pas vers l’inconnu, cette plongée dans le mystère de Dieu. Alors, oui, nous verrons, c’est-à-dire nous comprendrons un peu mieux avec la lumière de l’Esprit Saint qui est Jésus et ce qu’il attend de nous.
Et voilà qu’André a fait ce pas et il a vu. Ses yeux se sont ouverts. Et spontanément il partage son expérience de Jésus à celui qui est le plus proche de lui, son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie ». Notons bien la différence entre la présentation de Jean et celle d’André : l’Agneau de Dieu d’un côté, le Messie de l’autre. Autant dire la Croix et la Gloire mises ensemble. André a peut-être déjà oublié le message de Jean… Et il faudra beaucoup de temps aux apôtres, en particulier à Pierre, pour accepter que le Messie soit aussi l’Agneau de Dieu. Cette page d’Evangile contient donc en germe le mystère pascal : mort et résurrection. Ce qui a toujours été opposé dans l’expérience humaine sera conjoint dans la divine personne du Fils de Dieu. Grâce à son frère, Simon rencontre le Messie. Nous ne pouvons pas imaginer ce que cela pouvait représenter pour un Juif pieux de l’époque. De cette rencontre il va recevoir, dès le début chez Jean, une identité et une mission nouvelles : « Tu t’appelleras Képha » qu’il vaudrait mieux traduire par Roc ou Rocher que par Pierre… Or cette image du Roc était attribuée à Dieu lui-même dans les Ecritures. En lui donnant ce nom, Jésus le fait participer sans aucun mérite de sa part à la force divine. Ce commencement du ministère public de Jésus est déjà pascal, nous l’avons vu. Si au début de l’Evangile Jésus est l’Agneau de Dieu, le Messie, à la fin il est tout simplement l’homme présenté par Pilate à la foule : « Voici l’homme ». Prophétie mystérieuse entre toutes qui nous dit peut-être qu’en Jésus nous pouvons retrouver la splendeur de notre dignité d’hommes obscurcie par notre péché…

dimanche 11 janvier 2009

BAPTEME DU SEIGNEUR

Baptême du Seigneur / B
11 janvier 2009
Marc 1, 7-11 (p. 352)
Avec la fête du baptême du Seigneur s’achève le temps de Noël. Lundi nous serons à nouveau dans le temps ordinaire, le temps de l’Eglise. Cet événement marque donc dans la vie du Christ comme une frontière et une transition. Transition entre le moment de la manifestation du Messie (temps de Noël) et les années de son ministère public (temps ordinaire).
Tout le temps de Noël est une joyeuse célébration du mystère de l’Incarnation par lequel Dieu vient réaliser toutes les prophéties de la première Alliance. Dans la première lecture Dieu parle de sa parole qui sort de sa bouche. Cette Parole éternelle de Dieu, voilà que dans la nuit de Noël elle entre dans notre temps, dans notre histoire, assumant en elle notre nature humaine : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. » Le cycle de Noël nous montre les diverses manifestations de Jésus, Parole de Dieu. Tout d’abord aux bergers, des Juifs mais des parias de la société, ensuite aux mages, des païens venus d’Orient, et enfin, des années plus tard, aux Juifs venus recevoir le baptême de Jean. La liturgie unit donc deux évènements séparés par des années, la naissance de l’enfant Jésus à Bethléem et son baptême dans les eaux du Jourdain. Jean a beau proclamer son indignité, il doit baptiser Jésus. Notre Seigneur n’a besoin d’aucune purification puisqu’il est la Parole de Dieu faite chair. S’il se fait baptiser malgré tout, c’est pour nous montrer dans la logique de l’incarnation qu’en épousant notre nature humaine, il vient aussi en porter tous les péchés et tous les fardeaux. Si la manifestation du Messie dans la nuit de Noël fut discrète et réservée à quelques rares témoins, le baptême de Jésus est une manifestation éclatante de sa divinité. Au moment même où, par amour, il s’abaisse dans les eaux du Jourdain pour recevoir de Jean le baptême, le ciel se déchire, le ciel s’ouvre. L’incarnation, la naissance du Fils de Dieu, était déjà un abaissement d’amour. Dieu est l’Emmanuel, Dieu avec nous, au milieu de nous. Le baptême marque un degré de plus dans cet enfouissement de la Parole de Dieu dans notre pâte humaine. Et c’est par son humilité que Jésus justement nous ouvre le ciel. Son baptême est non seulement une manifestation de son rang divin de Fils mais aussi une manifestation de Dieu Trinité lui-même. Les trois personnes divines sont là bien présentes.
Dans la deuxième lecture saint Jean nous donne une clef de compréhension lumineuse de cet événement capital du baptême : « C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et le sang. » Oui, il vient d’abord par l’eau, en descendant dans les eaux du Jourdain. Mais ce baptême, au début de son ministère public, en appelle un autre, à la fin de ce même ministère. Dans sa Passion, Notre Seigneur viendra par le sang. C’est Jésus lui-même qui utilise le mot de « baptême » pour parler de sa Passion : « Je suis venu jeter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Mais je dois passer par un baptême, et quelle angoisse tant que ce n’est pas fait ! » La Passion est le sommet de cet abaissement par lequel Jésus révèle son identité la plus profonde et sa mission de Sauveur. Il est très beau de lire en parallèle la manifestation par l’eau au baptême et la manifestation par le sang dans la Passion. Au baptême l’Esprit descend sur le Christ, sur la Croix Jésus remet l’Esprit. C’est-à-dire qu’il le donne à notre humanité. « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint », avait dit Jean… Au baptême le Christ est béni par son Père : « C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. » A la Croix il souffre de l’absence apparente du Père, de son silence : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et voilà que le spectacle de ce Messie humilié, mort sur le bois de la Croix, va donner à l’officier romain la grâce de la foi. Ce n’est plus la voix du Père qui proclame son Fils bien-aimé, mais celle d’un soldat païen : « En vérité cet homme était fils de Dieu. »
Contempler ainsi le baptême du Seigneur en lien avec son baptême dans la Passion nous ramène bien sûr à notre propre baptême. Pour reprendre une magnifique expression de la deuxième lecture nous sommes nés de Dieu. « Ils sont trois qui rendent témoignage, l’Esprit, l’eau et le sang. » Comment ne pas penser ici aux trois sacrements par lesquels nous sommes devenus chrétiens ? Baptême, confirmation et eucharistie. Mais ces sacrements ne peuvent pas agir en nous efficacement si nous ne sommes pas des hommes et des femmes de foi. Tout être qui est né de Dieu « est vainqueur du monde », dit saint Jean. Ce qui signifie vainqueur du mal, du démon. Comment ? Par notre foi en Jésus, Fils de Dieu et Sauveur. L’itinéraire que Jésus a vécu du Jourdain au Golgotha, nous le vivrons aussi en tant que baptisés : moments de consolation dans l’Esprit et moments de désolation dans l’épreuve. C’est notre vie de Fils de Dieu, notre vie de foi. Si nous demeurons fidèles au Seigneur, unis à Lui, alors nous savons que notre vie est féconde. Nés de Dieu par l’eau du baptême, nous pouvons être de vivantes paroles de Dieu pour nos contemporains. Et le baptême de notre mort corporelle accomplira en quelque sorte toute notre vie en ôtant enfin le voile de la foi.

mardi 6 janvier 2009

EPIPHANIE DU SEIGNEUR

Epiphanie du Seigneur 2009
Matthieu 2, 1-12 (p. 312)
Dans ce temps de Noël la fête de l’Epiphanie du Seigneur nous donne des enseignements précieux pour notre vie chrétienne, et cela à travers le récit que saint Matthieu nous fait de la visite des mages auprès de l’enfant Jésus.
Le premier de ces enseignements nous redit que Dieu notre Père veut le salut de tous ses enfants. Dieu notre Père n’a qu’un désir pour nous : que notre vie soit pleinement réussie, non pas selon les critères de ce monde encore soumis à la loi du péché, mais bien selon les critères évangéliques. Le salut chrétien c’est cela : que par la grâce de Dieu notre vie soit réussie, que par la grâce de Dieu nous soyons en ce monde les hommes et les femmes des Béatitudes… « Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, le Royaume des Cieux est à eux ! » La Bonne Nouvelle de l’Epiphanie c’est que ce salut chrétien est offert à tous les hommes. Les mages représentent au début de l’Evangile tous les peuples païens dans l’attente du salut. Et il est intéressant d’aller à la fin de l’Evangile selon saint Matthieu pour retrouver cet aspect universel du salut dans le Christ. C’est Jésus Ressuscité qui envoie ses apôtres en mission et leur parle ainsi : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc et faites-moi des disciples de toutes les nations. Vous les baptiserez au nom du Père et du Fils et de l’Esprit Saint, et vous leur enseignerez, pour qu’ils l’observent, tout ce que je vous ai ordonné. Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du temps. » L’Epiphanie nous rappelle que l’Eglise du Christ ne peut être que catholique, c’est-à-dire ouverte à l’universel : à tous les peuples et à toutes les nations. Et celui qui garantit cette ouverture et cette mission universelle de l’Eglise, c’est bien le pape, le chef du collège apostolique.
Un autre enseignement pourrait se résumer de la manière suivante : ce salut universel nous est donné dans et par le Christ. Nous n’avons pas d’autre Sauveur que Jésus, il est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes. La venue des mages auprès de l’enfant de la crèche inaugure le grand projet d’amour du Père pour tous ses enfants. Dans sa lettre aux Colossiens, l’apôtre Paul nous donne les dimensions véritables de ce projet : « Il a plu à Dieu que le « tout » se retrouve dans le Christ et que tout soit réconcilié avec Dieu grâce à lui, après que le sang de sa croix ait rétabli la paix, ce qui est sur la terre, et ce qui est dans les cieux. » L’enfant Jésus vient tout récapituler en Lui pour tout sauver.
Une autre leçon de cette page évangélique, c’est que Dieu notre Père donne à chaque homme le moyen de recevoir ce salut. Et cela par des signes adaptés. Les Juifs ont le signe des prophéties, de la Parole de Dieu. Les mages païens venus d’Orient ont un signe qui leur parle : une étoile dans les cieux, car ils sont astronomes, peut-être même astrologues… C’est pour cela qu’au cours de l’histoire, l’Eglise, dans sa mission, a toujours pratiqué l’inculturation. C’est-à-dire l’annonce du Christ Sauveur dans des cultures particulières. Les vrais missionnaires ont toujours cherché quelle était l’étoile qui pouvait parler le mieux au peuple vers lequel ils étaient envoyés… L’aventure des Jésuites en Asie et en Amérique du sud est de ce point de vue un remarquable exemple d’évangélisation. Nous ne pouvons pas évangéliser notre monde athée et sécularisé en nous contentant de lui réciter des formules catéchétiques. Nous devons trouver avec l’aide de l’Esprit Saint l’étoile par laquelle nous pourrons toucher le cœur de nos contemporains et les attirer vers le Christ… en partant bien sûr de leur culture, de leurs intérêts, de leurs passions… Car la foi ne supprime pas la nature, elle la transfigure par la grâce. La foi ne fait pas de nous des moutons sans caractère ni personnalité, mais dans le Christ elle vient au contraire enrichir notre personnalité, nous permettant ainsi de développer tous nos talents. « Le Christ n’enlève rien, il donne tout », disait Benoît XVI aux jeunes des JMJ.
Je conclurai en contemplant l’attitude opposée d’Hérode et des Mages, des Juifs et des païens face à la manifestation (épiphanie) du Sauveur dans l’enfant Jésus. D’un côté nous avons l’inquiétude d’Hérode, de l’autre la très grande joie des mages. Hérode aurait dû être le mieux préparé à accueillir l’enfant Roi. Il est sur place. Il est Juif. Mais voilà qu’il ferme son cœur à la nouveauté de la grâce. Il ne va pas à Bethléem alors qu’il connaît la vérité. Et son cœur est tourmenté par l’inquiétude. Il voit dans cet enfant une menace pour son pouvoir et ses ambitions… Oui, les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers ! Les mages, eux, viennent de loin, dans tous les sens du terme. Mais ils vont être tout proches de l’enfant Dieu. Ils l’adorent et lui offrent tout ce qu’ils ont de plus beau, de plus précieux. Et les voilà dans la joie qui vient de l’Esprit Saint ! Si nous voulons vivre de cette joie, nous savons ce qu’il nous reste à faire. Notre joie vient toujours de notre communion avec Jésus Sauveur. Notre joie vient de l’humilité par laquelle nous adorons. Reconnaissant que nous ne sommes que des créatures et que tout ce que nous avons vient de Dieu. Enfin notre joie sera parfaite si nous nous offrons nous-mêmes au Sauveur. Cette offrande à Dieu par le Christ chaque eucharistie nous invite à la vivre quotidiennement.