dimanche 11 octobre 2026

28ème dimanche du temps ordinaire / année A / 2026

 

11/10/2026

Matthieu 22, 1-14

La parabole de ce dimanche est une parabole du royaume des cieux. Nous pouvons aussi la comprendre comme une parabole eucharistique puisqu’il s’agit d’un repas de noces. Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Le roi, c’est Dieu le Père qui célèbre les noces de Jésus son Fils. Ces noces peuvent correspondre au mystère de l’incarnation par lequel le Fils de Dieu se fait l’époux de l’humanité qu’il vient sauver, l’époux de l’Eglise qui est son corps. Jésus instaure dans l’incarnation une Alliance nouvelle et éternelle dont le signe le plus beau et le plus fort est l’institution de l’eucharistie. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Dieu nous invite chaque dimanche à participer au banquet de l’eucharistie. Il se heurte, nous dit la parabole, à notre refus d’y participer, à notre indifférence… nos affaires humaines nous semblent bien plus importantes que de répondre à cet appel de Dieu : ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce… Le commandement de Dieu nous demande de ne pas travailler le dimanche, de consacrer à Dieu et à la prière plus particulièrement un jour dans la semaine, mais en vain… Même si nous ne travaillons le dimanche, pensons toutefois que si nous faisons des courses ce jour-là sans aucune nécessité urgente et vitale, nous contribuons ainsi à ce qu’autres travaillent le dimanche… Les commerces qui ont pris l’habitude d’être ouverts le dimanche fermeraient ce jour-là si personne ne les fréquentait ! Avant la communion eucharistique le prêtre nous dit : Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde, heureux les invités au repas de noces de l’Agneau ! Oui, heureux sommes-nous si nous répondons avec joie à l’appel du Seigneur à participer aux noces de son Fils. Le repas de l’eucharistie s’adresse à tous mais très peu sont ceux qui répondent à l’appel de Dieu, préfiguré dans l’Ancienne Alliance par l’appel de la Sagesse dans le livre des Proverbes :

La Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé sept colonnes. Elle a tué ses bêtes, et préparé son vin, puis a dressé la table. Elle a envoyé ses servantes, elle appelle sur les hauteurs de la cité : « Vous, étourdis, passez par ici ! » À qui manque de bon sens, elle dit : « Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé. Quittez l’étourderie et vous vivrez, prenez le chemin de l’intelligence. »

Face au refus des invités de participer aux noces de son Fils Dieu ne peut que constater : Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Avant de communier au corps et au sang du Christ nous reconnaissons nous aussi que nous ne sommes pas dignes, même si nous avons répondu à l’appel par notre présence : Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. Le refus des invités ne décourage pas notre Dieu qui persiste à inviter, à appeler malgré tout… L’appel est tellement universel que les bons comme les mauvais se retrouvent ensemble dans la salle des noces : Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Puis vient l’épisode du convive qui ne porte pas le vêtement de noce, épisode qui a coûté beaucoup de sueur aux exégètes se demandant ce que pouvait bien représenter ce vêtement de noces. Certains ont dit le baptême, d’autres la charité etc. Voici une interprétation possible fondée sur la connaissance de l’histoire antique. Il semblerait que lorsqu’un roi invitait à la noce de son fils des personnes, il leur donnait aussi à tous le même vêtement de noce… comme aujourd’hui des mariés peuvent indiquer un dress code ou code vestimentaire à leurs invités… Dieu donne donc à tous, bons comme mauvais, la tenue pour les noces de son Fils. Cela signifie la primauté du don de Dieu, de sa grâce. L’eucharistie est toujours d’abord un don que nous avons à recevoir avec gratitude. C’est Dieu qui nous fait beaux en nous donnant à tous le même vêtement de noce pour signifier aussi notre unité, notre communion lors du banquet du Royaume. Le convive interpellé par le roi a refusé le vêtement donné par le roi à tous ses invités, il a trouvé préférable de venir dans une tenue choisie par lui. Peut-être que ce convive représente ceux qui sont tentés de croire qu’ils peuvent participer à l’eucharistie non pas en raison de leur ouverture à la grâce de Dieu mais parce qu’ils se considèrent bons et dignes sans l’aide de Dieu, en raison de leurs mérites personnels.

Cette parabole nous invite à prendre au sérieux l’appel de Dieu à participer à l’eucharistie et à sanctifier le jour du Seigneur. Probablement que si beaucoup de baptisés ne répondent pas généreusement « oui » à l’appel de Dieu, c’est parce qu’ils n’ont pas encore saisi avec le cœur le très grand don que Jésus nous fait en chaque eucharistie. Si nous faisons la sourde oreille aux appels répétés de Dieu à participer au repas des noces, c’est que nous avons banalisé ce saint sacrement, oubliant ainsi l’immense grâce qu’il nous offre.

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