dimanche 9 août 2026

19ème dimanche du temps ordinaire / année A / 2026

 

9/08/2026

Matthieu 14, 22-33

Matthieu, Marc et Jean relatent l’épisode de Jésus marchant sur les eaux du lac de Tibériade appelé aussi mer de Galilée. Dans la version qu’en donne saint Matthieu Jésus, après s’être retiré dans la solitude de la montagne pour prier, décide de rejoindre ses disciples en marchant sur les eaux : Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. Le Seigneur ne réalise jamais des signes pour lui-même et encore moins pour impressionner les hommes par son pouvoir divin. Cette manière de faire est celle que le diable lui suggère dans le désert des tentations. Matthieu nous dit que la mer était agitée car le vent était contraire. C’est saint Marc qui nous explique pourquoi Jésus fait ce geste qui défie les lois de la nature : Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. Pour saint Marc c’est bien en faveur de ses disciples effrayés par la mer agitée que le Seigneur marche sur les eaux pour les rejoindre et les rassurer. Il s’agit donc d’un acte de charité de sa part. Mais leur réaction montre que c’est l’effet inverse qu’il obtient. Non seulement la tempête les effraie, mais l’apparition de Jésus ne les rassure pas, bien au contraire : En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Nous comprenons parfaitement la réaction des disciples. Cette page évangélique nous enseigne que dans les moments de grandes difficultés ou les épreuves Jésus ne nous abandonne pas et il vient à notre rencontre pour nous tendre la main. La parole qu’il adresse aux disciples fait partie de ces paroles de Dieu qui sont essentielles à travers toute la Bible, tellement elle est présente et répétée de bien des manières : Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! Les hommes de l’époque de Jésus qui partageaient la culture gréco-romaine du vaste Empire romain connaissaient tous plus ou moins les péripéties maritimes d’Ulysse dans l’Odyssée et d’Enée dans l’Enéide. Ces deux grands héros, l’un grec, l’autre troyen, subissaient sur la Méditerranée la colère des dieux. Poséidon se déchaînait contre Ulysse et Junon contre Enée. Si bien qu’Ulysse mit dix ans pour retrouver sa patrie… Le Dieu biblique est tout autre, nous le constatons. Si Zeus et Poséidon manifestaient leur puissance divine par la foudre, le tonnerre, l’éclair, les tremblements de terre et la tempête, le Dieu de la Bible qui vient à la rencontre d’Elie ne se trouve pas dans l’ouragan, le tremblement de terre, le feu, mais bien dans le murmure d’une brise légère. Si les dieux de l’Olympe utilisent les phénomènes naturels extrêmes et violents pour manifester leur puissance et punir les mortels, Jésus, en marchant sur les eaux, domine les éléments naturels déchaînés pour réconforter ses disciples. Le rapport du divin à la nature est donc très différent dans les deux univers mais aussi le rapport du divin à l’humanité. Poséidon est incapable de pardonner l’aveuglement du cyclope Polyphème, son fils, par Ulysse. Il ne peut que se venger et utilise son pouvoir sur les éléments naturels pour effrayer Ulysse et si possible le tuer dans les eaux. Jésus, Fils de Dieu, marche sur les eaux agitées pour inviter à la confiance, à la foi et pour déraciner du cœur des hommes la peur qui paralyse. Le Dieu révélé par Jésus-Christ invite toujours à la confiance, à l’amour qui bannit toute crainte.

Aucun commentaire: