Matthieu 21, 28-32
27/09/2026
La brève parabole du père et de ses deux fils au chapitre 21 de l’Evangile selon saint Matthieu est claire et limpide. D’ailleurs les chefs des prêtres et les anciens répondent facilement à la question que leur pose Jésus : Lequel des deux a fait la volonté du père ? Il suffit donc de dire que pour Dieu ce qui compte ce sont nos actes, bien davantage que nos paroles. Les lecteurs de l’Evangile selon saint Matthieu ont déjà pris conscience de cette vérité dès le chapitre 7 :
Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Cet enseignement fondamental est suivi de la parabole de la maison bâtie sur le roc ou sur le sable :
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
Mettre en pratique la parole de Dieu telle est l’invitation pressante que Jésus nous fait en nous racontant l’histoire des deux fils. De cette primauté des actes sur les paroles saint Jacques se souviendra dans sa lettre et il développera le thème des œuvres bonnes comme signes d’une foi vivante :
Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte… Ainsi, comme le corps privé de souffle est mort, de même la foi sans les œuvres est morte.
Ce lien organique entre notre foi et nos actes, notre foi et nos choix, détermine dans le catéchisme le contenu de ce que nous appelons la morale. Et le catéchisme lui-même qui a pour objet de présenter le mystère de Dieu et de l’homme dans la révélation qu’en fait Jésus-Christ exige d’être complété par la doctrine sociale de l’Eglise. Cette doctrine sociale n’a pas d’autre but que d’incarner notre foi dans les réalités concrètes et multiples de notre existence terrestre. Il suffit de regarder la table des matières du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise pour se rendre compte de la réalité suivante : rien de ce qui est humain n’est étranger à notre foi. Dans la deuxième partie du Compendium l’Eglise nous livre le trésor de sa doctrine sociale dans 7 domaines fondamentaux de la vie humaine : La famille ; le travail ; la vie économique ; la communauté politique ; la communauté internationale ; l’écologie ou la sauvegarde de l’environnement ; la promotion de la paix. Dans tous ces domaines nous sommes appelés à travailler dans la vigne du Seigneur et à rendre visible, concrète, notre foi dans le salut de l’humanité.
La vertu d’humilité nous met en garde contre les grands discours qui restent en l’air et ne rejoignent jamais la vie des hommes. La bonté et la générosité de notre cœur quand il est converti par l’Esprit Saint ne se manifestent pas d’abord dans nos paroles mais dans nos actes. La foi nous engage toujours. Comme l’affirme saint Paul dans une formule admirable « dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, c’est la foi, qui agit par la charité. »
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