16/07/2023
Matthieu
13, 1-23
La
parabole du semeur nous parle du don de la Parole de Dieu. L’accent de cette
parabole est davantage mis sur les différents terrains que sur le semeur. Ce
semeur, c’est Jésus lui-même, Parole de Dieu faite chair pour reprendre
l’expression du prologue de saint Jean. Nous savons bien, c’est le cœur de la
révélation chrétienne, que Dieu nous parle par son Fils. Ecoutons la lettre aux
Hébreux qui résume parfaitement le chemin de la Parole de Dieu jusqu’à
nous :
À bien des reprises et de bien des manières,
Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en
ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier
de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
Jésus
nous donne à voir quatre terrains différents qui peuvent correspondre à quatre
types d’hommes. Mais n’oublions pas que tout au long de notre vie nous pouvons
être successivement ces quatre terrains. A certains moments en effet nous
faisons porter du fruit à la Parole et à d’autres nous ressemblons aux membres
du peuple d’Israël décrits par Isaïe : Le
cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont
bouché les yeux…
Regardons
avec Jésus les différents terrains de notre cœur. Le premier est le terrain
ensemencé au bord du chemin… lorsque nous entendons la parole du Royaume sans
la comprendre. La première condition pour comprendre cette parole c’est de
l’écouter. Ecouter demande toujours un effort de notre part. Il s’agit de
prêter attention à ce qui est proclamé ou lu. Un bon exercice pour mieux
écouter la parole de Dieu peut consister à apprendre à écouter notre prochain.
Nous constatons tous à quel point il est difficile de nous écouter les uns les
autres, même en famille, même dans le couple. Cela exige de notre part beaucoup
de patience, de compréhension et d’humilité. Et il nous arrive de tomber sur
des personnes bavardes qui mettent à l’épreuve notre capacité d’écoute !
Mais Dieu n’est jamais bavard, sa parole n’est pas assommante comme peuvent
l’être certains discours humains. Nous ne comprendrons jamais parfaitement ni
totalement la Parole de Dieu. Ce qui nous est demandé, c’est d’ouvrir les
oreilles de notre cœur. Saint Benoît commence sa règle monastique par les
paroles suivantes : Ecoute, mon
fils, les préceptes du Maître et prête l’oreille de ton cœur.
Le
deuxième terrain est le sol pierreux. Il s’agit de l’homme d’un moment qui est
incapable de garder fidèlement la Parole. Jésus nous rappelle ici la grande
difficulté que nous avons à persévérer dans nos choix de vie, dans nos bonnes
résolutions. Commencer est le plus facile, tenir dans la durée c’est une autre
histoire ! Même sans la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
la persévérance dans la foi et l’accueil de la Parole ne sont jamais choses
évidentes. Probablement parce que le deuxième terrain et le troisième se
ressemblent. Le sol pierreux et le sol sur lequel poussent les ronces ou les
épines… Qu’est-ce qui peut bien nous empêcher de persévérer dans l’écoute
fructueuse de la Parole dans un temps de liberté religieuse où nous ne sommes
pas persécutés à cause de notre appartenance au Christ ? Jésus le dit
clairement : le souci du monde et la
séduction de la richesse. L’atmosphère d’une société, son impact sur nous,
peuvent constituer une véritable mise à l’épreuve de notre foi chrétienne. Si
nous vivons dans une ambiance matérialiste qui ne cesse de nous renvoyer à
longueur de journée via les media et les publicités, mais aussi les discours
politiques, l’idée selon laquelle une vie humaine réussie consisterait à
accumuler le maximum de richesses, de célébrité et de pouvoir, nous comprenons
immédiatement que cette ambiance est incompatible avec les enseignements du
Christ. Si nous vivons dans une société où il faut toujours être actif et
bouger, une société bruyante qui nous envahit par un bruit de fond permanent,
qui s’insinue dans notre intimité de chaque instant par l’asservissement de
beaucoup à des outils techniques tels que les smartphones et Internet, nous
nous rendons incapable d’écouter le Dieu silencieux. Si nous voulons être le
quatrième terrain, la bonne terre qui porte du fruit, nous devons travailler à
nous libérer de ces esclavages technologiques qui non seulement nous empêchent
de prêter attention à notre prochain mais nous rendent sourds à la Parole de
Dieu. Il s’agit pour nous de retrouver le chemin de la prière et de la
méditation, du temps gratuit offert à Dieu pour être là tout simplement en sa
présence et nous laisser transformer par sa Parole. L’Evangile de ce dimanche
nous invite à faire nôtres les belles paroles du psalmiste et à nous reposer en
Dieu :
Je tiens mon âme égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère
(Psaume 130).
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