samedi 23 mai 2015

PENTECÔTE (année B)



24/05/2015

 Galates 5, 16-25

Pour saint Paul la vie chrétienne est une vie de communion avec le Christ, particulièrement dans son mystère de mort et de résurrection. Le chrétien qui est fidèle à la grâce de son baptême s’inspire des actes et des paroles du Christ pour faire de sa vie une vie nouvelle. Au centre et au fondement de toute notre vie chrétienne il y a notre foi en Jésus ressuscité, vivant et agissant aujourd’hui dans son Eglise et dans l’univers tout entier. Tout ce dynamisme de la foi qui nous pousse sans cesse à mettre en conformité notre vie avec l’Evangile de Jésus ne serait pas possible sans le don de l’Esprit Saint. C’est ce don que nous célébrons au terme du temps pascal avec la solennité de la Pentecôte. Le jour de la Pentecôte marque en quelque sorte la naissance de l’Eglise. Et chacun de nous peut revivre cette expérience grâce au sacrement de la confirmation qui nous rend pleinement membres du Corps du Christ et qui nous permet de témoigner de notre foi en paroles et en actes.
Dans la deuxième lecture l’apôtre Paul nous décrit la vie chrétienne de la manière suivante : « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu ». Il nous prévient qu’en tant que chrétiens nous avons à lutter, à choisir sans cesse entre les « tendances égoïstes de la chair » et les « tendances de l’esprit ». Tout simplement parce que nous demeurons marqués, même après notre baptême, par les conséquences du péché originel ainsi que par nos propres péchés. L’affrontement entre la chair et l’esprit correspond en fait à un affrontement entre l’égoïsme et la charité, et cet affrontement nous empêche de faire ce que nous voudrions. Nos bonnes intentions ne se concrétisent pas toujours par des choix et des actes concrets. Saint Paul décrit de manière magnifique ce déchirement intérieur dans sa lettre aux Romains : En effet, ma façon d’agir, je ne la comprends pas, car ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas ; mais ce que je déteste, c’est cela que je fais… Je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans l’être de chair que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas… Ainsi, moi, par ma raison, je suis au service de la loi de Dieu, et, par ma nature charnelle, au service de la loi du péché. Ce que Paul nomme les œuvres de la chair, en fait notre nature pécheresse et égoïste, non seulement nous ferme les portes du royaume de Dieu mais nous divise profondément. Au contraire le fruit de l’Esprit unifie notre personne humaine : à la place du déchirement intérieur nous trouvons peu à peu la paix spirituelle qui est réconciliation non seulement avec Dieu mais aussi avec les autres et avec nous-mêmes. Saint Paul nous donne neuf aspects du fruit de l’Esprit en nous. Nous comprenons que ces caractéristiques de notre vie chrétienne sont inséparables. On peut les distinguer entre elles mais elles forment un tout. La foi ne va pas sans l’humilité, ni l’amour sans la bonté et la bienveillance etc. Et notre expérience nous montre à quel point la patience et la maîtrise de soi vont de pair. L’Esprit Saint n’a qu’un désir, c’est que nous grandissions et que nous nous fortifions dans ces différentes facettes de l’être chrétien. Là où sont véritablement amour, joie et paix, là est aussi la sainteté chrétienne ; là se trouve réalisée en nous l’œuvre de l’Esprit du Père et du Fils. Nous oublions peut-être d’invoquer l’Esprit de notre baptême et de notre confirmation, de le prier et de lui demander son aide. Or la prière à l’Esprit Saint ne doit pas se limiter à la fête de la Pentecôte. Elle est essentielle dans la spiritualité chrétienne. Et nous pouvons utiliser de manière régulière la très belle prière de la séquence de Pentecôte, prière que la liturgie nous fait entendre avant la proclamation de l’Evangile. Notre faiblesse est grande et nous avons tellement besoin d’accueillir en nous, toujours plus profondément, la force de l’Esprit de Dieu ! « Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit ! »

dimanche 17 mai 2015

Septième dimanche de Pâques / B

17/05/15

1 Jean 4, 11-16

Dans la deuxième lecture de cette messe, saint Jean nous parle de l’inhabitation divine : Dieu demeure en nous et nous en lui. Nous ne pouvons pas saisir cette réalité spirituelle sans d’abord recevoir la révélation que Jésus nous apporte sur Dieu. C’est cette révélation que l’apôtre Jean nous transmet en nous donnant l’une des rares définitions de Dieu dans le Nouveau Testament : Dieu est amour, amour de charité en lui-même, c’est la raison pour laquelle il « nous a tant aimés », c’est aussi ce qui explique pourquoi il veut entrer en communion avec nous qui sommes ses créatures. Dieu est Esprit et Amour, et c’est pour cela qu’il veut se donner à nous, vivre avec et en nous. L’amour véritable cherche toujours la présence de l’être aimé et veut vivre en communion avec lui. Saint Jean, comme les autres apôtres, les premiers disciples et les saintes femmes, a fait cette expérience bouleversante de l’amour divin manifesté à travers la personne, les actes et les paroles de Jésus de Nazareth : « Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous ».
Comment pouvons-nous, nous aussi, participer à cette expérience spirituelle qui est celle du christianisme authentique ? Quelle doit être notre réponse à ce désir de Dieu de vivre en communion avec nous ? Quelle attitude va nous permettre de considérer Dieu, non plus comme un être suprême extérieur à nous-mêmes et distant, mais comme un Esprit d’amour intérieur à nous-mêmes ? Dieu comme un Père, vie de notre vie.
Saint Jean nous indique deux voies essentielles pour rendre possible cette expérience spirituelle.
La première est celle de la foi : « Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu ». C’est la foi en Jésus qui nous ouvre ce chemin. Mais la foi seule ne suffit pas. D’où la nécessité de la deuxième voie : « Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui ». D’où la nécessité de nous aimer les uns les autres pour pouvoir accueillir dans nos vies ce Dieu qui est Amour. La morale chrétienne, cet aspect de notre vie qui détermine les relations que nous avons avec notre prochain, est une conséquence logique de notre vie spirituelle. C’est la vie de Dieu en nous bien plus que les commandements qui exige de nous une vie morale, c’est-à-dire une vie ajustée à l’Evangile. Les commandements ne sont pas la source de la vie morale. Ils sont comme des panneaux de signalisation sur notre route vers la perfection de l’amour. La source ne peut être que Dieu lui-même et particulièrement, dans le mystère de la sainte Trinité, la personne du Saint Esprit, amour du Père et du Fils. « Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu’il nous donne part à son Esprit ». Dans cette dernière partie du temps pascal, nous nous préparons à célébrer la fête de Pentecôte. Prions l’Esprit de notre baptême et de notre confirmation de nous confirmer dans la foi et l’amour !

Viens, Esprit Saint en nos cœurs, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. Viens en nous, père des pauvres, viens lumière de nos cœurs. Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur. Dans le labeur, le repos ; dans les pleurs, le réconfort. Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles. Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti. Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé, assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. A tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés, donne la joie éternelle. Amen.

jeudi 14 mai 2015

ASCENSION DU SEIGNEUR / B

14/05/15

Le mystère glorieux de l’Ascension du Seigneur a fait passer les premiers disciples de Pâques à la Pentecôte. Au jour de l’Ascension le Seigneur ressuscité devient invisible aux yeux de ses disciples. Sa présence dans l’Eglise et dans le monde demeure mais sous un autre mode. Nos mots humains ne peuvent pas rendre compte de ce mystère sans utiliser des images. Et les images, si elles peuvent nous aider à nous représenter l’Ascension du Seigneur, peuvent aussi nous tromper si nous les comprenons d’une manière purement matérielle : monter au ciel, s’asseoir à la droite du Père. Dans la deuxième lecture saint Paul utilise lui aussi ces images : « Celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l’univers ». Pour saint Paul l’Ascension doit se comprendre en correspondance avec l’Incarnation. Au jour de Noël la Parole de Dieu « descend » vers nous en se faisant chair dans le sein de la Vierge Marie ; au jour de l’Ascension elle « monte » auprès du Père. Ces images de descente et de montée sont bien sûr liées au fait que la Bible nous parle du Père qui est aux cieux. Les cieux symbolisent le « lieu » propre de la divinité, sa demeure. Les cieux représentent la transcendance de Dieu, le fait qu’il n’est pas un être parmi les autres, une créature se mouvant dans les limites du temps et de l’espace, mais le Créateur et Père, pur Esprit, éternel et partout présent. Nous comprenons alors pourquoi il ne faut pas essayer de nous représenter avec notre imagination Jésus montant au ciel. Simplement il nous suffit de comprendre qu’à partir de l’Ascension il est présent d’une autre manière, d’une manière invisible.
Dans la première lecture saint Luc nous montre que le mystère de l’Ascension est tout entier orienté vers celui de la Pentecôte. Avant de quitter ses disciples, le Seigneur ressuscité leur parle en effet du don de l’Esprit Saint, force venue d’en-haut pour en faire des témoins. Jésus étant devenu invisible, c’est l’Esprit du Père et du Fils qui va nous permettre de croire en Jésus ressuscité. La présence de l’Esprit en nous est intérieure. Nous ne sommes plus dans une situation de face à face comme celle qui fut celle des disciples entre Pâques et l’Ascension. Lorsque Jésus se manifestait à eux, ils le voyaient comme nous nous voyons lorsque nous nous rencontrons. L’Esprit n’ayant pas de corps il peut venir demeurer au plus intime de notre être et faire que la présence de Dieu nous devienne intérieure. Le temps de l’Eglise qui commence après l’Ascension et surtout après la Pentecôte est le temps de l’Esprit. C’est en effet par l’Esprit Saint que nous reconnaissons la présence de Jésus ressuscité. Et c’est encore par l’Esprit Saint que tous les sacrements nous communiquent les dons du Père. Il n’y aurait pas d’eucharistie, donc pas de présence sacramentelle de Jésus, sans l’action de l’Esprit Saint.

Enfin l’Ascension oriente notre cœur vers notre avenir en Dieu, vers le terme dont nous parle saint Paul : « Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ ». Notre vie chrétienne est en effet un chemin. Si Dieu est patient avec nous, nous devons aussi être patient avec nous-mêmes et ne pas exiger de tout comprendre en une seule fois. C’est en parcourant le chemin de notre vie, chemin de foi, d’espérance et de charité, que, peu à peu, nous progresserons vers la vraie connaissance du Fils de Dieu. Ce n’est qu’au terme, nous avertit saint Paul, donc après le passage de notre mort, que nous saisirons dans la pleine lumière les mystères du Seigneur et le mystère de notre propre personne.

dimanche 3 mai 2015

Cinquième dimanche de Pâques / B

3/05/15

Jean 15, 1-8

Dans la deuxième lecture et l’Evangile de ce dimanche, saint Jean utilise à de nombreuses reprises le verbe « demeurer ». Ce verbe nous parle de la relation intérieure et profonde que nous avons avec le Christ et avec Dieu. C’est le verbe de la vie spirituelle et de l’intériorité. Et l’image de la vigne n’est utilisée par Jésus que pour illustrer cette réalité nommée « inhabitation divine ».
« Demeurez en moi, comme moi en vous ». Nous le comprenons, le verbe « demeurer » désigne la relation unique que Jésus veut avoir avec nous et la relation que nous pouvons avoir avec Lui. Dieu, en Jésus, est un « au-delà au-dedans » pour reprendre une belle expression de Maurice Zundel. Mais comment pouvons-nous savoir que Dieu demeure en nous et que nous demeurons en Lui ? La deuxième lecture nous donne une indication concrète :
« Celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné son Esprit ».
Nous le voyons, la communion authentique avec le Seigneur est en même temps spirituelle et très concrète. Le spirituel dans l’enseignement de Jésus a toujours un effet concret dans notre vie. Si l’Esprit habite en nous, alors oui, Dieu demeure en nous. Il ne nous reste plus extérieur, mais il se fait intérieur à ce qui constitue le cœur le plus intime de notre personne. Le mystère de Dieu se joint ainsi au mystère même de notre personne humaine. Car, est-il besoin de le rappeler, si Dieu, en tant qu’au-delà de tout créé, est mystère, nous sommes aussi pour nous-mêmes un mystère. Nous pensons nous connaître, mais bien souvent nous n’avons qu’une connaissance très limitée de ce qui fait que nous sommes une personne humaine unique, créée à l’image de Dieu et selon sa ressemblance. En même temps c’est par notre fidélité aux commandements du Seigneur que nous pouvons savoir que nous demeurons en Lui et Lui en nous. Il s’agit toujours d’aimer « non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité ». Les commandements du Seigneur nous sont donnés pour nous permettre d’ajuster sans cesse notre vie à ce qui est vrai, bon et juste.
L’image de la vigne ne dit pas autre chose : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit ». Donner beaucoup de fruit et être fidèle aux commandements, c’est une même et unique réalité. Simplement Jésus nous rappelle avec force que nous en sommes incapables si nous nous confions seulement à nos forces humaines. En plus de notre bonne volonté, nous avons besoin de la grâce du Christ, de son aide et de sa présence, pour porter du fruit en observant ses commandements. « Car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ».

La liturgie de la Parole nous enseigne donc le lien étroit qui existe entre d’une part notre vie de prière, notre vie sacramentelle, et d’autre part notre action en ce monde. Le cœur à cœur invisible de la prière, s’il est vraiment rencontre avec le Seigneur, donnera comme fruit visible les œuvres de charité. En ces jours qui nous acheminent peu à peu vers la solennité de la Pentecôte et la célébration de la confirmation le 31 mai, il nous est bon de réentendre l’enseignement de saint Paul dans sa lettre aux Galates : « Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. »

dimanche 26 avril 2015

Quatrième dimanche de Pâques / B

26/04/15

Jean 10, 11-18

Au cours du temps pascal le quatrième dimanche de Pâques nous fait entendre un passage du chapitre 10 de l’évangile selon saint Jean, chapitre consacré à la parabole du bon berger. C’est la raison pour laquelle l’Eglise a choisi ce dimanche pour en faire la journée de prière pour les vocations au sacerdoce et à la vie religieuse.
Jésus était pleinement un homme de son temps en raison de la vérité du mystère de l’incarnation. Parce qu’il est Fils de Dieu ses actes et ses paroles ont une portée qui dépasse les limites du temps et de l’espace, mais cela n’enlève rien à la vérité de l’incarnation. Vérité qui implique que dans son enseignement, en particulier dans les paraboles, il a choisi des images qui pouvaient parler au cœur des hommes et des femmes de son temps et de son pays. Pour la plupart d’entre nous l’image du bon berger n’évoque plus rien de concret. Je me souviens de mes cours d’économie et de géographie au lycée. On nous enseignait que ce qui permettait de faire, entre autres choses, la différence entre un pays en voie de développement et un pays « développé », c’était la part de la population travaillant dans le secteur primaire, c’est-à-dire dans l’agriculture et l’élevage. Au plus cette part était réduite, au plus le pays était « développé ». Cette théorie économique est bien sûr discutable, mais force est de constater que les bergers et les brebis ont disparu depuis bien longtemps de notre horizon familier dans un pays comme la France. La plupart des européens caressent davantage à longueur de journée leurs smartphones et leurs tablettes que des brebis… La société technologique nous a déconnectés des réalités concrètes de la terre, sans lesquelles nous ne pourrions pourtant pas subsister. Ce qui fait que nous sommes des vivants en relation avec d’autres vivants, humains et animaux, a été comme absorbé par l’emprise des nouvelles technologies, emprise tellement forte qu’elle constitue pour certains une véritable dépendance aussi forte que celle des drogues dures. Le bilan de cette désincarnation risque d’être douloureux, en particulier pour les enfants et les jeunes, si nous continuons sur cette lancée sans utiliser notre capacité de réflexion et de sagesse, donc la possibilité de prendre du recul et de la distance.

Certes l’image utilisée par Jésus est dépassée, du moins pour nous européens. Mais nous pouvons tenter d’en retenir le message. Ne parlons plus de berger, de brebis, de troupeau ou encore de bergerie, mais regardons les réalités visées par ces images d’un autre temps : Le Christ, les baptisés et l’Eglise. C’est bien ce que fait Jésus lui-même à la fin de cet Evangile : « Le Père m’aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre ». Par avance le Seigneur donne le sens de sa Passion, de sa mort en croix et de sa résurrection. C’est librement qu’il donne sa vie pour nous. Sa vie il ne l’offre pas seulement pour fonder l’Eglise, le rassemblement de ses disciples, mais aussi pour l’unité de tout le genre humain dans l’amour : « Il y aura un seul troupeau et un seul pasteur ». Tout homme est appelé par l’amour du Christ à faire partie de son Eglise pour y recevoir la vie divine et en vivre, pour devenir enfant de Dieu. Les pasteurs visibles de l’Eglise, les évêques, les prêtres et les missionnaires, sont au service de ce grand désir de Dieu pour l’humanité. Ils consacrent leur vie, avec toutes leurs limites et leurs faiblesses propres, pour que la paix et la joie du Christ ressuscité soient annoncées, pour que beaucoup puissent accueillir l’Evangile dans leur vie comme une force de renouvellement et d’espérance. Ils ne remplacent pas le Christ qui demeure l’unique et véritable chef de son Eglise. Ils sont les instruments de sa grâce en particulier par l’annonce de l’Evangile et la célébration des sacrements. Pour répondre à l’appel de Dieu, il n’est pas nécessaire d’être parfait ou d’être un saint, il suffit d’être un chrétien de bonne volonté. Prions pour que dans nos communautés chrétiennes des jeunes entendent cet appel et qu’ils aient le courage d’y répondre joyeusement « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

dimanche 12 avril 2015

Deuxième dimanche de Pâques / B

12/04/15

Jean 20, 19-31

Dans la liturgie de l’Eglise, la semaine qui suit le dimanche de Pâques est considérée comme un seul et unique jour de fête. C’est l’octave de Pâques au cours duquel la parole du psaume 117 s’accomplit dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ : « Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! ». L’Evangile de Jean nous rapporte donc ce qui s’est passé pendant « le premier octave » de l’histoire du christianisme : le soir du premier dimanche, celui de Pâques, Jésus se manifeste à ses disciples, puis « huit jours plus tard » il revient au même endroit pour se montrer vivant à Thomas.
La première partie du récit de Jean, celle qui se déroule en l’absence de Thomas, le soir de Pâques, nous donne d’abord quelques lumières sur le mystère de la résurrection. Jésus ressuscité se montre à ses apôtres avec un corps glorieux. C’est un corps à la fois différent du nôtre, puisqu’il n’est plus soumis au règne de la mort, et un corps vraiment humain. Ce corps a la capacité de se tenir dans une pièce dont les portes sont fermées à clé : « Jésus vint, et il était là au milieu d’eux ». En même temps le corps glorieux du Seigneur conserve le souvenir de sa Passion et de sa mort en croix : « Il leur montra ses mains et son côté ». Il existe donc une continuité entre Jésus de Nazareth et le Seigneur ressuscité, continuité qui s’accompagne d’une transfiguration de son corps et d’une glorification de sa nature humaine. C’est la raison pour laquelle, lorsque Jésus se manifeste vivant après Pâques, certains disciples le reconnaissent, alors que d’autres ont besoin d’un certain temps pour se rendre compte qu’ils sont en présence de Jésus : C’est lui, et ce n’est plus tout à fait lui ! La vision seule ne suffit pas, elle doit s’accompagner de la foi.
Le soir de Pâques, les apôtres vivent déjà leur Pentecôte. Jésus vient pour les confirmer dans leur mission et dans l’Esprit Saint : « Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : Recevez l’Esprit Saint ». Malgré cette confirmation pascale, l’Evangile nous dit que huit jours plus tard ils n’ont toujours pas quitté la maison dans laquelle ils se sont enfermés par « peur des Juifs ». Leur mission principale sera de « remettre les péchés » des hommes, donc de donner de la part de Jésus la miséricorde et le pardon, en particulier par le sacrement du baptême. Saint Paul ne faisait pas partie du collège des apôtres, c’est un converti, venu sur le tard, et qui n’a jamais connu le Jésus d’avant Pâques. Pourtant il a parfaitement compris cette mission confiée aux premiers apôtres comme en témoigne ce passage de sa deuxième lettre aux Corinthiens :

"Aussi, si quelqu'un est en Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ et nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu".


Le premier fruit de Pâques dans notre vie, c’est bien cette réconciliation avec Dieu et avec nos frères par la puissance de l’amour de Jésus ressuscité. Le soir de Pâques les apôtres ont reçu le don de la paix et de la joie du Christ, don qui est celui de l’Esprit Saint. Sommes-nous vraiment réconciliés avec Dieu notre Père ? Accueillons-nous avec foi sa miséricorde ? Pour le savoir rentrons en nous-mêmes et regardons si nous trouvons dans notre cœur cette paix et cette joie de Pâques.

dimanche 5 avril 2015

Dimanche de Pâques


Pâques 2015

Dans la première lecture nous avons entendu comment Pierre, le chef des apôtres, résume la vie et la mission de Jésus pour le païen Corneille, centurion de l’armée romaine. « Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour ». Cet homme nommé Jésus de Nazareth, cet homme par lequel Dieu se révèle, nous parle et se donne en personne, a subi l’horrible supplice de la croix. Cet homme torturé et mort, descendu de la croix et mis au tombeau, c’est lui qui s’est montré vivant aux saintes femmes et aux apôtres. Voilà le message de Pâques, celui de la résurrection du Seigneur. C’est la raison pour laquelle les chrétiens se rassemblent chaque dimanche pour faire mémoire dans l’eucharistie de la mort et de la résurrection du Seigneur. Le dimanche est pour cette raison le jour du Seigneur, le jour de la prière, de la joie et du repos. Même si, malheureusement, le gouvernement français veut en faire le jour du commerce et des achats… A la célébration de la résurrection de Jésus s’ajoute la mémoire du septième jour de la création au cours duquel Dieu « se reposa ». Chaque dimanche nous disons merci à Dieu pour sa création et pour la nouvelle création inaugurée le jour de Pâques avec la victoire de son Fils sur la mort. L’ignorance, la jalousie, la lâcheté et la méchanceté des hommes ont abouti au rejet du Messie. Celui que les hommes ont rejeté, Dieu l’a choisi pour être le roi de sa création nouvelle. C’est ce que le psaume prophétisait déjà : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ; c’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille devant nos yeux ». Si Jésus est la pierre angulaire du temple nouveau que Dieu construit à partir du jour de Pâques, nous sommes, nous ses disciples, les pierres vivantes de l’Eglise. A la merveille de la résurrection, Dieu en ajoute une autre : celle du sacrement de baptême par lequel nous participons à la mort et à la résurrection du Christ. En ce dimanche de Pâques nous aurons la joie de célébrer six baptêmes d’enfants. Le baptême comme tous les sacrements de l’Eglise implique notre foi en Jésus mort et ressuscité : « tout homme qui croit en Jésus reçoit par lui le pardon de ses péchés ». Dans quelques instants la puissance de la résurrection de Jésus, la puissance de son amour divin, va sanctifier à travers le signe de l’eau Mahuna, Sewlan, Yaëlle, Grâce, Happy et Victoire. Dans la deuxième lecture, saint Paul nous décrit les effets du sacrement de baptême dans la vie des chrétiens : « Vous êtes ressuscités avec le Christ… Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire ». A quatre reprises Paul utilise le mot « avec » pour caractériser la vie chrétienne. Etre chrétien, c’est donc vivre chaque jour avec le Christ. Le baptême est un commencement, le cadeau de Dieu par lequel vous allez devenir les amis de Jésus et les membres de son Eglise. Yaëlle, Grâce, Happy et Victoire cette vie de Dieu que vous allez recevoir par le baptême sera nourrie et fortifiée dimanche après dimanche par votre participation à l’eucharistie. En ce jour de la résurrection du Seigneur, Dieu notre Père va vous purifier par l’eau du baptême, vous rendre saints et saintes, et vous nourrir en vous permettant de communier au corps de son Fils pour la première fois. Soyez donc dans la joie pour cette vie avec le Christ qui commence pour vous en ce jour. Du fond de votre cœur, dites merci à Jésus qui se donne à vous aujourd’hui dans le sacrement de l’eucharistie et dans l’immense don du pain de vie. Enfin n’oubliez jamais en tant que baptisés l’importance de la prière quotidienne par laquelle vous pourrez faire l’expérience de l’amitié de Jésus pour vous et reconnaître dans la foi sa présence dans votre vie et en vous.