vendredi 27 avril 2007

3ème dimanche de Pâques

3ème dimanche de Pâques / C
22 avril 07
Jean 21, 1-19 (page 546)

La page évangélique de ce dimanche est magnifique. Jean nous rapporte la troisième manifestation du Ressuscité à ses disciples : nous ne sommes pas à Jérusalem mais au bord du lac de Tibériade, bien plus au nord, en Galilée. Souvenons-nous du message adressé par un jeune homme aux saintes femmes dans le tombeau vide : « Allez dire à ses disciples, et à Pierre, qu’il vous précède en Galilée ; là vous le verrez comme il vous l’a dit. » Matthieu parle d’une montagne alors que Jean situe ces retrouvailles au bord du lac. Tout avait commencé en Galilée, la première prédication du Christ, l’appel des premiers disciples, et voilà que tout s’accomplit dans cette même province. L’évènement de la Résurrection n’efface pas l’histoire, ce qui a été vécu et partagé entre le Seigneur et ses disciples. La Pâque de Jésus accomplit au contraire tout leur compagnonnage avec le Christ. En Galilée le Ressuscité retrouve ses disciples pour un nouveau départ, pour une nouvelle aventure : celle de la foi et de la mission. A partir de l’Ascension il ne sera plus visible à leurs yeux de chair. Ce que les Evangiles synoptiques placent pendant la vie publique de Jésus, la pêche miraculeuse , Jean le situe après Pâque. Cette pêche surabondante permet à Jean de reconnaître cet homme qui les rejoint au bord du lac : « C’est le Seigneur ! » Jean est toujours le premier à croire, et il entraîne Pierre à sa suite. Ce dernier toujours aussi impulsif se jette à l’eau pour rejoindre le Seigneur à la nage. La suite du récit est touchante de simplicité et d’humanité : voilà Jésus qui invite ses apôtres à partager un repas. Nous savons bien qu’un corps entré dans la gloire comme celui du Ressuscité n’a plus besoin de nourriture pour vivre. Et pourtant Jésus se plie à ce rituel humain pour rejoindre ses disciples, sans paroles, mais en partageant avec eux, gratuitement, un moment de convivialité. « Aucun des disciples n’osait lui demander : ‘Qui es-tu ?’ Ils savaient que c’était le Seigneur. » La pêche miraculeuse et le repas au bord du lac ont permis chez eux la reconnaissance de la foi. La suite de l’Evangile va nous conduire de la profession de foi à la déclaration d’amour.
Ce dialogue entre le Seigneur et Simon, fils de Jean, est très beau. Ce que Matthieu plaçait pendant la vie publique de Jésus , Jean le situe, une fois encore, après le mystère pascal. Pour Matthieu c’est la foi de Pierre qui est importante. Pour Jean c’est son amour pour le Seigneur. Jésus Ressuscité donne véritablement à Simon-Pierre sa vocation, c’est-à-dire le sens de sa vie. S’il le fait en lui posant trois questions, ce n’est pas pour le culpabiliser en lui rappelant son triple manque de foi, son triple reniement. C’est plutôt pour lui signifier que sa mission de chef de l’Eglise ne repose pas sur ses mérites mais sur la miséricorde et le pardon de son Maître et Seigneur. C’est aussi pour permettre à Pierre de réparer par l’amour ce que le manque de foi avait brisé. Les trois questions ont l’air quasiment identiques.
Seule la première comporte la précision : « Plus que ceux-ci ». Ce qui signifie que dans l’Eglise la responsabilité et le ministère doivent aller de pair avec la ferveur de l’amour : ce qui compte avant toutes choses pour un apôtre c’est son attachement sincère au Christ. Le « plus que ceux-ci » n’est pas un appel à la comparaison avec les autres mais un appel à la perfection de l’amour. D’ailleurs Pierre le comprend bien. Il ne répond pas : « Je t’aime plus que tous les autres ». Ce qui serait de l’orgueil. Sa propre expérience lui a servi de leçon. Il se souvient avoir dit à Jésus, avant l’épreuve de la Passion : « Même si tous doutent de toi et chutent, moi non ! » L’humilité est indispensable pour exercer un service dans l’Eglise : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais ».
Ceux qui ont la chance de pouvoir lire notre Evangile dans le texte grec savent que le verbe « aimer » en français traduit des expressions différentes en grec. Pour les deux premières questions, Jésus utilise le verbe « aimer » dans le sens d’ « Agapè ». Il s’agit ici de l’amour divin, l’amour même de Dieu, qui est d’abord don, gratuité. Pierre, m’aimes-tu de cet amour divin ? Pierre est devenu humble, et il répond en disant : Je t’aime, Seigneur, d’un amour d’amitié (« Philia »). A cette humilité de Pierre, Jésus répond en se mettant à son niveau lors de sa troisième question : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes d’un amour d’amitié ? » Et Pierre renouvelle l’expression de son amour pour le Seigneur, certes imparfaite, mais sincère et forte.
La prophétie de Jésus sur la mort de son apôtre nous montre que cet amour proclamé au bord du lac ne cessera de grandir. En gouvernant la première Eglise selon l’Esprit du Ressuscité, Pierre grandira dans sa vie de foi, d’espérance et de charité. Le Seigneur s’était contenté de son amour d’amitié pour lui faire confiance, pour lui confier une très grande mission. A la fin, au moment du martyre, cet amour d’amitié sera pleinement un amour « Agapè ». En donnant sa vie pour la foi et pour l’Eglise, Pierre, l’humble pécheur du lac, imitera l’amour même du Christ. Non pas par ses forces humaines, mais par la grâce et la vie de Jésus ressuscité en lui.
Amen

lundi 16 avril 2007

Deuxième dimanche de Pâques

Deuxième dimanche de Pâques / C
15 avril 07 (page 494)
Jean 20, 19-31

Il est toujours enrichissant de lire et de méditer la Parole de Dieu dans son contexte. Ce qui implique de ne pas isoler le texte évangélique qui nous est proposé par la liturgie dominicale…
L’Evangile de ce dimanche appartient au chapitre 20 de l’Evangile selon saint Jean. Dimanche dernier, nous avons entendu le commencement de ce chapitre. Marie de Magdala se rend au tombeau à l’aube, et annonce aux apôtres Pierre et Jean son étrange découverte : la pierre qui fermait l’entrée du tombeau a été enlevée… Puis c’est la manifestation du Ressuscité à Marie Madeleine. C’est bien la pécheresse convertie, Marie Madeleine, qui est au centre du récit pascal du quatrième Evangile. De l’aube nous passons au crépuscule du même jour, puis une semaine plus tard avec la présence de Thomas. Il y a un contraste évident entre la situation du matin et celle du soir. Marie constate que la pierre qui fermait le tombeau a été enlevée… Jésus constate que ses apôtres se sont enfermés par peur des Juifs. Ils ont verrouillé les portes du lieu où ils se trouvaient. Le tombeau de Jésus est bel et bien vide, ouvert. Et voilà que ses apôtres s’enterrent en quelque sorte, emmurés par la peur. Le ressuscité est sorti vivant du tombeau ; ses disciples s’emmurent en refusant d’affronter la vie extérieure. Le matin, Jean voit et croit. Le signe du tombeau ouvert et des linges funéraires suffit à ouvrir son cœur à l’intelligence des Ecritures. Marie Madeleine est aussi une femme de foi. Et voilà que l’absence de Thomas va introduire l’incrédulité au sein du récit de Pâques. Huit jours plus tard, le ressuscité se manifeste à nouveau dans le « tombeau de ses apôtres », car les portes sont toujours verrouillées… Ils sont toujours dans la crainte malgré la manifestation du Ressuscité et le don de l’Esprit. Le Vivant revient pour son apôtre Thomas et se manifeste à lui dans sa miséricorde et dans sa délicatesse. Pour Jean le signe du tombeau vide et des linges suffisait. Pour Thomas il en faut davantage : lui veut voir et toucher avant de croire. « Cesse d’être incrédule, sois croyant » ; « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » : telles sont les paroles fortes qui résonnent dans la maison des apôtres, paralysés par la peur.
Et cela nous amène à lire cette page évangélique dans un contexte encore plus large. Remontons, dans le même Evangile, au chapitre 14. Les paroles du Christ sont, dans tout ce chapitre, un appel à la foi et à la confiance, une préparation au mystère pascal : « Que votre cœur ne se trouble pas : croyez en Dieu et croyez aussi en moi. […] Ne restez pas dans le trouble et dans la crainte. » Les apôtres semblent avoir tout oublié. Ils n’ont pas profité de cette préparation spirituelle que Jésus leur avait donnée avant sa Passion et sa mort en croix. Le Maître et Seigneur leur avait alors promis de ne pas les laisser orphelins, de leur envoyer l’Esprit Saint. Il leur avait même déjà donné, comme par avance, le don de Pâques pour que leurs coeurs ne se troublent pas dans le scandale de la Passion : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Vous avez appris ce que je vous ai dit, que je m’en vais et je reviens vers vous. »
Le soir de Pâques, le Seigneur renouvelle ce don merveilleux de la paix spirituelle : « La paix soit avec vous ! » En ce dimanche de la divine miséricorde, relevons comment le Seigneur associe au don de l’Esprit le pouvoir de remettre les péchés. Ce pouvoir spirituel est apostolique. Et la rémission des péchés semble être comme le premier fruit, le fruit essentiel, de la victoire de Pâques. Le ministère de la réconciliation est central dans la mission de l’Eglise. Satan nous trompe et nous met dans l’illusion : c’est lorsque tu pèches que tu es vraiment libre ! C’est lorsque tu te rends indépendant de Dieu, que tu exerces ta liberté ! L’enfermement des apôtres dans leur cénacle est probablement le signe de leur péché qui est d’abord un manque de confiance en Dieu, un manque de foi. S’ils avaient été vraiment libres, ils n’auraient pas eu peur des Juifs. C’est l’Esprit qui, peu à peu, va les éduquer dans cette liberté spirituelle. Elle ira pour la plupart d’entre eux jusqu’au martyre, manifestation suprême de la liberté chrétienne.
Je conclurai en revenant sur l’absence de Thomas, le soir de Pâques. On ne nous dit pas pourquoi il était absent. En tout cas il n’était pas enfermé avec ses frères dans la maison. C’est peut-être le signe que Thomas était le seul apôtre qui n’avait pas peur ! Il ne donne pas sa foi facilement, mais il est probablement plus courageux que les autres. Bref il n’a pas que des défauts. Thomas l’incrédule ne serait-il pas aussi Thomas l’audacieux ?
Dans le corps du Christ, nous sommes des membres différents les uns des autres. Dans le souffle de l’Esprit, essayons de voir toujours en premier ce qui ouvre un chemin de liberté. Rendons grâce, sans jalousie ni rivalité, pour les dons et les talents de nos frères dans la foi, pour la variété de ces mêmes dons ! Evitons d’enfermer, d’emmurer nos frères dans le tombeau de leurs défauts et de leurs péchés. Soyons miséricordieux comme Jésus est miséricordieux pour chacun d’entre nous. Respectons le rythme de nos frères, acceptons avec patience ce que nous considérons comme leurs lenteurs. Et surtout redisons au ressuscité notre acte de foi :
« Jésus, j’ai confiance en toi ! »
Amen

dimanche 8 avril 2007

Dimanche de Pâques

Pâques
8 avril 07 (page 433)
Jean 20, 1-9

« Et voici que Dieu a ressuscité Jésus le troisième jour. Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. » Nous venons d’entendre ces paroles de Pierre dans la première lecture. Cependant, pour la fête des fêtes, Pâques, l’Eglise n’a pas choisi comme Evangile une manifestation du Ressuscité à ses disciples… Chaque année nous entendons l’Evangile du tombeau ouvert et vide en saint Jean.
Alors que la nuit se transforme lentement en jour, Marie Madeleine se rend au tombeau. Contrairement aux Evangiles de Marc et de Luc, Jean ne nous dit pas le but de sa visite. Il est suivi sur ce point par Matthieu. Les deux autres évangélistes sont clairs. Ecoutons la version de Marc : « Une fois terminé le sabbat, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums afin d’embaumer le corps. » Dans le quatrième Evangile nous ne savons donc pas ce qui pousse Marie Madeleine à se rendre au tombeau de si bonne heure. A propos de Marie, relevons deux choses : c’est une femme et une ancienne pécheresse. Et c’est elle qui, la première, va constater que la grosse pierre qui ferme l’entrée du tombeau a été roulée : bref le tombeau est ouvert ! C’est curieux mais Jean ne nous dit pas que Marie a été voir l’intérieur du sépulcre. Elle retourne immédiatement en arrière pour annoncer la nouvelle à deux Apôtres : Pierre, et l’autre disciple, celui que Jésus aimait : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Marie parle de Jésus comme Seigneur, elle lui donne ainsi le titre divin. Elle n’annonce pas du tout la résurrection aux apôtres, elle parle tout simplement d’un enlèvement, d’un vol de cadavre.
Et voilà que Pierre et Jean se mettent, eux aussi, à courir, mais dans l’autre sens, pour constater ce que Marie vient de leur annoncer. Après le signe du tombeau ouvert, Jean, le plus rapide, découvre le signe des linges funéraires. Jean a couru plus vite certainement parce que son amour pour Jésus était le plus fort. Il est le disciple aimé du Seigneur. « Cependant il n’entre pas. » Il laisse la préséance à Pierre, celui que Jésus a choisi pour être le chef de son Eglise. Pierre, lui aussi, voit les linges, et c’est alors que l’autre disciple entre dans le sépulcre vide. Et là c’est comme un espèce d’éclair, une illumination subite : « Il vit et il crut. » Le signe du linceul ouvre à Jean l’univers de la foi en la Résurrection. Et à ce deuxième signe s’en ajoute un troisième, celui de l’Ecriture, selon laquelle « il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » En fait la Parole de Dieu était le premier signe, mais il a fallu les deux autres pour que tout s’illumine d’un seul coup. Si la résurrection du Seigneur est un objet de foi, j’y reviendrai, la Bible ne prend tout son sens que dans la foi au Seigneur Jésus. C’est ce que Paul affirme aux Corinthiens :
« Les pensées des Israélites se sont endurcies. Car jusqu’au jour d’aujourd’hui, lors de la lecture de l’ancienne Alliance, le même voile demeure sans qu’il y ait dévoilement, parce que c’est en Christ qu’il est aboli. Mais jusqu’à ce jour, chaque fois qu’on lit Moïse, un voile est posé sur leur cœur. C’est quand on se tourne vers le Seigneur que le voile est enlevé. »
Je conclurai en insistant sur le fait suivant : il n’y a pas de preuves et il n’y aura jamais de preuves de la Résurrection du Seigneur. L’Evangile de cette liturgie montre tous les signes que Dieu a destiné aux premiers témoins de Pâques : le tombeau vide, les linges funéraires soigneusement rangés, et la Sainte Ecriture elle-même. Au matin de Pâques, Marie, Pierre et Jean ne découvrent pas la plénitude de la vie ou une manifestation éclatante du Ressuscité. Ils découvrent plutôt une absence, un vide. Oui, le tombeau est bien vide, donc inutile. Jean, pour le moment, n’a pas vu le Seigneur ressuscité. Ce n’est qu’après que viendront les manifestations du ressuscité aux saintes femmes et aux apôtres. Il n’a vu que des signes, et pourtant il croit.
Nous aussi nous croyons en la résurrection du Seigneur, non pas comme en un simple symbole, mais comme en une réalité. Le crucifié, enseveli au tombeau, est vraiment ressuscité d’entre les morts par la puissance du Père et l’amour de l’Esprit. Pâques n’est pas une allégorie, un mythe ou une légende qui nous consolerait de notre condition mortelle et finie… Pâques est véritablement le centre et le pivot de notre histoire humaine. Jésus, le Vivant, se révèle à nous dans l’Apocalypse comme le commencement et la fin, l’Alpha et l’Oméga. Avec saint Paul, nous savons que si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre foi est vaine : c’est-à-dire inutile et vide. « Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus misérables de tous les hommes. » Oui, nous sommes bien à plaindre dans ce cas-là ! Nous n’avons plus les signes du tombeau ouvert et des linges. Notre foi de Pâques s’appuie donc sur un double témoignage : celui des Ecritures et celui des Apôtres, toujours vivant dans notre Eglise. Depuis 2000 ans, la foi pascale a véritablement déplacé des montagnes. L’histoire de l’Eglise est d’abord une histoire de sainteté, même si elle a traversé des zones d’ombre. Les saints sont les meilleurs témoins de la force du ressuscité à l’œuvre dans notre existence et dans l’histoire de notre humanité. Si vraiment nous croyons en Jésus ressuscité, alors nous pouvons être certains que Dieu fera des merveilles dans notre vie et pour la vie éternelle.
Amen

mercredi 4 avril 2007

Dimanche des rameaux et de la Passion

Dimanche des Rameaux et de la Passion / année C
Premier avril 2007 (page 302)

Cette année nous avons entendu le récit de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem dans la version qu’en donne saint Luc. Le troisième évangéliste est original à bien des égards. Lui se contente de parler des manteaux et ne mentionne pas les rameaux ! Avec saint Luc nous devrions donc parler du dimanche des Manteaux ou des vêtements pour suivre la traduction liturgique… Mais le plus important n’est pas là. Ecoutons plutôt la foule des disciples : « Déjà Jésus arrivait à la descente du mont des Oliviers, quand toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus : ‘Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux !’ » La louange des disciples nous rappelle le chant du Sanctus qui clôt la Préface et ouvre la Prière eucharistique. Mais comment ne pas penser ici au récit de la Nativité ? Le jour de l’entrée triomphale du Christ dans la ville sainte, les disciples reprennent presque mot à mot le chant des anges dans la nuit de la Nativité : « Gloire à Dieu dans les cieux, et sur la terre paix aux hommes, car il les prend en grâce » . Le contexte de la Nativité est aussi celui de la joie pour tout le peuple. De la nuit de Bethléem à l’entrée triomphale dans Jérusalem, la louange divine passe des anges à la foule des disciples… Car si eux se taisent, « les pierres crieront » ! La paix proclamée passe de la terre au ciel. Relevons le motif de cette louange divine : « pour tout les miracles qu’ils avaient vus ». Jean précise même que c’est à cause de la réanimation de Lazare que la foule acclame Jésus comme son Roi. Dans la deuxième lecture, ce magnifique passage de la lettre de Paul aux Philippiens, nous retrouvons ces réalités du ciel et de la terre : « C’est pourquoi Dieu a élevé Jésus au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : ‘Jésus Christ est le Seigneur’, pour la gloire de Dieu le Père. » Cet homme qui entre à Jérusalem sur un petit âne n’est pas seulement le Roi d’Israël, il est le Sauveur, il est le Fils de Dieu : vraiment homme et vraiment Dieu ! Le paradoxe est que pour comprendre cela il faudra l’abaissement volontaire de la Passion et de la mort en croix. Luc a une expression qui pourrait presque nous choquer à la fin de son récit de la Passion : « Et tous les gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine. » La Passion serait-elle un spectacle ? Les personnes qui étendaient leurs vêtements sur le chemin louaient Dieu dans la joie « pour tous les miracles qu’ils avaient vus ». Ils confessaient en Jésus leur Roi. Et si la Passion était le plus grand miracle du Christ ? Le plus spectaculaire, justement ? Celui de son abaissement volontaire, de sa victoire définitive sur le mal et notre péché… Un Dieu qui consent à mourir pour nous offrir la vie en abondance ! Ceux qui ont contemplé le spectacle de la Passion n’honorent pas Jésus en jetant leurs manteaux à terre. Ils l’honorent en se frappant la poitrine. Le spectacle de la Passion nous conduit en effet à nous reconnaître pécheurs, et à reconnaître dans cet homme humilié, torturé, mort, bien plus qu’un Roi : le Sauveur, le Seigneur !
Que cette liturgie des Rameaux et de la Passion nous introduise dans une connaissance toujours plus vraie et plus intérieure du Christ notre Sauveur ! Puissions-nous tomber à genoux et confesser la divinité du Christ ! Ne lui offrons pas des choses extérieures, des vêtements ou des rameaux : offrons-lui plutôt notre cœur brisé et contrit. Demandons-lui de changer notre coeur de pierre en un cœur de chair. Tout au long de cette grande semaine sainte, laissons jaillir au plus profond de nous-mêmes l’Amour divin, laissons toute la place à l’Esprit du Seigneur.
Amen

samedi 31 mars 2007

5ème dimanche de Carême

5ème dimanche de Carême / année C
25 mars 2007
Jean 8, 1-11 (page 232)

Dimanche dernier nous avons médité en saint Luc la parabole du fils prodigue. Pour ce cinquième dimanche de Carême, l’Eglise nous propose l’Evangile de la femme adultère en saint Jean. Ces deux Evangiles ont bien des points communs. Ils sont de magnifiques enseignements sur la miséricorde du Seigneur. Ils ont aussi le même cadre historique : la confrontation entre les scribes et les pharisiens d’une part, et Jésus de l’autre. Comme souvent dans les évangiles, les scribes et les pharisiens interrogent Jésus « pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. » Autant dire tout de suite qu’ils ne sont pas à la recherche de la vérité ! Alors ne nous étonnons pas, si aujourd’hui encore, l’Eglise et les chrétiens sont interrogés, entre autre par les media, pour être mis à l’épreuve… Rien de nouveau sous le soleil, dirait l’Ecclésiaste !
« Jésus s’était baissé, et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. » Voilà la première réponse du Seigneur : un silence éloquent ! Par ce geste il montre la distance qu’il prend par rapport à ses contradicteurs… Bref, il les ignore eux et leur question, non pas par mépris, mais parce qu’il connaît bien l’intention perverse de leur cœur.
Devant leur insistance, il se redresse et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. » Puis de nouveau il se baisse et se met à tracer des traits sur le sol. Cette réponse de Jésus n’en est pas vraiment une. Les scribes et les pharisiens attendaient un « oui » ou un « non » pour pouvoir l’accuser. Il ne répond ni « oui », ni « non ». Mais la réponse qu’il donne correspond en fait à un refus de la lapidation. Eux se réfèrent à la loi de Moïse pour pouvoir lapider la femme adultère. Le Seigneur les renvoie à leur conscience, au plus intime de leur coeur, à la loi intérieure inscrite par Dieu dans les cœurs. Il y a donc ce contraste fondamental entre la loi et la conscience, entre la loi extérieure et la loi intérieure. Jésus rappelle que la loi qui doit primer est la loi naturelle, c’est-à-dire la loi de la conscience. Et cette loi naturelle correspond plus ou moins aux dix commandements. Parmi ces commandements il y a bien sûr : « Tu ne commettras pas d’adultère », mais il y a aussi : « Tu ne tueras pas » ! On ne peut pas mettre sur le même plan les dix commandements et les développements de la loi tels qu’on les trouve dans le Lévitique et le Deutéronome. L’ordre de lapider les femmes adultères se trouve par exemple au chapitre 22 du Deutéronome. Il est intéressant de relever la motivation de cet homicide, licite du point de vue moral pour les Juifs de l’époque de Jésus : « C’est ainsi que tu ôteras le mal d’Israël. Ainsi tu ôteras le mal du milieu de toi . » La lapidation de la femme adultère était donc perçue comme une protection de la société contre le mal. Mais on oubliait qu’on ne peut pas supprimer le mal en commettant un autre mal : tuer. Et surtout cette loi qui nous semble bien barbare aujourd’hui identifiait le mal au pécheur. Comme si la femme adultère n’était qu’une pécheresse et rien d’autre… Comme si cette femme pouvait être réduite à l’adultère qu’elle vient de commettre… La magnifique réponse de Jésus met à mal cette vision primitive des choses et de la vie morale : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » Le Seigneur distingue la femme de son péché. Il condamne son péché sans la condamner elle. Voilà toute la différence entre les pharisiens accrochés à la loi extérieure et Jésus qui rappelle la dignité de tout homme, même du pécheur. Si Jésus refuse la lapidation de la femme, Lui qui est sans péché, c’est non seulement par miséricorde, c’est aussi parce qu’il espère en sa conversion. Si cette femme avait été tuée, comment aurait-elle pu se convertir et exprimer son repentir ? Saint Augustin a cette belle sentence : « Ils ne restèrent que deux : la misère et la miséricorde. »
En guise de conclusion, relevons un détail significatif. Les pharisiens appellent Jésus « Maître ». Lorsque la femme adultère s’adresse à Lui, elle lui dit « Seigneur ». C’est une manière pour saint Jean de souligner qu’elle est croyante malgré son péché. Cette femme croit que Jésus peut la sauver, alors que les pharisiens refusent précisément de croire en Jésus. Cette différence nous ramène à l’expérience de saint Paul dans la deuxième lecture :
« Cette justice ne vient pas de moi-même, - c’est-à-dire de mon obéissance à la loi de Moïse- mais de la foi au Christ : c’est la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi. »
Amen

jeudi 22 mars 2007

4ème dimanche de Carême

4ème dimanche de Carême / année C
18 mars 2007
Luc 15, 1-3 / 11-32 (page 182)

Qui ne connaît pas la parabole du fils prodigue ? Cette parabole résonne à l’oreille et au coeur de tout chrétien depuis ses années de catéchisme. A un tel point qu’elle fait partie des classiques de la Bible, bref c’est un texte incontournable. Cette parabole fait partie d’un ensemble plus vaste : le chapitre 15 de l’Evangile selon saint Luc. En ce quatrième dimanche de Carême, nous avons l’introduction au chapitre 15 et la parabole du fils prodigue. La liturgie nous fait sauter les deux autres paraboles de la miséricorde, plus courtes il est vrai : la brebis perdue et la pièce perdue.
En deux versets saint Luc campe le décor concret des paraboles de la miséricorde. Comme souvent, le Seigneur part d’un évènement concret pour donner son enseignement en paraboles. Nous avons d’un côté les publicains et les pécheurs qui vont vers Jésus pour l’écouter, et de l’autre, en opposition symétrique, les pharisiens et les scribes qui récriminent contre lui ! D’un côté nous avons donc ceux qui écoutent la parole de Jésus, et de l’autre ceux qui parlent contre lui, ceux qui médisent. D’un côté il y a le groupe des pécheurs qui adopte une attitude de disciple, de l’autre celui des maîtres religieux devenus incapables d’écouter sans juger. Quel est donc le problème ? Le Seigneur « fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! » Pour les maîtres religieux cette attitude est inadmissible, elle est proprement scandaleuse… Ils remettent en cause la pastorale de Jésus qui est une pastorale de l’accueil, de la bienveillance et du compagnonnage. Ne nous disons pas trop rapidement que nous ne sommes plus concernés par ce débat ! En lisant certains textes de saint Paul, on constate que l’Apôtre était plus proche des pharisiens et des scribes que de celui qu’il voulait servir, Jésus ! Je ne donnerai qu’un exemple significatif dans la deuxième lettre aux Corinthiens : « Pas d’alliance contre nature avec ceux qui ne croient pas. Peut-on associer le péché et la vie sainte ? Peut-on unir la lumière et les ténèbres ? Le Christ va-t-il parler comme Béliar et l’incroyant partager le sort de celui qui croit ? Voudriez-vous installer des idoles dans le temple de Dieu ? »
Le manichéisme de Paul ne semble pas être fidèle à l’attitude de Jésus telle que nous la connaissons par les Evangiles…
Au lieu de défendre son attitude par un discours argumenté, le Seigneur répond par trois paraboles, dont celle du fils prodigue ou des deux fils. Mon attitude vous scandalise ? Eh bien, c’est la preuve que vous ne connaissez pas le Dieu que vous prétendez servir. Car je ne suis qu’un pur reflet de la miséricorde du Père. Mon attitude vous révèle le cœur de ce Père dont je suis le Fils unique et bien aimé.
La parabole des deux fils remet en question le manichéisme qui est une tentation permanente des hommes religieux et zélés, et qui est souvent un signe de fanatisme religieux. Il n’y a pas d’un côté le mauvais fils, le plus jeune, et de l’autre le bon fils, l’aîné ! Le fils prodigue n’a pas que des défauts et le fils aîné n’a pas que des qualités !
Quel est le péché du fils prodigue ? Celui qui consiste à vouloir vivre de manière totalement indépendante vis-à-vis du Père. Il pèche en croyant qu’il sera plus heureux ailleurs, dans un autre monde que la maison de son père. Ce faisant il ne se rend pas compte que tout ce qu’il est, il le doit à son Père. S’il est libre de partir pour un pays lointain, c’est que le Père lui donne la liberté. S’il peut faire son voyage, c’est encore parce qu’il hérite du Père sa part de biens. La parabole illustre à merveille le mauvais usage que nous pouvons faire des dons de Dieu. Mais le fils prodigue n’est pas qu’un pécheur. Alors qu’il touche le fond de sa déchéance symbolisée par les porcs et la famine, ses qualités de coeur se révèlent au plein jour. Il est capable de se remettre en question : il réfléchit. Il est capable de faire marche arrière : il décide de retourner chez son père. Et surtout il a un coeur humble : il ne veut pas retourner chez son père en tant que fils. Il se considère indigne de garder ce rang de fils après sa faute : « Prends-moi comme l’un de tes ouvriers ». Phrase qu’il ne pourra même pas prononcer tant la miséricorde du Père est grande !
Quant à son frère aîné, il est l’image du fils fidèle, obéissant et travailleur. Lui aime bien vivre dans la dépendance de son père. Mais voilà que l’accueil festif réservé à son jeune frère va révéler son péché. Et ce péché est double : colère et jalousie, deux péchés capitaux. Le péché le plus grave vient après, dans ce reproche aigri qu’il adresse à son père venu à ses devants pour le sortir de sa bouderie et l’inviter à la fête : « Jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. » Pour moi, la réponse du père est l’un des sommets spirituels de cette parabole : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi et à toi. » Le père essaie de faire comprendre à son fils emporté par la jalousie que son plus grand bien c’est justement cette vie de communion avec son père. Le Père du ciel ne peut pas nous donner de plus grand bien que la vie de communion et d’amour avec lui. Le fils aîné connaît une tentation fréquente : préférer les dons de Dieu à Dieu lui-même, préférer les créatures au Créateur.
Dans cette parabole, seul le Père est parfait : parfaitement saint et miséricordieux. Il aime également ses deux fils. Dieu aime les pécheurs et les publicains, Dieu aime aussi les pharisiens et les scribes. Ce que Dieu n’aime pas, c’est l’orgueil des hommes religieux qui se croient toujours parfaits alors qu’ils sont en chemin, qui se croient meilleurs que les autres, alors qu’ils pèchent aussi sept fois par jour pour reprendre une expression biblique. Ce que Dieu n’aime pas, c’est l’attitude de ceux qui se construisent une réputation de sainteté en jugeant les autres comme des pécheurs infréquentables. Ce que Dieu ne peut tolérer, c’est que certains puissent diviser l’humanité en deux camps : celui des bons et celui des méchants. Seul Jésus, Fils unique du Père, est le Fils parfait, sans péché. Les deux fils de la parabole, à travers leurs péchés respectifs, sont un vivant appel au mystère de l’incarnation, au nouvel Adam : qu’enfin un membre de notre humanité puisse être pleinement fils du Père ! En Jésus Christ et uniquement en Lui, nous avons cette merveilleuse possibilité : devenir une créature nouvelle. Faisons un bon usage de notre liberté et des dons du Père pour grandir jour après jour dans la joie de notre filiation adoptive.
Amen !

dimanche 11 mars 2007

Troisième dimanche de Carême

3ème dimanche de Carême / C
11 mars 2007
Luc 13, 1-9 (page 131)

Dimanche dernier nous contemplions avec les Apôtres le plus beau des enfants de l’homme, dans le mystère de sa Transfiguration. Nous avons tous vécu des moments de grâce dans notre vie chrétienne, des moments de joie profonde et de paix intense en présence du Seigneur. Et comme Pierre, il nous est alors arrivé de dire : « Comme il est beau que nous soyons ici ! ». Nous aurions voulu transformer ces instants fugitifs en une éternité de bonheur !
L’Evangile de ce dimanche nous secoue quelque peu. Il nous rappelle à quel point notre spiritualité de chrétiens doit être incarnée. Sur notre chemin de Carême voilà que la redoutable question du mal vient nous empêcher de rêvasser ou de nous endormir. A l’époque de Jésus pas de journal télévisé, mais les nouvelles vont vite, par la voix de la parole : « Des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens… ». Le pouvoir politique de l’époque, représenté par Pilate, vient de mater durement un groupe de Galiléens. La réaction du gouverneur romain était-elle juste ou injuste ? Là n’est pas la question. Simplement nous avons affaire à un événement qui nous montre le mal à l’œuvre dans les vicissitudes de notre histoire humaine. Que de massacres, que de violence, que de tortures et de barbarie depuis que l’homme est homme ! Jésus ne fait pas une analyse politique de cet évènement, mais il essaie de l’interpréter avec la lumière qui vient de Dieu. Son interprétation théologique remet en question la doctrine très répandue chez les Juifs de la rétribution divine : Dieu récompense les justes et punit les méchants. Dès l’Ancien Testament, cette doctrine est mise à mal par des livres de sagesse comme Job et Qohélet. « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis. » Beaucoup de nos contemporains n’ont pas évolué par rapport aux Juifs du temps de Jésus. En témoigne l’expression encore fort répandue : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter cela ? » Instinctivement nous interprétons l’épreuve comme un châtiment divin. Et Jésus d’ajouter lui-même un autre exemple : celui des personnes tuées par la chute d’une tour. Cet exemple illustre le mal qui est à l’œuvre dans ce que nous appelons les accidents, dont beaucoup ont lieu sur la route, la plupart du temps à cause de l’inconscience des conducteurs. Mon expérience de prêtre me montre à quel point un décès considéré comme injuste éloigne beaucoup de personnes de Dieu, et cela souvent pour de longues années. Cela resurgit parfois lors des rencontres avec les futurs mariés.
Si ces manifestations du mal, souvent absurdes et aveugles, ne sont pas des châtiments de Dieu ? Comment, alors, leur donner un sens ? Ont-elles un sens ? « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. » Le Seigneur nous invite à vivre nos épreuves et celles de nos proches comme des signes des temps, comme des appels à nous remettre en question, comme des piqûres nous sortant de notre anesthésie spirituelle. Une piqûre ça peut faire mal, mais son but est bien de guérir ou d’améliorer notre santé. Nous le savons bien, Dieu peut toujours tirer d’un mal un bien. Confrontés à l’épreuve, ne nous épuisons pas dans une révolte stérile, mais humblement, essayons de nous remettre en question, et de nous rapprocher ainsi de Dieu.
La petite parabole du figuier illustre ce que devrait être notre conversion. Nous bénéficions de la patience de Dieu parce que Dieu est Amour et miséricorde. Jusqu’au moment inconnu de notre mort, nous pouvons nous retourner vers le Seigneur. Simplement se retourner vers le Seigneur n’est pas une démarche purement spirituelle. Il s’agit bien ici de produire des fruits exprimant notre conversion. La foi, nous le savons, ne va pas sans les œuvres. L’Evangile de ce dimanche est un appel à un examen de conscience approfondi de notre part. Non pas dans la terreur, mais dans la certitude que Dieu veut notre bonheur et que nous avons le pouvoir exorbitant de lui faire plaisir par nos petits ou grands progrès dans la vie de foi, d’espérance et de charité. Nous pourrions, par exemple, examiner les fruits que nous portons à partir des sept péchés capitaux : l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère et la paresse.
Je conclurai en citant saint Paul qui veut nous garder dans l’humilité et la prudence propres aux disciples du Christ :
« Celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber. »
Amen