3ème dimanche de Pâques / B
26/04/09
Luc 24, 35-48 (p. 537)
Par sa Passion, sa mort et sa résurrection, Jésus-Christ accomplit toutes les Ecritures. C’est ainsi que nous pourrions résumer le message théologique de l’Evangile et de la première lecture.
Au chapitre 24 de son Evangile, saint Luc nous présente à deux reprises Jésus comme l’exégète des Ecritures de l’Ancienne Alliance, c’est-à-dire comme Celui qui en donne la juste et véritable interprétation. Avant le passage évangélique de ce dimanche, nous avons le récit des disciples d’Emmaüs, comme nous le rappelle l’introduction de ce même passage. Souvenons-nous de ce que le Ressuscité avait dit, chemin faisant, aux deux disciples déçus et découragés : « Hommes sans intelligence, cœurs lents à croire ce qu’ont dit les prophètes ! Le Messie ne devait-il pas souffrir pour entrer dans sa gloire ? Et il leur fit l’interprétation de ce qui le concernait dans toutes les Ecritures, en commençant par Moïse et ensuite tous les prophètes. » Et c’est exactement la même leçon que le Ressuscité donne aux Apôtres dans notre Evangile : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures. Il conclut : c’est bien ce qui était annoncé par l’Ecriture… » Le message du Ressuscité nous aide, nous aussi, à mieux entrer dans le mystère de la Bible comme révélation progressive de Dieu et de son amour envers nous. Tout ce que nous nommons l’Ancien Testament n’a de sens qu’à la lumière du mystère de Pâques. Ou pour le dire autrement les Ecritures témoignent de l’attente du Messie. Elles sont orientées vers le Christ. Et c’est lui, et lui seul, qui leur donne leur portée et leur valeur définitive. C’est cela « accomplir les Ecritures », les mener à leur terme et leur perfection. Et nous savons que la perfection de la Loi, c’est l’amour. Le Ressuscité montre dans son enseignement que sa Passion, sa mort et sa résurrection étaient du point de vue des Ecritures une nécessité : Il fallait que… Ce n’est pas seulement le hasard des circonstances qui a conduit Jésus à mourir comme un criminel sur le bois de la Croix, mais bien un dessein de salut et de révélation de la part de Dieu. Dans l’Ancien Testament, nous le savons si nous l’avons un peu fréquenté, des pages sublimes côtoient des passages barbares, des événements et des enseignements qui nous semblent indignes de Dieu et de l’homme, sans parler de certaines incohérences ou contradictions. Seule la notion d’accomplissement par le Christ nous permet de comprendre qu’il s’agit en fait d’une pédagogie divine. Je laisse sur ce point la parole à Maurice Zundel qui a beaucoup réfléchi à l’articulation entre les Ecritures de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance : « C’est dans cette lumière christique qu’il est absolument nécessaire de relire la Bible. D’ailleurs, la Bible est un sacrement. Ce n’est pas un livre, c’est quelqu’un. Et l’Imitation le dit d’une manière admirable lorsqu’elle parle du banquet eucharistique et du banquet des Ecritures car, dans l’un et l’autre, on reçoit le Verbe de Dieu qui est Jésus. Le véritable sens des Ecritures, c’est Jésus. Et ce livre est une personne, et il faut le lire comme la confidence d’une mère qui raconte comment elle s’est adaptée à des barbares, à des sauvages, à des primitifs, comment elle s’est adaptée à des progressants, puis qui allait plus loin, à des êtres qui commençaient à aimer, qui allait plus loin encore, jusqu’à ce qu’enfin éclate la pleine lumière, le plein midi de la vérité dans l’humanité de Notre Seigneur. »
Je conclurai avec la première lecture qui est un enseignement de Pierre dans les Actes des Apôtres. Remarquez comment Pierre reprend l’enseignement du Ressuscité sur l’accomplissement des Ecritures : « Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa Parole. » Si le chef des Apôtres est sévère envers ses auditeurs (vous l’avez livré, rejeté, tué), il leur trouve aussi des circonstances atténuantes : « Je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance. » Et Paul dira la même chose aux Corinthiens : « S’ils avaient connu la Sagesse, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire. » Pierre, à la suite de Jésus, fait donc un bilan de la dramatique histoire du salut et de son accomplissement dans la Pâque du Seigneur. Même si nous avons du mal à le comprendre avec notre raison, tout cela devait arriver. C’est bien la folie de la Croix dont il s’agit ici. L’apôtre Pierre, constitué témoin par son Maître, n’en reste pas là. Il tire de tous ces événements une conclusion, la même que celle que nous trouvons dans la bouche du Ressuscité lui-même : « Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. » Cette longue, progressive, et dramatique histoire de l’Alliance entre Dieu et les hommes, ne nous condamne pas. Elle nous ouvre au contraire à l’espérance chrétienne. Il n’est pas de cœur aussi endurci soit-il qui n’ait la possibilité réelle de changer. Alors ne désespérons jamais de nous-mêmes, car, avec la grâce de l’Esprit, nous pouvons toujours progresser dans la sainteté !
Il s'agit tout simplement de partager par le biais du web les homélies que je compose et prononce pour les catholiques de mes paroisses chaque dimanche et jour de fête.
dimanche 26 avril 2009
jeudi 23 avril 2009
Deuxième dimanche de Pâques
2ème dimanche de Pâques / B (de la divine miséricorde)
19/04/09
Jean 20, 19-31 (p. 487)
En nous proposant ce passage du chapitre 20 de saint Jean, l’Eglise veut nous faire revivre la semaine pascale avec les Apôtres. Ce dimanche marque en effet la fin de l’octave de Pâques et c’est huit jours après Pâques que Jésus ressuscité se manifeste à Thomas. Avec la deuxième lecture, l’Evangile de cette messe nous invite à une réflexion sur notre foi chrétienne. Et la première conclusion que Jean donne à son Evangile est très claire : ces signes « y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom. » Si Jean écrit son Evangile, c’est bien pour amener le lecteur à la foi en Jésus Seigneur, et lui permettre ainsi d’obtenir la vie éternelle.
Voyons dans un premier temps comment les 11 apôtres ont vécu la semaine qui a suivi Pâques. Le soir de la résurrection, la situation spirituelle de ces hommes n’est guère brillante… Ils « avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. » Pourtant Pierre et Jean avaient vu le tombeau vide, les apôtres avaient reçu le témoignage de Marie-Madeleine… Les disciples ont donc vécu la semaine pascale dans la peur, enfermés chez eux. Certes en voyant le Seigneur ressuscité qui se manifeste à eux ils sont remplis de joie. Mais cette joie ne fait pas encore disparaître la peur de leur cœur… La preuve en est que 8 jours plus tard ils semblent se trouver dans la même situation, les portes demeurant verrouillées… Le soir de Pâques ces hommes vont vivre grâce à Jésus ce que l’on pourrait appeler « une Pentecôte privée » ou anticipée. Puisque Jésus le Vivant, en soufflant sur eux, va leur communiquer l’Esprit Saint en vue de leur mission. Si l’Esprit de Jésus leur donne le pouvoir de pardonner les péchés au nom de Dieu, s’Il fait d’eux des serviteurs de la miséricorde divine, il n’enlève pas encore la peur de leur cœur. Certainement parce qu’ils ne sont pas prêts, parce qu’ils manquent de foi, et qu’ils opposent bien des résistances au don de Dieu. Il leur faudra encore vivre l’Ascension et la Pentecôte de la première Eglise pour être enfin délivrés de cette peur et entrer pleinement dans la joie de Pâques !
C’est en méditant sur cette peur des apôtres pendant la semaine pascale que nous sommes ramenés à l’importance de la foi et à la deuxième lecture. Le même saint Jean dit aux chrétiens que les commandements de Dieu « ne sont pas un fardeau. » Et il en donne la raison. Le baptisé passe du régime de l’Ancienne Alliance à la Loi de la grâce et de la miséricorde. Jésus n’avait pas hésité à critiquer durement les maîtres de la Loi et les pharisiens, les hommes religieux de son temps. Pourquoi ? Parce qu’ils « préparent de lourdes charges (des fardeaux), et ils vous les mettent sur les épaules ; mais eux-mêmes ne bougeraient pas un doigt pour les remuer. » La miséricorde de Jésus s’oppose clairement à la dureté et à l’hypocrisie de ces hommes religieux. Lui, n’est pas venu pour nous accabler avec le fardeau des commandements. Il nous lance au contraire un appel débordant d’amour et de compréhension vis-à-vis de notre humaine faiblesse : « Venez à moi, vous tous qui peinez, qui êtes surchargés, et je vous donnerai le repos… Mon joug est aisé et ma charge légère. » Oui, les commandements ne sont plus pour nous un fardeau car nous avons en Jésus un Maître au cœur doux et humble. Et parce que nous sommes vainqueurs du monde en tant que baptisés. Ce qui dans le langage de Jean signifie vainqueurs du mal et de tout ce qui avilit et défigure l’homme en tant que créature de Dieu appelée à entrer dans la gloire. Mais comment avons-nous donc vaincu le mal ? Par notre foi en Jésus Fils de Dieu, répond Jean. En ce temps de Pâques reprenons conscience de la force que représente notre attachement au Christ Ressuscité par la foi. C’est bien cette foi en Jésus Sauveur qui nous délivre de la peur et de la paralysie qu’elle engendre, c’est bien cette foi qui nous permet d’accueillir en plénitude la joie et la paix du Ressuscité. Enfin c’est encore par cette même foi pascale que les commandements ne sont plus pour nous un fardeau mais bien un chemin de vie, d’accomplissement et d’espérance.
Dans une très belle méditation intitulée « la seconde naissance ou la victoire sur la mort », Maurice Zundel affirme : « La question n’est pas de savoir si l’on est vivant après la mort, mais si l’on est vivant avant la mort ». Et il explique : « La vraie question c’est d’être un vivant avant la mort. Il est bien vrai qu’on n’entre pas dans le Ciel comme s’il s’agissait d’aller quelque part. Il faut devenir le Ciel, il faut le devenir. Il faut devenir la Vie éternelle, il faut la devenir dans tout son être… Le chrétien est quelqu’un qui sait que sa vocation est de vaincre la mort, aujourd’hui et tous les jours de sa vie, jusqu’à ce qu’enfin il fasse de sa mort elle-même un acte de vie ! »
Dans une foi renouvelée demandons à l’Esprit de Jésus de faire de chacun de nous un Vivant, un vainqueur du mal, en mettant nos pas dans ceux du Vivant !
19/04/09
Jean 20, 19-31 (p. 487)
En nous proposant ce passage du chapitre 20 de saint Jean, l’Eglise veut nous faire revivre la semaine pascale avec les Apôtres. Ce dimanche marque en effet la fin de l’octave de Pâques et c’est huit jours après Pâques que Jésus ressuscité se manifeste à Thomas. Avec la deuxième lecture, l’Evangile de cette messe nous invite à une réflexion sur notre foi chrétienne. Et la première conclusion que Jean donne à son Evangile est très claire : ces signes « y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom. » Si Jean écrit son Evangile, c’est bien pour amener le lecteur à la foi en Jésus Seigneur, et lui permettre ainsi d’obtenir la vie éternelle.
Voyons dans un premier temps comment les 11 apôtres ont vécu la semaine qui a suivi Pâques. Le soir de la résurrection, la situation spirituelle de ces hommes n’est guère brillante… Ils « avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. » Pourtant Pierre et Jean avaient vu le tombeau vide, les apôtres avaient reçu le témoignage de Marie-Madeleine… Les disciples ont donc vécu la semaine pascale dans la peur, enfermés chez eux. Certes en voyant le Seigneur ressuscité qui se manifeste à eux ils sont remplis de joie. Mais cette joie ne fait pas encore disparaître la peur de leur cœur… La preuve en est que 8 jours plus tard ils semblent se trouver dans la même situation, les portes demeurant verrouillées… Le soir de Pâques ces hommes vont vivre grâce à Jésus ce que l’on pourrait appeler « une Pentecôte privée » ou anticipée. Puisque Jésus le Vivant, en soufflant sur eux, va leur communiquer l’Esprit Saint en vue de leur mission. Si l’Esprit de Jésus leur donne le pouvoir de pardonner les péchés au nom de Dieu, s’Il fait d’eux des serviteurs de la miséricorde divine, il n’enlève pas encore la peur de leur cœur. Certainement parce qu’ils ne sont pas prêts, parce qu’ils manquent de foi, et qu’ils opposent bien des résistances au don de Dieu. Il leur faudra encore vivre l’Ascension et la Pentecôte de la première Eglise pour être enfin délivrés de cette peur et entrer pleinement dans la joie de Pâques !
C’est en méditant sur cette peur des apôtres pendant la semaine pascale que nous sommes ramenés à l’importance de la foi et à la deuxième lecture. Le même saint Jean dit aux chrétiens que les commandements de Dieu « ne sont pas un fardeau. » Et il en donne la raison. Le baptisé passe du régime de l’Ancienne Alliance à la Loi de la grâce et de la miséricorde. Jésus n’avait pas hésité à critiquer durement les maîtres de la Loi et les pharisiens, les hommes religieux de son temps. Pourquoi ? Parce qu’ils « préparent de lourdes charges (des fardeaux), et ils vous les mettent sur les épaules ; mais eux-mêmes ne bougeraient pas un doigt pour les remuer. » La miséricorde de Jésus s’oppose clairement à la dureté et à l’hypocrisie de ces hommes religieux. Lui, n’est pas venu pour nous accabler avec le fardeau des commandements. Il nous lance au contraire un appel débordant d’amour et de compréhension vis-à-vis de notre humaine faiblesse : « Venez à moi, vous tous qui peinez, qui êtes surchargés, et je vous donnerai le repos… Mon joug est aisé et ma charge légère. » Oui, les commandements ne sont plus pour nous un fardeau car nous avons en Jésus un Maître au cœur doux et humble. Et parce que nous sommes vainqueurs du monde en tant que baptisés. Ce qui dans le langage de Jean signifie vainqueurs du mal et de tout ce qui avilit et défigure l’homme en tant que créature de Dieu appelée à entrer dans la gloire. Mais comment avons-nous donc vaincu le mal ? Par notre foi en Jésus Fils de Dieu, répond Jean. En ce temps de Pâques reprenons conscience de la force que représente notre attachement au Christ Ressuscité par la foi. C’est bien cette foi en Jésus Sauveur qui nous délivre de la peur et de la paralysie qu’elle engendre, c’est bien cette foi qui nous permet d’accueillir en plénitude la joie et la paix du Ressuscité. Enfin c’est encore par cette même foi pascale que les commandements ne sont plus pour nous un fardeau mais bien un chemin de vie, d’accomplissement et d’espérance.
Dans une très belle méditation intitulée « la seconde naissance ou la victoire sur la mort », Maurice Zundel affirme : « La question n’est pas de savoir si l’on est vivant après la mort, mais si l’on est vivant avant la mort ». Et il explique : « La vraie question c’est d’être un vivant avant la mort. Il est bien vrai qu’on n’entre pas dans le Ciel comme s’il s’agissait d’aller quelque part. Il faut devenir le Ciel, il faut le devenir. Il faut devenir la Vie éternelle, il faut la devenir dans tout son être… Le chrétien est quelqu’un qui sait que sa vocation est de vaincre la mort, aujourd’hui et tous les jours de sa vie, jusqu’à ce qu’enfin il fasse de sa mort elle-même un acte de vie ! »
Dans une foi renouvelée demandons à l’Esprit de Jésus de faire de chacun de nous un Vivant, un vainqueur du mal, en mettant nos pas dans ceux du Vivant !
dimanche 29 mars 2009
5ème dimanche de Carême / Année Saint Paul
5ème dimanche de Carême / Année Saint Paul
29 mars 2009
Philippiens 3, 8-14 (année C / p. 234)
Nous terminons en ce dimanche notre parcours de Carême avec saint Paul en lisant et en méditant un extrait de sa lettre aux Philippiens (deuxième lecture de l’année C). Les biblistes situent la rédaction de cette lettre en 56 au moment où l’apôtre était emprisonné à Ephèse. Ce passage du chapitre 3 de sa lettre aux chrétiens de Philippes, ville de Macédoine située au nord de la Grèce, nous révèle un saint Paul passionné par le Christ. Et cette passion pour le Christ, l’apôtre la manifeste dans un contexte polémique, semblable à celui de la lettre aux Galates. Il nous suffit pour nous en rendre compte d’entendre l’avertissement qui se trouve au début du chapitre 3 : « Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde au groupe des circoncis ! La circoncision, c’est nous qui l’avons, puisque nous servons Dieu en esprit et nous nous appuyons sur le Christ et non sur des sécurités humaines. » Paul adopte un ton sévère à l’égard des judaïsants, ces chrétiens originaires du Judaïsme qui veulent imposer aux païens la loi de Moïse et la circoncision. C’est au sein de cette polémique que l’apôtre expose trois thèmes principaux aux chrétiens de Philippes, et cela à partir de son expérience personnelle. Cet enseignement a en effet un ton très personnel et Paul s’engage tout entier dans ce qu’il affirme avec tant de passion depuis sa prison.
Le premier enseignement concerne « la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur ». Pour l’apôtre il s’agit du bien qui dépasse tout, du seul avantage. Notons bien cette formule très personnelle : le Christ Jésus, mon Seigneur. Si Paul a renoncé à tous ses privilèges de bon Juif pharisien pratiquant, c’est pour connaître le Christ, pour communier dans sa vie à son mystère pascal. Cette connaissance n’est pas théorique. Tout d’abord parce que Saul a été saisi par le Christ Ressuscité sur le chemin de Damas. La passion de Paul pour son Seigneur est celle d’un converti, d’une personne qui a rencontré personnellement le Christ Vivant dans sa vie. Il s’agit véritablement d’un retournement, d’un bouleversement de perspectives, et c’est de cette conversion dont Paul témoigne ici. Sur le chemin de Damas sa vie de Juif zélé a été radicalement transformée. La connaissance du Christ par la foi, connaissance mystique, n’a en effet rien de théorique puisqu’il s’agit « d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion. » Saisi par le Christ, Paul se laisse habiter par son mystère pascal. Ce mystère devenu intérieur à nous-mêmes par le sacrement de baptême…
Le deuxième enseignement est une réponse directe aux manœuvres des judaïsants. Il concerne le salut par la foi en Jésus : « Cette justice ne vient pas de moi-même, - c’est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse – mais de la foi au Christ : c’est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi. » Paul a quitté son orgueil de bon Juif pratiquant pour accepter d’être sauvé par le Christ, et par lui seul. Il est un témoin privilégié du passage de l’ancienne Alliance à la nouvelle Alliance. Dans les paroles de la consécration du vin, le ministre du Seigneur dit : « Ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » Si la loi de Moïse a eu une valeur pédagogique, transitoire, la loi du Christ, elle, est éternelle et définitive.
Le troisième enseignement de Paul concerne le dynamisme de notre vie chrétienne. Si nous mettons vraiment notre foi dans le Christ, si nous accueillons en nous son mystère pascal, alors nous ne pouvons plus être les hommes du passé et du regard en arrière : « Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but. » Saint Paul compare notre vie chrétienne à une course, une course aimantée en quelque sorte par la présence du Christ ressuscité. Dans cette course seul compte le présent, l’aujourd’hui de Dieu, en tant qu’il nous fait avancer vers notre vocation ultime : la communion parfaite avec Dieu dans le Christ. Paul est pour nous un exemple significatif : il n’est pas arrivé au but, il ne se considère pas comme parfait. C’est cet état d’esprit intérieur qu’il met en valeur en comparant sa vie à une course. C’est aussi ce que le temps du Carême vient nous rappeler chaque année. Si nous étions parfaits, parvenus au but, le Carême serait inutile. La prière du mercredi des Cendres parle de notre entraînement au combat spirituel. Voilà une image qui correspond bien à celle de la course. Ce passage de la lettre de Paul aux Philippiens nous renvoie aussi à la prière du premier dimanche de Carême : « Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce Carême, de progresser dans la connaissance de Jésus Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle. » Alors que notre Carême touche à sa fin, Paul nous pose une question bien personnelle : Que cherches-tu dans ta vie, quel est ton but ? Et quelle place fais-tu au Christ ton Seigneur et unique Sauveur ?
29 mars 2009
Philippiens 3, 8-14 (année C / p. 234)
Nous terminons en ce dimanche notre parcours de Carême avec saint Paul en lisant et en méditant un extrait de sa lettre aux Philippiens (deuxième lecture de l’année C). Les biblistes situent la rédaction de cette lettre en 56 au moment où l’apôtre était emprisonné à Ephèse. Ce passage du chapitre 3 de sa lettre aux chrétiens de Philippes, ville de Macédoine située au nord de la Grèce, nous révèle un saint Paul passionné par le Christ. Et cette passion pour le Christ, l’apôtre la manifeste dans un contexte polémique, semblable à celui de la lettre aux Galates. Il nous suffit pour nous en rendre compte d’entendre l’avertissement qui se trouve au début du chapitre 3 : « Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde au groupe des circoncis ! La circoncision, c’est nous qui l’avons, puisque nous servons Dieu en esprit et nous nous appuyons sur le Christ et non sur des sécurités humaines. » Paul adopte un ton sévère à l’égard des judaïsants, ces chrétiens originaires du Judaïsme qui veulent imposer aux païens la loi de Moïse et la circoncision. C’est au sein de cette polémique que l’apôtre expose trois thèmes principaux aux chrétiens de Philippes, et cela à partir de son expérience personnelle. Cet enseignement a en effet un ton très personnel et Paul s’engage tout entier dans ce qu’il affirme avec tant de passion depuis sa prison.
Le premier enseignement concerne « la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur ». Pour l’apôtre il s’agit du bien qui dépasse tout, du seul avantage. Notons bien cette formule très personnelle : le Christ Jésus, mon Seigneur. Si Paul a renoncé à tous ses privilèges de bon Juif pharisien pratiquant, c’est pour connaître le Christ, pour communier dans sa vie à son mystère pascal. Cette connaissance n’est pas théorique. Tout d’abord parce que Saul a été saisi par le Christ Ressuscité sur le chemin de Damas. La passion de Paul pour son Seigneur est celle d’un converti, d’une personne qui a rencontré personnellement le Christ Vivant dans sa vie. Il s’agit véritablement d’un retournement, d’un bouleversement de perspectives, et c’est de cette conversion dont Paul témoigne ici. Sur le chemin de Damas sa vie de Juif zélé a été radicalement transformée. La connaissance du Christ par la foi, connaissance mystique, n’a en effet rien de théorique puisqu’il s’agit « d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion. » Saisi par le Christ, Paul se laisse habiter par son mystère pascal. Ce mystère devenu intérieur à nous-mêmes par le sacrement de baptême…
Le deuxième enseignement est une réponse directe aux manœuvres des judaïsants. Il concerne le salut par la foi en Jésus : « Cette justice ne vient pas de moi-même, - c’est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse – mais de la foi au Christ : c’est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi. » Paul a quitté son orgueil de bon Juif pratiquant pour accepter d’être sauvé par le Christ, et par lui seul. Il est un témoin privilégié du passage de l’ancienne Alliance à la nouvelle Alliance. Dans les paroles de la consécration du vin, le ministre du Seigneur dit : « Ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » Si la loi de Moïse a eu une valeur pédagogique, transitoire, la loi du Christ, elle, est éternelle et définitive.
Le troisième enseignement de Paul concerne le dynamisme de notre vie chrétienne. Si nous mettons vraiment notre foi dans le Christ, si nous accueillons en nous son mystère pascal, alors nous ne pouvons plus être les hommes du passé et du regard en arrière : « Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but. » Saint Paul compare notre vie chrétienne à une course, une course aimantée en quelque sorte par la présence du Christ ressuscité. Dans cette course seul compte le présent, l’aujourd’hui de Dieu, en tant qu’il nous fait avancer vers notre vocation ultime : la communion parfaite avec Dieu dans le Christ. Paul est pour nous un exemple significatif : il n’est pas arrivé au but, il ne se considère pas comme parfait. C’est cet état d’esprit intérieur qu’il met en valeur en comparant sa vie à une course. C’est aussi ce que le temps du Carême vient nous rappeler chaque année. Si nous étions parfaits, parvenus au but, le Carême serait inutile. La prière du mercredi des Cendres parle de notre entraînement au combat spirituel. Voilà une image qui correspond bien à celle de la course. Ce passage de la lettre de Paul aux Philippiens nous renvoie aussi à la prière du premier dimanche de Carême : « Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce Carême, de progresser dans la connaissance de Jésus Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle. » Alors que notre Carême touche à sa fin, Paul nous pose une question bien personnelle : Que cherches-tu dans ta vie, quel est ton but ? Et quelle place fais-tu au Christ ton Seigneur et unique Sauveur ?
dimanche 22 mars 2009
4ème dimanche de Carême, année saint Paul
4ème dimanche de Carême / B
22/03/09
Année saint Paul / Ephésiens 2, 4-10 (p. 177)
Après les lettres aux Romains et aux Corinthiens, ce 4ème dimanche de Carême nous propose dans la deuxième lecture un passage de la lettre de saint Paul aux Ephésiens. Paul a probablement écrit cette lettre depuis Rome et il l’a adressée aux Eglises d’Asie mineure, une partie de l’actuelle Turquie. Plus qu’une lettre il s’agit ici d’un long exposé théologique sur le mystère du salut, une espèce d’encyclique paulinienne. Cela explique le style très dense et parfois difficile de notre deuxième lecture. L’apôtre s’adresse ici à des chrétiens issus du paganisme. Comme toujours nous devons remettre notre lecture dans son contexte plus large, celui du chapitre 2 de la lettre aux Ephésiens.
Notre passage est encadré par des considérations sur la vie de ces chrétiens avant leur conversion. Et Paul n’y va pas de main morte pour souligner le contraste entre la vie avant et après la conversion ! « Vous étiez des morts par suite de vos fautes et de vos péchés », c’est le début du chapitre 2. Et plus loin, après notre lecture : « Rappelez-vous que vous avez été païens… Vous étiez dans ce monde sans Dieu ni espérance. » Nous avons bien du mal à nous représenter cette réalité bouleversante du passage des païens à la vie chrétienne. Car pour la plupart d’entre nous nous sommes nés dans le christianisme et nous l’avons reçu comme une tradition familiale. Celui qui choisit la foi chrétienne enfant, adolescent, ou adulte perçoit mieux la portée des propos de saint Paul.
L’apôtre a donc planté le décor : vous étiez païens, séparés du peuple Juif, mais Dieu est riche en miséricorde ! Paul ne médite pas de manière théorique sur le salut offert par Dieu. Il en parle à partir des faits : la conversion des païens au Christ. Et s’il expose sa doctrine du salut par la grâce et par la foi, c’est parce qu’il est inquiet. Il semblerait bien que ces chrétiens d’Asie Mineure soient quelque peu tombés dans la tentation qui menace tous les hommes religieux : celle de se considérer supérieurs aux autres, meilleurs qu’eux… D’où la réflexion : « Cela ne vient pas de vos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil. » La traduction liturgique est inexacte. Mieux vaut comprendre avec la Bible Osty : « Cela ne vient pas des œuvres, pour que personne ne se vante. » Ce verset de la lettre aux Ephésiens nous ramène à un grand thème paulinien, celui du rapport entre la foi et les œuvres et aussi au chapitre premier de sa lettre aux Corinthiens. L’apôtre rappelle aux Corinthiens que le choix de Dieu se porte davantage sur les petits, les humbles, les sans-noms « afin qu’aucune créature n’aille se vanter devant Dieu. » Et Paul de conclure : « Celui qui se vante, qu’il se vante du Seigneur. » Bref le fidèle du Christ ne doit pas se regarder le nombril et se dire intérieurement : qu’est-ce que je suis bien ! Que mes œuvres sont bonnes et saintes ! Mais dans l’attitude d’humilité il porte son regard de foi sur l’unique Sauveur : Jésus crucifié. Il élève son cœur vers le Père des miséricordes dont Paul chante ici le grand amour et la bonté.
L’Apôtre le martèle à trois reprises : c’est par la grâce de Dieu que nous sommes sauvés ! Et il annonce dès le début de sa lettre ce choix divin : « C’est ainsi que Dieu nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde, pour être saints et irréprochables devant lui dans l’amour. » Le salut nous est donné gratuitement ainsi que notre vocation de fils de Dieu, que nous soyons Juifs ou païens. Et c’est cette vérité qui abat le mur séparant les Juifs des païens. Le Christ est notre paix, par sa croix, il a tué la haine. Et « par lui nous venons au Père, les uns et les autres, dans un même Esprit. » Dans le Christ il n’y a plus de privilège d’ancienneté. Par la foi nous sommes tous égaux. Nous sommes un seul homme nouveau. Et c’est dans le Christ que les chrétiens d’Asie mineure comme nous aujourd’hui sont appelés à se construire ensemble « pour être une demeure spirituelle de Dieu. » Notre appartenance au Christ ne nous permet pas de regarder les autres, ceux qui sont différents, avec mépris ou condescendance. Car nous ne méritons pas d’être chrétiens, cela vient du don de Dieu. Notre foi catholique ne nous enferme pas dans un complexe de supériorité mais au contraire elle nous rend humbles. Notre réponse à la grâce divine, à la volonté de salut de Dieu notre Père pour tous les hommes, c’est bien notre foi dans le Christ. Et le témoignage qui doit en découler. Alors qu’en est-il des œuvres, de la vie morale ? « C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus-Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre. » Pour Paul la vie morale et la fidélité aux commandements de Dieu sont la conséquence du salut par la grâce. Notre vie morale n’est donc pas la cause ou le motif de notre salut. Aux Galates il parle de « la foi agissant par l’amour ». Et si nous vivons vraiment en sauvés, alors nous vivons déjà en ressuscités ! « Avec le Christ, Dieu nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus. » Amen
22/03/09
Année saint Paul / Ephésiens 2, 4-10 (p. 177)
Après les lettres aux Romains et aux Corinthiens, ce 4ème dimanche de Carême nous propose dans la deuxième lecture un passage de la lettre de saint Paul aux Ephésiens. Paul a probablement écrit cette lettre depuis Rome et il l’a adressée aux Eglises d’Asie mineure, une partie de l’actuelle Turquie. Plus qu’une lettre il s’agit ici d’un long exposé théologique sur le mystère du salut, une espèce d’encyclique paulinienne. Cela explique le style très dense et parfois difficile de notre deuxième lecture. L’apôtre s’adresse ici à des chrétiens issus du paganisme. Comme toujours nous devons remettre notre lecture dans son contexte plus large, celui du chapitre 2 de la lettre aux Ephésiens.
Notre passage est encadré par des considérations sur la vie de ces chrétiens avant leur conversion. Et Paul n’y va pas de main morte pour souligner le contraste entre la vie avant et après la conversion ! « Vous étiez des morts par suite de vos fautes et de vos péchés », c’est le début du chapitre 2. Et plus loin, après notre lecture : « Rappelez-vous que vous avez été païens… Vous étiez dans ce monde sans Dieu ni espérance. » Nous avons bien du mal à nous représenter cette réalité bouleversante du passage des païens à la vie chrétienne. Car pour la plupart d’entre nous nous sommes nés dans le christianisme et nous l’avons reçu comme une tradition familiale. Celui qui choisit la foi chrétienne enfant, adolescent, ou adulte perçoit mieux la portée des propos de saint Paul.
L’apôtre a donc planté le décor : vous étiez païens, séparés du peuple Juif, mais Dieu est riche en miséricorde ! Paul ne médite pas de manière théorique sur le salut offert par Dieu. Il en parle à partir des faits : la conversion des païens au Christ. Et s’il expose sa doctrine du salut par la grâce et par la foi, c’est parce qu’il est inquiet. Il semblerait bien que ces chrétiens d’Asie Mineure soient quelque peu tombés dans la tentation qui menace tous les hommes religieux : celle de se considérer supérieurs aux autres, meilleurs qu’eux… D’où la réflexion : « Cela ne vient pas de vos actes, il n’y a pas à en tirer orgueil. » La traduction liturgique est inexacte. Mieux vaut comprendre avec la Bible Osty : « Cela ne vient pas des œuvres, pour que personne ne se vante. » Ce verset de la lettre aux Ephésiens nous ramène à un grand thème paulinien, celui du rapport entre la foi et les œuvres et aussi au chapitre premier de sa lettre aux Corinthiens. L’apôtre rappelle aux Corinthiens que le choix de Dieu se porte davantage sur les petits, les humbles, les sans-noms « afin qu’aucune créature n’aille se vanter devant Dieu. » Et Paul de conclure : « Celui qui se vante, qu’il se vante du Seigneur. » Bref le fidèle du Christ ne doit pas se regarder le nombril et se dire intérieurement : qu’est-ce que je suis bien ! Que mes œuvres sont bonnes et saintes ! Mais dans l’attitude d’humilité il porte son regard de foi sur l’unique Sauveur : Jésus crucifié. Il élève son cœur vers le Père des miséricordes dont Paul chante ici le grand amour et la bonté.
L’Apôtre le martèle à trois reprises : c’est par la grâce de Dieu que nous sommes sauvés ! Et il annonce dès le début de sa lettre ce choix divin : « C’est ainsi que Dieu nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde, pour être saints et irréprochables devant lui dans l’amour. » Le salut nous est donné gratuitement ainsi que notre vocation de fils de Dieu, que nous soyons Juifs ou païens. Et c’est cette vérité qui abat le mur séparant les Juifs des païens. Le Christ est notre paix, par sa croix, il a tué la haine. Et « par lui nous venons au Père, les uns et les autres, dans un même Esprit. » Dans le Christ il n’y a plus de privilège d’ancienneté. Par la foi nous sommes tous égaux. Nous sommes un seul homme nouveau. Et c’est dans le Christ que les chrétiens d’Asie mineure comme nous aujourd’hui sont appelés à se construire ensemble « pour être une demeure spirituelle de Dieu. » Notre appartenance au Christ ne nous permet pas de regarder les autres, ceux qui sont différents, avec mépris ou condescendance. Car nous ne méritons pas d’être chrétiens, cela vient du don de Dieu. Notre foi catholique ne nous enferme pas dans un complexe de supériorité mais au contraire elle nous rend humbles. Notre réponse à la grâce divine, à la volonté de salut de Dieu notre Père pour tous les hommes, c’est bien notre foi dans le Christ. Et le témoignage qui doit en découler. Alors qu’en est-il des œuvres, de la vie morale ? « C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus-Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre. » Pour Paul la vie morale et la fidélité aux commandements de Dieu sont la conséquence du salut par la grâce. Notre vie morale n’est donc pas la cause ou le motif de notre salut. Aux Galates il parle de « la foi agissant par l’amour ». Et si nous vivons vraiment en sauvés, alors nous vivons déjà en ressuscités ! « Avec le Christ, Dieu nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus. » Amen
dimanche 8 mars 2009
2ème dimanche de Carême / année Saint Paul
2ème dimanche de Carême / B
8 mars 2009
Année saint Paul / Romains 8, 31b-34 (p.77)
Nous poursuivons notre cheminement de Carême avec saint Paul et nous restons dans sa lettre aux Romains avec la deuxième lecture de ce dimanche.
Ce bref passage est un extrait du chapitre 8 de la lettre aux Romains. Je vous invite tout au long de cette semaine à lire et à méditer ce chapitre 8. Avant de mettre en lumière certains aspects de notre deuxième lecture, il convient de la remettre dans son contexte. Je vous propose donc une méditation de ce chapitre 8.
Dans ce chapitre l’Apôtre Paul nous présente la vie chrétienne comme une vie dans l’Esprit Saint. Il nous introduit donc au vrai sens de la vie spirituelle. Notre vie spirituelle chrétienne est d’abord une expérience de libération : « Dans le Christ Jésus, écrit Paul, la loi de l’Esprit qui est vie t’a délivré de la loi du péché et de la mort. » Nous ne pouvons faire personnellement cette expérience de libération que dans la mesure où nous ressentons le besoin d’être sauvés. Le temps du Carême exige de nous une opération « vérité » : reconnaître humblement le fardeau de nos péchés, reconnaître que nous ne sommes pas arrivés au bout du chemin, et que par conséquent nous avons, nous aussi, besoin de nous remettre dans l’axe de l’Evangile, besoin de conversion. Si nous acceptons cette démarche spirituelle, alors il n’y a plus de condamnation pour nous. Paul dans ce chapitre nous appelle sans cesse à une grande confiance en Dieu. Il nous redit la dignité de notre condition chrétienne, la vérité sur laquelle nous devons fonder notre conversion permanente : « L’Esprit de Dieu habite en vous… Le Christ est en vous. » Alors si telle est notre vérité la plus profonde (ce n’est pas celle du péché), nous devons vivre selon ce que nous sommes, c’est-à-dire selon l’Esprit. Et s’il y a bien une lutte dans la vie chrétienne, c’est parce que nous sommes toujours tentés de revenir à une vie selon la chair : une vie simplement naturelle dans laquelle nous sommes livrés à nos instincts et à nos convoitises, une vie dans laquelle la part animale de nous-mêmes domine tout le reste. Il y a lutte car si nous sommes réellement sauvés, c’est encore en espérance : « Espérons donc sans voir, et nous l’aurons si nous persévérons. » Notre vie spirituelle est bien une vie dans la foi et l’espérance. Et Paul ne nie pas la faiblesse du chrétien, il la situe dans la dynamique de l’Esprit : « Nous sommes faibles mais l’Esprit vient à notre secours. » Paul nous dit : vous êtes fils et filles de Dieu ! Croyez donc à sa providence à votre égard ! Mettez en sa grâce toute votre confiance. Car « nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, ceux qu’il a choisis et appelés, Dieu se sert de tout pour leur bien. » D’où la merveilleuse certitude de l’Apôtre : « Finie la crainte : vous n’avez pas reçu un esprit d’esclaves mais un esprit de fils. »
C’est dans ce contexte que notre deuxième lecture prend tout son sens, même si, malheureusement elle est amputée de sa fin : « Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Qui pourra condamner ? » Ces interrogations de saint Paul et les réponses qu’il leur donne nous provoquent à une confiance inébranlable. Un chrétien ne peut plus avoir peur. Il ne vit pas avec une épée de Damoclès sur la tête, celle de sa condamnation. Il vit en sauvé. Et la suite, la fin du chapitre 8, est encore plus saisissante. L’Apôtre continue ses interrogations : « Qui nous enlèvera cet amour du Christ ? » Et il répond en nous livrant sa certitude la plus absolue : rien, pas même notre mort physique. Car « si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts, rendra aussi la vie à vos corps mortels, grâce à son Esprit qui habite en vous. » Le fondement de notre vie spirituelle, ce qui lui permet de grandir et de s’épanouir, c’est la vive conscience qu’avec le Christ nous sommes vainqueurs : « Au milieu de tout, nous restons les vainqueurs grâce à celui qui nous aime. » Pendant le Carême nous prenons conscience à nouveau de notre faiblesse non pas pour nous y attarder mais pour recevoir de Dieu le don d’une plus grande confiance en la puissance de son amour, le don d’un plus grand abandon en sa divine providence.
Je laisserai à saint Paul le soin de conclure cette méditation :
« Je sais que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les forces du monde, ni le présent, ni le futur, ni les puissances du ciel ou de l’enfer ou quelque autre créature ne peut nous priver de cet amour de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur. » Amen
8 mars 2009
Année saint Paul / Romains 8, 31b-34 (p.77)
Nous poursuivons notre cheminement de Carême avec saint Paul et nous restons dans sa lettre aux Romains avec la deuxième lecture de ce dimanche.
Ce bref passage est un extrait du chapitre 8 de la lettre aux Romains. Je vous invite tout au long de cette semaine à lire et à méditer ce chapitre 8. Avant de mettre en lumière certains aspects de notre deuxième lecture, il convient de la remettre dans son contexte. Je vous propose donc une méditation de ce chapitre 8.
Dans ce chapitre l’Apôtre Paul nous présente la vie chrétienne comme une vie dans l’Esprit Saint. Il nous introduit donc au vrai sens de la vie spirituelle. Notre vie spirituelle chrétienne est d’abord une expérience de libération : « Dans le Christ Jésus, écrit Paul, la loi de l’Esprit qui est vie t’a délivré de la loi du péché et de la mort. » Nous ne pouvons faire personnellement cette expérience de libération que dans la mesure où nous ressentons le besoin d’être sauvés. Le temps du Carême exige de nous une opération « vérité » : reconnaître humblement le fardeau de nos péchés, reconnaître que nous ne sommes pas arrivés au bout du chemin, et que par conséquent nous avons, nous aussi, besoin de nous remettre dans l’axe de l’Evangile, besoin de conversion. Si nous acceptons cette démarche spirituelle, alors il n’y a plus de condamnation pour nous. Paul dans ce chapitre nous appelle sans cesse à une grande confiance en Dieu. Il nous redit la dignité de notre condition chrétienne, la vérité sur laquelle nous devons fonder notre conversion permanente : « L’Esprit de Dieu habite en vous… Le Christ est en vous. » Alors si telle est notre vérité la plus profonde (ce n’est pas celle du péché), nous devons vivre selon ce que nous sommes, c’est-à-dire selon l’Esprit. Et s’il y a bien une lutte dans la vie chrétienne, c’est parce que nous sommes toujours tentés de revenir à une vie selon la chair : une vie simplement naturelle dans laquelle nous sommes livrés à nos instincts et à nos convoitises, une vie dans laquelle la part animale de nous-mêmes domine tout le reste. Il y a lutte car si nous sommes réellement sauvés, c’est encore en espérance : « Espérons donc sans voir, et nous l’aurons si nous persévérons. » Notre vie spirituelle est bien une vie dans la foi et l’espérance. Et Paul ne nie pas la faiblesse du chrétien, il la situe dans la dynamique de l’Esprit : « Nous sommes faibles mais l’Esprit vient à notre secours. » Paul nous dit : vous êtes fils et filles de Dieu ! Croyez donc à sa providence à votre égard ! Mettez en sa grâce toute votre confiance. Car « nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, ceux qu’il a choisis et appelés, Dieu se sert de tout pour leur bien. » D’où la merveilleuse certitude de l’Apôtre : « Finie la crainte : vous n’avez pas reçu un esprit d’esclaves mais un esprit de fils. »
C’est dans ce contexte que notre deuxième lecture prend tout son sens, même si, malheureusement elle est amputée de sa fin : « Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Qui pourra condamner ? » Ces interrogations de saint Paul et les réponses qu’il leur donne nous provoquent à une confiance inébranlable. Un chrétien ne peut plus avoir peur. Il ne vit pas avec une épée de Damoclès sur la tête, celle de sa condamnation. Il vit en sauvé. Et la suite, la fin du chapitre 8, est encore plus saisissante. L’Apôtre continue ses interrogations : « Qui nous enlèvera cet amour du Christ ? » Et il répond en nous livrant sa certitude la plus absolue : rien, pas même notre mort physique. Car « si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts, rendra aussi la vie à vos corps mortels, grâce à son Esprit qui habite en vous. » Le fondement de notre vie spirituelle, ce qui lui permet de grandir et de s’épanouir, c’est la vive conscience qu’avec le Christ nous sommes vainqueurs : « Au milieu de tout, nous restons les vainqueurs grâce à celui qui nous aime. » Pendant le Carême nous prenons conscience à nouveau de notre faiblesse non pas pour nous y attarder mais pour recevoir de Dieu le don d’une plus grande confiance en la puissance de son amour, le don d’un plus grand abandon en sa divine providence.
Je laisserai à saint Paul le soin de conclure cette méditation :
« Je sais que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les forces du monde, ni le présent, ni le futur, ni les puissances du ciel ou de l’enfer ou quelque autre créature ne peut nous priver de cet amour de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur. » Amen
dimanche 1 mars 2009
1er dimanche de Carême / année saint Paul
Premier dimanche de Carême
1er mars 2009
Année saint Paul, lecture de l’année C : Romains 10, 8-13 (p.40)
A l’occasion de l’année saint Paul, les prêtres et le diacre de votre paroisse ont décidé de prêcher, pendant le Carême, à partir de la deuxième lecture qui est généralement extraite des épîtres pauliniennes. La lecture de notre année liturgique (B) étant un passage de la première lettre de saint Pierre, je prêcherai sur la lecture de l’année C pour retrouver saint Paul.
Nous commençons donc notre cheminement de Carême en compagnie de saint Paul et cela avec un passage de sa lettre aux Romains, au chapitre 10. Avant de mettre en lumière pour vous certains aspects de la deuxième lecture, il est essentiel de la remettre dans son contexte. Saint Paul consacre les chapitres 9 à 11 de sa lettre aux Romains à une question qui l’intéresse au plus haut point et qui le touche profondément : la place et le rôle du peuple Juif dans le dessein du salut, dans le projet de Dieu pour notre humanité. Je vous invite à lire et à méditer ces chapitres tout au long de cette semaine. L’apôtre Paul est à la croisée des chemins. Il se présente comme Israélite, « de la race d’Abraham, de la tribu de Benjamin » et comme apôtre des « non-Juifs », donc des païens. Et c’est bien à des païens qu’il écrit dans cette lettre aux Romains. Paul médite sur un mystère qui est source pour lui de « souffrance continuelle » : la majorité des Juifs n’a pas cru en Jésus, ne l’a pas reconnu comme Messie. Comment expliquer le refus du Christ par le peuple Juif ? L’apôtre répond en abordant un thème central de sa lettre aux Romains : le rapport entre la foi et les œuvres. Les Juifs ont pensé trouver leur sainteté en accomplissant les œuvres de la loi de Moïse. C’est-à-dire qu’ils ont réduit l’amour pour Dieu à un effort moral personnel : « Ils ne savent pas comment Dieu nous fait justes et ils veulent établir leur propre perfection », écrit Paul. Dans le dessein mystérieux de Dieu, le refus des Juifs a entraîné la conversion des païens : « Grâce à leur chute, les nations païennes ont reçu le salut, et cela va être un défi pour eux ». Il y a donc eu un transfert de grâces entre le peuple élu et les païens. Mais ce n’est pas une raison pour mépriser le peuple élu. Les païens convertis aux Christ ne doivent pas tomber dans l’orgueil, encore moins dans l’antisémitisme : « Comment voudrais-tu te moquer ? Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte ». Nous trouvons ici l’image de la greffe des païens sur le bon olivier du judaïsme. Et c’est à partir de cette image que Paul conserve pour ses frères de race l’espérance du salut dans le Christ : « Une partie d’Israël restera dans son aveuglement jusqu’à ce que l’ensemble des nations soit entré, et à ce moment c’est Israël tout entier qui sera sauvé ». Paul espère donc en la conversion finale de son peuple au Christ. Encore une fois il y a eu un échange du salut entre le peuple qui porte les racines et le peuple greffé : « Alors que vous, païens, vous étiez loin de l’obéissance à Dieu, c’est leur désobéissance qui vous a obtenu la grâce. Eux aussi auront droit à sa miséricorde après cette désobéissance qui vous a valu la miséricorde. Ainsi Dieu nous fait tous passer par la désobéissance, afin de montrer à tous sa miséricorde. » Si les Juifs dans leur majorité ont rejeté le Christ, Dieu, lui, ne les a pas rejetés, car il est fidèle à ses promesses. La fin du chapitre 11 est une hymne à la sagesse de Dieu. Paul enseigne aux Romains que le mystère d’Israël renvoie au mystère de Dieu lui-même. Nous sommes incapables de saisir tous les chemins par lesquels sa Providence mène tous les hommes, Juifs et païens, au salut. Et cela uniquement par la grâce et la miséricorde, et non pas à cause des bonnes œuvres dont nous pourrions nous vanter.
En guise de conclusion, je ne pourrai mettre en valeur que très brièvement le contenu de notre deuxième lecture. Retenons, en ce début de Carême, trois points d’attention. La loi de Dieu nous est intérieure ; le salut vient de notre foi dans le Christ ; le salut donné par le Christ est universel. « La Parole est près de toi… », Paul cite ici le Deutéronome. Et nous pouvons illustrer cette citation par une autre, tirée du prophète Jérémie : « Je mettrai ma loi au-dedans d’eux et je l’écrirai sur leur cœur ; je serai leur Dieu, et eux seront mon peuple. » Le Carême est un temps privilégié pour nous permettre d’intérioriser le message de la foi, l’Evangile du Christ. Si nous posons des actes (prière, jeûne, partage), c’est pour mieux vivre de l’intérieur cette relation d’Alliance avec Dieu par le Christ. Car ce ne sont pas nos bonnes actions qui nous sauvent, mais bien notre relation avec le Christ mort et ressuscité pour nous. Et c’est notre 2ème point : la foi, unique source de notre salut. Et c’est par la foi que la différence entre Juifs et païens est abolie (3ème point). A tous Dieu veut faire miséricorde. Juifs comme païens ont à abandonner l’orgueil de l’homme qui croit pouvoir se sauver par lui-même. Juifs comme païens doivent dans l’humilité accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus et se reconnaître fils d’un même Père : Car « tout vient de Lui, tout arrive par Lui, tout va vers Lui. Gloire à Lui pour les siècles. Amen ! »
1er mars 2009
Année saint Paul, lecture de l’année C : Romains 10, 8-13 (p.40)
A l’occasion de l’année saint Paul, les prêtres et le diacre de votre paroisse ont décidé de prêcher, pendant le Carême, à partir de la deuxième lecture qui est généralement extraite des épîtres pauliniennes. La lecture de notre année liturgique (B) étant un passage de la première lettre de saint Pierre, je prêcherai sur la lecture de l’année C pour retrouver saint Paul.
Nous commençons donc notre cheminement de Carême en compagnie de saint Paul et cela avec un passage de sa lettre aux Romains, au chapitre 10. Avant de mettre en lumière pour vous certains aspects de la deuxième lecture, il est essentiel de la remettre dans son contexte. Saint Paul consacre les chapitres 9 à 11 de sa lettre aux Romains à une question qui l’intéresse au plus haut point et qui le touche profondément : la place et le rôle du peuple Juif dans le dessein du salut, dans le projet de Dieu pour notre humanité. Je vous invite à lire et à méditer ces chapitres tout au long de cette semaine. L’apôtre Paul est à la croisée des chemins. Il se présente comme Israélite, « de la race d’Abraham, de la tribu de Benjamin » et comme apôtre des « non-Juifs », donc des païens. Et c’est bien à des païens qu’il écrit dans cette lettre aux Romains. Paul médite sur un mystère qui est source pour lui de « souffrance continuelle » : la majorité des Juifs n’a pas cru en Jésus, ne l’a pas reconnu comme Messie. Comment expliquer le refus du Christ par le peuple Juif ? L’apôtre répond en abordant un thème central de sa lettre aux Romains : le rapport entre la foi et les œuvres. Les Juifs ont pensé trouver leur sainteté en accomplissant les œuvres de la loi de Moïse. C’est-à-dire qu’ils ont réduit l’amour pour Dieu à un effort moral personnel : « Ils ne savent pas comment Dieu nous fait justes et ils veulent établir leur propre perfection », écrit Paul. Dans le dessein mystérieux de Dieu, le refus des Juifs a entraîné la conversion des païens : « Grâce à leur chute, les nations païennes ont reçu le salut, et cela va être un défi pour eux ». Il y a donc eu un transfert de grâces entre le peuple élu et les païens. Mais ce n’est pas une raison pour mépriser le peuple élu. Les païens convertis aux Christ ne doivent pas tomber dans l’orgueil, encore moins dans l’antisémitisme : « Comment voudrais-tu te moquer ? Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte ». Nous trouvons ici l’image de la greffe des païens sur le bon olivier du judaïsme. Et c’est à partir de cette image que Paul conserve pour ses frères de race l’espérance du salut dans le Christ : « Une partie d’Israël restera dans son aveuglement jusqu’à ce que l’ensemble des nations soit entré, et à ce moment c’est Israël tout entier qui sera sauvé ». Paul espère donc en la conversion finale de son peuple au Christ. Encore une fois il y a eu un échange du salut entre le peuple qui porte les racines et le peuple greffé : « Alors que vous, païens, vous étiez loin de l’obéissance à Dieu, c’est leur désobéissance qui vous a obtenu la grâce. Eux aussi auront droit à sa miséricorde après cette désobéissance qui vous a valu la miséricorde. Ainsi Dieu nous fait tous passer par la désobéissance, afin de montrer à tous sa miséricorde. » Si les Juifs dans leur majorité ont rejeté le Christ, Dieu, lui, ne les a pas rejetés, car il est fidèle à ses promesses. La fin du chapitre 11 est une hymne à la sagesse de Dieu. Paul enseigne aux Romains que le mystère d’Israël renvoie au mystère de Dieu lui-même. Nous sommes incapables de saisir tous les chemins par lesquels sa Providence mène tous les hommes, Juifs et païens, au salut. Et cela uniquement par la grâce et la miséricorde, et non pas à cause des bonnes œuvres dont nous pourrions nous vanter.
En guise de conclusion, je ne pourrai mettre en valeur que très brièvement le contenu de notre deuxième lecture. Retenons, en ce début de Carême, trois points d’attention. La loi de Dieu nous est intérieure ; le salut vient de notre foi dans le Christ ; le salut donné par le Christ est universel. « La Parole est près de toi… », Paul cite ici le Deutéronome. Et nous pouvons illustrer cette citation par une autre, tirée du prophète Jérémie : « Je mettrai ma loi au-dedans d’eux et je l’écrirai sur leur cœur ; je serai leur Dieu, et eux seront mon peuple. » Le Carême est un temps privilégié pour nous permettre d’intérioriser le message de la foi, l’Evangile du Christ. Si nous posons des actes (prière, jeûne, partage), c’est pour mieux vivre de l’intérieur cette relation d’Alliance avec Dieu par le Christ. Car ce ne sont pas nos bonnes actions qui nous sauvent, mais bien notre relation avec le Christ mort et ressuscité pour nous. Et c’est notre 2ème point : la foi, unique source de notre salut. Et c’est par la foi que la différence entre Juifs et païens est abolie (3ème point). A tous Dieu veut faire miséricorde. Juifs comme païens ont à abandonner l’orgueil de l’homme qui croit pouvoir se sauver par lui-même. Juifs comme païens doivent dans l’humilité accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus et se reconnaître fils d’un même Père : Car « tout vient de Lui, tout arrive par Lui, tout va vers Lui. Gloire à Lui pour les siècles. Amen ! »
lundi 23 février 2009
Septième dimanche du temps ordinaire
7ème dimanche du TO/B
22/02/09
Marc 2, 1-12 (p.865)
Après la guérison du lépreux et un bref temps au désert, voilà que Jésus revient en ville, à Capharnaüm, dans la maison de Simon. Saint Marc nous montre à nouveau ce succès du Christ au commencement de son ministère public : sa personne attire les foules. La maison de Pierre est un peu l’image de la maison Eglise dans laquelle nous écoutons ensemble la parole de Jésus. Le Fils de Dieu est venu principalement pour annoncer au peuple la Parole de Dieu, l’Evangile. A la différence des prophètes qui l’ont précédé, il est lui-même cette Parole vivante et agissante. Il est lui-même cet Evangile qu’il annonce avec tant d’autorité.
Marc nous dépeint ensuite une scène étonnante : des hommes présentent à Jésus un paralytique en le faisant passer par le toit ! Car il est impossible d’entrer dans la maison de Pierre par la porte. Précisons que les toits des maisons d’Israël n’avaient pas grand-chose à voir avec ceux de nos maisons européennes du XXIème siècle ! Ces personnes, les porteurs et le paralytique lui-même attendent du Seigneur une guérison. Ils ont foi en la puissance surnaturelle de cet homme qui vient soulager les maux physiques de son peuple. Et le cœur de Jésus est vraiment touché par leur foi. Notre foi nous donne un pouvoir extraordinaire, celui de toucher précisément le cœur du Fils de Dieu. Nous oublions peut-être cette force que représente notre foi dans notre vie. Même si nous la jugeons faible et petite, notre foi est capable de « déplacer les montagnes » pour reprendre l’image de l’Evangile.
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Ce paralytique espérait recouvrir l’usage de ses membres, et voilà qu’il reçoit de la part du Seigneur l’absolution de ses péchés ! Il ne s’était pas fait présenter à Jésus dans ce but… Ce pardon inconditionnel accordé par le Christ a de quoi surprendre. L’homme handicapé n’a pas demandé pardon, n’a pas regretté ses péchés, et il est tout de même pardonné ! Ce n’est même pas sa foi qui a touché le cœur du Christ, mais bien celle de ceux qui l’ont porté pour le présenter à lui ! Ce paralytique représente bien l’homme pécheur qui, sans aucun mérite personnel préalable, est réconcilié avec Dieu par la seule volonté du Sauveur. Et c’est dans la maison Eglise et par l’intercession de ses frères que cet homme reçoit le pardon. Cet épisode met aussi en lumière le but de l’incarnation, le « pourquoi » de la présence du Fils de Dieu parmi nous : réconcilier l’humanité avec Dieu.
La réaction intérieure des scribes est compréhensible : l’acte posé par Jésus, pardonner les péchés, est totalement nouveau. Il y avait bien dans le culte des sacrifices offerts par les prêtres pour le pardon des péchés… Mais Jésus n’est pas prêtre selon la loi de Moïse, il n’offre pas en sacrifice un animal, et surtout il donne le pardon non pas au peuple en général mais à une personne en particulier, par une simple parole. Dans la lumière du mystère pascal, les premiers chrétiens comprendront bien sûr le sacerdoce du Christ et son sacrifice sur le bois de la Croix. En donnant le pardon, Jésus anticipe son sacrifice pascal. Face à cette réaction des scribes et à l’accusation de blasphème, Jésus révèle son identité divine en lisant les pensées secrètes des cœurs. Il a ce pouvoir. Et les scribes auraient dû comprendre, s’ils avaient été de bonne foi, que cet homme était bien plus qu’un prophète, bien plus que le Messie lui-même… Et voilà que dans sa miséricorde le Seigneur va leur donner un signe supplémentaire, celui de la guérison physique du paralytique. Comme souvent dans les Evangiles la guérison des corps est le signe de la guérison des âmes. Ici le signe va encore plus loin : « pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. » La finale que saint Matthieu donne à la guérison du paralytique nous ouvre à la dimension ecclésiale et sacramentelle de ce récit : « En voyant cela la foule fut saisi de crainte ; elle rendait gloire à Dieu pour avoir donné un tel pouvoir à des humains. » Dans la version de saint Matthieu le pouvoir de pardonner les péchés n’est pas vu seulement comme un pouvoir exclusif du Christ mais comme un pouvoir accordé désormais aux hommes. Et c’est bien ce pouvoir qui est transmis aux Apôtres par le Ressuscité en saint Jean : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous enlèverez les péchés, ils leur seront enlevés ; quand vous les maintiendrez, ils seront maintenus. » Les évêques et les prêtres reçoivent ce pouvoir merveilleux de pardonner les péchés au Nom de Dieu par le sacrement de l’Ordre, sacrement qui fait d’eux des ministres du Christ, seul et unique grand prêtre.
La guérison du paralytique nous invite donc à une double action de grâce : tout d’abord pour le don de la foi que nous avons reçu, ce don qui a le pouvoir de toucher le cœur de Dieu, et aussi pour le sacrement du pardon par lequel nous sommes réconciliés avec Dieu. Le temps du Carême, désormais tout proche, est pour nous l’occasion de redécouvrir avec joie la beauté du sacrement du pardon.
22/02/09
Marc 2, 1-12 (p.865)
Après la guérison du lépreux et un bref temps au désert, voilà que Jésus revient en ville, à Capharnaüm, dans la maison de Simon. Saint Marc nous montre à nouveau ce succès du Christ au commencement de son ministère public : sa personne attire les foules. La maison de Pierre est un peu l’image de la maison Eglise dans laquelle nous écoutons ensemble la parole de Jésus. Le Fils de Dieu est venu principalement pour annoncer au peuple la Parole de Dieu, l’Evangile. A la différence des prophètes qui l’ont précédé, il est lui-même cette Parole vivante et agissante. Il est lui-même cet Evangile qu’il annonce avec tant d’autorité.
Marc nous dépeint ensuite une scène étonnante : des hommes présentent à Jésus un paralytique en le faisant passer par le toit ! Car il est impossible d’entrer dans la maison de Pierre par la porte. Précisons que les toits des maisons d’Israël n’avaient pas grand-chose à voir avec ceux de nos maisons européennes du XXIème siècle ! Ces personnes, les porteurs et le paralytique lui-même attendent du Seigneur une guérison. Ils ont foi en la puissance surnaturelle de cet homme qui vient soulager les maux physiques de son peuple. Et le cœur de Jésus est vraiment touché par leur foi. Notre foi nous donne un pouvoir extraordinaire, celui de toucher précisément le cœur du Fils de Dieu. Nous oublions peut-être cette force que représente notre foi dans notre vie. Même si nous la jugeons faible et petite, notre foi est capable de « déplacer les montagnes » pour reprendre l’image de l’Evangile.
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés. » Ce paralytique espérait recouvrir l’usage de ses membres, et voilà qu’il reçoit de la part du Seigneur l’absolution de ses péchés ! Il ne s’était pas fait présenter à Jésus dans ce but… Ce pardon inconditionnel accordé par le Christ a de quoi surprendre. L’homme handicapé n’a pas demandé pardon, n’a pas regretté ses péchés, et il est tout de même pardonné ! Ce n’est même pas sa foi qui a touché le cœur du Christ, mais bien celle de ceux qui l’ont porté pour le présenter à lui ! Ce paralytique représente bien l’homme pécheur qui, sans aucun mérite personnel préalable, est réconcilié avec Dieu par la seule volonté du Sauveur. Et c’est dans la maison Eglise et par l’intercession de ses frères que cet homme reçoit le pardon. Cet épisode met aussi en lumière le but de l’incarnation, le « pourquoi » de la présence du Fils de Dieu parmi nous : réconcilier l’humanité avec Dieu.
La réaction intérieure des scribes est compréhensible : l’acte posé par Jésus, pardonner les péchés, est totalement nouveau. Il y avait bien dans le culte des sacrifices offerts par les prêtres pour le pardon des péchés… Mais Jésus n’est pas prêtre selon la loi de Moïse, il n’offre pas en sacrifice un animal, et surtout il donne le pardon non pas au peuple en général mais à une personne en particulier, par une simple parole. Dans la lumière du mystère pascal, les premiers chrétiens comprendront bien sûr le sacerdoce du Christ et son sacrifice sur le bois de la Croix. En donnant le pardon, Jésus anticipe son sacrifice pascal. Face à cette réaction des scribes et à l’accusation de blasphème, Jésus révèle son identité divine en lisant les pensées secrètes des cœurs. Il a ce pouvoir. Et les scribes auraient dû comprendre, s’ils avaient été de bonne foi, que cet homme était bien plus qu’un prophète, bien plus que le Messie lui-même… Et voilà que dans sa miséricorde le Seigneur va leur donner un signe supplémentaire, celui de la guérison physique du paralytique. Comme souvent dans les Evangiles la guérison des corps est le signe de la guérison des âmes. Ici le signe va encore plus loin : « pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. » La finale que saint Matthieu donne à la guérison du paralytique nous ouvre à la dimension ecclésiale et sacramentelle de ce récit : « En voyant cela la foule fut saisi de crainte ; elle rendait gloire à Dieu pour avoir donné un tel pouvoir à des humains. » Dans la version de saint Matthieu le pouvoir de pardonner les péchés n’est pas vu seulement comme un pouvoir exclusif du Christ mais comme un pouvoir accordé désormais aux hommes. Et c’est bien ce pouvoir qui est transmis aux Apôtres par le Ressuscité en saint Jean : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous enlèverez les péchés, ils leur seront enlevés ; quand vous les maintiendrez, ils seront maintenus. » Les évêques et les prêtres reçoivent ce pouvoir merveilleux de pardonner les péchés au Nom de Dieu par le sacrement de l’Ordre, sacrement qui fait d’eux des ministres du Christ, seul et unique grand prêtre.
La guérison du paralytique nous invite donc à une double action de grâce : tout d’abord pour le don de la foi que nous avons reçu, ce don qui a le pouvoir de toucher le cœur de Dieu, et aussi pour le sacrement du pardon par lequel nous sommes réconciliés avec Dieu. Le temps du Carême, désormais tout proche, est pour nous l’occasion de redécouvrir avec joie la beauté du sacrement du pardon.
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