dimanche 22 février 2026

Premier dimanche de Carême / année A/ 2026

 Matthieu 4, 1-11

22/02/2026

Dans le message de Carême qu’il a adressé aux catholiques le pape Léon souligne l’importance de la Parole de Dieu :

Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. Il existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ.

La première lecture nous fait méditer le récit du péché des origines au chapitre 3 de la Genèse. Le tentateur prend la forme d’un serpent. Dans son dialogue avec la femme ce qui est en jeu c’est bien la Parole de Dieu. Comme dans l’Evangile des tentations le serpent cite Dieu à sa manière et cela afin de mettre à l’épreuve la femme : Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? Satan se déguise en porte-parole de Dieu. La femme reconnaît immédiatement la ruse du serpent qui déforme la Parole de Dieu et elle rétablit la vérité. Alors que le serpent vient de mentir pour amener la femme à la désobéissance, il accuse maintenant Dieu de mentir : Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Ne pas écouter Dieu qui interdisait de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, c’est choisir la mort au lieu de la vie. Le serpent promet à la femme une divinisation (vous serez comme des dieux) afin de mieux de la perdre. Dans le récit des tentations au désert le démon demande à Jésus de prouver sa divinité par des prodiges. Dans les deux cas le tentateur utilise le levier du péché d’orgueil afin de perdre ceux à qui il adresse sa parole. Si la femme cède à la tentation et entraîne l’homme avec elle, Jésus, lui, sort vainqueur de l’épreuve du désert. La deuxième tentation est particulièrement intéressante pour le thème de la Parole de Dieu puisque le diable et Jésus luttent à coup de citations bibliques. Le tentateur isole un verset biblique (du psaume 91) et Jésus renvoie le démon à l’Ecriture comme une totalité en citant le Deutéronome. C’est une grande leçon pour nous lorsque nous lisons la Bible. Il s’agit toujours d’interpréter la Bible par la Bible, tel verset par tel autre, afin de percevoir la symphonie des Ecritures. Dans ce dialogue et dans le récit de la Genèse nous comprenons que la Parole de Dieu n’est pas utilisée seulement par les croyants et les saints mais aussi par des personnes aux intentions perverses. Ecoutons maintenant ce que le pape nous dit de l’importance de la Parole de Dieu pour bien vivre ce temps du Carême :

Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre. […] Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ».

L’écoute de la Parole de Dieu fait de nous des affamés de justice, des cœurs compatissants ouverts aux misères et aux peines de nos frères, des cœurs généreux heureux de partager avec ceux qui sont dans le besoin. Pour aller dans le sens du message du pape Léon je vous donne un conseil de lecture biblique pour ce Carême dans les livres prophétiques. Pourquoi ne pas relire en les méditant lentement à la manière d’une lectio divina les trois petits livres d’Osée, Amos et Michée dont le message est un magnifique écho de la voix de la souffrance et de l’injustice dont parle le pape ? Ou bien lire intégralement le livre d’Isaïe ? Celui-ci s’ouvre par un reproche significatif que le Seigneur fait à son peuple : Le bœuf connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne le connaît pas, mon peuple ne comprend pas.

Gardons enfin en mémoire dans notre cœur la réponse de Jésus au tentateur pour qu’elle nous accompagne jusqu’à Pâque et donne sens et valeur au jeûne du Carême :

L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Dans la symphonie des Ecritures nous pouvons trouver une belle correspondance entre cette parole de Jésus et la prophétie d’Amos 8, 11, prophétie qui a probablement inspiré le Seigneur :

Voici venir des jours – oracle du Seigneur Dieu –, où j’enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles du Seigneur.

 

 

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