Matthieu 21, 33-43
4/10/2026
En ce 27ème dimanche du temps ordinaire l’Eglise fait aussi mémoire de saint François d’Assise proclamé par le pape Jean-Paul II saint patron des écologistes en 1979. C’est l’occasion pour nous de célébrer à la fin du temps de la création la 11ème journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création.
La parabole des vignerons assassins ainsi que la première lecture nous parlent de la vigne du Seigneur, cette vigne qu’il confie aux soins des hommes, les vignerons, afin qu’elle produise de beaux et bons fruits. Dans les deux textes les hommes refusent de se comporter en bons vignerons et se laissent submerger par les mauvais penchants de leur cœur, en particulier la cupidité, jusqu’à devenir homicides. D’où l’amère constatation du maître de la vigne dans l’oracle d’Isaïe : Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris. D’où la conclusion que Jésus donne à la parabole : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits.
Comment ne pas faire le lien entre la parabole des vignerons assassins et le projet de Dieu créateur tel que nous le trouvons au chapitre 2 de la Genèse ? Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. La journée de prière pour la sauvegarde de la création nous remet devant notre responsabilité de gardiens de la création. Chacun de nous, en tant que membre de l’Eglise et citoyen de son pays, est appelé à faire un choix : promouvoir la vie et la communion entre les peuples ou bien semer la destruction, la division et le chaos. Comme la vie de notre humanité sur terre est totalement dépendante de la sauvegarde de la création nous comprenons à quel point notre foi chrétienne nous engage aussi du point de vue écologique. Notre époque est malheureusement marquée par la banalisation des guerres et des conflits dans la durée que ce soit en Ukraine, au Proche et au Moyen-Orient. Lors de sa récente visite en France le pape Léon a eu des paroles fortes pour nous appeler ainsi que les dirigeants des nations à être des artisans de paix. Le pape a affirmé que « la plus terrible des œuvres humaines est la guerre car en elle la science elle-même est mise au service d’une volonté inhumaine de détruire et de tuer ». L’un des aspects méconnus et sous-évalués des conflits armés réside précisément dans la destruction du jardin d’Eden et de la vigne que le Seigneur nous confie dans le don de sa création. Dans son message du 1er septembre pour inaugurer le temps pour la création le pape Léon a choisi un verset significatif du prophète Isaïe comme thème : « Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes » Le pape met en évidence les conséquences désastreuses des guerres du point de vue écologique :
La guerre laisse également derrière elle une destruction sociale et écologique qui perdure pendant des générations. De plus, l’interaction entre les conflits armés et la dégradation de l’environnement crée souvent un cercle vicieux qui détruit les écosystèmes, contamine des ressources essentielles telles que l’air et l’eau, et sape la sécurité alimentaire. Cela favorise la pauvreté, les inégalités et de nouvelles tensions sociales susceptibles de contribuer à l’émergence de nouveaux conflits.
Si la guerre tue toujours des militaires comme des populations civiles, et doit donc être considéré comme un crime, elle gaspille aussi les ressources limitées de la création, dévaste l’environnement et le pollue souvent de manière durable, longtemps après la fin des conflits, comme le montrent les exemples des guerres du 20ème siècle. Chaque guerre nouvelle constitue un détournement massif de moyens financiers colossaux qui auraient pu être utilisés pour la vie et le bien. Le pape mentionne aussi ce scandale éthique dans son message :
Imaginons un monde dans lequel les énergies actuellement consacrées à la guerre seraient orientées vers le développement humain intégral, vers la lutte contre la pauvreté, vers la protection de la dignité humaine et vers la réconciliation des peuples divisés.
Enfin dans son message le pape insiste particulièrement sur la nécessaire conversion des cœurs en vue d’une création enfin libérée du joug des guerres :
Les véritables outils pour construire la paix ne sont pas les armes de destruction, mais plutôt la vérité, le dialogue, la patience, la bonté, la justice, la miséricorde, la compréhension, la bienveillance et l’amour… Chers frères et sœurs, le chemin qui s’ouvre devant nous est clair, même s’il n’est pas facile. Nous sommes appelés à laisser nos cœurs se renouveler, afin de rechercher la paix et de prendre soin de la création. Les Écritures nous invitent à veiller sur nos cœurs, car tout ce que nous faisons en découle (cf. Pr 4, 23).
Cet appel du pape rejoint celui que Paul adressait il y a 2000 ans aux chrétiens de Philippes :
Mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte.