dimanche 17 mai 2026

7ème dimanche de Pâques / année A / 2026

 17/05/2026

Actes des apôtres 1, 12-14

Le septième dimanche de Pâques nous fait revivre cette période entre l’Ascension et la Pentecôte. Jésus a promis l’Esprit Saint à ses disciples puis dans le mystère de l’Ascension il devient invisible à leurs yeux. Le temps des manifestations du Ressuscité à ses disciples est terminé. Il est intéressant pour nous de voir comment les disciples ont vécu dans l’attente de la Pentecôte. Sur les quatre Evangiles seuls Marc et Luc nous donnent des indications sur ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte.

Regardons tout d’abord la finale de l’Evangile selon saint Marc :

Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Puis la finale de l’Evangile selon saint Luc :

Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Chacun des deux évangélistes met en avant une attitude différente des disciples après l’Ascension. Marc souligne leur zèle missionnaire : ils annoncent l’Evangile de Jésus. Luc, lui, retient l’esprit de prière qui les habite, et chose étonnante pour nous, leur joie. Jésus vient de les quitter en montant au ciel, mais cela n’enlève rien à leur joie. Bien au contraire. Ils sont dans l’attente de l’Esprit Saint et ne se sentent pas orphelins comme Jésus le leur avait promis. Pour résumer leur attitude elle tient en deux actions : prêcher et prier. La première lecture de ce dimanche, texte de saint Luc, se situe bien dans la ligne de la finale du troisième Evangile :

Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

C’est encore la prière des disciples qui est mise en avant, cette fois non plus dans le temple mais dans leur maison. Et l’Evangile nous montre Jésus en prière à la veille de sa Passion. Ce sont des indications précieuses pour nous dans ce temps qui nous sépare de la solennité de la Pentecôte. L’attitude des disciples nous invite plus particulièrement à la vie de prière comme préparation à la Pentecôte. Une prière permanente, assidue, chez nous et à l’église, seuls et en communauté. Au jour de Pentecôte nous ferons mémoire du don de l’Esprit que nous avons reçu au baptême et à la confirmation. Ce don ne se situe pas seulement dans le passé de notre vie chrétienne. Comme tous les dons de Dieu il est actuel, il nous est fait aujourd’hui. Cette semaine de préparation à la Pentecôte, en communion avec tous les adultes de notre diocèse et de notre secteur paroissial qui seront confirmés la veille de Pentecôte, est pour nous l’occasion de réveiller en nous le don de Dieu. Ce que Paul écrit à Timothée s’applique aussi à chacun de nous : Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. Le temps que nous consacrons à Dieu dans la prière personnelle et communautaire nous permet de raviver en nous le don du baptême et de la confirmation. Il nous enracine toujours plus profondément dans la vie spirituelle, c’est-à-dire dans la vie selon l’Esprit de Dieu, et fait grandir en nous l’amour pour Dieu. Peut-être que nous avons l’impression de ne pas progresser dans notre vie de prière voire même de régresser ou encore que la prière devient difficile comme si Dieu était absent… Nous devons dans ces cas toujours nous souvenir de la grande vérité selon laquelle Dieu nous sanctifie dans le temps, avec patience si, de notre côté, nous persévérons malgré les difficultés. Dans son livre Résurrections – traverser les nuits de nos vies Denis Moreau souligne qu’entre la mort de Jésus et sa résurrection il y a eu le temps du samedi saint… alors que Jésus aurait pu ressusciter quelques instants à peine après sa mise au tombeau. Il commente ainsi ce fait temporel : « Dans les différentes opérations de résurrection, réveil, relèvement existentiel où nous nous trouvons engagés, il faut être patient, se laisser pétrir et malaxer par l’efficacité de la foi en la résurrection de Jésus ». Ce n’est pas pour rien que la patience est l’un des dons de l’Esprit. Notre prière quotidienne est une école de patience. Que l’Esprit Saint nous soutienne dans notre engagement spirituel et nous garde du découragement et de la lassitude. Faisons un acte de foi renouvelé dans l’action de Dieu qui nous travaille lentement mais surement chaque fois que nous lui ouvrons tout simplement notre cœur par la prière.

Toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

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